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Le cap Blanc-Nez (Pas-de-Calais) : falaises, pelouses calcicoles et oiseaux

Philippe et Céline Dumont, deux "fous du cap", nous présentent ce site spectaculaire qui accueille notamment la plus grande colonie française de Mouettes tridactyles.

| Validé par le comité de lecture

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Le cap Blanc-Nez (Pas-de-Calais) : falaises, pelouses calcicoles et oiseaux

Vue du cap Blanc-Nez (Pas-de-Calais) le 29/12/2013.
Source : Les Fous du Cap

Le cap Blanc-Nez, situé à 10 km de Calais, est l'un des sites les plus spectaculaires du littoral français avec ses falaises blanches dominant de plus de 130 mètres le détroit du Pas de Calais, la partie la plus étroite de la Manche. Il constitue avec le cap Gris-Nez, bien connu des ornithologues, l'un des symboles du Parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale. Depuis le sommet des falaises du cap Blanc-Nez, on peut voir par temps clair les côtes britanniques, la baie de Wissant, la plaine flamande et les collines du Boulonnais.
La flore est d'un grand intérêt, mais ce sont surtout les oiseaux nichant sur les falaises du cap qui attireront les visiteurs : elles accueillent notamment la plus grande colonie française de Mouettes tridactyles, une espèce qui s'est également installée dans la ville de Boulogne-sur-Mer à 25 km plus au sud, un fait unique en France. Le Fulmar boréal et le Faucon pèlerin nichent aussi sur les parois rocheuses du cap. Ce site est aussi intéressant le reste de l'année, notamment durant les migrations.
Après une présentation des sites intéressants pour observer les oiseaux du cap Blanc-Nez, nous publions une interview de Céline et Philippe Dumont, deux anciens membres de l'association SEPNB-Bretagne-Vivante et créateurs du blog "Les fous du cap", qui suivent les oiseaux du cap Blanc-Nez depuis plusieurs années. Nous les remercions pour toutes leurs informations et leurs photographies. Nous remercions aussi Jean-Michel Sauvage (galerie de photos "La mouette du D3"), qui connaît bien les laridés du littoral du Pas-de-Calais, pour son aide.

Abstract

The cape Blanc-Nez, located 10 km from Calais, is one of the most spectacular sites on the French coast with its high white cliffs overlooking the Pas de Calais strait, the narrowest part of the English Channel. It forms, with the cape Gris-Nez one of the symbols of the Regional Natural Park of the Caps et Marais d'Opale. From the summit of the cliffs of the cape Blanc-Nez, you can see the British coasts, the Wissant Bay, the Flemish plain and the Boulonnais hills.
The flora is of great interest, but the visitors will be mainly attracted by the birds that breed on the cliffs of the cape, including the largest French colony of Black-legged Kittiwakes, a species that is also settled in the town of Boulogne-sur-Mer, 25 km further south, a unique fact in France. The Fulmar and the Peregrine Falcon also breed on the cliffs of the cape. This site is also interesting the rest of the year, especially during the migrations.
After a presentation of some interesting spots to birdwatch in the cape Blanc-Nez, we publish an interview of Céline and Philippe Dumont, two former members of the association SEPNB-Bretagne-Vivante and the creators of the blog "Les fous du cap" that study the birds of the cape Blanc-Nez for several years. We thank them for their informations and photographs. We also thank Jean-Michel Sauvage for his help.

Situation du cap Blanc-Nez (Pas-de-Calais)

