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Les oiseaux
Un bastion pour la Rousserolle isabelle
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Rousserolle
isabelle (Acrocephalus agricola)
Source : Branta-Tours |
Le lac Durankulak constitue
une escale importante pour les oiseaux, étant donné sa situation
sur l'une des deux principales voies migratoires de l'Europe (la Via Pontica).
Cette localisation, combinée à la variété de ses habitats
(zone humide, steppe, littorale, plaine agricole adjacente) permet aux visiteurs
d'observer facilement au printemps plus de 130 espèces d'oiseaux en 3-4
jours seulement.
C'est surtout l'un des seuls endroits d'Europe où la Rousserolle isabelle
(Acrocephalus agricola), une espèce typiquement asiatique, peut être
facilement observée (120 couples).
Le Fuligule nyroca (Aythya nyroca) est aussi nicheur dans le lac depuis au moins
les années 50 (Petrov & Zlatanov 1955), mais aucune preuve de nidification
n'a pu être établie jusqu'en 1994 (Ivanov 1994). Environ 25 couples
nichent actuellement, qui fréquentent plutôt le "marais de l'aigle"
(au nord du lac) et la queue de l'étang. Mais les perturbations humaines
(pêcheurs) et animales (ragondins) restent nombreuses. Le nombre de fuligules
atteint un pic en avril, puis décroît en juin et en juillet; l'espèce
ne semble pas muer sur le site (elle recherche plutôt les vastes lacs dépourvus
de végétation).
D'autres espèces
rares se reproduisent sur le lac et dans ses environs comme le Busard des roseaux
(Circus aeruginosus), le Faucon hobereau (Falco subbuteo), le Butor étoilé
(Botaurus stellaris), le Blongios nain (Ixobrychus minutus), le Héron pourpré
(Ardea purpurea), l'Oie cendrée (Anser anser), le Râle des genêts
(Crex crex), les Marouettes poussin (Porzana parva), ponctuée (P. porzana)
et de Baillon (P. pusilla), l'Oedicnème criard (Burhinus oedicnemus), la
Glaréole à collier (Glareola pratincola) avec 30 couples, les Goélands
pontique (Larus cachinnans) et leucophées (L. michaellis), la Sterne naine
(Sterna albifrons), le Petit-duc scops (Otus scops), le Guêpier d'Europe
(Merops apiaster), le Rollier d'Europe (Coracias garrulus), les Alouettes calandre
(Melanocorypha calandra) et calandrelle (Calandrella brachydactyla), le Pipit
rousseline (Anthus campestris), la Bergeronnette des Balkans (Motacilla flava
feldegg), les Traquets pie (Oenanthe pleschanka) et isabelle (O. isabellina),
la Locustelle luscinioïde (Locustella luscinioides), la Lusciniole à
moustaches (Acrocephalus melanopogon), le Phragmite des joncs (A. schoenobaenus),
l'Hypolaïs pâle (Hippolais pallida), la Panure à moustaches
(Panurus biarmicus), la Fauvette épervière (Sylvia nisoria), la
Pie-grièche à poitrine rose (Lanius minor), ou les Bruants ortolan
(Emberiza hortulana) et mélanocéphale (E. melanocephala).
Les zones agricoles et steppiques sont peuplées par plusieurs espèces
de petits rongeurs comme le Hamster de Roumanie (Mesocricetus newtoni) et le Souslik
d'Europe (Spermophilus citellus) qui constituent des proies essentielles du régime
alimentaire de mammifères prédateurs comme le Putois marbré
(Vormela peregusna) et le Putois sibérien (Mustela eversmanni), mais aussi
du Busard cendré (Circus pygargus), de la Buse féroce (Buteo rufinus)
et du Faucon kobez (Falco vespertinus) tous nicheurs.
La migration de printemps
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Des
centaines de Pélicans blancs (Pelecanus onocrotalus) font une halte sur
Durankulak lors de leur migration
Source : Branta-Tours |
Une spectaculaire migration
prénuptiale suit la route pontique (Via pontica), qui mène les oiseaux
migrateurs du Bosphore jusqu'aux étendues de l'Europe du nord et de la
Sibérie en longeant la Mer Noire. Des centaines, voire des milliers de
cigognes et de Pélicans blancs (Pelecanus onocrotalus) passent au dessus
du lac Dourankoulak et de la Mer Noire lors de leur migration vers le Nord. Des
dizaines de Faucons kobez, parfois posés à quelques mètres
des observateurs, et les milliers de Bondrées apivores (Pernis apivorus)
marqueront le séjour des ornithologues
A cette période (de
la fin mars au début de mai), il est possible d'observer le Grèbe
jougris (Podiceps griseigena), le Tadorne casarca (Tadorna ferruginea), le Pélican
frisé (Pelecanus crispus), la Grue cendrée (Grus grus), plusieurs
espèces de hérons, l'Ibis falcinelle (Plegadis falcinellus), le
Busard pâle (Circus macrourus), l'Aigle pomarin (Aquila pomarina), l'Epervier
à pieds courts (Accipiter brevipes), les Bécasseaux falcinelle (Limcola
falcinellus) et de Temminck (Calidris temminckii), le Chevalier stagnatile (Tringa
stagnatilis), les Bécassines double (Gallinago media) et sourde (Lymnocryptes
minimus), les Sternes hansel (Sterna nilotica) et caspienne (S. caspia), les Guifettes
leucoptère (Chlidonias leucopterus), moustac (C. hybridus) et noire (C.
