Un petit Ouessant
| Situation de
l'île de Sein (Finistère) |
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En automne, de septembre
à novembre, l'île bretonne la plus connue pour l'observation des
oiseaux rares est l'île d'Ouessant (téléchargez
notre carte de l'île d'Ouessant). Mais il existe d'autres
îles remarquables pour la migration post-nuptiale tout le long des côtes
armoricaines, comme Hoëdic dans le Morbihan, et surtout Sein dans le Finistère,
chère au Général de Gaulle ...
L'île est toute petite, et avec ses 6 m daltitude maximum et ses formes
déchiquetées, elle semble fragile, prête à être
submergée lors des tempêtes. Pourtant, c'est une halte salutaire
pour les passereaux migrateurs, mais aussi pour les limicoles. Des raretés
venues d'Amérique ou de Sibérie y sont découvertes chaque
année, grâce à l'intérêt croissant des observateurs.
Marc Fasol (marc.fasol@swing.be),
un amateur belge, y a passé 6 jours à la fin du mois d'octobre 2005,
et il nous a ramené des photos de ce lieu à découvrir.
Abstract
Ouessant, in Brittany, is
certainly the most famous French spot for accidental North-American and Siberian
Passerines, but also for Waders and Seabirds.
But there are others small islands along the coast of Brittany which attract rarities
during migrations, particularly during the Fall migration. This is the case of
the Sein island, where mega-rarities have already been watched, with for exemple
a Chimney Swift at the end of October 2005 !
We propose you a presentation of the island, with a map,
and the birds to search for.
Où et quoi observer sur l'île de Sein ?
Voir notre carte
de l'île de Sein.
Introduction
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Vue de Sein
depuis le ferry qui rejoint l'île au continent
Photo : Marc Fasol |
L'île de Sein est
située au large de la Pointe du Raz, non loin de la fameuse Baie d'Audierne
(lire notre article sur La
baie d'Audierne), dans le Finistère (Bretagne).
C'est une petite île aux formes déchiquetées de 58 ha, d'une
longueur de 1,8 km et d'une largeur allant de 50 m (!) à 500 m. Son point
culminant ne s'élève qu'à 6 m.
Cette île est ainsi beaucoup plus petite qu'Ouessant, plus célèbre
d'un point de vue ornithologique, mais elle a le potentiel pour devenir un autre
"hotspot" breton automnal pour la recherche de raretés ...
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Les Cormorans
huppés (Phalacrocorax aristotelis) affectionnent les côtes déchiquetées
de Sein
Photo : Marc Fasol |
La période d'observation
la plus favorable est l'automne, de la fin août à la mi-novembre.
Poussés par les vents et attirés par les phares, les migrateurs
s'arrêtent volontairement ou involontairement (comme les oiseaux nord-américains)
sur l'île pour reprendre des forces. Leur temps de séjour varie en
fonction de la quantité d'insectes qu'ils trouvent à ce moment-là,
mais aussi des conditions météorologiques.
Lîle est minuscule, mais les milieux naturels fort diversifié
: bourg, jardins, plages, landes, massifs au pied du phare, rade, friches, terrain
de foot (pour les pluviers), rochers avec vasières à marée
basse
De nombreuses raretés ont déjà été notées
sur Sein, comme la Grive à gorge noire (Turdus ruficollis atrogularis),
la Rousserolle des buissons (Acrocephalus dumetorum), les Parulines obscure (Vermovora
peregrina) et rayée (Dendroica striata), ou le Martinet ramoneur (Chaetura
pelagica) !
Informations pratiques
(source : ile-de-sein.net)
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Vue du village
de Sein : les grands buissons sont peu nombreux sur lîle. Cest
dans ces massifs que lon peut espérer voir un Pouillot à grands
sourcils, voire un Pouillot de Pallas
Photo : Marc Fasol |
Transport maritime :
Compagnie Maritime Pen Ar Bed, liaison quotidienne depuis Audierne toute
l'année et trois fois par jour l'été.
- Ile de Sein : 02 98 70 90 37, Fax : 02 98 70 96 96
- Audierne : 02 98 70 70 70
- Service groupes : 02 98 80 81 61, Fax 02 98 44 75 43
- Site web : www.penn-ar-bed.fr
Hôtels :
- Ar Men : 02 98 70 97 77, Fax : 02 98 70 93 25
- Les trois dauphins: 02 98 70 92 09
Locations chez l'habitant :
Ecrire à
la Mairie, et joindre une enveloppe timbrée à votre adresse et expédier
à : Mairie de l'île de Sein, 29990, Ile de Sein.