Situation du cap Blanc-Nez (Pas-de-Calais).
Carte : Ornithomedia.com

Le cap Blanc-Nez

Le site des deux caps, composé des caps Blanc-Nez et Gris-Nez, fait partie du réseau des Grands Sites de France au même titre que le cirque de Navacelles, les Gorges du Verdon, la cité de Carcassonne ou la baie du Mont Saint-Michel.
Les hautes falaises du cap Blanc-Nez sont en effet spectaculaires et d'une grande beauté. La flore est aussi d'un grand intérêt : sur les parois rocheuses pousse par exemple le Chou des falaises (Brassica oleracea), l'ancêtre des choux cultivés. Le sommet des falaises est couvert d'une pelouse calcicole à la flore intéressante incluant la rarissime Gentiane amère (Gentianella amarella), le Choux marin (Crambe maritima), l'Armérie maritime (Armeria maritima) (qui teinte le paysage de mauve au printemps), l'Origan (Origanum vulgare), l'Euphraise (Euphrasia officinalis), le Thym britannique (Thymus polytrichus) et plusieurs espèces d'orchidées. Les Espaces Départementaux Naturels du Pas-de-Calais, dépendant du Conseil départemental du Pas-de-Calais, gèrent cet habitat afin de préserver sa biodiversité, et utilisent des moutons de race boulonnaise pour limiter le développement des arbustes. 
Des cratères disséminés dans les pâtures, notamment autour du mont d’Hubert, témoignent des bombardements alliés durant la Seconde Guerre Mondiale. Les galeries et les blockhaus construits par les Allemands abritent des colonies de cinq espèces de chauves-souris dont le Vespertilion à oreilles échancrées (Myotis emarginatus), le Murin des marais (Myotis dasycneme) et le Grand Rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum).
Un monument en forme d'obélisque, la Dover Patrol, a été érigé au sommet du cap en mémoire des alliés qui ont défendu les eaux du Pas de Calais lors de la Première Guerre mondiale.
Le piétinement des pelouses dû à l’importante fréquentation a entraîné leur dégradation, et des aménagements sont en cours dans le cadre de l’Opération Grand Site National pour mieux organiser la circulation des visiteurs. En 2005, les aires de stationnement du Blanc-Nez et du plan d’Escalles ont été supprimées.
Pour découvrir le cap Blanc-Nez et les autres sites naturels intéressants sur la côte, nous vous conseillons la Carte Côte d'Opale Sud et Le Boulonnais disponible dans notre boutique.

Vue du cap Blanc-Nez (Pas-de-Calais)

Vue du cap Blanc-Nez (Pas-de-Calais) le 28/03/2013.
Source : "Les fous du cap"
Probable Chou des falaises (Brassica oleracea)

Probable Chou des falaises (Brassica oleracea), cap Blanc-Nez (Pas-de-Calais).
Source : "Les fous du cap"

Accès

Bons sites d'observation près du cap Blanc-Nez (Pas-de-Calais)

Bons sites d'observation près du cap Blanc-Nez (Pas-de-Calais). En rouge, les sentiers pouvant être suivis.
Carte : Ornithomedia.com

Depuis Dunkerque, suivre l'autoroute A 16 vers Boulogne-sur-Mer, puis prendre la sortie numéro 40 et rejoindre Escalles. Dans le centre de ce village, il faut prendre la direction du cap Blanc-Nez par la RD 940. Se garer dans l'aire de stationnement prévue puis suivre les sentiers, notamment le GR 120. Il est important ne pas s'approcher au bord des falaises, des morceaux de roche pouvant s'en détacher à tout moment. Depuis le centre d'Escalles, une petite route permet aussi un accès direct à la plage par une entaille (ou cran) dans le bas de la falaise : attention aux horaires des marées hautes pour ne pas se retrouver piégé.

