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Date
de mise en ligne : 02/08/10 - Visé par le Comité de
Lecture
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Situation des îles Scilly (Grande-Bretagne) |
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L'Océanite
de Wilson (Oceanites oceanicus) est un petit oiseau marin
nichant sur les côtes et îles de l'Océan Antarctique
et migrant vers le Nord en hiver, atteignant l'Atlantique Nord.
Mais l'espèce vit la plupart du temps en haute mer et est
pratiquement impossible à observer depuis les côtes
d'Europe de l'Ouest.
Pendant dix ans, entre 2000 et 2009, Robert L. Flood et E. Ashley
Fisher ont observé les Océanites de Wilson au large
des îles Scilly, un archipel situé à la pointe
sud-ouest de la Grande-Bretagne, en participant à de nombreuses
sorties en mer à bord de bateaux de pêcheurs de requins.
Ils ont constaté que l'espèce y était rare
mais régulière entre juin et septembre, avec un pic
en juillet et août. Ils ont publié à ce sujet
en juillet 2010 une note dans la revue British Birds.
Nous avons interviewé Robert L. Flood à propos de
cette espèce méconnue.
Cet
article a été soumis à notre
Comité de Lecture virtuel.
Pour participer à ce comité, vous pouvez nous
contacter.
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Abstract
| Publicité |
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The Wilson's
Storm-Petrel Oceanites oceanicus is a small storm-petrel
that breeds on rocky islands in Antarctic and sub-Antarctic seas,
and which migrates northward over Atlantic, Pacific, and Indian
oceans in non-breeding season. It is nearly impossible to watch
from coasts.
During ten-year (2000-09), Robert L. Flood and E. Ashley Fisher
watched this
species from short-range pelagic trips off the Isles of Scilly,
South-west of Great-Britain. They found that Wilson's Storm-Petrel
is a regular though scarce passage migrant in Scillonian waters
mainly late June to early September with peak passage end of July
start of August. They published a short paper about their analysis
in the July 2010 Issue of British Birds. We interviewed Robert L.
Flood about this mysterious species.
You can read the English
version of this interview.
They are developping a DVD collection of amateur video footage representative
of pelagic bird families and region called 'Getting to know… North
Atlantic Seabirds' and the first in this series is 'Storm-petrels
and Bulwer's Petrel'. The series introduction follows and the products
will be available via www.scillypelagics.com.
Observer l'Océanite de Wilson au large des îles Scilly
1- Pourquoi vous intéressez-vous particulièrement
à l'Océanite de Wilson ?
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| Robert
L. Flood lors d'une croisière en haute mer, le 7/06/2008
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Robert L.
Flood : L'Océanite de Wilson a longtemps été
le "Saint-Graal" des observateurs britanniques.
Quand j'ai commencé à en observer au large des îles Scilly dans
les années 1990, j'ai supposé qu'il pourrait en fait être régulier
au sud-ouest de la Grande-Bretagne. J'ai alors décidé de participer
à plusieurs voyages en haute mer pour évaluer le statut de
cette espèce dans le secteur. Et en effet j'ai pu confirmer
que l'Océanite de Wilson était une espèce rare mais régulière dans
les eaux de cet archipel, principalement entre la fin du mois de
juin et le début du mois de septembre, avec un pic entre la fin
du mois de juillet et le début du mois d'août. Bien entendu, lors
de ces sorties, nous avons pu observer de nombreuses autres espèces
intéressantes.
2- Quels sont les meilleurs critères pour identifier
l'Océanite de Wilson ?
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Océanite
de Wilson (Oceanites oceanites) : 1) articulation du
carpe peu anguleuse, 2) barre alaire claire, 3) bord de fuite
droit, 4) large croupion blanc englobant les cuisses, 5) pattes
dépassant de la queue
Photo : Joe Pender |
Robert L.
Flood : Le
type de vol de l'Océanite de Wilson est un critère
très important (voir question suivante).