Dans tous les cas, la réservation est conseillée, pour les navires
de transport et pour la restauration.
Restauration :
- Ar Men : 02 98 70 97 77
- Chez Annick : 02 98 70 90 79, Fax : 02 98 70 90 85
- Chez Brigitte : 02 98 70 91 83, Fax : 02 98 70 92 75
- Men Brial : 02 98 70 90 87, Fax : 02 98 70 91 40
- Crabe qui rit : 02 98 70 92 42, Fax 02 98 70 92 24
- Case de Tom : 02 98 70 93 38
Commerces :
- Epicerie " Votre marché " : 02 98 70 91 75 (pas de boulangerie
sur l'île, il faut commander le pain)
- Presse, Souvenirs : Tom Pouce : 02 98 70 93 12
- Bar, Tabac : 02 98 70 93 05
- Crédit Maritime : 02 98 70 92 61 (il n'y a pas de distributeur bancaire
sur l'île de Sein)
Marc Fasol nous signale que si à
première vue lîle est minuscule, il a eu à peine des
6 jours qu'il y a passé fin octobre 2005 pour en faire le tour complet.
Il ajoute que si la diversité en espèce est moindre que sur Ouessant,
lîle a son charme propre, il n'y a pas de voiture, et elle mérite
vraiment d'être découverte.
Jacques Petit, un visiteur, a fait les remarques suivantes "concernant l'observation
dans les jardins, il faut étre discret afin de ne pas indisposer les
habitants qui se sont montrés accuueiillants jusqu ici; il n'est pas toujours
agréable de voir des jumelles braquées sur votre habitation ou votre
petit domaine. D'autre part, il faut ssayer de prendre contact avec les gardiens
du phare qui sont trés intéressés par les oiseaux et peuvent
donc donner d'utiles
renseignements".
Les oiseaux
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Bécasseau
sanderling (Calidris alba) en plumage nuptial, Sein, juin 2005
Photo : Aurélien Audevard |
La période de migration
post-nuptiale, de la mi-août à la première moitié de
novembre, est de loin la période la plus intéressante pour se rendre
sur Sein. A noter toutefois que la Cisticole des joncs (Cisticola juncidis) est
sédentaire sur l'île, et qu'elle peut être vue dans les friches
près du bourg de Sein.
Dès l'arrivée à l'embarcadère près du Quai
des Paimpolais, il faut ouvrir l'oeil. Après une tempête, à
partir de la fin octobre, il est possible de tomber sur un éventuel Phalarope
à bec large (Phalaropus fulicarius) venu se refugier à l'abri des
puissantes déferlantes.
Le long des côtes de l'île, parmi les rochers ou sur les plages
encombrées de laisses de mer, il est possible d'observer les limicoles
typiques de ces milieux : Bécasseaux sanderling (Calidris alba), variables
(C. alpina) et violet (C. maritima), Tournepierre à collier (Arenaria interpres)
et Grand Gravelot (Charadrius hiaticula).
Le secteur du grand phare de Goulenez, à l'ouest de l'île, est particulièrement
intéressant, et Marc Fasol nous signale que lors de son séjour il
y avait chaque matin des surprises dans les buissons le long des allées
autour de l'alléée qui mène à lui. Acôté
des passages réguliers de fringilles (linottes, pinsons, ...). Le 2 novembre,
il est ainsi "tombé" sur un Gobemouche nain (Ficedula parva).
Le phare du village (Men Brial) est petit et a un faible intérêt
ornithologique : toutefois,
un Martinet ramoneur y a été noté à la fin octobre
2005 ...
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Phare
de Men Brial, île de Sein : son intérêt est limité pour
les migrateurs car il est petit ...
Photo : Marc Fasol |
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C'est
le phare de Goulénez, à l'ouest de l'île, qui attire la plupart
des passereaux migrateurs
Photo : Marc Fasol |
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Vue
du secteur du phare de Goulénez
Photo : Marc Fasol |
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Vue
du bourg de Sein
Photo : Marc Fasol |
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Les
jardins abrités du bourg de Sein peuvent aussi accueillir des migrateurs
intéressants
Photo : Marc Fasol |
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Les
murets et buissons près de la viellle chapelle à l'ouest de l'île
peuvent aussi attirer les migrateurs : il faut se poster et attendre !
