Date de mise en ligne: 02/07/08 - Soumis au Comité de Lecture
|
Les marais de Misery et de Fontenay-le-Vicomte font partie des marais des vallées
de l'Essonne et de la Juine |
 |
Les zones humides restantes
en Île-de-France sont rares et donc précieuses: les marais des vallées
de l'Essonne et de la Juine, au sud de Paris (département de l'Essonne)
constituent la plus grande zone humide (600 ha) à moins de cinquante kilomètres
de Paris.
Parmi ceux-ci, les marais de Misery et de Fontenay-le-Vicomte constituent un ensemble
protégé de 260 ha appartenant au Conseil Général de
l'Essonne.
La faune et la flore y sont remarquables, grâce à une véritable
mosaïque de milieux naturels : étangs, prairies, tourbières
et forêts. La diversité des oiseaux tout au long de l'année
est étonnante pour un site si proche de la capitale, et on y note en particulier
la nidification du Balbuzard pêcheur et du Blongios nain.
Nous remercions Julien Daubignard, du
Conservatoire départemental des Espaces Naturels Sensibles, et Olivier
Thoret pour leurs photos.
Cet article
a été soumis à notre Comité de Lecture
virtuel.
Pour participer à ce comité, vous pouvez nous contacter.
|
Abstract
| Publicité |
 |
The marshlands of the Basses
Vallées (Low Valleys) of the Essonne and the Juine form a vast humid zone
within easy reach of the Parisian agglomeration. They shelter exceptionnal flora
and fauna and have been known to naturalists since the 19th century for their
great wealth.
The departemental domain of the marais de Misery, as well as the Fontenay domain
on the opposite bank of the Essonne, constitute the best preserved central part.
The area was given priority ranking by the Conseil Général de l'Essonne
in its preservation policy for Sensitive Natural Zones. The site enjoys the benefits
of a European Life-Nature programme comprising operations to rehabilate the countryside,
management of community interest areas and protection of the natural heritage.
Le marais de Misery
Accès
Carte
du Marais de Misery (Essonne)
Carte: Ornithomedia.com d'après le Conservatoire départemental des
Espaces Naturels Sensibles |
 |
Depuis Corbeil-Essonne,
prendre la sortie n°9 sur l'A6.
Se rendre à Echarcon puis à Misery, non loin de Vert-le-Petit. Se
garer dans le parking en bordure du marais.
Un sentier périphérique (1,5 km aller-retour) avec trois observatoires
(panneaux) en accès libre en fait le tour.
En outre, cinq observatoires ont été placés au cur
du marais mais ne sont accessibles que par le biais de visites guidées
au départ du parking.
Le parking et l'observatoire des gravelles est ouvert tous les mercredis et week-end
sauf les jours fériés.
Le mercredi: ouverture de 9h30 à 17h entre le 20 mars et le 21 septembre
et de 9h30 à 16h entre le 22 septembre et le 19 mars .
Le week-end: ouverture du samedi matin 9h30 jusqu'au lundi matin 9h.
L'observatoire du petit marais est quant à lui en accès libre tout
le temps.
Le coeur du marais n'est visitable que sur visite guidée. Pour participer
à ces animations, il faut consulter le programme des animations
nature sur le site web du Conseil Général (www.essonne.fr)
à la rubrique "Environnement".
Présentation
 |
Vue
du Marais de Misery (Essonne)
Photo: Conservatoire des Espaces Naturels Sensibles |
Les Basses vallées
de l'Essonne et de la Juine forment une vaste entité marécageuse
et tourbeuse de plus de 600 ha, classée en Espace Naturel Sensible (ENS).
Bien que situées au contact de l'agglomération parisienne, ces zones
humides ont miraculeusement conservé leur caractère naturel. Connues
par les naturalistes depuis le XIXème siècle, elles abritent encore
plusieurs types de milieux naturels remarquables, dont cinq figurent en annexe
de la Directive européenne "habitats". C'est le cas par exemple
de radeaux flottants de Fougères des marais, une espèce protégée
au niveau régional, ou de cladiaies, des peuplements végétaux
d'intérêt communautaire présentes sur sols tourbeux non exploités
ou en mélange avec les roselières.
Acquis en 1995 au titre de la politique départementale des Espaces Naturels
Sensibles, le Marais de Misery couvre une surface de 88 hectares en fond de vallée
de l'Essonne sur les communes de Vert-le-Petit et Echarcon.
Le site se compose d'une mosaïque complexe de milieux naturels (vieux boisements
humides, saulaies, aulnaies, roselières, prairies). Les innombrables plans
d'eau et chenaux correspondent à d'anciennes fosses à tourbe dont
l'exploitation s'est poursuivie au fil des siècles depuis le moyen-âge.
