Publicité

Kite Optics

 (En savoir plus ?)

S'inscrire
Mot de passe oublié ?

Accueil > Magazine > Interviews > Margaux Kindhauser et la bande dessinée "Oisillon en détresse : que faire ?"

Interviews

Retour à la liste des articles de Interviews

Margaux Kindhauser et la bande dessinée "Oisillon en détresse : que faire ?"

Cette jeune dessinatrice a rassemblé dans une BD amusante un ensemble de conseils pratiques expliquant quoi faire quand on veut aider un oisillon abandonné.

| Validé par le comité de lecture

Partager
Translate

Margaux Kindhauser et la bande dessinée "Oisillon en détresse : que faire ?"

Margaux Kindhauser a réalisé une bande dessinée intitulée "Oisillon en détresse : que faire ?".
Photographie : Sylvain Rivaud

Margaux Kindhauser est une jeune dessinatrice autodidacte suisse : elle a déjà réalisé plusieurs bandes dessinées, comme les séries "Clues" et "Détectives", elle crée des illustrations pour des entreprises et des clients particuliers, et elle travaille comme professeur dans une école d'art. Elle aime également beaucoup la nature et les oiseaux et elle est d'ailleurs bénévole depuis 2016 dans le centre de soins de la faune sauvage de la Vaux-Lierre situé à Etoy, dans le canton de Vaud. Parallèlement à cette activité, elle a réalisé de nombreux croquis humoristiques décrivant de façon simple et claire les choses à faire et à ne pas faire lorsque l'on veut aider un oisillon recueilli. Elle a rassemblé ces dessins dans une bande dessinée intitulée "Oisillon en détresse : que faire ?" qu'elle a mise en ligne au printemps 2017 sur son site web et sur sa page Facebook. Elle a répondu à nos questions sur cette initiative originale et sur son expérience dans le refuge de la Vaux-Lierre.

Abstract

Margaux Kindhauser is a young Swiss artist: she has already produced several comic strips, such as the Clues and Detectives series, she creates numerous illustrations for companies or private clients and she works as a teacher in an art school. She also loves nature and birds, and she is a volunteer since 2016 in the Vaux-Lierre wildlife care center in Etoy, in the canton of Vaud. In parallel to this activity, she began to make many humorous sketches describing in a simple way things to do and not to do when one wants to help a young bird. She collected all these drawings in a comic book that she has published during this spring 2017 on her website and on her Facebook page. She answered our questions about this original initiative and her experience in the Vaux-Lierre refuge.

Le début de la bande-dessinée"Oisillon en détresse : quoi faire ?"

Le premier dessin de la bande-dessinée "Oisillon en détresse : que faire ?". Margaux Kindhauser y figure sous le nom de "Mara".
Source : Margauxmara.com

1. Vous êtes jeune mais vous avez déjà réalisé plusieurs bandes dessinées, avec une certaine attirance semble-t-il pour les ambiances policières et le 19ème siècle (séries "Clues" et "Détectives") : vivez-vous de votre activité de dessinatrice ?

Margaux Kindhauser : je commence tout juste à vivre pas trop mal du dessin même si en parallèle je travaille également comme professeure de bande dessinée dans une école d’art en Suisse. Même si ma série "Clues" a connu un petit succès grâce à un bon bouche à oreille, je ne pouvais pas vivre uniquement de mes revenus d’auteure. Je prends aussi pas mal de commandes de dessins et d’illustrations pour des entreprises et des clients particuliers en tant qu’indépendante, et j’ai aussi travaillé comme libraire spécialisée en bandes dessinées pendant un an dans ma ville de Lausanne en Suisse.

2. Votre bande dessinée "Oisillon en détresse : que faire ?" présentant des conseils pour aider des oisillons a-t-elle été difficile à réaliser ? Combien de temps avez-vous mis pour la réaliser ? Avez-vous prévu de la faire évoluer ou de l'enrichir ?

