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Du 2 au 30 juin 2004
Mercredi 2 juin 2004
Voici les espèces
que j'ai observées en une heure et demi de promenade le 29 mai entre 18h
et 19h30 :
- Hérons gardeboeufs : 4
- Gallinules poules-d'eau : 3
- Talève sultane : 1
- Echasse blanche : 10
- Vanneau éperonné (Hoplopterus spinosus) : 1
- Pigeon biset (Columba livia) : 1
- Pigeon ramier : 10
- Hirondelle rustique (Hirundo rustica) : nombreuses
- Cochevis huppé : 1
- Tourterelles turques (Streptoptelia decaocto) : 25
- Bulbul à joues blanches : 4
- Moineau domestique : 8
- Moineau de la Mer Morte : 4
- Corneille mantelée : 2
J'ai passé la majeure partie de mon temps dans l'un des petits marais.
Il est situé dans une dépression. Je pense que tous les étangs
du camp ont été creusés pour drainer les eaux. Pendant que
je me tenais sur le bord de la dépression, en regardant vers le bas, un
groupe d'Échasses blanches est passé en vol près de moi.
Leurs appels ressemblaient à ceux des sternes. J'ai cru distinguer que
l'une d'entre elles couvait des ufs. Bien que j'étais à plus
de 250 mètres de l'oiseau, les autres semblaient vraiment agitées
et continuaient à crier. Je suis encore descendu au fond du marais et j'ai
bien observé un Moineau de la Mer Morte. Les échasses se sont progressivement
calmées.
Je pourrai bientôt quitter mon poste, et donc davantage observer.
Vendredi 11 juin 2004
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Rollier indien
(Coracias benghalensis)
Photo : Jacques-André Leclercq |
La chaleur de l'été
2004 est arrivée. Les températures atteignent jusqu'à 122°F
en journée.
Les Bulbuls à joues blanches ne semblent pas être gênés
par cette chaleur. Il chantent et chassent dans les tamaris.
Le week-end dernier, j'ai du effectuer une mission à un autre endroit.
J'espérais voir quelques nouvelles espèces au cours de mon trajet
sur le Tigre et dans le désert. Rien de neuf, mais j'ai observé
environ 10 Rolliers d'Europe et autant de Rolliers indiens. Nous avons également
vu quelques Guêpiers de Perse chassant au-dessus des champs.
Les Pigeons ramiers sont partout. Ils pratiquent parfois un amusant vol ondulé,
décrivant une courbe de sinus (ou de cosinus selon l'endroit où
vous commencez
) avec des planés : on dirait qu'ils le font par amusement.
Tandis que j'étais dans le désert, j'ai vu un Cochevis huppé
planer à environ 100 pieds de haut, chantant à tue-tête, pendant
presque 10 minutes, et "dérivant" lentement pendant. Finalement,
il est descendu et s'est posé non loin de moi.
Le camp que j'ai visité était très différent du mien
car très silencieux. Il n'y avait aucun vacarme de générateurs
et aucune pollution lumineuse de réverbères. Je me suis reposé
à l'extérieur, en observant longuement les étoiles. J'ai
vu 3 étoiles filantes.
De retour à ma base le soir, j'ai retrouvé des collègues
dans le patio, quand nous avons vu un couple d'Effraies des clochers (Tyto alba)
se posant dans un grand eucalyptus mort à côté de notre bâtiment.
Quelqu'un a apporté un tue-insectes électrique car il y avait pas
mal de moustiques. Les 220 volts étaient certes redoutables, mais je ne
crois pas que tous les moustiques aient été éliminés...
La plupart des victimes étaient en fait de petites fourmis et quelques
termites volantes. La lumière U.V. a attiré par contre un spectaculaire
Éphémère, le premier que j'ai jamais vu. Il avait des zones
vertes sur son abdomen, de grands yeux et deux antennes avec de petits "
clubs " à leur extrémité.
J'ai pu sortir et conduire de nuit. Il y a quelques jours, j'ai dû aller
chercher quelques soldats rentrés de Bagdad par hélicoptère.
Après les avoir déposés, j'ai fait un tour. J'ai vu deux
chacals hurlant en haut de la route et un renard non identifié passer devant
moi. J'ai également vu un hérisson à longues oreilles déambuler
sur le côté de la route. Il ressemblait à un petit aéroglisseur
blanc épineux ! Ses pattes bougeaient tellement vite qu'on aurait dit qu'il
flottait littéralement.
Samedi 19 juin 2004
J'ai observé plusieurs
fois depuis que j'ai posté mon dernier message. Je parcours normalement
la longue route après ma réunion du lundi matin de l'autre côté
du poste.
La semaine dernière, sur l'étang de la blanchisserie, j'ai vu trois
espèces de sternes : des Guifettes moustacs (Chlidonias hybridus) et leucoptères,
et des Sternes naines (Sterna albifrons) qui nichent également dans les
marais et dans la vallée des deux fleuves en Irak. C'était ma première
coche depuis environ un mois (...).
