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L'observation
de Courteranges
La découverte du 22 mai 2010
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Bergeronnette
citrine (Motacilla citreola) femelle, réserve
naturelle régionale des prairies humides de Courteranges
(Aube),
le 22/05/10
Photo : Olivier Paris |
Le 22 mai 2010,
Olivier Paris a annoncé sur la liste de diffusion Coches-fr
l'observation remarquable d'un couple mixte composé d'une
femelle de Bergeronnette citrine et d'un mâle de Bergeronnette printanière,
à la gorge d'un blanc pur, ce qui est plutôt étonnant
pour un oiseau de la sous-espèce nominale M. f. flava
qui niche communément en France.
Olivier a repéré le couple aux jumelles vers 17h alors qu'il se
promenait avec sa soeur Edith sur le chemin qui se trouve entre
le marais de Courteranges et le canal de restitution. Il a pu réalisé
de nombreux clichés (avec une longue-vue Swarovski ATS 80
HD et un Nikon Coolpix P5000). D'autres observateurs ont également
visité le site, comme Pierre Laur-Fournié qui nous a aussi
transmis des photos (Swarovski ATS 80HD + oculaire 30x SW + Nikon
Coolpix P5000).
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Le
mâle de Bergeronnette printanière (Motacilla flava)
appareillé à la femelle de Bergeronette citrine,
réserve naturelle régionale des prairies humides
de Courteranges
(Aube), le 22/05/10 : notez sa groge blanche
Photo : Olivier Paris |
Le site d'observation
est une prairie humide située dans la partie orientale de
la réserve naturelle régionale des prairies humides
de Courteranges, à l'est du chemin goudronné qui mène à la Ferme
du Râle, pâturée par des chevaux rustiques, correspondant
en théorie aux exigences écologiques de la Bergeronnette
citrine.
Olivier a noté trois accouplements le 22 mai, ainsi que la
construction d'un nid situé dans une dépression causée par
le piétinement des chevaux.
Le couple ne semble ne pas s'occuper des autres bergeronnettes du
secteur.
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La
prairie humide fréquentée par le couple mixte, réserve
naturelle régionale des prairies humides de Courteranges
(Aube),
le 22/05/10 : un biotope à priori favorable à
la Bergeronnette citrine (agrandir
la photo)
Photo : Yohann Brouillard / Conservatoire
du Patrimoine Naturel de Champagne-Ardenne |
Dans la prairie,
la femelle marche souvent entre les mottes et il est alors difficile
de la repérer, mais le mâle n'est jamais loin et il se repère facilement
grâce à sa gorge blanche. Il nous précise qu'il
faut parfois attendre une demi-heure voire une heure sans rien détecter.
Olivier a constaté que les deux oiseaux se rendaient régulièrement
sur les berges du canal proche.
Un autre couple "normal" de Bergeronnettes printanières
et un couple de Bergeronnettes grises (Motacilla alba) qui
nourrissent leurs jeunes fréquentent aussi le secteur.
Olivier fréquente le site une à deux fois par semaine car il habite
le village de Courteranges.
Identification spécifique
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Bergeronnette
citrine (Motacilla citreola) femelle, réserve
naturelle régionale des prairies humides de Courteranges
(Aube),
le 22/05/10 (agrandir
la photo)
Photo : Pierre Laur-Fournié |
Points importants
permettant d'identifier cette femelle de Bergeronnette citrine :
large sourcil jaune, avant de l'il (lore) teinté de chamois
devenant plus pâle et plus large derrière l'il, délimité ensuite
à l'arrière par la zone auriculaire sombre. Bec entièrement
noir. Manteau, dos et croupion gris.
Larges extrémités et bordures des grandes et des couvertures moyennes
blanches formant deux larges barres alaires. Tertiaires
noires avec une large bordure blanche.
Dessus de la queue noirâtre sans nuance jaune-vert.
Flancs, côtés de la poitrine et dessous des ailes gris. Gorge et
zone allant du ventre à la poitrine jaunes. Couvertures sous-caudales
d'un blanc pur.
A propos du mâle de Bergeronnette printanière
fréquentant la Bergeronnette citrine
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Comparaison
du mâle de Bergeronnette printanière de Courteranges avec
ceux d'autres sous-espèces à gorge blanche et avec
celui de la sous-espèce nominale M. f. flava
Schéma : Ornithomedia.com |
Il s'agit à
priori d'un mâle de Bergeronnette printanière de la
sous-espèce flava, celle qui niche communément
en France, mais avec une étonnante gorge blanche qui rappelle
la sous-espèce M. f. cinereocapilla qui niche en Italie
(lire Les
mâles en plumage nuptial des sous-espèces de la Bergeronnette printanière).
Il s'agirait d'une bergeronnette dite de 'l'Est", ressemblant
à une Bergeronnette de Béringie (Motacilla tschutschensis),
et dont le phénotype est intermédiaire entre celui de flava
et de cinereocapilla. Des participants à la liste
de diffusion Coches-fr ont précisé que ce type n'était
pas très rare en Champagne humide, avançant une fréquence
d'environ 10 % des mâles présents.
