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Alicia Penicaud : dessins d'oiseaux et références fantastiques

Cette jeune illustratrice, qui combine volontiers des dessins d'animaux (dont des oiseaux) et des éléments humains (corps et objets), a répondu à nos questions sur sa technique et son univers.

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Alicia Penicaud : dessins d'oiseaux et références fantastiques

Alicia Penicaud, une illustratrice qui associe faune et fantastique.

Les oiseaux symbolisent parfaitement la beauté de la nature, car ils sont à la fois colorés, gracieux et leurs formes sont variées. Ils constituent donc de magnifiques sujets pour les artistes, qui essaient de les reproduire fidèlement dans leur habitat ou les incorporent dans des compositions artistiques. C'est le cas d'Alicia Penicaud (site web : Alicia Penicaud Illustrations), une illustratrice française à son compte qui réalise des œuvres originales avec des crayons de couleur, des pastels, au graphite ou à l'aquarelle. Son style est à la fois réaliste et onirique, et elle n'hésite pas à mêler la faune et la flore de nos régions et des références littéraires fantastiques. Elle est passionnée par l'ornithologie, et les oiseaux occupent une grande place dans son travail. Elle a répondu à nos questions concernant son parcours et sa technique pour dessiner et peindre les oiseaux.

Abstract

Birds perfectly symbolize the beauty of nature, because they are colorful, graceful and varied. They are therefore beautiful subjects for artists, who try to reproduce them faithfully in their habitat or incorporate them into artistic compositions. This is the case with Alicia Penicaud (website: Alicia Penicaud Illustrations), a young French illustrator on her own who creates original works with pens, pastels, graphite or watercolor. Her style is both realistic and dreamlike, and she does not hesitate to mix the fauna and flora of our regions with fantastic literary references. She is passionate about birdwatching, and birds are a big part of her work.
Alicia answered our questions about her background and here technique for drawing and painting birds.

1. Vous avez suivi un cursus en école d'art : vous a-t-il été utile pour votre métier d'illustratrice ? Quelle formation conseilleriez-vous pour travailler dans ce domaine ?

Moineaux friquets (Passer montanus)

Moineaux friquets (Passer montanus) (cliquez sur l'image pour l'agrandir).
Dessin : Alicia Penicaud

Alicia Penicaud : mon diplôme d’Arts plastiques m’apporte une crédibilité supplémentaire dans mon métier d’illustratrice, même si l’école n’était pas spécialisée dans l’illustration, les étudiants utilisant le dessin comme base à tout projet. Avant de suivre ce cursus, j’avais déjà beaucoup d’attrait pour le dessin, mais l’école m’a permis de me perfectionner par sa pratique quasi quotidienne, et de l’appréhender d’une manière nouvelle : plus académique et plus conceptuelle. Être en école d’art conduit à s’intéresser au monde qui nous entoure, à se construire un bagage culturel en ne se documentant pas seulement sur les arts mais aussi sur l’histoire, l’actualité, les sciences, etc. L’école m’a rendue plus curieuse mais aussi plus critique, je cherche sans cesse à m’améliorer.   
Plus jeune, je reproduisais juste des images, maintenant je suis capable d’imaginer entièrement une composition, de raconter une histoire à travers elle, de l’enrichir de références multiples et ainsi rendre la création unique.
Pour ce qui est de la formation à suivre pour devenir illustrateur, je ne pourrai pas en conseiller une en particulier. Il existe tellement de possibilités, de l’école généraliste à la formation spécialisée, je ne sais pas quel est le meilleur choix. De plus, il existe des illustrateurs autodidactes très talentueux et reconnus. L’important est de se faire connaitre auprès du public et des professionnels.

2. Est-ce désormais votre activité professionnelle principale ?

Alicia Penicaud : oui, j’ai le statut d’artiste auteur et je me suis installée à mon compte. Je démarche autour de moi, et j’alimente mon portfolio de manière très régulière pour montrer mon savoir-faire et me faire connaître. C’est un processus long et plutôt stressant car c’est nouveau pour moi, mais mes efforts commencent à payer.

3. Vos sujets sont variés : quelle est la part occupée par la nature, et plus précisément par les oiseaux, dans votre œuvre ?

Alicia Penicaud : la nature est au cœur de mon travail que ce soit dans mes travaux naturalistes ou dans mes séries personnelles. J’ai grandi dans le département de la Creuse, qui est très rural, avec des lieux encore un peu sauvages qui m’ont complètement influencée dans mon travail. Je m’en inspire presque de manière involontaire. Depuis quelques années, j’ai été initiée par une amie aux suivis migratoires, c’est passionnant ! Tous les automnes, nous nous rendons sur un site d’observation en Haute-Vienne, à Flavignac. C’est à partir de cette période-là que j’ai vraiment eu un intérêt tout particulier pour les oiseaux : même si j’ai toujours été attirée par ces animaux, j’ai vraiment voulu en savoir plus sur les espèces et leur mode de vie. J’ai alors commencé à dessiner des oiseaux pour moi ou pour des amis et j’ai eu des retours positifs, ce qui m’a poussée à approfondir le sujet et à en faire un thème à part entière dans mon travail.