Le plumage et la structure sont également essentiels. C'est un océanite
petit à moyen, avec une tête et un corps bien proportionnés. Quand
il migre ou recherche de la nourriture, on note ses ailes de longueur
moyenne à bout pointu, le bord d'attaque (avant) de ses ailes
sans angle au niveau de l'articulation du carpe (poignet) et le
bord de fuite droit de celles-ci, une longue projection caudale
(du fait notamment d'une queue assez longue), sa queue avec l'extrémité
légèrement concave, et des pattes qui dépassent de la queue
(mais elles peuvent être rétractées).
Lorsqu'il "papillonne" au-dessus de l'eau pour cueillir des aliments,
ses ailes ont une forme de pagaie et sa queue est étalée
et arrondie.
Son plumage est brun-noir, on note deux larges bandes sus-alaires
pâles qui atteignent presque le bord d'attaque et un croupion blanc
qui englobe les cuisses. Du jaune est visible entre les doigts.
Lire aussi Les
quatre océanites visibles dans les eaux françaises métropolitaines.
3- Quelle est l'importance de l'état d'usure des rémiges
et de la mue des primaires dans son identification ?
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Océanite
de Wilson (Oceanites oceanites) : 1) barre alaire claire,
2) pattes dépassant de la queue, 3) queue assez longue
à bord légèrement concave
Photo : Joe Pender |
Robert L.
Flood : Le type de vol est modifié quand le plumage de l'oiseau
est usé ou en mue : il devient plus "léger" et ressemble
alors superficiellement à celui de l'Océanite tempête (Hydrobates
pelagicus). L'aspect et la structure du plumage permettent toutefois
d'éliminer rapidement les autres espèces.
4- A-t-il un comportement typique (sociabilité, type
de vol, suit les bateaux, ..) ?
Robert L. Flood : Sa façon de voler et de s'alimenter
évoquent l'Hirondelle rustique (Hirundo rustica).
Son vol en migration est volontaire et direct, les ailes sont tenues
raides, les battements sont rapides et peu amples, il glisse souvent
entre ces battements et bascule d'un côté à l'autre. [..] Il progresse
rapidement par vent fort. Il se nourrit en volant à basse altitude
au-dessus de la surface de l'eau, avec des battements d'ailes rigides
alternant avec des glissades. Il attrape ses aliments en effectuant
des manoeuvres rapides. Il peut aussi planer ou faire du surplace,
et ses ailes sont alors tenues généralement à l'horizontale
ou selon un V peu profond, les plumes du vol et la queue étalées
tout en se stabilisant en agitant ses longues pattes grêles.
5- Le nombre d'Océanites de Wilson a-t-il pu être
sous-estimé au large des Scilly du fait d'une confusion avec
d'autres océanites ?
Robert L. Flood : Non, nous avons acquis une grande expérience
dans l'identification de l'Océanite de Wilson. Il n'y a pas de confusion
avec d'autres espèces et nos chiffres sont exacts.
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| Robert
L. Flood lors d'une croisière en haute mer à
Madère |
6- Une
sortie pélagique est-elle le meilleur moyen d'observer cette
espèce ?
Robert L. Flood : Les Océanites de Wilson vivent
presque toute l'année en haute mer, sauf quand ils se reproduisent.
Ainsi, il est presque impossible de l'observer à partir de la côte.
Quelques ornithologues chanceux en ont vu ainsi, mais c'est exceptionnel.
La meilleure façon de le découvrir est de participer lors d'un week-end
d'août dans les îles Scilly à une sortie pélagique spécialement
organisée.
7- Pourriez-vous nous recommander une compagnie organisant des sorties
ornithologiques en haute mer depuis les îles Scilly ?
Robert L. Flood : Tous les voyages ornithologiques
au large des Scilly sont présentés sur
scillypelagics.com. La compagnie Sapphire Pelagics (http://scillypelagics.com/sapphirepelagics.html)
organise aussi des sorties pendant toute la saison (de juin à octobre).
Le prix varie de £ 25 à 45 selon la durée ou si les voyages sont
spécialement organisés pour des ornithologues.
