Recherche sur Ornithomedia.com

  Magazine
  Livre recommandé

Le guide ornitho : Les 848 espèces d'Europe en 4000 dessins de Grant, Mullarney et al.
26,60 €
Commander
sur Amazon


  Le déclin du Moineau ... | Les explications possibles du déclin

Les explications possibles du déclin


Les hypothèses pouvant expliquer le déclin du Moineau domestique à Londres, mais aussi dans une moindre mesure à paris, sont multiples: il n'existe pas de cause unique qui expliquerait la baisse à toutes les époques et dans toutes les régions.
Nous vous proposons dans cette page une synthèse des différentes explications lues dans des sources britanniques et belges et dans le communiqué de l'étude CORIF/LPO publié en mai 2008.

La destruction des jardins et des haies

Sur le site web www.sparrowsneedhedges.com, le facteur le plus important expliquant la chute des populations de moineaux à Londres est la destruction de leur habitat. Les petits jardins devant les maisons, avec leurs fleurs sauvages et leurs mauvaises herbes ont souvent été remplacés par du béton et des dalles.

Moineau domestique (Passer domesticus)
Les Moineaux domestiques (Passer domesticus) apprécient les haies
Photo: Joël Bruezière / www.eyesonsky.com

Les moineaux ont besoin des haies pour se réfugier en cas de danger, et ils apprécient notamment les troènes: ils protègent bien des prédateurs, et en contrebas, la terre permet aux moineaux de prendre des bains de poussière. Les haies constituent des sources de nourriture, abritent du soleil, du vent et de la pluie, et servent de remise pour se reposer, digérer, lisser les plumes et échanger des informations.
Les moineaux ne peuvent pas apprécier les grandes pelouses vides autour des bâtiments modernes, comme celles qui entourent le Greater London Assembly City Hall près de Tower Bridge.

Tour de Londres
Les Moineaux domestiques (Passer domesticus) de Londres se maintiennent là où il y a encore de haies et des vieux bâtiments, comme près de la Tour de Londres
Photo: Ornithomedia.com

Le secteur central de l'aéroport de Londres-Heathrow présente encore un habitat favorable aux moineaux, car il y a toujours des haies, des arbres, et des jardins parmi les routes, les parkings et les terminaux. Le lierre et les buissons denses, et la grande diversité de bâtiments de l'aéroport offrent beaucoup de sites de nidification, tandis que leurs toits plats asphaltés fournissent aux moineaux d'innombrables flaques d'eau.
Dans les parcs du centre de Londres, les moineaux sont devenus rares, car l'habitat ne leur convient pas: il y a des arbres, mais peu de bâtiments, et en dehors de buissons décoratifs, il n'y a pas de haies.
Les haies posent des problèmes de sécurité et beaucoup ont été enlevées. Peu de bâtiments délabrés subsistent à proximité. Les moineaux vus dans les parcs s'y nourrissent parfois, mais ils nichaient autrefois à proximité, ce qui n'est plus le cas: ils abandonnent ainsi peu à peu les grands espaces verts de la capitale britannique.

La fermeture des écuries

Les écuries constituaient un habitat idéal pour les Moineaux domestiques. Le premier déclin perceptible de l'espèce à Londres dans les années 1930 est lié au remplacement des chevaux par le moteur à combustion interne.
Les anciennes écuries fournissaient aux moineaux tout ce dont ils avaient besoin: de la paille pour leurs nids, de nombreux recoins et fentes, de l'eau pour boire et se baigner, des tas d'excrément riches en insectes, et beaucoup de grains. Ces écuries ont quitté le centre de Londres.
Les nouvelles écuries de Hyde Park, construites en 1970, sont en béton et peu accueillantes. La modernisation des dernières écuries a ainsi été néfaste pour les moineaux.

La raréfaction des sites de nidification

Nouvel immeuble
Les nouveaux immeubles en verre et en acier, comme ici à Londres, offrent moins de sites de nidification aux Moineaux domestiques (Passer domesticus)
Photo: Ornithomedia.com

Les immeubles modernes présenteraient moins de sites disponibles pour la nidification, même si certains exemples démontrent le contraire. Il semble également que les quartiers de haut niveau social, où les immeubles
sont mieux entretenus et les rues plus propres, soient moins propices aux moineaux.
Ces oiseaux sont des créatures sociables, malgré leurs disputes fréquentes, et ils ont besoin de plus d'espace que les autres espèces pour leur nid, où ils se rassemblent en famille. Mais les toitures modernes les empêchent de nicher sous les avant-toits.