Margaux Kindhauser : j’ai eu l’idée de la réaliser durant le printemps 2016, quand j’ai commencé à travailler comme bénévole dans le refuge de la Vaux-Lierre quelques heures par semaine. Cela a toujours été l'un de mes rêves, depuis que je suis une gamine. Aider des animaux en détresse, et en particulier les oiseaux, m’a toujours beaucoup touchée, sûrement à cause de ma mère qui a recueilli beaucoup d'oiseaux dans sa jeunesse  ! Elle m’a transmis cette passion. J’ai commencé à faire des petits croquis préparatoires durant l'été 2016 tout en acquérant les connaissances nécessaires pour s’occuper des petits pensionnaires ailés du centre. J’ai rempli quelques pages de mon carnet de croquis avec des idées de dessins et de textes, toujours sur le ton de l’humour. Je pensais initialement publier cette BD en 2016 mais l’été était déjà bien entamé et la saison des oisillons touchait à sa fin. Du coup, il m’a semblé plus pertinent de la mettre en ligne au printemps 2017, période sensible où l’on commence à trouver beaucoup d’oisillons (lire Oiseaux en détresse : comment réagir au mieux ?). Je m’y suis remise en avril 2017 et j’ai mis 10 à 12 jours pour réaliser la version finale (composée de tous les dessins scannés, redessinés, mis en couleurs et agencés sous forme de note de blog lisible facilement sur mobile et ordinateur), visible sur mon blog Margauxmara.com, à raison de 7 à 8 heures de travail par jour. Depuis sa publication, ma BD a été pas mal relayée, et j’ai reçu quelques messages et e-mails de professionnels qui m’ont donné des informations et des conseils supplémentaires. J’ai déjà commencé à intégrer ces nouvelles données, et elle est donc évolutive et sera enrichie progressivement. Il y a toujours quelque chose d’intéressant et d’important à rajouter ! En outre, comme les cas d'oisillons en détresse se répètent chaque année, mes dessins pourront être partagés chaque printemps.

Extrait de la BD "Oisillon en détresse : que faire ?"

Extrait de la bande-dessinée "Oisillon en détresse : que faire ?" : le nourrissage (cliquez sur l'image  pour l'agrandir)
Source : Margauxmara.com

3. Le style de cette bande dessinée "ornithologique" est amusant et pédagogique, et il ressemble un peu à celui de la revue La Hulotte : quelles sont vos sources d'inspiration (si vous en avez) ?

Margaux Kindhauser : bien vu pour La Hulotte ! J’adore ce magazine, et récemment, je me suis mise à lire tous les exemplaires disponibles à la bibliothèque de mon quartier. La Hulotte a été une source d'inspiration majeure pour moi, pas au niveau du dessin car je n’ai pas le talent et la patience de faire des illustrations aussi poussées que celles de Pierre Déom, mais pour sa façon de mêler vulgarisation scientifique précise et humour tordant !

4. Quel était votre principal objectif en la réalisant : la publier gratuitement sur Internet et donner le lien aux personnes qui posent régulièrement des questions et/ou vous faire connaître ?

Margaux Kindhauser : l’idée était vraiment simple, faire une BD la plus complète possible, amusante et ludique, gratuite et disponible pour toutes et pour tous sur internet, afin de renseigner les gens sur ce qu’il faut faire lorsque l’on trouve un oisillon. Je suis toujours très étonnée de voir le manque de culture générale à ce sujet, par exemple, cette légende tenace qui veut qu’un parent oiseau ne voudra plus de son rejeton si un humain l’a touché (lire Toucher un oisillon peut-il provoquer son abandon ?) et j’ai pensé qu’en associant le format de la BD avec des informations correctes et vérifiées par des professionnel(le)s, le tout associé à un peu d’humour, il était possible de toucher un maximum de gens. Je ne cherche pas spécialement à me faire connaître via ces dessins. Au contraire, je pense que c'est le fait d'avoir réalisé plusieurs séries (NDLR : "Clues" et "Détectives") qui a facilité la diffusion de ma BD sur les oisillons auprès de mes lecteurs habituels puis de toucher un plus large public de façon exponentielle, notamment via les réseaux sociaux.

5. À votre connaissance, d'autres bandes dessinées humoristiques présentant des conseils pour aider des oisillons ont-elles déjà été publiées ou bien votre initiative est-elle unique ?