D'importants travaux de réhabilitation
En vue de conserver la faune et la flore remarquables de cette zone humide, d'importants
travaux de réhabilitation y sont conduits depuis 1995 par le Conseil général
de l'Essonne, au travers de son Conservatoire Départemental des Espaces
Naturels Sensibles.
Dans le cadre d'un programme européen LIFE-Nature, un projet de réhabilitation
ambitieux a été engagé autour des objectifs suivants:
- protection de l'espace par des acquisitions foncières complémentaires
- restauration de formations végétales herbacées typiques
des marais (abattage de peupleraies pour recréer des milieux prairiaux)
- préservation de la population de Blongios nain (Ixobrychus minutus)
- amélioration des potentialités d'accueil des oiseaux aquatiques
(reprofilage des berges des étangs artificiels, pâturage des prairies
par des vaches Highlands par exemple)
- restauration de la qualité des sites
- mise en place d'outils de gestion et de suivi scientifique
- organisation de la fréquentation publique et information de la population
Ces opérations
s'effectuent sous le contrôle d'un comité de gestion multipartenarial
et dans le cadre d'un programme de suivi scientifique. En raison de la sensibilité
de ce patrimoine et du caractère dangereux de certains milieux naturels,
ce site est accessible uniquement lors de visites guidées.
Les oiseaux
Près de 180 espèces
doiseaux ont été répertoriées sur le site depuis
le début des suivis ornithologiques, et ce chiffre augmente régulièrement.
Au printemps et en été, on peut découvrir des espèces
nicheuses remarquables, comme le Blongios nain (Ixobrychus minutus) qui
apprécie les roselières. Deux à trois couples nichent dans
les marais de Misery et Fontenay, et un programme d'amélioration de la
qualité et de la surface des roselières a pour objectif d'augmenter
cette petite population.
L'autre vedette du marais, c'est le Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus)
qui sest reproduit ici pour la première fois en 2005, après
plusieurs tentatives infructueuses. Deux plates-formes en bois recouvertes de
rameaux ont été installées sur les cimes de deux pins en
2004. Lespèce reste toutefois très sensible aux dérangements
en période de nidification.
 |
Sterne
pierregarin (Sterna hirundo)
Photo: Olivier Thoret |
D'autres oiseaux intéressants
se reproduisent dans le marais, comme le Faucon hobereau (Falco subbuteo),
des fauvettes paludicoles dont la Rousserolle effaravatte (Acrocephalus sciparceus),
le Phragmite des joncs (Acrocephalus schoenobaenus) et la Bouscarle de
Cetti (Cettia cetti), le Bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus),
la Sterne pierregarin (Sterna hirundo) ou le Martin-pêcheur d'Europe
(Alcedo atthis).
Les vieux arbres des boisements humides accueillent en autres le Pigeon colombin
(Columba oenas).
En automne et au printemps, des chevaliers et des bécasseaux de nombreuses
espèces sont vus le long des étangs. Parmi eux, le Bécasseau
tacheté (Calidris melanotos), une espèce américaine,
a déjà été noté.
 |
Canard
chipeau (Anas strepera)
Photo: Olivier Thoret |
En hiver, les grands plans
d'eau attirent canards, notamment des Sarcelles d'hiver (Anas crecca),
des Canards colverts (Anas platyrhynchos), souchets (Anas clypeata)
et chipeaux (A. strepera), des Fuligules morillon (Aythya fuligula)
et milouin (A. ferina), des Hérons cendrés (Ardea cinerea)
et des Grands Cormorans (Phalacrocorax carbo).
Quelques Butors étoilés (Botaurus stellaris) fréquentent
chaque hiver les roselières, et les Bécassines des marais (Gallinago
gallinago) et sourdes (Lymnocryptes minutus) apprécient les
prairies et les bordures de phragmitaies.
 |
Sarcelle
d'hiver (Anas crecca)
Photo: Olivier Thoret |
Des espèce occasionnelles
sont possibles tout au long de l'année: Aigle botté (Aquila pennata),
Aigrette garzette (Egretta garzetta), Bihoreau gris (Nycticorax nycticorax),
Bécasseau cocorli (Calidris ferruginea), Cisticole des joncs (Cisticola
juncidis), Echasse blanche (Himantopus himantopus),
Grande Aigrette (Egretta alba), Locustelle luscinioide (Locustella luscinioides),
Héron pourpré (Ardea purpurea), Merle à plastron (Turdus
torquatus), Guifette noire (Chlidonias niger), Guifette moustac (Chlidonias
hybridus) ...