Ancien immeuble
Les quartiers populaires de l'est de Paris et de la proche banlieue, comme ici à Pantin, offrent plus de sites de nidification aux Moineaux domestiques (Passer domesticus)
Photo: Ornithomedia.com

Cela explique pourquoi à Paris y a beaucoup plus de moineaux dans l'est la ville et en particulier à sa périphérie, que dans le quart ouest. Les chutes brutales du nombre de moineaux entre 2003 et 2007 dans les 11ème et 15ème arrondissements sont peut-être liées aux changements d'activités et de
population qui ont marqué ces quartiers ces dernières années, au
cours desquelles ils sont devenus moins populaires. Ces baisses préfigurent peut-être l'évolution pour d'autres quartiers de Paris dans les années à venir.
Ce phénomène a aussi été constaté à Londres, où les quartiers populaires et de banlieue ont conservé une population de moineaux plus importante que dans les quartiers chics.
Il semble qu'il y ait une relation entre le prix du mètre carré immobilier et la densité de moineaux. Il est possible que dans les quartiers les plus riches, mieux entretenus, il y ait moins de trous dans les immeubles pour nicher, moins de déchets pour se nourrir, moins "d'herbes folles" (et donc moins d'insectes pour nourrir les jeunes en particulier).

Des mesures d'hygiène trop strictes

Les bâtiments du centre de Londres sont souvent équipés de filets installés pour décourager les oiseaux. Les mesures pour arrêter les pigeons et les étourneaux affectent aussi les moineaux. La législation sur la nourriture et l'hygiène est extrêmement stricte, par peur d'une contamination éventuelle de la part des oiseaux nichant dans des habitations.

L'éloignement croissant des zones agricoles

Champs de céréales
Les populations de Moineaux domestiques (Passer domesticus) ont diminué dans les zones agricoles de certains pays, et elles ne viennent plus renforcer celles des villes
Photo: Ornithomedia.com

La diminution de la disponibilité en grains de céréales et en insectes, liéeà l'éloignement des zones agricoles dû à l'urbanisation croissante et à l'intensification de l'agriculture, a également eu un impact important dans la baisse du nombre de moineaux dans les villes.
Dans un article de Jenny De Laet, coordinatrice du Projet Moineau publié sur le site web de la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux, on apprend qu'il ne faut pas considérer les "moineaux des champs" et les "moineaux des villes" comme des populations séparées. Il n'est pas invraisemblable que la baisse des moineaux campagnards ait eu une répercussion sur les moineaux citadins.
Dans ce même article,
une étude menée à Rotterdam (Pays-Bas) à la fin des années 1970, démontra à quel point les zones urbaines et rurales de Rotterdam étaient dépendantes de l'immigration depuis l'extérieur [...]. Une autre étude néerlandaise montra déjà précédemment que les Moineaux de la ville de Kiel, après la période de nidification, migraient vers la banlieue et qu'ils revenaient en ville en plus grand nombre pour l'hiver.
L'intensification de l'agriculture dans les années 1970 a entraîné une chute du nombre de Moineaux domestiques dans les campagnes de certains pays (Belgique, Grande-Bretagne notamment): il n'est donc pas impensable que cette importante baisse ait eu des répercussions sur les moineaux citadins, en supprimant les "renforts" en provenant des zones agricoles.

Les pesticides et les carburants

C'est la cause la plus mise en avant récemment. Le nombre d'insectes, cruciaux à cette période pour les jeunes, diminuerait en raison de l'utilisation de certains produits, notamment les MTBE utilisés dans les années 90
comme antidétonants dans l'essence sans-plomb.
Les Moineaux domestiques supportent assez mal le dioxyde de carbone et l'essence "sans-plomb" qui contient plus d'alcool, d'éther et de benzène.
Le moineau, essentiellement granivore en dehors de la période d'élevage des jeunes, trouve difficilement des graines de plantes sauvages en ville pour se nourrir. Quant aux jeunes, ils sont nourris essentiellement avec des insectes qui leur fournissent les protéines nécessaires pour grandir. S'il n'y en n'a pas assez, ils ne survivent pas.