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Le
mâle de Bergeronnette printanière (Motacilla flava)
appareillé à la femelle de Bergeronette citrine,
réserve naturelle régionale des prairies humides
de Courteranges
(Aube), le 22/05/10
Photo : Pierre Laur-Fournié |
D'autres couples
mixtes Bergeronnette citrine x Bergeronnette printanière
ont déjà été observés ailleurs
en Europe, par exemple un trouvé en Estonie en 1990 qui a
élevé avec succès des poussins.
Un oiseau de premier hiver ayant des caractéristiques intermédiaires
entre ceux d'une Bergeronnette citrine et d'une Bergeronnette de
Béringie aurait été vu en 2009 (source : Steven Wytema
/ Deception Tours).
Il faut noter que ces deux espèces sont très proches
d'un point de vue taxonomique, formant un complexe d'espèces
cryptiques.
Un complexe d'espèces cryptiques est un groupe d'espèces
qui satisfait certaines définitions de l'espèce telles que la définition
biologique (elles sont isolées reproductivement l'une de l'autre)
ou la définition phylogénétique de l'espèce (leurs lignées génétiques
ont une importante différenciation génétique), indiquant une divergence
ancienne, mais qui ne sont pas distinguables d'un point de vue morphologique.
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Le
mâle de Bergeronnette printanière (Motacilla flava)
appareillé à la femelle de Bergeronette citrine,
réserve naturelle régionale des prairies humides
de Courteranges
(Aube), le 22/05/10
Photo : Olivier Paris |
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Le
mâle de Bergeronnette printanière (Motacilla flava)
appareillé à la femelle de Bergeronette citrine,
réserve naturelle régionale des prairies humides
de Courteranges
(Aube), le 22/05/10
Photo : Pierre Laur-Fournié |
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Le
mâle de Bergeronnette printanière (Motacilla flava)
appareillé à la femelle de Bergeronette citrine,
réserve naturelle régionale des prairies humides
de Courteranges
(Aube), le 22/05/10
Photo : Olivier Paris |
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Le
mâle de Bergeronnette printanière (Motacilla flava)
appareillé à la femelle de Bergeronette citrine,
réserve naturelle régionale des prairies humides
de Courteranges
(Aube), le 22/05/10
Photo : Olivier Paris |
Les petits nés de cette union
Le 25 juin, Olivier Paris a pu observer la femelle Bergeronnette
citrine nourrissant activement (beaucoup plus que le mâle
!) trois petits. La nidification avait donc réussi.
Le 29 juin, Fabrice Croset a photographié les petits. Nous
publions ci-dessous trois photos.
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Hybride
Bergeronnette citrine x printanière (Motacilla citreola
x flava) /
Réserve naturelle régionale des prairies humides
de Courteranges
(Aube) /
France.
Date: 29/06/10.
Photo:
Fabrice Croset / Site web: http://fafalpo.free.fr
Matériel: Swarovski ATS 80 HD 30x + Sony W7.
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la photo |
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Hybride
Bergeronnette citrine x printanière (Motacilla citreola
x flava) /
Réserve naturelle régionale des prairies humides
de Courteranges
(Aube) /
France.
Date: 29/06/10.
Photo:
Fabrice Croset
Matériel: idem. |
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la photo |
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Hybride
Bergeronnette citrine x printanière (Motacilla citreola
x flava) /
Réserve naturelle régionale des prairies humides
de Courteranges
(Aube) /
France.
Date: 29/06/10.
Photo:
Fabrice Croset
Matériel: idem. |
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la photo |
Le site d'observation
Situation
de la parcelle où a été découvert le couple mixte de bergeronnettes
(point rouge). La réserve naturelle régionale
des prairies humides de Courteranges
est constituée de deux secteurs (délimités
par des pointillés verts sur notre carte)
Carte : Ornithomedia.com d'après Yohann Brouillard
/ Conservatoire
du Patrimoine Naturel de Champagne-Ardenne |
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Pour arriver
à Courteranges depuis Troyes, prendre la D 610 vers la N210
(Dijon-Lyon), puis la D619 / N19 (Chaumont - Lusigny-sur-Barse),
passer le village de Ruvigny et atteindre Courteranges.
La parcelle où a été découvert le couple
mixte de bergeronnette se situe à l'est du village et est
bordée au nord par un canal (voir carte ci-contre).
Sur Géoportail (www.geoportail.fr),
il faut se placer au niveau du chiffre 4 du 114 au nord-est de Courteranges.
L'accès à la réserve est réglementé et il ne faut pas pénétrer
dans les prairies (flore fragile et dérangements possibles).
Olivier nous précise que la parcelle est d'ailleurs entourée
d'une double barrière électrifiée.
Il conseille de se garer à l'entrée du chemin goudronné ou sur le
parking du cimetière tout proche, pour maintenir de bonnes relations
avec les propriétaires de la Ferme du Râle.
Un sentier de découverte sera aménagé en 2011-2012 pour l'accès
et l'information du public. Un animateur sera également mis à disposition
par le Parc Naturel Régional de la Forêt d'Orient.
