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  Un Guillemot à long bec en Grande-Bretagne

La deuxième donnée européenne

Situation de Dawlish, dans le Devon
Situation de Dawlish dans le Devon

Un Guillemot à long bec (Brachyramphus perdix) de premier hiver a été découvert le 7 novembre 2006 à Dawlish Warren dans le Devon en Grande-Bretagne. Initialement identifié comme un Mergule nain (Alle alle), son identité a été révélée suite aux photographies publiées sur le web.
Il a été revu le 11 novembre au large du centre-ville de Devon, attirant ce jour-là jusqu'à 1 500 observateurs, venus d'aussi loin que Durham et Manchester ...
Cette espèce d'Alcidé niche sur les côtes du Japon et de la Russie orientale, et elle est exceptionnelle en Europe, cet oiseau constituant seulement la seconde donnée pour notre continent (et la première pour la Grande-Bretagne).


Abstract

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The Long-billed Murrelet (Brachyramphus perdix) is a small (25 cm), chunky auk with a slender black bill. The bird closely resembles the Marbled Murrelet, which in fact it was considered a subspecies until 1998. The Long-billed Murrelet is longer billed and slightly larger than the Marbled Murrelet. In breeding plumage, the bird shows a pale throat which is absent in Marbled Murrelet. In winter, the Long-billed Murrelet lacks a white collar, present in Marbled Murrelet. In most other visual charateristics, they are considered virtually identical.
Long-billed Murrelet has occurred as a vagrant in Europe. A drowned first-winter individual was discovered in a fishing net at Zollikon, Lake Zurich, Switzerland on a date between 15 and 18 December 1997. The specimen has been deposited at the Naturhistoriches Museum Basel. (Maumary and Knaus 2000).
Europe's second was found at Dawlish Warren, Devon on 7 November 2006; initially identified as a Little Auk, its true identity came to light when photographs were posted to the Web. It was re-found offshore from Dawlish town centre on 11 November, and attracted large crowds of birdwatchers.


Un Guillemot à long bec en Grande-Bretagne

La découverte

Guillemot à long bec (Brachyramphus perdix) 1er hiver
Guillemot à long bec (Brachyramphus perdix) 1er hiver, Dawlish, Devon, Grande-Bretagne, le 11 novembre 2006 (agrandir la photo)
Photo : Jim Lawrence

L'oiseau a été trouvé le 7 novembre 2006 à Dawlish Warren, puis à Dawlish le 11 novembre, jour où près de 1 500 observateurs de tout le pays sont venus l'admirer depuis le front de mer de la petite ville côtière ...
Au début, il avait été confondu avec un Mergule nain (Alle alle), mais l'examen des photos publiées sur le Web a permis de révéler son identité incroyable.
Le 11 novembre, l'oiseau a aussi été observé à Boat Cove, Dawlish, mais il est assez mobile et peut être vu jusqu'à Langstone Rock. Il pourrait rester quelques jours dans le secteur.
Le 12 novembre, il était justement vu près de Langstone Rock, avant de retourner vers le sud vers Dawlish.

Guillemot à long bec (Brachyramphus perdix) 1er hiver Guillemot à long bec (Brachyramphus perdix) 1er hiver, Dawlish, Devon, Grande-Bretagne, le 11 novembre 2006 (agrandir la photo)
Photo : Jim Lawrence
Guillemot à long bec (Brachyramphus perdix) 1er hiver Guillemot à long bec (Brachyramphus perdix) 1er hiver, Dawlish, Devon, Grande-Bretagne, le 11 novembre 2006 (agrandir la photo)
Photo : Jim Lawrence


Plus de photos sur :
- www.dawlishwarren.co.uk/birdlatest.html
- dans la galerie de photos de Surfbirds.com

Identification

Guillemot à long bec (Brachyramphus perdix) 1er hiver
Guillemot à long bec (Brachyramphus perdix) 1er hiver, Dawlish, Grande-Bretagne, le 11 novembre 2006 : notez le long bec, et le cou entièrement sombre (agrandir la photo)
Photo :
Steve Nuttall

Le Guillemot à long bec est un petit (25 cm) Alcidé ressemblant à un pingouin, avec un bec mince.
L'adulte en plumage nuptial est uniformément brun sombre, avec une gorge plus pâle et des cercles oculaires blanchâtres.
En plumage internuptial, l'adulte est noir dessus et blanc dessous, avec un cou entièrement sombre et des cercles oculaires blancs bien visibles.
Chez le jeune de 1er hiver, comme c'est le cas de l'oiseau découvert en novembre 2006 dans le Devon, on note des rayures brunâtres sur la gorge et les flancs, une limite entre le sombre et le blanc moins nette, et le dessus est plutôt brun-sombre que noirâtre.
Dans tous les plumages, en vol, les couvertures sous-alaires sont blanchâtres.

