|
Jours 4 et 5 : le Nord-ouest
Voir notre carte
de l'Estonie.
La "Mecque" estonienne
 |
Garrots à
oeil d'or (Bucephala clangula)
Photo : J.-A. Leclercq |
Petit déjeuner sur
le pouce et départ enthousiaste, malgré le temps frisquet et couvert,
vers une Mecque méconnue du seawatching en Europe. A la pointe Nord-Ouest
de l'Estonie, le site de Pöösaspea (à Spithami) voit défiler
chaque printemps les centaines de milliers d'anatidés qui rejoignent leurs
sites de nidification via le Golfe de Finlande et la Mer Blanche. Des milliers
de Plongeons les accompagnent. Les mouvements peuvent être particulièrement
impressionnants et les totaux des meilleures journées peuvent atteindre
les 6 (!) chiffres. Fin mai, l'essentiel du passage s'est déjà déroulé.
Mais bien à l'abri du petit observatoire de la pointe, nous observons tout
de même, en compagnie de 3 sympathiques Suédois, de beaux groupes
d'Hareldes boréales, Garrots à il d'or, Macreuses noires,
Eiders à duvet, ainsi que des dizaines de Plongeons arctiques et catmarins.
Au large, d'immenses bandes de canards marins (probablement Hareldes et Macreuses)
stationnent. Malgré le vent soutenu, les Hirondelles rustiques et de fenêtre,
les Pinsons des arbres (Fringilla coelebs) et les Tarins des Aulnes (Carduelis
spinus) se lancent dans la traversée du Golfe de Finlande. Une rapide prospection
dans les prairies et les bois proches révèle 2 Torcols fourmiliers
et une femelle de Busard cendré.
Une petite baie bien intéressante
 |
Bécasseau
falcinelle (Limicola falcinellus)
Photo : J.-A. Leclercq |
A quelques kilomètres
au Sud-Ouest, à proximité de Haversi, une minuscule baie envasée
et la plage attenante se révèlent être un site remarquable
pour les limicoles. 5 Bécasseaux falcinelles (Limicola falcinellus), 3
Bécasseaux de Temminck (Caldris temminckii) et 3 Phalaropes à bec
étroit (Phalaropus lobatus) côtoient quelques centaines d'autres
limicoles : Bécasseaux variables de la sous-espèce alpina,
maubèches (Caldris cannutus) et minutes, Pluviers argentés (Pluvialis
squatarola) et quelques Barges rousses (Limosa lapponica), quasiment tous dans
leurs magnifiques plumages nuptiaux. D'une confiance inimaginable pour un ornithologue
français, ils profitent de leur halte migratoire pour se nourrir, parfois
à peine à une dizaine de mètres de nous. Mieux vaut toutefois
veiller à rester discret, la petite taille du site rend les oiseaux, aussi
peu farouches soient-ils, très sensibles aux dérangements.
La Baie de Matsalu
 |
Bernaches nonettes
(Branta leucopsis)
Photo : J.-A. Leclercq |
Pressés par le temps,
nous abandonnons à regrets les limicoles pour mettre le cap sur la Baie
de Matsalu, réputée pour ses stationnements de milliers de Cygnes
de Bewick (Cygnus columbianus) aux deux passages. Nous faisons tout d'abord route
vers le Nord de la baie et le village de Puise. En chemin, une petite baie se
découvre sur notre droite. Les prairies de bord de mer (la Mer Baltique
étant peu salée, il n'y a pas lieu de parler de prés salés)
regorgent d'oiseaux : des milliers de Bernaches nonnettes et une belle diversité
de limicoles dont une dizaine de Bécasseaux de Temminck, quelques Bécasseaux
cocorlis (Calidris ferruginea) et une Avocette élégante (Recurvirostra
avosetta). En vol au loin, nous repérons pas moins de 3 Pygargues à
queue blanche.
 |
Pie-grièche
écorcheur (Lanius collurio)
Photo : J.-A. Leclercq |
A l'extrémité
de la piste, après le village de Puise, une zone couverte de genévriers
abrite la Fauvette épervière (Sylvia nisoria). Mais le vent et la
discrétion de l'espèce n'autorisent que des observations fugitives
d'un minimum de 3 oiseaux. Heureusement, un Pipit à gorge rousse (Anthus
cervinus) qui nous survole à basse altitude et 3 Pie-grièches écorcheurs
(Lanius collurio) viennent nous regonfler le moral. Depuis l'arrêt suivant
à proximité d'Haeska, nous profitons de la hauteur offerte par un
pylône d'observation pour découvrir la majestueuse baie de Matsalu,
entourée d'immenses roselières. Au pied de l'observatoire, un radeau
de roseaux sert de support à une colonie mixte de Mouettes pygmées
et rieuses (Larus ridibundus). Sur les toits de chaume voisins, deux couples de
Goélands cendrés ont trouvé un site de nidification efficacement
protégé des prédateurs. Sur cette observation insolite, la
fatigue, le froid, la pluie et le vent nous forcent à rentrer à
l'hôtel pour un repos bien mérité. Une petite promenade dans
les rues d'Haapsalu permet tout de même de rajouter la Sitelle torchepot
(Sitta europaea europaea) à notre liste.
Jour 5 : d'Haapsalu
à Tallinn
 |
Phalaropes à
bec étroit (Phalaropus lobatus)
Photo : J.-A. Leclercq |
Pour cette dernière
matinée, le soleil brille et nous décidons de retenter notre chance
pour les limicoles à Haversi. Bonne pioche, la lumière est meilleure
que la veille et surtout, les Bécasseaux falcinelles sont dorénavant
7 et les Phalaropes à bec étroit, 23 ! Une Locustelle luscinoïde
(Locustella luscinioides) se fait entendre dans la roselière attenante
et en mer, ce sont quelques centaines de Garrots à il d'or qui se
rassemblent avant de partir en migration. Avant de reprendre la route de Tallinn
et de l'aéroport, nous prospectons les bois alentours, avec, selon la chance
de chacun : 1 Pouillot verdâtre (Phylloscopus trochiloides), des Mésanges
à longue queue caudatus et un groupe de Beccroisés (Loxia
sp.) non identifiés en vol. Le retour vers Tallinn se passe ensuite sans
histoire. A l'aéroport, le Gorgebleue n'est plus là. Il ne nous
a pas attendu...
|
 |