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Le vautour fauve : Description Evolution Répartition Reproduction Observation Protection
de Bertrand Eliotout
23,75 €
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  L'invité d'Ornithomedia.com : Bertrand Eliotout

Date de mise en ligne : 09/05/07

Avec son bec crochu, son long cou tortueux et déplumé de charognard, le Vautour fauve (Gyps fulvus) étonne, effraie, et reste souvent victime de son apparence. Persécuté pendant des siècles, l'espèce s'est trouvée sérieusement menacée au début du XXe siècle. Ces toutes dernières décennies, cependant, la situation s'est nettement améliorée. Le rôle d'"équarisseur naturel" du Vautour fauve a enfin été reconnu et l'espèce a fait l'objet de politiques de réintroduction et de préservation efficaces. Elle n'est plus menacée aujourd'hui. Mais les mauvaises réputations ont la vie dure.
Bertrand Eliotout est responsable de l'antenne Grands-Causses (Cévennes) au sein de la LPO. Il travaille depuis plus de dix ans à la protection des vautours et des rapaces en général. Il vient d'écrire la première monographie sur le Vautour fauve, publiée chez Delachaux et Niestlé.
Il répond à nos questions sur la biologie et la conservation des vautours, nous révélant quelques informations très intéressantes, notamment sur les mouvements de ces oiseaux et l'historique de leur répartition.



Abstract

Bertrand Eliotout is the manager of the section "Grands Causses" of the LPO association. He works since more than ten years for the protection of vultures and has participated to the writting of different books, for exemple Rapaces nicheurs de France (2004, Delachaux et Niestlé). He has just written the first monography dedicated to the Griffon Vulture (" Vautour fauve ", Delachaux et Niestlé, March 2007) : this very complete book deals with the biology of this species, the successes and limits of the conservation policy and reintrodction projects, and his personnal experience with this fascinating bird.



Première partie de l'interview

La monographie


Le vautour fauve
Monographie Le vautour fauve de Bertrand Eliotout (commander sur Amazon)
La monographie "Vautour fauve" (191 pages) écrite par Bertrand Eliotout, responsable de l'antenne Grands-Causses au sein de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), et publiée le 22 mars 2007, est la première sur cette espèce.
Elle a pour but de lutter contre l'ignorance en présentant, selon le parcours habituel de la collection "Sentiers du naturaliste" de l'éditeur Delachaux et Niestlé, une vision complète et objective du Vautour fauve et de son rapport à son environnement.
L'ouvrage a plusieurs points forts :
- c'est un ouvrage accessible qui permet de plonger au cœur de la vie d'un animal fascinant, qui a longtemps souffert des idées reçues
- c'est une synthèse objectif sur les succès et les limites des politiques de protection et de réintroduction des dernières décennies
- c'est enfin un témoignage vivant d'un naturaliste de terrain, grand connaisseur et fervent défenseur du vautour fauve et des rapaces en général.
Vous pouvez commander sur Amazon cette monographie au prix de 23,75 euros.

1- Pourquoi et comment vous êtes-vous spécialement intéressé au Vautour fauve ?

J'ai été recruté par le Fonds d'intervention pour les Rapaces (FIR) comme objecteur, il y a 11 ans.
La rencontre avec les vautours s'est donc faite naturellement et aujourd'hui, je consacre mes activités professionnelles et de loisir à la protection et à l'observation de ces oiseaux.
J'ai la chance de vivre dans une région qui héberge un grand nombre d'espèces de rapaces et les vautours fauves et moines font véritablement partie de mon quotidien.

2- Pourquoi avoir éprouvé le besoin d'écrire une monographie sur le Vautour fauve ? Sur quel angle nouveau ou différent avez-vous voulu présenter ce rapace ?

Il n'existe aucun bouquin sur cette espèce. Par ailleurs, je voue un vrai culte aux livres et cet ouvrage est né de la rencontre de deux passions. Mais j'ai surtout eu la chance d'avoir été sollicité directement par l'éditeur et d'avoir une compagne qui m'a vraiment poussé à le faire. Sans elle, je ne l'aurais pas écrit ! Je ne sais si cet ouvrage présente vraiment l'espèce sous un angle particulier, car il s'inscrit dans une collection déjà bien rodée et dont les titres font référence.
J'ai souhaité être exhaustif, mais chaque chapitre de l'ouvrage aurait pu faire l'objet d'un livre à part entière. Toute la difficulté a été de donner une information substantielle des connaissances disponibles sur ce rapace, dans un format limité. D'un point de vue personnel, j'ai tout de même voulu insisté sur le rôle d'équarrisseur naturel du vautour fauve et casser l'image négative dont il est encore victime.