4. Vos illustrations ont-elles déjà été utilisées dans des livres, des revues ou des expositions naturalistes ?

Doryphonographe

Le Doryphonographe de la série "Imago Insectum" (cliquez sur l'image pour l'agrandir).
Dessin : Alicia Penicaud

Alicia Penicaud : une illustration, le Doryphonographe de la série "Imago Insectum", a été publiée dans le magazine NMTP numéro 4 de l’artiste-plasticienne Elodie Merland. Aujourd’hui, je cherche des collaborations pour des projets illustrés dans la presse, l’édition, le numérique, le textile, etc. Je ne suis pas fermée seulement au domaine naturaliste, et je vise aussi l’univers de luxe ou de la mode par exemple. Je peux également travailler avec des organismes, des associations, collectivités locales ou des mairies (entre autres) pour des documents à visées informatives ou pédagogiques, et avec des particuliers pour des commandes ou la vente d’œuvres existantes. J’ai participé à des expositions collectives et personnelles avec la série Métamorphoses (voir des exemples). J’ai encore de nombreuses pièces qui n’ont jamais été présentées au public, j’espère pouvoir le faire bientôt.
 
5. Vos dessins sont-ils plutôt réalisés à partir de photos ou de sujets vivants ? Que préférez-vous ?

Alicia Penicaud : j’utilise principalement des photos que je combine les unes aux autres pour créer quelque chose d’unique. C’est d’ailleurs la partie la plus importante et chronophage de mon travail. Quand je commence un nouveau projet, je vais rechercher des images/photos soit dans des livres, sur des bases de données libres de droits, ou dans les travaux de mon ami Alexandre Velluet, photographe animalier. Les documents collectés sont des sources d’inspiration pour mes créations, car avant de débuter, j’ai en tête la composition exacte que je veux réaliser : la position du sujet, les différents éléments qui l’accompagnent… Je ne peux donc pas reproduire simplement une photo trouvée, de plus cela n’aurait aucun intérêt. Pour les modèles vivants, c’est plus compliqué. Travailler sur le terrain nécessite d’aller vite car les sujets sont en perpétuel mouvement et finissent par disparaître et comme mon style est plutôt hyper réaliste, il m’est encore difficile de concilier les deux. Néanmoins, le dessin d’après nature est l’idéal pour progresser et surtout être au plus juste au niveau des couleurs du plumage, mais c’est un exercice que je dois encore améliorer.
 
6. Quelles sont les techniques que vous utilisez pour peindre les oiseaux (crayon, peinture...) ?  Quelles sont les raisons de votre choix ?

Alicia Penicaud : je travaille principalement au graphite, car cet outil me permet d’être très précise avec un trait fin pour multiplier les détails. Pour la couleur, j’utilise beaucoup en ce moment les crayons de couleur et l’aquarelle. Je commence par une base à l’aquarelle que je détaille par la suite avec les crayons de couleur, puis je rehausse le tout à la mine graphite pour donner de la profondeur et à l’encre blanche pour la lumière. Pour le moment, ce sont les techniques qui me conviennent et que je maîtrise le mieux, mais je cherche toujours de nouveaux médiums et procédés. Depuis peu, j’utilise des pigments et des feuilles d’or et d’argent, j’expérimente encore et je cherche les meilleures combinaisons possibles avec ces matériaux pour les associer au dessin et pas simplement pour m’en servir comme ornementation. L’aspect satiné et métallique peut être très intéressant pour le plumage par exemple.

7. Quels supports (Canson, bristol...) utilisez-vous et pourquoi ?

Alicia Penicaud : je travaille sur papier Canson 200 grammes/m² car c’est un papier polyvalent qui me permet d’utiliser aussi bien les crayons de couleur que l’aquarelle sur un même projet. Le grain ne ressort pas trop et l’effet au crayon est propre. Là aussi, je ne suis pas fermée et en fonction des techniques utilisées et du rendu voulu, je peux me tourner vers un tout autre papier.

8. Les dessins présentés sur votre site sont généralement des compositions "fantastiques" et non pas des scènes naturelles (par exemple des oiseaux dans leur environnement naturel) : pourquoi ?

Geai des chênes (Garrulus glandarius)

Geai des chênes (Garrulus glandarius) (cliquez sur l'image pour l'agrandir).
Dessin : Alicia Penicaud

