Date de mise en ligne : 31/08/07
| Situation de la vallée d'Hula en Israël |
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La vallée d'Hula, au nord d'Israël constitue aujourd'hui une zone humide d'importance internationale, malgré les travaux de drainage très importants réalisés dans les années 1950.
Grâce à la création d'une réserve naturelle, de bassins piscicoles et la remise en eau d'anciennes zones agricoles, la variété et le nombre d'oiseaux sont croissants.
Une preuve récente de la richesse de la vallée est la découverte en 2006 de la nidification d'une espèce que l'on croyait confinée aux marais de Mésopotamie, la Rousserolle d'Irak (Acrocephalus griseldis).
Itai Shanni, responsable du Hula Birdwatching Centre et membre de l'Israel Ornithological Centre (BirdLife Israel), a répondu à nos questions sur cette espèce et sur sa présence dans la vallée d'Hula.
Abstract
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Despite intense draining works in the 1950's, the Hula Valley is still an important wetland. Thanks to the creation in 1964 of the Hula Valley Nature Reserve and the campaign which began in Spring 1993 to restore parts of the valley, the entire area attracts more and more nesting, migrating and wintering species.
The importance of the area has been confirmed with the recent discovery by ringers from the SPNI (BirdLife in Israel). of the only recorded breeding population of Basra Reed-warblers found outside of Iraq. After the discovery in 2006 of four individual reed-warblers in Israel's Hula Valley, SPNI have announced in 2007 the return of three of the ringed individuals, along with one unmarked adult, confirmation that Basra Reed-warbler does indeed breed in Israel.
Itai Shanni of SPNI and manager of the Hula Birding Centre (www.hula-birding.com) answered our questions concerning the Basra Reed-warbler in Hula.
An English version of this interview can be readen in the second part of this article.
L'interview d'Itai Shanni
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Rousserolles d'Irak (Acrocephalus griseldis), Hula, 19 juillet 2007
Photo: Hula Birding Centre |
1- Vous êtes-vous rendu compte tout de suite, en juillet 2006, que les 3 oiseaux attrapés étaient des Rousserolles d'Irak?
Itai Shanni:
Oui. Cette espèce est considérée comme une accidentelle rare en Israël et Yoam Perlman, qui le premier a attrapé une Rousserolle d'Irak, connaissait l'espèce.
Les débats au sein du comité d'homologation israélien à propos de l'identification de ces oiseaux n'ont pas été très vifs car nous avions également de très bonnes photos.
2- Ces rousserolles sont-elles bien distinctes des Rousserolles stentor et effarvatte?
Itai Shanni: Les différences sont très nettes, la formule alaire (NDLR: la définition des
caractéristiques d'une aile d'oiseau :
nombre, catégorie, longueur, taille relative
et forme des rémiges)
est complètement distincte, de même que la forme de la tête, le poids, …
3- Quels sont les critères d'identification de la Rousserolle d'Irak?
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Principaux critères d'identification de la Rousserolle d'Irak (Acrocephalus griseldis): long bec, 2- dos grisâtre, 3- longue projection primaire
Photo: Hula Birding Centre |
Itai Shanni: Ils sont bien couverts par la littérature, mais fondamentalement c'est une rousserolle de taille moyenne (entre les Rousserolles turdoïde/stentor et la Rousserolle effarvatte), le bec est très long, le dos est d'un gris froid et la projection primaire est longue.
4- Avez-vous pu entendre la Rousserolle d'Irak dans la vallée d'Hula? Si oui, l'avez-vous enregistré? ous a fait l'enregistre ? Le chant est-il typique?
Itai Shanni: Les chants des Acrocephalus sont difficiles à distinguer les uns des autres, et il y a beaucoup de variations. Nous l'avons entendu à Hula, et la distinction était plus simple grâce à des enregistrements réalisés au Kenya et en Iran. Aucun bon enregistrement n'a été obtenu à Hula.
5- Avez-vous pu observer cette espèce au nid?
Itai Shanni: Nous avons vu des parents nourrir des jeunes, mais pas au nid.
6- Où exactement avez-vous attrapé les Rousserolles d'Irak? Le site est-il accessible aux observateurs?
Situation du site de baguage des Rousserolles d'Irak dans la vallée d'Hula en Israël, d'après les informations de l'Hula Birding Centre
Carte: Ornithomedia.com
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Itai Shanni: Oui il est accessible, mais c'est une propriété privée, et avant d'y aller, il convient d'avoir un accord des propriétaires.
7- Le site de baguage est situé en dehors de la réserve d'Hula: pourrait-il être menacé?
Itai Shanni: Heureusement non, bien qu'il y ait toujours un risque que le propriétaire décide un jour de modifier l'usage de son terrain et de transformer les étangs de pisciculture en quelque chose d'autre, ou bien tout simplement de supprimer les roselières.