Biologie

Guillemot à long bec (Brachyramphus perdix) 1er hiver
Guillemot à long bec (Brachyramphus perdix) 1er hiver, Dawlish, Devon, Grande-Bretagne, le 11 novembre 2006
Photo : Steve Young

Le Guillemot à long bec se nourrit en mer au large, dans des zones riches en nutriments, mais aussi dans des baies abritées. En dehors de la période de nidificafion, il s'aventure plus loin qu'une espèce proche, le Guillemot marbré (Brachyramphus marmoratus), qui niche sur les côtes du Pacifique d'Amérique du Nord. Il pêche surtout des petits poissons.
A l'inverse de nombreuses autres espèces d'Alcidés, il ne niche pas en colonies ou même près de la mer, mais sur des branches de vieux conifères ! Il dépose un œuf sur une plate-forme de lichen ou de mousse (plus rarement sur le sol). L'oeuf est incubé pendant un mois, puis l'oisillon est nourrit pendant environ 40 jours jusqu'à ce qu'il soit capable de voler. Celui-ci quitte alors le nid et se dirige seul vers la mer. Le taux de survie est faible chez les petits.

Répartition

Secteurs (approximatifs) de nidification du Guillemot à long bec
Carte : Ornithomedia.com
Secteurs de nidification du Guillemot à long bec

La population de Guillemots à long bec est estimée à quelques dizaines de milliers d'oiseaux. Il niche en Extrême-Orient.
Au Japon, il est rare à l'est d'Hokkaido, mais plus commun au nord de l'île, notamment sur la péninsule de Shiretoko, au bord de la Mer d'Okhotsk.
En Russie, il se reproduit autour de l'embouchure du fleuve Amour, particulièrement entre l'île de Baydukov et la Baie Aleksandra.
On le trouve aussi près de Magadan, sur la péninsule Khmitievsky, sur les côtes de la baie de Tauyskaya, et sur la péninsule de Koni.
Il niche également sur la péninsule du Kamchatka, dans la région de Primorye, et en quelques endroits de l'île de Sakhaline.
En dehors de la période de nidification, il s'aventure en mer, parfois assez loin. Il a ainsi été vu deux fois en Europe :
- un oiseau de premier hiver hiver a été trouvé mort entre le 15 et le 18 décembre 1997 à Zollikon, sur le lac de Zurich en Suisse
- et il y a bien sur l'oiseau de premier hiver découvert le 7 novembre 2006 à
Dawlish Warren, dans le Devon.

Proche du Guillemot marbré

Guillemots à long bec et marbré
Têtes vues de profil et de dessus des Guillemots à long bec et marbré de premier hiver
Schéma : Ornithomedia.com, d'après http://thebirdguide.com

Le Guillemot à long bec est très proche du Guillemot marbré, une espèce nord-américaine nichant sur les côtes Pacifique des États-Unis et du Canada. Il été d'ailleurs autrefois considéré comme une sous-espèce de celui-ci jusqu'en 1996-1998.
Il est légèrement plus grand, plus lourd de 50-70 grammes, avec un bec environ 20% plus long. Le dessin de sa tête et de son cou sont toutefois assez différents en période inter-nuptiale
En plumage nuptial, l'adulte présente une gorge plus pâle.
En dehors de la saison de nidification, pour les adultes et les juvéniles, on note chez le Guillemot à long bec un cou entièrement sombre (tandis qu'un collier blanc presque complet est visible chez le Guillemot marbré).
Le détail des différences sont visibles sur (liens indiqués par V. Palomares sur Coches-fr) :
http://thebirdguide.com/pelagics/murrelet.htm
http://www.birds.cornell.edu/crows/lbmurrelet.htm

Comment est-il arrivé en Europe ?

Le guillemot à long bec est connu pour s'aventurer plus loin que le Guillemot marbré de ses sites de nidification, mais tout de même, comment est-il parvenu si loin des Mers d'Okhotsk et du Japon ? A-t-il été entraîné par des conditions météorologiques particulières ? A-t-il suivi des Guillemots de Troïl ou des Petits Pingouins, depuis le Pacifique jusqu'à la Manche, en passant par l'Océan Arctique ? Le mystère reste complet !



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