3- A-t-on fait des découvertes récentes étonnantes sur le comportement et la biologie du Vautour fauve ?

Les principales découvertes concernent les mouvements de vautours. Depuis la réintroduction de cette espèce en des endroits stratégiques et l'explosion des effectifs en Espagne, nous assistons à une augmentation nette des déplacements hors des colonies. C'est assez sensationnel, car on peut désormais avoir la chance d'observer ce rapace presque partout en France, avec beaucoup de chance tout de même. Sinon, rien de bien nouveau en terme de biologie.
Certaines voies ont claironné que les vautours se mettaient à attaquer du bétail vivant, mais c'est absurde et en complet décalage avec la réalité dès que l'on se met à creuser la question. Il me semble intéressant en revanche de souligner que les vautours, le fauve en tous cas, arrivent très bien à vivre dans nos sociétés modernes, pour peu que l'on décide de leur accorder un peu de place et d'attention.

4- Quelles ont été les principales difficultés du programme de réintroduction du Vautour fauve dans les Grands Causses ? A-t-on cru à un moment que le projet échouerait ?

J'ai pris le train en route dans cette aventure ! Mais il est indéniable que la principale difficulté fut de rendre ces oiseaux acceptables auprès des gens qui vivaient sur place et en particulier les agriculteurs dont les vautours dépendent à 100%. Il faudrait interroger les pionniers de cette opération, mais je pense qu'aucun n'a vraiment cru un échec possible, hormis le fait qu'il fallait parvenir à fixer des oiseaux sur place, ce qui n'était pas gagné. Quand l'opération s'est renouvelée avec le Vautour moine (Aegypius monachus), les interrogations ont été tout aussi fortes, malgré l'expérience vécue avec le fauve. Je pense que c'est la patience et la passion qui ont permis d'obtenir les résultats actuels. On peut doper certains processus, mais il ne sert à rien de vouloir faire trop vite.

5- Pensez-vous que la population des Causses soit viable désormais sans la mise en place de charniers ?


Soyons clairs. Les charniers ne sont alimentés qu'avec des carcasses issues d'élevages locaux. Leur existence ne conditionne nullement la capacité des vautours à être autonomes. Il est hors de question de récupérer des carcasses en suppléments, pour avoir davantage de vautours. Cette ressource existe, mais son accessibilité est conditionnée par des lois sanitaires assez contraignantes et très changeantes.
Beaucoup de naturalistes pensent que le système charnier conditionne les populations de vautours. C'est un faux débat. Les vautours sont dépendants à 100% des ressources fournies par l'élevage ovin. Que la carcasse soit laissée sur place ou mise sur un charnier ne change rien pour un vautour. L'objectif est qu'il puisse s'en nourrir.

Vautour fauve (Gyps fulvus)
Vautour fauve (Gyps fulvus)
Photo : Hervé Vrhont

Actuellement, les vautours trouvent au moins 60% de leur ressource en dehors de tout charnier. Le bouche à oreilles a été très efficace dans le réseau d'éleveurs et ces derniers ont vite compris l'intérêt des grands rapaces en laissant d'eux-mêmes les carcasses sur leur terrain. On peut donc observer des curées à peu près partout sur le territoire Grands Causses, soit environ 500 000 ha.
Le défi actuel est de parvenir à ce que les éleveurs puissent avoir le droit de continuer cette pratique, en mettant en place des charniers privés, reconnus par les services vétérinaires. Un gros travail pour nous, car ce sont au bas mot 200 éleveurs qui ont les vautours " à domicile " et qui doivent être en conformité avec les nouvelles directives européennes. La création de placettes d'alimentation permet de labelliser ces lieux de dépôts et de conserver une pratique plus " naturelle ".
A terme, c'est bien 100% des carcasses qui devront être accessibles de cette manière et on y arrivera, car tout le monde reconnaît l'intérêt des vautours dans ces régions de moyenne montagne. En fin de compte, les vautours s'adaptent à la disponibilité de cette ressource. Il y a profusion de nourriture en hiver, lors des agnelages. L'été en revanche, c'est la disette, ce qui n'empêche pas les vautours d'aller très loin pour trouver une charogne. Mais la mortalité dans les nids à cette époque est importante.
La sélection naturelle se fait donc par la nourriture et il est inenvisageable d'apporter un complément. On serait alors en dehors de tout processus naturel. Pour le vautour moine, les choses sont un peu différentes, car il se nourrit beaucoup sur des petits cadavres de faune sauvage (renard, lapin, lièvre…).


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Première partie de l'interview
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