8- L'habitat où les Rousserolles d'Irak ont été capturées est-il spécifique (profondeur de l'eau, hauteur et surface des roselières …)?
Itai Shanni: Nous n'en sommes pas encore sûrs; en fait ce sont fondamentalement des étangs piscoles abandonnés.
9- Avez-vous constaté des interactions entre cette espèce et les Rousserolles stentor ou effarvatte?
Itai Shanni: Non, pas d'intéractions spécifiques.
10- Avez-vous déjà capturé cette espèce dans d'autres endroits de la Vallée d'Hula ?
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Habitat typique (étang piscicole dans la vallée d'Hula) où ont été capturées des Rousserolles d'Irak (Acrocephalus griseldis)
Photo: Ornithomedia.com |
Itai Shanni: Pas encore, mais des efforts seront faits dans un futur proche pour essayer de trouver de nouveaux sites, par la repasse et le baguage.
11- Quelle est la taille estimée de la population de Rousserolles d'Irak dans la vallée (nicheurs, non nicheurs, adultes, juvéniles…)?
Itai Shanni: Nous n'en sommes pas certains, au moins deux à trois familles dsur le site de baguage.
12- La Rousserolle d'Irak est une espèce peu connue: avez-vous fait de nouvelles découvertes sur sa biologie?
Itai Shanni: Ceci sera publié plus tard...
13- Pensez-vous qu'il puisse y avaoir d'autres populations de Rousserolles d'Irak entre l'Irak et Israël, par exemple en Syrie le long de l'Euphrate?
Itai Shanni: Probablement! Je serais heureux qu'il y ait plus de coopération entre les ornithologues du Moyen-Orient, malheureusement il y a de très peu données en provenance de Syrie.
NB: c'est le cas! une Rousserolle d'Irak a été observée à Halabbiyah, le long de l'Euphrate (Syrie) le 24 avril 2006 (source: First record of Basra Reed Warbler
Acrocephalus griseldis for Syria, PIERRE YÉSOU, GUY FLOHART AND DAVID MURDOCH, Sandgrouse 29 (2): 2007).
14- Avez-vous contacté des ornithologues irakiens suite à votre découverte? Pensez-vous que le retour de l'eau dans de vastes secteurs des marais du sud de l'Irak puisse expliquer l'expansion de l'espèce en Israël?
Itai Shanni: Nous n'avons pas de contact direct avec les biologistes irakiens, mais la raison de la nidification de la Rousserolle d'Irak en israël n'est pas le retour de l'eau en Irak, mais plutôt un retour à la distribution initiale de l'espèce, qui est rendu possible par une attraction plus forte de la vallée d'Hula (en raison de la conservation et la réhabilitation de zones humides).
15- La Rousserolle d'Irak est-elle une raison de plus de visiter Hula?
Itai Shanni: Oui en effet, bien qu'il faille se rappeler qu'il s'agît d'un oiseau très discret, que le site de baguage est privé et qu'il vaut donc mieux nous contacter (iochula@netvision.net.il) avant de tenter d'observer l'espèce, et que sa conservation est prioritaire à la volonté de la cocher.
Présentation de la vallée et de la réserve d'Hula
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La réserve d'Hula est le site le plus septentrional au monde où pousse le papyrus
Photo: Ornithomedia.com |
Autrefois, la vallée d'Hula était entièrement composée de marais et de lacs et constituait une vaste zone humide de plusieurs milliers d'hectares essentielle pour la nidification, la migration et l'hivernage des oiseaux, dont certaines espèces très rares pour le Paléarctique occidental. L'Anhinga roux (Anhinga melanogaster) était ainsi un hivernant régulier, en provenance de l'ancienne population de Turquie. Outre les oiseaux, on rencontrait dans cette région des poissons, des batraciens et des plantes endémiques.
Mais peu de temps après la déclaration de l'État d'Israël en 1948, suivant l'esprit pionnier et la doctrine socialiste qui régnaient alors, le gouvernement a décidé de drainer les 7500 ha de marais et de plans d'eau et de les convertir en cultures. Ce vaste projet débuta en 1951. Mais des scientifiques et des amoureux de la nature israéliens se sont battus pour préserver au moins des vestiges du paysage original, et finalement le gouvernement a consenti à protéger 400 hectares. Officiellement déclarée en 1964, la réserve naturelle de Vallée d'Hula était la première réserve naturelle du pays. Mais hélas plusieurs espèces de plantes et d'animaux avaient complètement disparu.
Grâce à la restauration naturelle progressive et assistée des biotopes, de plus en plus d'oiseaux ont réutilisé cette étape; ainsi , des dizaines de milliers de Grues cendrées (Grus grus), de Cigognes blanches (Ciconia ciconia) et noires (C. nigra), de Pélicans blancs (Pelecanus onocrotalus), de Grands Cormorans (Phalacrocorax carbo) et pygmées (P. pygmeus), d'Ardéidés (10 espèces), sans compter les rapaces, les limicoles, les canards, les Rallidés, … passent ou nichent dans la réserve.