Margaux Kindhauser : il ne me semble pas avoir vu à proprement parler de bandes dessinées sur le sujet. J’ai déjà vu des conseils sous forme de petites illustrations, mais à ma connaissance, une longue BD aussi complète (elle fait entre 15 et 20 pages au format A4) n’a jamais été faite sur ce type de conseils. Mais je peux me tromper ! 

6. Vous travaillez comme bénévole dans le centre de soins La Vaux-Lierre en Suisse : avez-vous eu l'occasion d'appliquer une partie des conseils décrits dans votre bande dessinée ?

Margaux Kindhauser : disons que j’ai plutôt retranscrit dans ma BD les méthodes apprises dans le centre. J’ai découvert un tas de choses (et je continue d’en apprendre depuis que je reçois des e-mails et messages de professionnels et de soigneurs qui se proposent d’améliorer encore la BD) et ce fut un régal de mettre le tout en image sous forme de BD. 

7. Avez-vous quelques anecdotes amusantes ou "pénibles" à raconter basées sur votre expérience dans un centre de soins ?

Le cas diffcile des Effraies de clochers

Dans sa bande dessinée, Margaux évoque certaines situations difficiles, comme le nourrissage des jeunes Effraies des clochers (Tyto alba).
Source : Margauxmara.com

Margaux Kindhauser : oh la la, tellement. En fait, ce que j’aimerais, si j’en ai le courage, c’est de continuer à faire des petites bandes dessinées sur mes anecdotes dans le centre de soins et de les publier de temps en temps sur mon site web Margauxmara.com. Il y a tellement de choses à raconter, comme l’anecdote des Effraies des clochers (Tyto alba) agressives, dont je parle dans la BD, mais aussi des petits détails du quotidien, qui, tournés avec humour, pourraient vraiment donner des petites scènes rigolotes à dessiner... Je pense en avoir autant des amusantes, comme celle des moineaux en phase de sevrage, capables de se suspendre aux pincettes avec leur bec tellement ils sont voraces, que des pénibles, comme celles des oiseaux qui ont une infection sous-cutanée et qu’il faut percer, ce qui donne direct la nausée, les infestations de parasites chez les corneilles ou encore les horribles Cratérines du Martinet (Crataerina pallida) qui se logent dans les plumes des martinets : j'ai fait un bond quand j’en ai vu pour la première fois !

8. Selon vous, quelle est la nourriture la plus "universelle" à donner à un oisillon ?

Margaux Kindhauser : hum, c’est délicat parce qu’un oisillon granivore comme un chardonneret ou un verdier ne mangera pas la même chose qu’un petit moineau ou une petite corneille qui sont omnivores (lire Nourrir un oisillon recueilli). Compte tenu du fait que les moineaux, les merles et les corneilles sont parmi les oiseaux les plus fréquemment trouvés hors du nid, je dirais que l’idéal et le plus pratique restent les vers de farine. Ceci dit, j’ai appris récemment que la congélation des vers détruisait la vitamine B dont ils sont composés, et qui est essentielle pour des oiseaux comme les martinets (une précision que je vais sous peu rajouter à la BD) et qu’il vaudrait mieux les noyer au lieu de les congeler. Ils peuvent aussi se garder vivants un bon petit moment (avant qu’ils ne deviennent des espèces de petits coléoptères !) en étant nourris de tranches de pommes, d’endives et de concombres (ce que l'on fait dans le centre d’ailleurs). Puis, lorsque l’oiseau sera assez grand pour commencer à picorer tout seul, une gamelle de vers vivants le stimulera pour les attraper lui-même.