Photo : Marc Fasol |
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Gobemouche
nain (Ficedula parva), phare de Goulénez, île de Sein, le 2/11/05
Photo : Marc Fasol |
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Gobemouche
nain (Ficedula parva), phare de Goulénez, île de Sein, le 2/11/05
Photo : Marc Fasol |
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Bécasseau
rousset (Tryngites subruficollis), Sein, le 9/09/2005
Photo : Aurélien Audevard |
Tous les secteurs à
buissons permettant aux oiseaux de s'abriter un peu des vents (par exemple dans
les jardins du bourg de Sein, ou autour de la vieille chapelle à l'ouest
de l'île) qui balaient l'île pratiquement tous les jours en automne
doivent être prospecter et peuvent accueillir des espèces remarquables,
comme des pouillots sibériens ou un Gobemouche nain en octobre.
Les secteurs découverts (landes, dunes), comme par exemple près
du Sphinx, sont à parcourir, notamment en septembre, pour y observer traquets,
alouettes, pipits, ... Le terrain de foot de l'île peut être attractif
pour les pluviers (soyez attentifs aux axiliaires grises sous les ailes !), et
un un Bécasseau rousset (Tryngites subruficollis) y a été
observé en septembre 2005 (information sous réserve toutefois sur
le lieu exact de l'observation).
Enfin, les pointes (phare de Goulenez, Tourelle, ...) peuvent être très
bons pour d'intéressantes séances de seawatching, entre la mi-août
et la fin-octobre, à la recherche des Puffins des Anglais (Puffinus puffinus),
fuligineux (P. griseus), voire majeur (P. gravis), des Fous de Bassan (Sula bassana),
des Mouettes de Sabine (Larus sabinii), des océanites, et, en novembre,
après une tempête, des Phalaropes à bec large ou plus rarement
des Mergules nains (Alle alle).
A partir de novembre, des Bruants des neiges (Plectrophenaux nivalis) peuvent
être vus le long des digues et sur les plages.
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Phalarope
à bec large (Phalaropus fulicarius), Sein, novembre 2005
Photo : Marc Fasol |
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Bruant
des neiges (Plectrophenax nivalis), Sein, novembre 2005
Photo : Marc Fasol |
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Vue
de la côte, Sein, novembre 2005
Photo : Marc Fasol |
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tempête
à Sein, novembre 2005 : période idéale pour guette un passage
de Phalaropes à bec large ou peut-être d'un Mergule nain ...
Photo : Marc Fasol |
Les raretés
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Martinet
ramoneur (Chaetura pelagica), Sein, le 1/11/2005 : une première française
!
Photo : Yves Trévoux |
Comme à Ouessant,
septembre est pluôt le mois des raretés américaines, et octobre-novembre
celui des occasionnels venus de Sibérie. Mais ce "classement"
n'a rien de figé, et tout dépend des conditions météorologiques,
et notamment des vents dominants (lire notre article La
météo et les migrations). Ainsi, en septembre,
ont déjà été notés un Bécasseau semipalmé
(Calidris pusilla) du 6 au 10/09/94, un Bécasseau tacheté (Calidris
melanotos) le 17/09/98 ou un Bécasseau rousset les 6/9/98 et 9/09/2005.
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Martinet
ramoneur (Chaetura pelagica), Sein, le 1/11/2005
Photo : Yves Trévoux |
Octobre est le mois le plus
attractif, avec une grande variété de pouillots sibériens
à chercher : Pouillots à grands sourcils (Phylloscopus inornatus),
brun (P. fuscatus), boréal (P. borealis) et de Pallas (P. proregulus) ont
déjà été vus au moins une fois chacun, et même
plusieurs fois pour les deux premiers (lire notre article Identifier
les pouillots sibériens)!
Octobre, c'est aussi un mois favorable pour le Pipit de Richard (Anthus richardi)
et le Gobemouche nain (Ficedula parva), annuels tous deux.
Au cours de ce mois ont aussi été notés à titre d'exemples
remarquables le Pipit de Godlewski (A. godlewskii), la Rousserolle des buissons
(Acrocephalus dumetorum), la Rousserolle isabelle (Acrocephalus agricola), la
(Turdus ruficollis atrogularis), le Tarier de Sibérie (Saxicola maura),
l'Etourneau roselin (Sturnus roseus), la Paruline rayée, et les Bruants
rustiques (Emberiza rustica), nain (E. pusilla) et auréole (E. aurola)
...
Et bien sûr, il ne faut pas oublier la donnée remarquable d'un Martinet
ramoneur (Chaetura pelagica), espèce nord-américaine, autour de
l'embarcadère du phare de Men Brial, qui est resté du 29/10 au 1/11/05.
Il s'agissait d'une première française. Les jours suivants étaient
d'ailleurs signalés 14 oiseaux ailleurs en Europe, notamment en Irlande
et aux Açores.
Contact
Marc Fasol : marc.fasol@swing.be
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