Pour l'instant, le site n'est muni que d'un seul panneau d'information,
à l'initiative du parc et de la commune de Courteranges, très impliquée
dans la préservation de ses dernières prairies humides.
La réserve naturelle régionale
des prairies humides de Courteranges
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La
Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) niche aussi
dans les prairies de la réserve naturelle régionale
de Courteranges
(Aube)
Photo : Joël Bruezière / www.eyesonsky.com |
La réserve
naturelle régionale a été classée par la Région
Champagne-Ardenne en mars 2010
pour préserver les dernières
prairies humides du secteur ayant échappé au drainage et à la mise
en culture.
Ces prairies abritent en effet une biodiversité végétale de portée
nationale, avec pas moins de 27 espèces végétales patrimoniales.
Parmi les plantes les plus remarquables, nous pouvons citer la très
rare Violette naine (Viola pumila) (inscrite sur la Liste
Rouge Nationale des plantes menacées), la Renoncule à feuilles d'Ophioglosse
(Ranunculus ophioglossifolius), la Violette élevée (Viola
elatior), la Gratiole officinale (Gratiola officinalis)
(toutes trois protégées au niveau national), l'Inule
des fleuves (Inula britannica) et l'Oenanthe moyenne (Œnanthe
media) (protégée régionalement), l'Orchis à larges
feuilles (Dactylorhiza majalis) (inscrite sur la Liste Rouge
Régionale de Champagne-Ardenne), ...
Ce patrimoine floristique exceptionnel est connu depuis les années
1980 (désignation du site en ZNIEFF). Les prairies ont par la suite
intégré le réseau NATURA 2000.
La faune des prairies de Courteranges est également très intéressante
: des espèces prioritaires sur le plan européen y ont été recensées,
comme le Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata), l'Agrion
de Mercure (Coenagrion mercuriale) ou le Cuivré des marais
(Lycaena dispar).
L'avifaune est riche et variée. La nidification des espèces prairiales
y est annuelle, et comprend le Vanneau huppé (Vanellus vanellus),
la Bergeronnette printanière, la Fauvette babillarde (Sylvia
curruca) et la Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio).
Le chant du Râle des genêts (Crex crex) n'est hélas plus
qu'un souvenir... C'est probablement cette espèce qui est à l'origine
du nom de "la Ferme du Râle" qui borde le site.
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Bergeronnette
citrine (Motacilla citreola) femelle, réserve
naturelle régionale des prairies humides de Courteranges
(Aube),
le 22/05/10
Photo : Olivier Paris |
Les rapaces y
sont fréquents, comme le Milan noir (Milvus migrans) et le
Faucon hobereau (Falco subbuteo), ainsi que des Anatidés,
des Ardéidés et diverses espèces de limicoles en période de migration.
Sur les 27 ha de la réserve, 24 sont gérés par le biais d'une fauche
annuelle pour la production fourragère. Ce mode de gestion est le
mieux adapté à la préservation des espèces.
Des conventions de partenariat ont été établies avec des exploitants
agricoles locaux, avec cahier des charges environnemental (fauche
tardive). Une parcelle de trois hecatres est gérée par le biais
d'un pâturage équin (chevaux rustiques de la race Konik Polski).
C'est d'ailleurs dans cette parcelle qu'a été découvert le couple
mixte mâle de bergeronnettes.
A visiter
- Le site web du Conservatoire du Patrimoine Naturel de Champagne-Ardenne
: www.cpnca.org
- Le site web de Pierre Laur-Fournié : http://digiplf.free.fr/
Sources
- Stipcevic, M., Perovic I. et Matesic, T.: (200). First records
of the Citrine Wagtail Motacilla citreola in Croatia. Natura
Croatica (volume 9, numéro 2). Pages : 93-105. hrcak.srce.hr/file/49192
- Christian
Dietzen, Eduard Henß et Volker M. Schmidt (2001). Erstnachweis der
Zitronenstelze in Rheinland-Pfalz. Fauna Flora Rheinland-Pfalz (volume
9). Pages : 1033-1037. www.cdietzen.de/wp-content/uploads/2008/04/2001_zitronenstelze.pdf
- Marta Sciborska (2004). Breeding biology of the citrine wagtail
(Motacilla citreola) in the Gdansk region (N Poland). Journal
of Ornithology. Volume 145. Numéro 1. www.springerlink.com/content/lfyy80914mp1ac0g/
- Maumary L. (1998): Oiseaux rares et observations inhabituelles
en Suisse en 1997. Nos Oiseaux. Volume 45. Pages : 209-226.
- Wikipedia (2010). Citrine Wagtail. http://en.wikipedia.org/wiki/Citrine_Wagtail
- Oiseaux.net. Bergeronnette citrine. www.oiseaux.net/oiseaux/bergeronnette.citrine.html
- NaTourEst Blog (2008). An afternoon with yellow birds and blue
flowers. http://natourest.blogspot.com/2008/07/afternoon-with-yellow-birds-and-blue.html
- Oiseaux-Nature.com (2001). Bergeronnette citrine : observations
homologuées en France par le CHN depuis 1981. www.oiseaux-nature.com/oiseaux_chn/bergeronnette_citrine/bergeronnette-citrine.html
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