Mangrove
détruite après un tsunami (sur la photo, en Papouasie Nouvelle-Guinée
en 1998)
Source : National
Geophysical Data Center
Le tsunami qui a touché
l'Asie du Sud-est le 26 décembre 2004 a eu bien entendu des effets désastreux
sur les populations côtières de la région, mais également
des impacts sur la faune et la flore de ces rivages d'une très grande biodiversité.
Certaines espèces endémiques, dont la répartition est parfois
limitée à une île, ont été potentiellement très
touchées.
Dans cet article, rédigé suite à une réflexion remarquable
publié par Birdlife International sur son site www.birdlife.net,
nous vous proposons une analyse des effets du tsunami sur les oiseaux et leurs
habitats, ainsi qu'un retour sur les effets des aménagements humains en
tant qu'amplificateurs de la catastrophe naturelle.
Abstract
Tsunami is a rare phenomenon,
but which can have desastrous effects on coastal populations, as we saw it for
the one of the 26th December 2004. This terrible event had also significant impacts
on biodiversity, and particularly on endemic birds. This article proposes you
a synthesis about the effects of this "big tsunami" on the bird species
and habitats of South-east Asia.
We will also try to analyse the role of mangroves as a protection, and the reasons
why their destruction could amplify the impacts of natural catastrophes.
Généralités
: tsunami et impacts
Qu'est-ce qu'un tsunami ?
Le tsunami
du 26 décembre 2004 en Asie du Sud-est
- En rouge, côtes les plus touchées
- Points noirs : Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux (IBAs) recensées
par Birdlife International
Un tsunami est un raz-de-marée
généralement engendré par un mouvement brutal du fond de
la mer au cours d'un séisme, générant une vague soudaine
et dévastatrice. Celle-ci peut aussi être provoquée par une
éruption volcanique, un glissement de terrain ou un cyclone.
Les forts tremblements de terre sous-marins (magnitude > 7) sont toutefois
la principale cause, et l'intensité du tsunami dépendra à
la fois de la magnitude et de la profondeur du séisme (plus il est superficiel,
plus il a de "chances" de générer un important phénomène).
La longueur d'onde des
vagues est de l'ordre de plusieurs centaines de kilomètres et leur amplitude
en océan profond est très faible (de l'ordre du mètre). Lorsqu'elles
atteignent la côte, elles peuvent atteindre plusieurs mètres de haut.
La vitesse est généralement comprise entre 500 et 700 km/h mais
peut excéder 800 km/h.
Une mortalité
directe faible
Outre la mortalité
directe, qui dans le cas des oiseaux est probablement faible (excepté peut-être
dans le nord de Sumatra et sur les îles environnantes, très proches
de l'épicentre) étant donné leur capacité à
s'échapper des zones dévastées, le tsunami a eu d'autres
impacts sur les populations aviaires des côtes touchées.
Destruction de l'habitat
Les
mangroves constituent un milieu très riche, et certaines ont été
très touchées par le tsunami de décembre 2004
Photo : Antoine Marthiens
Dans la plupart des zones
touchées, les forêts côtières n'ont pas été
trop sévèrement détruites, mais l'arrivée d'eau de
mer causera sûrement des dégâts à long terme dans les
secteurs forestiers à l'arrière des plages et mangroves. Certaines
mangroves, déjà dévastées et fragilisées par
les destructions humaines, ont toutefois parfois été très
touchées, comme par exemple dans le nord de Sumatra (province d'Aceh).
Le Ramsar Tsunami Reference Group (e-mail : tsunami@wetlands.org),
un groupe de travail mis en place par Wetlands International, le WWF, l'IUCN,
Birdlife International et l'International Water Management Institute, a pour objet
de rassembler toutes les informations et de réaliser des études
sur l'état des zones humides côtières dans la région.
En outre, les infrastructures des parcs et réserves de certains secteurs
(exemple : parc national de Yala au Sri Lanka) ont été ravagées,
ce qui aura des effets sur la politiques de conservation locales.
Le déplacement de villages côtiers dans les collines boisées
proches (comme par exemple dans la province d'Aceh en Indonésie) provoquera
des déboisements catastrophiques.