niger), le Pipit à gorge rousse (Anthus cervinus), la Bergeronnette citrine
(Motacilla citreola), cinq sous-espèces de Bergeronnette printanière
(feldegg, flava, thunbergi, beema, dombrowskii), l'Etourneau roselin (Sturnus
roseus), ou encore le Gobemouche nain (Ficedula parva).
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Bécassine
double (Gallinago media)
Source : Branta-Tours
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Guifettes
leucoptères (Chlidonias leucopterus) et moustacs (C. hybridus)
Source : Branta-Tours
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Bergeronnette
citrine (Motacilla citreola)
Source : Branta-Tours
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Etourneau
roselin (Sturnus roseus)
Source : Branta-Tours
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Des milliers de Bernaches
à cou roux
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Cormoran
pygmée (Phalacroorax pygmeus)
Source : Branta-Tours |
En hiver, les espèces
les plus remarquables régulièrement observées dans le lac
de Dourankoulak et dans ses environs sont le Cormoran pygmée (Phalacrocorax
pygmeus), l'Oie naine (Anser erythropus), l'Erismature à tête blanche
(Oxyura leucocephala), les Cygnes sauvage (Cygnus cygnus) et de Bewick (C. columbianus),
le Canard siffleur, (Anas penelope), la Nette rousse (Netta rufina), le Goéland
ichthyaète (Larus ichthyaetus), l'Aigle criard (Aquila clanga), les Buses
pattue (Buteo lagopus) et féroce, le Faucon émerillon (Falco columbarius),
et le Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla).
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Près
de 235 000 individus Oies rieuses (Anser labifrons) hivernent à Durankulak
Source : Branta-Tours |
La présence de ce
dernier rapace est liée à l'hivernage de milliers d'oies et de canards
qui constituent ses proies favorites à cette époque. En effet, le
lac de Dourankoulak est surtout célèbre pour être le plus
important site d'hivernage d'anatidés de Bulgarie. Six espèces d'oies
hivernent dans le pays parmi lesquelles trois avec des effectifs très importants
: l'Oie rieuse (Anser albifrons), la Bernache à cou roux (Branta ruficollis)
et l'Oie cendrée (Anser anser). Lors du comptage BIROE de l995, 370 000
oies ont été dénombrées dans le secteur !
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Bernache
à cou roux (Branta ruficollis)
Photo : Pavel Simeonov / Branta-Tours |
Ce lac bulgare héberge
ainsi parfois la quasi-totalité de la population mondiale de la Bernache
à cou roux (Branta ruficollis), une espèce à forte valeur
patrimoniale globalement menacée. Cet oiseau "arlequin" se reproduit
dans l'extrême Nord de la Toundra Arctique, aux curs de la presqu'île
du Taïmyr. Chaque année, les bernaches parcourent des milliers de
kilomètres pour retrouver leurs quartiers d'hiver bulgares. Dourankoulak
et son espace périphérique accueillent jusqu'à 63 000 Bernaches
à cou roux, soit 80 % des effectifs mondiaux. Cette zone-refuge constitue
donc le site d'hivernage le plus important pour la préservation de l'espèce.
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Bernaches
à cou roux (Branta ruficollis)
Source : Branta-Tours |
La tâche des observateurs
est ainsi facilitée, tous les effectifs hivernants étant concentrés
uniquement dans ce secteur. La communauté scientifique internationale qui
a visité l'étang qualifie ce phénomène "d'exceptionnel
et unique". Si l'hiver est plus doux, la moitié des oies stationnent
plus au nord, dans les nombreuses zones humides roumaines dispersées sur
un périmètre beaucoup plus vaste le long du littoral jusqu'au delta
du Danube.
Grâce aux grands espaces céréaliers, le secteur offre aux
oies des conditions alimentaires très attractives. Malheureusement, la
pérennité de la présence des oiseaux à moyen terme
n'est pas assurée pour des raisons socio-économiques. L'organisation
de voyages naturalistes par Branta-Tours
permet de générer des fonds dont une partie est réinvestie
dans les actions de protection de l'espèce.
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