Répartition dans le Béarn
Etudier la fonction
grégaire du Léiothrix jaune
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Type
de biotope fréquenté par le Léiothrix jaune : la saligue
(forêt riveraine humide) bordant le Gave de Pau
Source : Blog
de BU23 |
Dans nos précédents
articles de la Marie-Blanque (vol. 10-11-12) où nous rendions compte de
notre suivi du Rossignol du Japon ou Léiothrix jaune (Leiothrix lutea)
en Béarn, nous avions mis l'accent principalement sur son aire de répartition,
aussi sur quelques caractéristiques comportementales liées à
la nidification, la quête nourricière, sa cohabitation avec les autres
espèces, l'erratisme local, les cris et les chants, ...
En 2004, nous nous sommes davantage attachés à étudier un
aspect éthologique bien spécifique, celui de la fonction grégaire,
à savoir l'organisation spatio-sociale qu'il met en place en période
de reproduction lors du passage du groupe au couple, puis en fin de reproduction
lors du passage du nouveau groupe familial constitué au groupe élargi
ou à la bande.
Pour ce faire, notre travail de terrain s'est limité aux investigations
dans un espace que nous connaissions bien, celui de la saligue à Billère
où nous avions découvert les léiothrix en 2001 et où
ils ont l'habitude de venir chaque année, du printemps à l'automne,
pour nidifier et se reproduire. Cette étude commencée en 2003 puis
poursuivie en 2004 sera complétée dans les années à
venir afin d'aboutir à des conclusions définitives.
La répartition
dans le Béarn
Carte
1- Répartition du Léiothrix jaune dans le Béarn en 2005 :
- Rouge : secteur de présence importante
- Orange : secteur de présence dispersée
- Jaune : secteur de présence sporadique
- Violet : points extrêmes où leur présence a été
signalée
Carte : Ornithomedia.com d'après JP Basly |
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L'expansion des léiothrix
se poursuit. Grâce à la vigilance de quelques observateurs, leur
présence nous a été signalée :
- vers le Nord-ouest, à Castetner, aux portes d'Orthez (B. Lavignotte)
- vers le Nord-est, à Anos (A. Sernea) et Bernadets (JP Piou), bien au-delà
de Morlaas
- vers le Sud-est, à Asson, dans la vallée de l'Ouzom (J. Saint-Pie)
et à Lestelle-Bétharam
Ceci nous permet d'établir un était de leur répartition en
Béarn en 2005 (voir carte 1).
Conquête urbaine
Dans le volume 11, nous
avions avancé la possibilité de voir des léiothrix s'installer
de manière durable dans les jardins et les parcs des villes.
Or, fin 2004, des groupes de 10 à 12 oiseaux ont effectivement pris possession
du domaine urbain :
- une première implantation du 8/11 au 18/11/2004 dans une propriété
à l'abandon de Billère (haies, bambouseraie, résineux, source)
proche d'un grand verger, espace relativement paisible et hospitalier convenant
parfaitement à leur nature (entre 5 et 10 individus).
- Une deuxième installation, toujours à Billère, dans une
zone comprenant des haies, et deux grands domaines avec arbres et arbustes, haies
touffues, sortes de parcs à l'abandon : Ici c'est un groupe de 12 à
13 individus qui a établi ses quartiers d'hiver du 6/11 au 23/12.
- Enfin, à Pau, en contre ville, depuis octobre 2004, une dizaine de léiothrix
viennent se réfugier plusieurs fois par jour dans une haire de buis et
rejoint les autres passereaux pour se nourrir à une mangeoire, ne dédaignant
pas également les graines de troène. Ils étaient encore présents
en mars 2005 (observation d'A. Pourcelot).
On peut penser qu'il
s'agit de bandes errantes qui ne se fixent que durant une période, juste
le temps sans doute d'épuiser les ressources en nourriture du lieu occupé.
Ceci confirmerait leur grande capacité de mouvance, mais serait en contradiction
avec le fait que dans le Jurançonnais on peut les trouver immuablement
sur les mêmes sites. Alors, les léiothrix, nomades ou sédentaires
?
Quoiqu'il en soit, s'il n'a pas encore été signalé de nidification
en milieu urbain, on peu penser que dans un proche avenir il n'en soit pas de
même, pour peu que les conditions du biotope (milieu obscur et touffu, nourriture
proche et point d'eau, etc.) soient respectées.