Les oiseaux

Les falaises du cap Blanc-Nez constituent un site important de nidification pour plusieurs espèces dont la Mouette tridactyle (Rissa tridactyla) : entre 1 500 et 2 000 couples s'y reproduisent chaque année, soit la plus grande colonie française. Elles rejoignent le cap Blanc-Nez dès le mois de février. Petit à petit, elles reprennent possession des lieux et occupent généralement le même emplacement avec le même partenaire.
D'autres oiseaux construisent leur nid sur les parois rocheuses du cap : le Fulmar boréal (Fulmarus glacialis) (facilement observable de décembre à septembre et qui niche dès le mois de mars), les Goélands argenté (Larus argentatus) (commun), brun (L. fuscus) (quelques couples) et marin (L. marinus) (quelques couples), les Faucons crécerelle (Falco tinnunculus) et pèlerin (F. peregrinus), le Choucas des tours (Coloeus monedula) et l'Hirondelle de fenêtre (Delichon urbicum). Sur les pelouses nichent quelques passereaux comme le Tarier pâtre (Saxicola rubicola), la Linotte mélodieuse (Linaria cannabina) et le Pipit farlouse (Anthus praetensis). 
Dans les années 1990, quelques couples de Roselins cramoisis (Carpodacus erythrinus) ont même niché sur le site dans le cadre d'une expansion temporaire vers l'Ouest de cette espèce orientale (d'autres couples avaient alors niché aussi en Franche-Comté et en Suisse, lire Observer le Roselin cramoisi dans la vallée de Joux).
Même si la position et la configuration du cap Blanc-Nez sont bien moins favorables que celles du cap Gris-Nez, il est tout de même possible d'observer le passage des oiseaux marins (puffins, sternes, goélands, mouettes, labbes, alcidés, fous...), des plongeons, des canards, des limicoles et des passereaux qui longent la côte.
Un observateur attentif et équipé de bonnes jumelles pourra parfois apercevoir des phoques ou même de petits cétacés.

Mouettes tridactyles (Rissa tridactyla)

Mouettes tridactyles (Rissa tridactyla) nicheuses, cap Blanc-Nez (Pas-de-Calais), avril 2017.
Source : "Les fous du cap"
Goéland argenté (Larus argentatus)

Goéland argenté (Larus argentatus) nicheur, cap Blanc-Nez (Pas-de-Calais), le 24/05/2016.
Source : "Les fous du cap"

Le mont d'Hubert

Orchidée

Orchidée dans les pelouses calcicoles du cap Blanc-Nez (Pas-de-Calais).
Source : "Les fous du cap"

Le mont d’Hubert est une butte crayeuse couverte de pelouses calcicoles et bordée de cultures située à l'arrière du cap Blanc-Nez (dont il est séparé par la D 940).

Accès

Le Mont d’Hubert est facilement accessible depuis Escalles par la route D 940.

Les oiseaux

Le mont d'Hubert est très intéressant durant les migrations. En avril-mai, le Merle à plastron (Turdus torquatus) est par exemple régulier (plus d’une vingtaine d’individus déjà notés le même jour). Parmi les autres passereaux visibles lors des passages, citons le Traquet motteux (Oenanthe oenanthe) (commun) et les Rougequeues noir (Phoenicurus ochruros) et à front blanc (Phoenicurus phoenicurus). Le Torcol fourmilier (Jynx torquilla) est souvent observé dans les prairies rases. Les Busards cendré (Circus pygargus), Saint-Martin (Circus cyaneus) et des roseaux (Circus aeruginosus), le Faucon pèlerin sont régulièrement observés, et la Buse pattue (Buteo lagopus) a déjà été notée à plusieurs reprises en automne et en hiver.  Le Hibou des marais (Asio flammeus) est un nicheur probable dans le secteur.

Les Noires-Mottes

Le site des Noires-Mottes est une mosaïque de pelouses calcicoles, de bosquets, de zones buissonneuses, de cultures et de petits plans d'eau d'un grand intérêt paysager et naturaliste. Il fait l'objet d'aménagements visant à le protéger, entre autres, des véhicules tout-terrain et des motocross.

Accès

Depuis le Mont Hubert, suivre la D 940 vers Sangatte et s'arrêter au niveau du point de vue des Noires-Mottes, un secteur que l'on peut suivre en empruntant l'un des sentiers qui le parcourent.

Les oiseaux

Les espèces visibles dans le site des Noires-Mottes sont similaires à celles vivant au sommet du cap Blanc-Nez, mais on peut aussi observer au printemps quelques couples d'Oedicnèmes criards (Burhinus oedicnemus).

