Des dommages réels
Des
constats sérieux
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Vautour fauve
(Gyps fulvus) et un petit
Photo: Virgine Radola |
Suite à une lettre
de mission adressée par la Direction de la Nature et du Paysage en 2002
à la Préfecture des Pyrénées-Atlantique, des constats
officiels sont désormais effectués dans les Pyrénées
par des agents de l'État, doublés depuis 2007 d'expertises de la
part de vétérinaires indépendants financées par la
DIREN Aquitaine.
Leur qualité s'est considérablement améliorée, de
même que la rapidité d'intervention. Mais cette amélioration
se heurte à des limites: près de la moitié des cadavres sont
consommés par les vautours avant que l'autopsie ne puisse avoir lieu...
Les dégâts
chez les bovins
L'analyse a montré
que dans la quasi-totalité des cas, les bêtes tuées en dehors
du moment du vêlage étaient fortement handicapées, voire condamnées
et que les vautours fauves n'ont fait qu'anticiper la mort de l'animal.
Lorsque la mort a eu lieu pendant le vêlage,
cela signifie que celui-ci s'est mal passé (avortement, retournement de
matrice, veau mort et bloqué
) dans la majorité des cas. Les
vautours ont alors diminué les chances de survie du veau, qui aurait pu
peut-être s'en sortir.
Les dégâts
chez les ovins
Ils ont été constatés sur des adultes immobilisés
pris dans des ronces, des barbelés, à l'agnelage, ou dans le cas
de pathologies lourdes.
Nombre de cas concernés
Les 322 plaintes ont concerné
près de 500 animaux: une grande majorité de morts, une minorité
de blessés, une très petite minorité de "sauvés".
Dans plus de 70% des cas, le Vautour fauve a été innocenté.
Pour 47% des cadavres, on ne peut exclure totalement que le Vautour fauve n'ait
pas joué un rôle. Ainsi, dans les Pyrénées françaises,
entre 1993 et 2005, 11 plaintes ont concerné un maximum de 5 victimes dont
la mort ait pu être provoquée directement ou indirectement par des
vautours, tandis qu'en 2007, 133 plaintes ont concerné un maximum de 62
victimes.
Une forte augmentation
après 2005
La pénurie alimentaire subit depuis 2005 par les vautours d'Espagne (lire
Vautours
affamés en Belgique: décret royal et mouvements)
est la seule variable susceptible d'expliquer la forte augmentation du nombre
de plaintes et de victimes. En effet, les populations françaises et espagnols
de vautours nichant dans la chaîne des Pyrénées ne peuvent
être séparées.
Près de huit fois plus de plaintes concernant des bovins que des ovins
Dans la zone de référence
étudiée dans les Pyrénées, les plaintes pour des dommages
subits par des bovins sont de 38% supérieures à celles concernant
les ovins: la fraction des cheptels concernées est 7,79 fois supérieure.
Des impacts insignifiants
Il y a environ 1 100 000 têtes de bétail (400 000 bovins, 700 000
ovins, M. Razin, com. pers.) dans les Pyrénées françaises:
entre 1993 et 2005,
la fraction maximale des cheptels perdus par an du fait du Vautour fauve était
de 0,005 , contre 0,018 en 2006 et 0,056 en 2007.
Ces fréquences relatives
montrent que les risque annuel de perdre une tête de bétail du fait
du Vautour fauve et l'impact économique relatif de ces pertes sont globalement
insignifiants. Il faut rappeler que la mortalité courante, incompressible
du bétail n'est jamais inférieure à 1% par an, atteignant
souvent 3%, voire plus.
La
situation en Espagne
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Le niveau des
populations de vautours est lié à la disponibilité en charognes
Photo: Dave Trotter |
Lire
Vautours
affamés en Belgique: décret royal et mouvements
et Les
mouvements de vautours dans le nord de l'Europe sont naturels.
L'augmentation
récente sur le versant français des Pyrénées des plaintes
et aussi des dommages réels commis sur le bétail du fait du Vautour
fauve est certainement liée aux récentes fermetures de charniers
dans certaines provinces d'Espagne, dont certains étaient à moins
d'une heure de vol.
Mais il parait probable que ce ne soit qu'un pic transitoire, du fait de la fin
possible de la décision de fermer les charniers ou de la chute des populations
de vautours dans les provinces d'Espagne concernées (C. Tessier,Vautours-en-Baronnies,
comm. pers.).
On entend et l'on lit parfois que les disettes dans certaines provinces d'Espagne
seraient la raison de la hausse des plaintes contre les vautours en France. Or,
c'est chronologiquement impossible, la fermeture des charniers espagnols ayant
été décidée en 2005, tandis que les premières
plaintes ont été enregistrées dans les
Pyrénées françaises douze ans plus tôt.
Les 20 000 couples ibériques de Vautours fauves sont souvent présentés
comme constituant une aberration démographique artificielle. C'est probablement
vrai localement, mais c'est globalement faux. Les effectifs ibériques sont
en effet d'un ordre de grandeur tout à fait naturel, les effectifs dans
le reste de l'Europe, y compris en France, étant encore sous-développés.