Recherche sur Ornithomedia.com

  Voyages ornitho
   Livre recommandé

Where to Watch Birds in Italy (LIPU)
de Italian Rspb
Prix : 22,84 €
Commander
sur Amazon

  Le Parc National des Abruzzes | A la recherche du loup et de l'ours


A la recherche du loup et de l'ours

Pierre Boutonnet, responsable de l'association Yuhina, nous présente sa passion pour le parc des Abruzzes et nous donne quelques conseils pour voir les deux grands prédateurs du parc, l'Ours brun et le loup.

Voir notre carte du parc national des Abruzzes.

Les trois grands carnivores européens

Forêts de hêtres dans les Abruzzes
Forêts de hêtres dans les Abruzzes
Source : www.parks.it

Composées d'un milieu forestier au relief modérément escarpé, les vallées sont ouvertes et bien accessibles. L'enneigement relativement important à cette latitude, révèle le caractère montagnard du climat avec un hiver assez doux et un été sec et chaud. Dans le parc des Abruzzes (qui n'est qu'une fraction du massif des Abruzzes), le hêtre domine dans tous les secteurs forestiers. La flore est marquée par un fort endémisme. La faune en plus des mammifères forestiers habituels de montagnes, regroupe chose assez exceptionnelle, trois des grands carnivores européens : le loup, l'ours et le lynx.

Une gestion exemplaire

Loup (Canis lupus)
Loup (Canis lupus) dans les Abruzzes
Photo : Gilles Trochard

Ayant parcouru ces paysages à maintes reprises, je suis littéralement tombé amoureux de cette ambiance italienne loin des clichés traditionnels. J'ai eu l'occasion d'essayer de comprendre le pourquoi de la gestion relativement réussie d'un tel parc national. Car si des problèmes demeurent naturellement, il n'en reste pas moins un espace ou cohabitent encore des activités humaines assez développées (tourisme, pastoralisme, exploitation forestière) et une faune exceptionnelle et remarquable. Il est intéressant de se poser une nouvelle fois la question pour nous en France au vu de la triste actualité fin 2004 de nos grands prédateurs (abattage de loups, mort de l'ours Cannelle).
La région des Abruzzes était déjà au 19éme siècle une réserve royale de chasse située à 150 kilomètres seulement de Rome. Avec la naissance de l'état italien, la protection a perduré pour aboutir à la création de la première réserve privée du pays puis du parc national des Abruzzes.
Au cours de ces différentes périodes, le savoir-faire pastoral n'a jamais disparu, cohabitant sans problème avec les prédateurs naturels. De ce fait, et contrairement à la France, il se dégage de la part des habitants plus de tolérance et de compréhension et moins de passion autour du rapport activités humaines - faune sauvage. Le débat existe, et est certes parfois difficile, mais sans commune mesure avec ce que nous vivons en France. D'un point de vue social, il y aurait beaucoup à dire, on peut simplement évoquer dans la culture italienne l'image favorable du loup (histoire de Romulus et Remus, fondateurs de Rome et nourris par la louve). Le loup est ainsi en expansion en Italie, tant du point de vue des effectifs que de l'aire de répartition. Bref, vous l'aurez compris, ce territoire vaut la peine qu'on s'y intéresse si l'on est naturaliste, à la fois pour comprendre les rapports de l'homme avec les grands carnivores, et pour se régaler de randonnées dans ces forêts, en quête de rencontres inoubliables …

La passion de l'Ours brun

Ours bruns
Accompagné d'un spécialiste, vous aurez une chance de voir l'Ours brun dans les Abruzzes, comme sur cette photo prise par Gilles Trochard

Toutes les saisons sont belles pour visiter le parc. Selon les motivations naturalistes, on choisira une période plutôt qu'une autre, tant les ambiances sont différentes et les chances d'observer tel ou tel animal sont changeantes au fil de l'année. Ma passion irrésistible pour l'Ours brun, symbole fort des lieux, m'a poussé, après de longues errances sur les chemins du parc, à préférer la fin de l'été. En effet, à partir du mois d'août, et jusqu'à la mi-septembre, la grande majorité de la population d'ours du parc se "regroupe" dans les zones riches en arbres et arbustes à baies. Ce "piège trophique" (expression de Claude Dendaletche) m'a permis de très nombreuses fois de faire des observations exceptionnelles, toujours à distance (Je précise ici qu'il n'est pas question de déranger les ours en voulant les observer. Il vaut toujours mieux une observation prolongée à bonne distance plutôt qu'un dérangement en voulant s'approcher). A cette période de l'année, faste pour eux car en général abondante en nourriture, les ours font déjà leurs réserves pour l'hiver qui s'annonce et sont donc (comme toujours) très sensibles aux dérangements, l'une des principales causes de leur déclin dans le parc.
Tôt le matin ou en fin d'après-midi, il est possible d'assister à de magnifiques scènes de vie, comme ce jour-là, où, à l'aube, nous avons observé (nous étions un groupe de 10) pas moins de 7 ours dans le même vallon !!
Malheureusement, le déclin de la population ursine annoncé depuis des décennies par les spécialistes se confirme et selon les plus pessimistes le nombre total ne dépasserait pas 40 animaux. Le braconnage et le stress lié aux dérangements trop fréquents sont des facteurs très négatifs.
Mon expérience des biotopes à ours que j'ai pu explorer lors de mes différents voyages en Europe (Pyrénées, Roumanie, Slovénie, Espagne, Turquie) me font penser que les faibles ressources alimentaires du milieu naturel du parc (jeunes hêtraies à aspérule odorante, les vieux peuplements étant limités à quelques vallons très sauvage et escarpés) est un caractère aggravant pour la survie du plantigrade.
Il m'est pourtant arrivé d'observer en une semaine, pas moins de 9 individus différents, soit près du cinquième de la population totale. C'est dire le rôle "fixateur" des zones de nourrissage à certaine période de l'année qui explique ce phénomène.
Une étude est en cours utilisant le matériel génétique (crottes, poils) pour essayer d'en savoir plus sur la population exacte et sa dynamique de reproduction.
Nul doute que le défi des prochaines années pour les autorités est la sauvegarde de l'ours brun " marsicano " (sous-espèce locale), mais les orientations politiques catastrophiques du gouvernement italien en matière de protection de la nature n'incitent guère à l'optimisme…