Alicia Penicaud : c’est en cohérence avec l’ensemble de mes travaux. Après mon école d’art, j’ai commencé la série Métamorphoses, qui présente des corps thérianthropiques (= mi-hommes, mi-animaux) inspirés de mon sujet de fin d’études, l’attraction/répulsion. J’ai recréé un univers fantastique dans lequel je mélange divers éléments liés à la faune, à la flore et à l’humain. Les animaux mis en scène sont ceux de nos régions et ceux dits "nuisibles", car j’ai une attirance pour ces animaux mal aimés de manière injuste. En outre, la plupart ont une symbolique très forte, comme le loup ou le cerf, et chaque œuvre de la série à une histoire propre, très apparentée aux mythologies. J’ai poursuivi ce travail en parallèle avec une autre série appelée "Imago Insectum", dans laquelle je créai des hybrides, moitié-insecte, moitié-invention humaine, ce qui fait écho aux cabinets de curiosités, et les compositions y sont pensées comme des peintures. J’ai aussi voulu m’orienter vers quelque chose de plus "général" tout en restant dans mes thématiques associées à la nature : j’ai donc commencé à réaliser des illustrations sur des sacs en coton représentant des natures mortes et des vanités. Elles ont été les prémices de mes travaux naturalistes actuels qui sont pour moi un bon moyen de me démarquer des autres illustrateurs du domaine. En effet, je ne représente pas l’animal nécessairement dans son espace naturel, mais plutôt accompagné de son régime alimentaire ou d’éléments qui l’identifie, comme dans le cas du Geai des chênes (Garrulus glandarius) par exemple.

9. Pouvez-vous nous donner des conseils pratiques pour réaliser des croquis réalistes d'oiseaux (dessin de la silhouette, respect des proportions, choix de l'attitude...) ?

Alicia Penicaud : j’ai souvent cherché à reproduire les illustrations de mes différents guides ornithologiques, et notamment les œuvres de Raymond Harris Ching, car c’est un bon moyen pour s’entraîner. Je m’intéresse aussi aux anatomies humaine et animale, car comprendre comment est formé et articulé un corps permet de progresser. Je m’inspire des planches naturalistes anciennes en procédant par "découpe", c’est-à-dire que je croque les membres dissociés les uns des autres. Ce qui fait qu’une illustration est sur la bonne voie c’est la justesse du regard du sujet : je sais que mon dessin a bien commencé quand les yeux sont réussis. D’ailleurs, je commence toujours par détailler les yeux juste après le tracé de la silhouette.
 
10-. Quels sont pour vous les oiseaux les plus difficiles à dessiner et pourquoi ?

Alicia Penicaud : je trouve que ce sont les rapaces les plus difficiles à réaliser, notamment à cause de leur regard très particulier. Les hiboux et les chouettes me donnent aussi du fil à retordre, car il y a énormément de "motifs" souvent répétés dans leur plumage, et il faut vraiment faire preuve de patience pour les représenter, surtout au niveau de la partie inférieure du corps.

11. Quel est le dessin d'oiseau dont vous êtes la plus fière et pourquoi ?

Macareux moine (Fratercula arctica)

Macareux moine (Fratercula arctica (cliquez sur l'image pour l'agrandir).
Dessin : Alicia Penicaud

Alicia Penicaud : il n’est pas encore dessiné, car je suis très (ou trop) perfectionniste et donc jamais complètement satisfaite. Je m’oblige aussi à m’arrêter car je pourrais continuer indéfiniment un dessin.

12. Comment faites-vous pour reproduire le plus fidèlement possible la texture d'un plumage ? Quels conseils pourriez-vous donner ?

Alicia Penicaud : il faut beaucoup de patience pour obtenir un rendu réaliste. Je m’aide de véritables plumes récupérées lors de promenades. L’observation en milieu naturel est vraiment l’idéal pour se rendre compte de la variété des plumages et de leurs nuances. J’ai la chance d’avoir un jardin en ville, et durant l’hiver, il y a beaucoup de couples de Merles noirs (Turdus merula), et j’ai aussi un Rougegorge familier (Erithacus rubecula) et un Accenteur mouchet (Prunella modularis) qui sont des habitués. En déposant des graines au bord des fenêtres, je peux les observer au plus près sans être vue. Cette proximité, m’a permis de voir dans le détail des aspects du plumage auxquels je n’avais pas vraiment fait attention jusque-là : par exemple, le gris-bleu de la tête de l’Accenteur mouchet est très lumineux, avec un aspect presque velouté.

13. Quels conseils donneriez-vous pour reproduire fidèlement les couleurs d'un plumage ?

Alicia Penicaud : il faut les bons outils, car même avec une bonne technique, celle-ci n’est pas suffisante si on est mal équipé. Encore une fois, il faut prendre le temps d’observer son sujet et s’entraîner. Il faut dessiner quotidiennement pour progresser. Je peux le voir en comparaison avec mes premières illustrations, aujourd’hui elles sont bien plus abouties et détaillées. J’ai affiné ma technique à force de recherche et de travail.

14- Quels sont vos projets professionnels dans le domaine de l'illustration naturaliste ?

Alicia Penicaud : participer à des événements, et notamment au festival ornithologique de Ménigoute (Deux-Sèvres) en tant qu’exposante pour y présenter mon travail. J’aimerais beaucoup prendre part à l’illustration de guides ornithologiques et entomologiques, ou que l’on me commande des projets illustrés à paraître dans des revues spécialisées et plus généralistes. Actuellement, j’œuvre dans ce but.

Contact

Alicia Penicaud - Courriel : aliciapenicaud@gmail.com - Blog : www.aliciapenicaud-illustrations.com

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