L'hiver, la vallée est une zone de concentration exceptionnelle d'Aigles criards (Aquila clanga), pomarins (A. pomarina), des quatre espèces de busards et de Pygargues à queue blanche (Haliaeetus albicilla), tous attirés par les fortes concentrations d'oiseaux et de rongeurs.
Les Anatidés sont nombreux en hiver, avec parmi les milliers de canards de surface et plongeurs, la possibilité de découvrir quelques espèces remarquables comme le Tadorne casarca (Tadorna ferruginea), la Nette rousse (Netta rufina), le Fuligule nyroca (Aythya nyroca), et parfois l'Erismature à tête blanche (Oxyura leucocephala). De petites troupes d'Oies rieuses (Anser albifrons) passent l'hiver dans les cultures. La Talève sultane (Porphyrio porphyrio) est de plus en plus régulière à la mauvaise saison.
Plusieurs nicheurs très intéressants fréquentent les marais au printemps et en été comme la Sarcelle marbrée (Marmoronetta angustirostris), le Cormoran pygmée, la Rousserolle stentor (Acrocephalus stentor), le Francolin noir (Francolinus francolinus), le Martin-chasseur de Smyrne (Halcyon smyrnensis) et le Ceryle pie (Ceryle rudis).
Des espèces exceptionnelles ont été vues à Hula, comme la Bécassine de Swinhoe (Gallinago megala).
La réserve est encore un refuge pour des plantes aquatiques rares, et c'est la zone la plus septentrionale au monde où pousse le papyrus. Le buffle domestique, autrefois utilisé par les populations locales (Arabes des marais et Bédouins), a été réintroduit dans certaines zones de la réserve pour qu'il contribue à maintenir des prairies naturelles.
Le personnel de la Réserve Naturelle de Hula est impliqué dans la réintroduction du Pygargue à queue blanche, qui nichait autrefois dans la vallée.
La réserve naturelle est sillonnée de sentiers et de pontons flottants permettant de traverser les massifs de papyrus et de phragmites. Le sentier principal est accessible aux fauteuils roulants.
Une tour d'observation permet d'avoir une vue sur toute la vallée.
Au printemps 1994, une autre étape dans la restauration des habitats de la vallée d'Hula a été franchie avec la remise en eau de 125 ha de friches à approximativement deux kilomètres au nord de la réserve naturelle. L'inondation volontaire a amélioré la qualité de l'eau du lac de Tibériade situé pus au Sud: en effet, l'eau est filtrée à nouveau dans les marais d'Hula, donnant aux substances organiques le temps de décanter.
Accès aux spots de la vallée d'Hula
Pour accéder à la réserve d'Hula, prendre la route 90 (Rosh Pina-Kiryat Shemona), et trois kilomètres après le carrefour (" junction ") Yesod Hama\'ale, tourner à l'Est vers la réserve.
Un centre d'information, un restaurant, une zone de piquenique et un parking ombragé permettent un accueil optimisé.
La nouvelle zone inondée peut être visitée depuis la route 90: 4 km au nord de la réserve, tourner à droite vers une usine de coton. Peu après celle-ci, le chemin passe un pont et va vers l'Est. Le chemin fait le tour de la zone en eau et permet de traverser des biotopes très riches (roselières, cultures, chenaux, …).
Heures d'ouverture de la réserve: 8h00-16h00, et le vendredi: 8h00-15h00.
Il existe d'autres bons spots dans la vallée d'Hula (pour la localisation des localités, voir notre carte). Par exemple,
depuis la réserve, reprendre la route 90 vers le Nord, tourner à droite sur la route 977 au niveau de la Gume Junction; prendre la direction de Kefar Blum. Après 1km, emprunter un mauvais chemin sur la gauche et explorez les étangs piscicoles au nord et au sud de la route.
Plus à l'est sur la même route,
aller jsuqu'à un croisement et tournez à gauche sur la 9778 vers le Kibboutz Amir. Prendre la prochaine route à droite (route 9779): vous atteignez alors de très bons étangs après 2 km.
Continuer ensuite sur la 9779 jusqu'à son croisement avec la route 918, tourner à droite et retourner sur la 977. Suivre la direction de Lehavot Habashan où il y a d'autres bons étangs à l'opposé de l'entrée du kibboutz (secteur du site de baguage des Rousserolles d'Irak).
Contact
Itai Shanni
- General Manager
- Hula Birdwatching Centre
- Israel Ornithological Centre (BirdLife Israel)
- Tel: +972-523-689773
- E-mail: iochula@netvision.net.il -
Site web: www.hula-birding.com.