Vue du site des Noires-Mottes

Vue du site des Noires-Mottes (Pas-de-Calais).
Source : "Les fous du cap"
Oedicnème criard (Burhinus oedicnemus)

Oedicnème criard (Burhinus oedicnemus). Les Noires-Mottes (Pas-de-Calais), le 22/03/2012.
Source : "Les fous du cap"

Le Fond Pignon

Le Fond Pignon est une cuvette située à l'est du cap Blanc-Nez ayant servi à stocker plus de cinq millions de mètres cubes de boue de craie bleue extraite par l'équipe française de creusement du tunnel sous la Manche et en cours de colonisation par la végétation. Afin qu'elle ne soit pas érodée par les pluies et qu'elle s'intègre rapidement dans le paysage, la digue qui isole ces boues a été ensemencée par des graines prélevées sur le site même, grâce au conservatoire Botanique de Bailleul. Quelques plans d'eau dont l'étendue est variable suivant la pluviométrie sont visibles au fond du cratère : le bassin principal, alimenté par les eaux pluviales, a été créé en 1993.

Tadornes de Belon (Tadorna tadorna)

Tadornes de Belon (Tadorna tadorna), Fond Pignon (Pas-de-Calais), le 22/03/2012.
Source : "Les fous du cap"

Accès

Depuis le site des Noires-Mottes, prendre la route D 640 vers Sangatte jusqu'à la première intersection (carrefour de la croix avec la route de Peuplingue), puis suivre à droite le petit chemin qui monte le long du coteau, longe la clôture d'enceinte et surplombe le site.

Les oiseaux

L'Oedicnème criard est nicheur (quelques couples), tout comme le Vanneau huppé (Vanellus vanellus), le Petit Gravelot (Charadrius dubius), le Tadorne de Belon (Tadorna tadorna), le Cygne tuberculé (Cygnus olor) et le Tarier pâtre. Non chassé, le Fond Pignon constitue un lieu de repos pour les canards et les limicoles durant les migrations et en hiver. Parmi les espèces les plus intéressantes déjà observées, notons le Fuligule nyroca (Aythya nyroca) et le Garrot à œil d’or (Bucephala clangula). Jules Douliez y a vu la Bécassine sourde (Lymnicryptes minimus) en hiver. Le Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla) a aussi été noté.
Des passereaux y font une halte durant les migrations, notamment le Traquet motteux. Le Pouillot à grands sourcils (Phylloscopus inornatus) a été vu en octobre dans les buissons proches de la croix à l’entrée de Sangatte.

La colonie urbaine de Mouettes tridactyles de Boulogne-sur-Mer

La ville de Boulogne-sur-Mer est située à 25 km au sud du cap Blanc-Nez : si son port est intéressant pour observer en hiver les oiseaux marins (macreuses, plongeons, grèbes, alcidés) et les goélands, elle accueille surtout la seule colonie urbaine française de Mouettes tridactyles (entre 500 et 1 000 couples, 891 en 2014), répartis dans plusieurs secteurs de la zone portuaire. La démolition des bâtiments de l'ancienne gare maritime, autrefois utilisée comme principal site de nidification, a en effet conduit les oiseaux à coloniser les rues voisines : elles nichent désormais sur les châssis de fenêtres et dans les gouttières de certains bâtiments dans les rues de Nemours, Albert Lavocat (en forte progression), de Verdun et de Lisy (sur le bâtiment de l'entreprise Continentale nutrition), dans le boulevard du bassin Napoléon et dans le port (écluse Loubet, bâtiment SCIB et poste 13).

Mouettes tridactyles (Rissa tridactyla)

Mouettes tridactyles (Rissa tridactyla) nicheuses dans la rue de Nemours, Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), le 19/07/2016 (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Source : "Les fous du cap"