Un loup en expansion

Plus réjouissantes sont les nouvelles concernant le loup : en effet, ses effectifs ont augmenté en Italie en général et au sein du parc une population stable avec sans doute 5 ou 6 meutes se partagent le territoire, soit une quarantaine d'individus si l'on tient compte des solitaires erratiques. Difficile à surprendre, il n'en reste pas moins possible à rencontrer. Et les observations de ce canidé mystérieux sont régulières.S'il n'y a pas de "recettes" comme pour l'ours, la fin de l'hiver m'a permis de réaliser mes meilleures observations. Le repérage de l'activité des loups est facilité par les traces qu'ils laissent dans la neige. De plus, l'absence de feuilles facilite la recherche. En oute, leur activité diurne est sûrement plus importante en hiver qu'en été (le loup n'aime pas la chaleur, ceci étant également vrai pour l'ours). Les cervidés (cerf et chevreuils) abondants sont ses proies principales; ces herbivores se laissent quant à eux assez bien observer tout au long de l'année, parfois même du bord de la route. La population de sangliers, très abondants (hélas suite aux lâchers d'animaux de souches douteuses par les chasseurs de la région), est aussi bien visible.

Le Chamois des Abruzzes

Une autre espèce d'ongulé, proie plus occasionnelle du loup, est le chamois des Abruzzes. Il s'agît en l'occurrence de la sous-espèce locale qui est proche de l'Isard pyrénéen et qui possède des cornes remarquables très spectaculaires qui le distingue des autres populations d'Europe. Pour les italiens, c'est "il piu bello camoscio del mundo !". La quasi-totalité de la population du parc (600 animaux environ) se cantonne sur les plus hautes crêtes rocheuses du secteur (entre 2000 et 2200 mètres d'altitude), dans un domaine assez limité. Peu farouches, ils se laissent approcher à quelques mètres et régalent les observateurs.

Un espace à découvrir

À l'image des monts Cantabriques en Espagne (et notamment le parc de Somiedo qui me fascine également et que je parcours régulièrement), il existe à nos portes des espaces où vit encore une nature sauvage riche et variée.
Formidable espoir pour l'homme de demain et source d'inspiration pour la France qui s'enlise actuellement dans une gestion catastrophique de ces espaces naturels et de sa grande faune.

Voyages dans les Abruzzes

Vous pouvez participer à deux voyages naturalistes dans les Abruzzes guidés par Pierre Boutonnet : du 21 au 28 août et du 4 au 11 septembre 2005. plus d'infos dans le programme 2005 de voyages de Yuhina.


Réagissez à cet article sur notre forum Voyage / Observations ou par e-mail à david.bismuth@ornithomedia.com.



  Suite de l'article
 
Carte du parc national des Abruzzes
Introduction
Pic à dos blanc et autres oiseaux
A la recherche du loup et de l'ours
  Pratique


   Débuter
   Identification
   Conseils
   Equipement
   Voyages ornitho
   Enfants
   Téléchargement
   Handi-spots

   Carte recommandée
 
Carte routière : Toscana, Umbria, Lazio, Marche, Abruzzo, Republica di San Marino, N° 11563 (en italien) - 1/400 000
de Cartes REGIONAL Michelin
Prix : 5,70 €
Commander
sur Amazon

   Voyage nature dans les Abruzzes
  
  
  
 Livre recommandé


Where to Watch Birds in Europe and Russia de N. Wheatley

 
 
   Newsletter

   Recevez chaque mois
   notre lettre d'infos
   gratuite.
    Inscription
   
Desinscription
        
         

 Carte recommandée


Italie (10) abruzzes/molise - 1/200.000
Prix : 8,08 €
   
ORNITHOMEDIA (c) 2000 Tous droits réservés