9. Quelles sont selon vous les principales erreurs que font les gens qui recueillent des oisillons ?

Remettre dans le nid

Margaux rappelle qu'avant de décider de s'occuper d'un oisillon, il faut vraiment s'assurer qu'on ne peut pas le laisser dans la nature.
Source : Margauxmara.com

Margaux Kindhauser : je dirais que la principale erreur est de ramasser un oisillon qui n’a pas besoin d’être ramassé ! Souvent on nous ramène des mésanges ou des moineaux complètement emplumés, mais qui ont encore les coins du bec jaunes (signes qu’ils sont encore juvéniles) alors qu’en réalité ils viennent probablement simplement de tenter un premier vol maladroit, se sont peut-être cognés et semblent seuls et désemparés alors que non : tout va bien et tout est normal ! Ensuite, l’autre erreur fréquente est de vouloir sauver un oisillon en appliquant des remèdes "de grand-mère" du type "pain trempé dans du lait". Il vaut mieux toujours consulter un professionnel ou se renseigner un minimum. C’est dans ce but-là que j’ai fait cette petite BD. Personnellement, je serais bien incapable de laisser un oisillon "en détresse" mourir sur le bord du trottoir et passer mon chemin sous prétexte que je n’ai aucune compétence ou que j’habite loin d’un centre, mais j’essayerais de me renseigner au mieux pour pouvoir m’occuper de l’animal en question.

10. Un particulier peut-il vraiment réussir sauver un jeune martinet ou un jeune pigeon sans expérience préalable ?

Margaux Kindhauser : très difficilement, c’est pourquoi j’ai bien précisé dans la dernière section de ma BD consacrée aux cas particuliers qu’il faut absolument contacter des professionnels à tout prix dans ces cas-là. J’ai quand même décidé de dessiner ce qu’on fait en centre dans ces situations car comme je le disais plus haut, car ce n’est pas parce que l’oiseau demande des soins précis et compliqués qu’il faut le laisser à son triste sort. Se renseigner est déjà un pas en avant !

11. Quels sont vos prochains projets de bandes dessinées ?

Margaux Kindhauser : concernant les oiseaux, j’aimerais continuer à dessiner quelques anecdotes en rapport avec mon travail au centre et ma passion générale pour les oiseaux (je fais beaucoup d’observation avec mon compagnon et nous parcourons des réserves naturelles pour tenter de voir des espèces moins courantes). Sinon, je viens de commencer une nouvelle série de BD du type polar fantastique qui se déroulera dans le New York des années 1920-1930. Je ne peux pour l’instant divulguer le nom de l’éditeur, mais la série est provisoirement intitulée "Spirite" et devrait voir le jour courant 2019.

À lire aussi sur Ornithomedia.com

À lire sur le web

La bande dessinée de Margaux Kindhauser : www.margauxmara.com/blog/oisillon-en-dtresse-que-faire

Ouvrages recommandés

Vos commentaires sur :
"Margaux Kindhauser et la bande dessinée "Oisillon en détresse : que faire ?""

Vous devez être identifié(e)/connecté(e) pour accéder à cette page ! Si vous êtes déjà inscrit(e), rentrez votre email et votre mot de passe dans la zone "S'identifier/Devenir membre ".

Vous devrez alors revenir sur l'article actuellement consulté pour pouvoir réagir dans la boite de commentaires.


Les Archives d'Ornithomedia.com

Pour 6 € pour 6 mois ou 10 € pour un an, consultez tous les articles parus
sur Ornithomedia.com depuis plus d'un an. Abonnez-vous !

Actualités : Brèves | Agenda | Spécial

Magazine : Études | Interviews | Analyses | Observer en France | Voyages |

Pratique : Débuter | Conseils | Équipement | Identification |

Communauté : Observations | Galerie | Forums | Blog

Achat & Vente : Boutique | Annonces

Découvrez chaque jour sur Ornithomedia.com, les dernières infos sur les oiseaux en France, en Europe et dans le monde : des conseils (reconnaître les oiseaux du jardin, fabriquer un nichoir, nourrir un oisillon) et des carnets de voyage ornithologiques dans les parcs et réserves naturelles, des observations et des photos d'oiseaux. Notre boutique propose également des jumelles, des longues-vues, des trépieds et des guides ornithos.



L'actualité sur l'observation des oiseaux sur notre page facebook   L'actualité sur l'observation des oiseaux sur notre compte Twitter   L'actualité sur l'observation des oiseaux sur notre page Google+   L'actualité ornithologique épinglée sur notre page Pinterest