Sur mon chemin de retour vers la clinique j'ai noté des palmiers-dattiers
pleins de fruits le long de la route. La chaleur extrême de l'été
d'ici permet de les faire mûrir.
Les Irakiens appellent le palmier-dattier "Nakal". Il tient un rôle
spécial dans leur identité nationale. Les frondes sont entre autres
un symbole de richesse. Les plantations de dattiers occupent de grandes surfaces
dans les vallées et ils atteignent ici une grande hauteur (jusqu'à
30 mètres). Son nom scientifique est Phoenix dactylifera.; En effet, comme
l'oiseau mythique (le phénix) renaissant des flammes, des millions de ces
arbres s'élèvent au dessus de la fournaise irakienne. Un dicton
dit qu'un dattier doit avoir ses pieds dans l'eau et sa tête dans le feu
du ciel.
Il y a vingt ans, l'Irak dominait le marché mondial des dattes. Il y avait
près de 30 millions d'arbres dans le pays. Chaque arbre femelle peut produire
150 livres de fruits par saison. Les effets combinés de la guerre Iran-Irak
et l'assèchement par Saddam des marais du Sud ont réduit le nombre
d'arbres de moitié.
Mercredi 23 juin 2004
J'ai commencé ma
promenade près de l'étang du nord : un couple d'Échasses
blanches est sorti de la roselière. Il y avait quelques Moineaux de la
Mer Morte volant dans les tamaris en limite de roseaux. La température
était de plus de 110°F quand j'ai commencé ma sortie. J'observais
quelques Pigeons ramiers quand deux F-16 ont décollé avec un bruit
incroyable. Ils ont disparu dans le ciel en un clin d'il (...).
Le long du périmètre, j'ai vu un très grand nombre de Cochevis
huppés et quelques Vanneaux indiens dans un secteur récemment inondé.
Par la suite, je suis allé à mon spot favori, l'étang près
de la blanchisserie. J'ai observé pendant une demi-heure. Avec le coucher
du soleil, les oiseaux étaient plus actifs. Une demi-douzaine d'échasses
se poursuivaient partout sur l'étang en criant comme des sternes.
J'ai marché jusqu'à une partie de la clôture qui longe l'eau.
Deux petites Foulques macroules très drôles se sont réfugiées
à toute vitesse dans les roseaux en me voyant. Un Grèbe castagneux
nageait en limite de végétation.
Un couple de Pies bavardes marchait lentement sur le rivage à la recherche
d'insectes. Je croyais que toutes les pies avaient quitté la région
car je n'en avait pas vu depuis le début du mois de mai.
J'ai fait de superbes observations d'une Guifette moustac en chasse.
J'ai finalement trouvé deux Hirondelles rousselines (Hirundo daurica) après
avoir examiné des centaines d'Hirondelles rustiques depuis le début
du printemps
Des Hérons gardes-boeufs sont arrivés en dortoir dans les roseaux
par petits groupes de deux ou trois. Au coucher du soleil, je suis allé
de nouveau au nord de la base, et j'ai alors vu un couple de Sarcelles marbrées
(Marmaronetta angustirostris) en vol.
Dans l'obscurité, j'ai conduit sur la route le long du périmètre
et ait vu des chacals et des renards. J'ai également vu un chat de couleur
sable avec des longues pattes et une queue courte : je crois que c'était
un Chat des marais.
Mercredi 30 juin 2004
Je n'ai toujours pas vu
certains oiseaux que je croyais être communs dans la région à
cette période. La première de cette espèce est la Cigogne
blanche (Ciconia ciconia). Il se pourrait que je ne me trouve pas dans le bon
habitat.
J'ai parlé à l'un de nos employés locaux et je l'ai questionné
sur les noms arabes de divers oiseaux et animaux. Il m'a dit que la Cigogne blanche
s'appelle ici "Lak Lak". Elles nichent au dessus de plusieurs mosquées
dans une ville voisine. Comme en Occident, la cigogne est ici aussi supposée
apporter des bébés. Certains des irakiens ont d'ailleurs commencé
à me chanter une chanson locale au sujet de la cigogne, d'une mère
et d'un bébé.
Il y a quelques nuits, j'ai trouvé quelques énormes fourmillions
attirés par la lumière : ils avaient environ 4 pouces de long. J'ai
également vu une autre espèce plus petite de la même taille
que celle je vois aux États-Unis. Il n'y a pas une très grande variété
de lépidoptères dans notre secteur : c'est sûrement dû
au fait que le paysage qui nous entoure est une sorte de terrain vague dévasté
avec de petits îlots de végétation... Je suis sûr que
les zones vertes près du fleuve sont plus riches.
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