Les deux premiers couples se sont installés en 1979 dans le port de Boulogne qui a constitué l’unique colonie régionale jusqu’en 1986, quand l’espèce a colonisé les falaises du cap Blanc-Nez. L'espèce a ensuite connu une forte progression annuelle (jusqu’à 20 à 30 % par an). La reproduction de la Mouette tridactyle en milieu urbain est un cas unique en France, mais pas dans plusieurs pays d'Europe du Nord).
Cette présence constitue toutefois une source de nuisances pour certains riverains, mais une très grande partie des sites de nidification va être détruite dans les années à venir dans le cadre de la rénovation et du réaménagement du port de Boulogne-sur-Mer. Les travaux de ravalement menés durant la période de reproduction constituent aussi une menace : plusieurs d'entre eux ont toutefois pu être arrêtés grâce aux actions du Groupe Ornithologique du Nord et l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage.
Jean-Michel Sauvage observe depuis plusieurs années les Mouettes tridactyles nicheuses sur le littoral du boulonnais, et il a pu déterminer l'origine de certains oiseaux grâce à leur bague, et plusieurs venaient de Grande-Bretagne : par exemple, l'un, bagué XF le 20/06/2012 sur l'église de Lowestoft (Grande-Bretagne) où une colonie est installée, a été vu en mai 2016 sur le cap Blanc-Nez, un autre portant une bague couleur ZS posée le 25/06/2012 à Lowestoft également a été vu le 4/05/2016 au cap Blanc-Nez et un troisième, portant la bague EL98111 posée le 14/07/2007 à Inchkeith (Grande-Bretagne), a été observé le 8/04/2017 au cap Blanc-Nez.

D'autres sites intéressants

Il y a d'autres sites intéressants à visiter pour observer les oiseaux sur le littoral du Pas-de-Calais, comme le parc de la falaise au Portel, le cap Gris-Nez, le marais de Wissant, le port de Calais (notamment la plage de l'hoverport, où stationnent des limicoles et des canards en hiver et durant les migrations) ou les Hemmes de Marck (lire Cinq bons secteurs pour observer les oiseaux dans le Calaisis). Plus au sud, les baies d'Authie (lire Observer les oiseaux et les phoques en baie d'Authie et de la Somme (lire Observer les oiseaux dans la basse vallée de la Somme et sur la côte picarde) sont incontournables.

L'interview de Philippe Dumont

1. Pourquoi êtes-vous particulièrement intéressé(s) par le cap Blanc-Nez, pourtant moins célèbre que le cap Gris-Nez pour l'observation des oiseaux ?

Mouettes tridactyles (Rissa tridactyla)

Mouettes tridactyles (Rissa tridactyla) nicheuses  sur les falaises du cap Blanc-Nez (Pas-de-Calais) le 17/07/2013 (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Source : "Les fous du cap"

Philippe Dumont : Je suis très attaché aux falaises du cap Blanc-Nez depuis maintenant une trentaine d’années. Dans les années 1980, j’ai travaillé plusieurs étés pour l’association SEPNB Bretagne-Vivante dans la réserve naturelle Michel-Hervé Julien à Goulien dans le Finistère sud. C’est là que j’ai découvert les Mouettes tridactyles et rencontré plusieurs passionnés venus étudier cet oiseau, encadrés par le spécialiste de l’espèce en France, Jean-Yves Monnat. Tout naturellement je me suis ensuite passionné pour les falaises du cap Blanc-Nez et j'ai été rejoint par Céline qui partage la même passion. Nous avons par la suite partagé avec Jean-Yves Monnat nos observations sur cet oiseau qu’il étudie maintenant depuis plus de trente ans.