8- Quelles autres espèces est-il possible de voir en participant
à une sortie en haute mer depuis les îles Scilly ?
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| Robert
L. Flood et un Puffin des Anglais (Puffinus puffinus) |
Robert L.
Flood : Les espèces observées au large des Scilly dépendent
de la saison. L'Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa)
niche dans les Scilly et peut être vu lors de chaque sortie entre
mai et octobre. Le Puffin des Anglais (Puffinus puffinus)
s'y reproduit aussi en petit nombre et est observable pendant la
saison de reproduction. Les Puffins cendrés (Calonectris diomedea)
et des Baléares (Puffinus mauretanicus) sont observés occasionnellement
en juillet et en août, le Puffin majeur (Puffinus gravis)
en août et en septembre, et le Puffin fuligineux (Puffinus griseus)
de juillet à octobre. La Mouette de Sabine (Xema sabini)
est vue de temps en temps d'août à octobre. Le Phalarope à bec large
(Phalaropus fulicarius) et l'Océanite tempête (rare) passent
entre septembre et octobre, en particulier après de forts vents
d'Ouest.
Les labbes peuvent être observés à partir de juillet,
la plupart entre août et septembre.
Des raretés sont également possibles : l'Albatros à sourcils
noirs (Thalassarche melanophris), le Pétrel gongon (Pterodroma
feae), le Puffin cendré de Scopoli (Calonectris diomedea
diomedea), le Pétrel de Madère (Pterodroma madeira) et
l'Océanite de Swinhoe (Oceanodroma monorhis) ont été
notés.
9- Savez-vous s'il est également possible de voir des Océanites
de Wilson au large des côtes françaises ?
Robert L. Flood : C'est une question intéressante.
Je sais que des voyages organisés il y a quelques années sur les
îles Anglo-normandes à la recherche de l'Océanite de Wilson ont
échoué. Cela dit, je pense que l'espèce fréquente les eaux
bretonnes, probablement de juillet à août, mais pour le prouver
il faudrait probablement organiser régulièrement des
sorties, ce qui peut être coûteux. Deux ou trois voyages infructueux
ne prouveraient rien : nous avons en effet parfois fait plus de
six voyages de suite sans voir l'espèce, même dans la période du
pic, tandis qu'à d'autres moments il était vu à chaque fois.
Il est imprévisible.
10-
Pouvez-vous nous en dire plus à propos de votre collection
de DVD "Getting to know ..." ?
Robert L. Flood : Nous avons développé une série de
DVDs intitulée "Getting to know… North Atlantic Seabirds".
Le premier de cette série est justement consacré aux océanites
et au Pétrel de Bulwer. En effet, si les articles et les guides
sur l'identification des oiseaux marins sont de plus en plus nombreux,
ils n'incluent pas un élément essentiel en haute mer,
l'oiseau en mouvement.
La vidéo est donc le support principal de notre projet.
Notre collection constitue une bonne introduction à la découverte
des oiseaux pélagiques du monde. La plupart des séquences
ont été filmées dans des régions marines relativement
accessibles comme le sud-ouest de la Manche, le Courant des Canaries,
le Gulf Stream au large de l'Amérique du Nord, le Courant de Benguela
(au sud-ouest de l'Afrique), le Courant de Humboldt, le Courant
de Californie, la Mer Jaune, l'Australasie, le Passage Drake et
les alentours de la Péninsule Antarctique, mais aussi des secteurs
moins accessibles de l'Atlantique Sud et du Pacifique.
S'il y a quelques vidéos d'oiseaux tenus en main et au nid,
la plupart ont été tournées à partir de navires de
toutes tailles. Et la réalisation de ces vidéos n'a pas été facile,
les oiseaux pélagiques étant parmi les plus compliqués à observer
et à filmer.
Nos DVDs présentent des séquences originales, sans effets
spéciaux inutiles, recréant l'impression du "terrain".
Chaque coffret comprend un petit livre qui apporte des informations
supplémentaires.
Plus d'informations sur scillypelagics.com.
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