La prédation

Les petits passereaux ne peuvent plus se réfugier dans de larges haies, des buissons ou le lierre protecteur d'un mur. Par manque de nourriture (insectes), il n'est pas étonnant qu'ils prennent des risques et payent un plus lourd tribu à la prédation, de la part des chats domestiques, des pies ou des oiseaux de proie.

Conséquences: des populations de plus en plus isolées...

Les friches, les vieux jardins et les anciens bâtiments sont de plus en plus remplacés par des blocs stériles et hostiles. Et il n'y a pas que les moineaux qui souffrent: les étourneaux, les hirondelles, les martinets, les étourneaux… en pâtissent également.
Les Moineaux domestiques sont des oiseaux sédentaires, vivant dans les environs de leur lieu de naissance. Mais quand les secteurs deviennent surpeuplés, ils doivent chercher de nouveaux territoires qui ne soient pas trop éloignés, étant donné qu'ils ne volent pas sur de longues distances. Les colonies restantes sont ainsi "coincées" dans des territoires isolés, incapables de trouver autre chose dans les alentours.
Avec des groupes plus petits, les nouvelles couvées remplacent à peine les adultes morts ou vieillissants, et comme il y a peu d'interactions entre groupes familiaux, des problèmes de consanguinité apparaissent. Quand les habitats deviennent trop petits, et même si tous les éléments (nourriture, sites de nidification, abris) sont encore disponibles, la colonie disparaît.
Ainsi, une vielle bâtisse favorable des années 1930, même entourée d'un jardin aux haies nombreuses, ne peut pas conserver une colonie florissante de moineaux si tous les bâtiments voisins sont équipés de filets anti-oiseaux et ont des jardins peu accueillants (plantes exotiques dominantes, zones dallées ou bétonnées pour les terrasses et descentes de garage).

... et des pigeons qui en profitent

Pigeons bisets (Columba livia)
Les Pigeons bisets (Columba livia) occupent la place laissée en ville par la disparition des Moineaux domestiques (Passer domesticus)
Photo: Ornithomedia.com

Les Moineaux domestiques apprécient de nicher dans nos bâtiments, à proximité d'un jardin accueillant. Si nous décourageons l'installation des moineaux en rendant leur habitat invivable, il ne faut pas s'étonner que les pigeons prennent leur place. Car contrairement aux moineaux, ces oiseaux sont d'excellents voiliers et ils peuvent installer leur nid sur les rebords des bâtiments, et dans le cas des Pigeons ramiers (Columba palumbus), sur les arbres. Mais l'augmentation des pigeons - et des Tourterelles turques (Streptopelia decaocto) - ne provoque pas la diminution des Moineaux domestiques; ces oiseaux exploitent juste la place disponible.
Des maladies transmises par les pigeons peuvent toucher les moineaux.

Une étude participative en cours à Londres

Le London Biodiversity Partnership (www.lbp.org.uk) a lancé dans les Kensington Gardens une étude participative pour connaître les raisons de la chute de la population des moineaux à Londres au cours des 30 dernières années, impliquant les habitatnts dans la collecte d'informations.
Ils peuvent transmettre leurs données entre le 18 juin et le 12 juillet 2008 sur les sites www.rspb.org.uk ou www.wildlondon.org.uk.


  Suite de l'article
 
La situation du Moineau domestique à Paris et à Londres
Les explications possibles du déclin
Que faire?



  Magazine

   Sommaire
   Livre recommandé

Guide des oiseaux de Paris
de Guilhem Lesaffre (Auteur), Jean Chevallier (Auteur)
Prix :12,00 €
Commander
sur Amazon


   Publicité
  
    
   Livre recommandé

Atlas de la nature à Paris
de Jean-Baptiste Vaquin (Auteur), Collectif (Auteur)
18,05 €
Commander
sur Amazon


   Newsletter

   Recevez chaque mois
   notre lettre d'infos
   gratuite.
    Inscription
   
Desinscription
        
         

   Livre recommandé

Balades nature à Paris
de Guide Dakota (Auteur)
12,16 €
Commander
sur Amazon

ORNITHOMEDIA (c) 2000 Tous droits réservés