2. Pouvez-vous nous en dire plus sur les oiseaux qui nichent sur les falaises du cap Blanc-Nez ?

Philippe Dumont : les falaises de craie blanche et marneuse du cap Blanc-Nez sont très propices à la nidification de plusieurs oiseaux rupicoles qui s’installent dans les chaos, anfractuosités, cavernes, crevasses, fissures ou sur les éboulis résultant de la dégradation des roches. Parmi elles figurent des espèces qui ne sont pas particulièrement inféodées au littoral comme le Faucon pèlerin, des laridés plutôt littoraux comme les Goélands argenté, brun et marin, et des espèces plutôt pélagiques qui ne se rapprochent des côtes que pendant la période de reproduction  : c'est le cas de la Mouette tridactyle et du Fulmar boréal. J'avais rédigé en 2009 à ce sujet un article dans le numéro 42 de la revue Le Héron intitulé "Suivi de la reproduction des oiseaux nicheurs des falaises du cap Blanc-Nez (il peut être téléchargé au format PDF) abritent une importante colonie de Mouettes tridactyles qui est devenue il y a quelques années, la plus grande colonie française devant celles de la pointe du Hoc (Calvados) et de la pointe du Raz (Finistère) suite à l’effondrement des effectifs ou à la disparition de certaines colonies bretonnes. Les Goélands argentés sont bien représentés mais leurs effectifs ont certainement fortement diminué au profit des colonies urbaines du Calaisis. Les Goélands brun et marin s’y reproduisent également régulièrement mais en très petit nombre. Quelques couples de Fulmars boréaux nichent également dans les falaises. Les Grands Cormorans (Phalacrocorax carbo) sont aussi visibles mais ils ne nichent pas. 

3. Quel est le meilleur point pour observer (sans danger) les oiseaux nicheurs du cap ?

Fulmar boréal (Fulmarus glacialis) adulte et son petit

Fulmar boréal (Fulmarus glacialis) adulte et son petit, cap Blanc-Nez (Pas-de-Calais) le 29/07/2012.
Source : "Les fous du cap"

Philippe Dumont : la plage est le meilleur endroit pour l’observation des oiseaux du cap Blanc-Nez. L’accès se fait depuis le cran d'Escalles, les colonies étant exclusivement installées entre ce cran  et la descenderie de Sangatte. Les falaises situées entre le Cran d’Escalles et le "sous-cap" du petit Blanc-Nez ne sont pas favorables à l’installation des grands oiseaux nicheurs du fait de leur structure et de leur faible hauteur. Dans la portion de côte où sont installées les colonies d’oiseaux marins, l’accès par le bord des falaises est interdit depuis les aménagements réalisés dans le cadre de l’opération "Grand Site des Deux Caps", mais il reste néanmoins un petit secteur permettant l’observation via un petit chemin situé au pied de la statue de Hubert Latham le long de la route entre le cap Blanc-Nez et Sangatte. Le rebord des falaises reste très dangereux et il est fortement déconseillé de s’en approcher.

4. Pouvez-vous nous en dire plus sur la colonie de Mouettes tridactyles de Boulogne-sur-Mer ?

Philippe Dumont : cette colonie urbaine fait également l’objet de suivis. Des couples installés dans la rue de Nemours colonisent chaque année des secteurs voisins favorables. La colonie de Boulogne-sur-Mer est à notre connaissance unique en France, en tout cas de par son importance. Pour ce qui est des nuisances, effectivement, les riverains de la rue de Nemours envisagent des mesures qui empêcheront, à très court terme, l'installation des oiseaux sur les bâtiments des entreprises. En outre, des aménagements dans le port de commerce devraient faire disparaître rapidement une bonne partie des sites, même si des compensations par des habitats artificiels sont prévues : à suivre...

5. Le Grand-duc d'Europe, qui a semble-t-il déjà niché sur le cap Gris-Nez, est-il parfois visible sur le cap Blanc-Nez ?

Philippe Dumont : ce rapace se reproduit en effet dans plusieurs endroits de notre région, mais la communication reste limitée à quelques observateurs pour les raisons que vous imaginez.

6. Que nous conseilleriez-vous pour dormir et se restaurer près du cap Blanc-Nez ?

Philippe Dumont : les possibilités d’hébergements sur la commune d’Escalles sont nombreuses et variées, du camping à l’hôtel en passant par les gîtes, dont un très confortable situé dans la rue de la Mairie, juste au-dessus de celle-ci. Le restaurant "Les Falaises" dispose d’une terrasse très agréable et le propriétaire vous réservera le meilleur accueil sans aucun doute.

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Commentaires postés :

Alain

J’ai lu l’article sur le Cap Blanc-Nez.
L’auteur indique la nidification du Fulmar boréal.
Dommage que cette nidification n’est pas été transmise lors de l’Atlas des Oiseaux Nicheurs de France (2009-2012).
Alain Pollet

03/05/2017

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