|
Le rapport du 16 au 25 avril 2004
Voir notre carte
de la Grèce.
Autour de Panorama et de Thessalonique
 |
Bruant zizi
(Emberiza cirlus)
Photo : Gabriel Rasson |
Nous sommes arrivés
à Thessalonique, le vendredi 16 au soir. Nous séjournons à
Panorama, village situé sur les hauteurs de la ville. Nous y faisons nos
premières observations, le samedi 17 et le dimanche 18 : beaucoup de Bruant
zizis (Emberiza cirlus) chantent partout, ainsi que des Rossignols philomèles
(Luscinia megarhynchos). Un
couple de Pics syriaques peu craintif, dans un petit bois de résineux,
nous permet d'observer à merveille les critères distinctifs du mâle
et de la femelle. Ils crient régulièrement; leur cri est plus doux
que celui du Pic épeiche.
Un Circaète passe Jean-le-Blanc,
harcelé par une Corneille mantelée (Corvus corone cornix). Une Fauvette
passerinette (Sylvia cantillans) nous laisse observer ses couleurs rouille et
gris bleuté ; elle chante par intermittence : quel bel oiseau !
Sur la Côte, à Thessalonique, nous remarquons que la Mouette mélanocéphale
est le seul laridé présent.
 |
Moineau espagnol
(Passer hispaniolensis)
Photo : Gabriel Rasson |
Le lundi 19 avril, nous
partons pour un circuit de quelque 2.000 kilomètres en voiture. Nous sommes
d'abord descendus en Thessalie, pour remonter vers le Nord-ouest, en Macédoine
grecque et nous diriger vers le Nord-est, en Thrace, en longeant les frontières
albanaise, macédonienne, bulgare et turque.
Certains oiseaux sont
communs et nous n'en parlerons pas, comme la Corneille mantelée, le Bruant
proyer (Milaria calandra), le Tarier des prés (Saxicola rubetra), la Bouscarle
de Cetti (Cettia cetti), le Cochevis huppé (Galerida cristata) en bord
de mer, le Moineau espagnol (Passer hispaniolensis) nichant parfois à l'étage
inférieur des nids de cigognes et le Rossignol philomèle.
Le delta de l'Axios
 |
Spatule blanche
(Platalea leucorodia)
Photo : Gabriel Rasson |
Nous commençons par
une visite du Delta de l'Axios, au bord de la Mer Egée.
Quelques Flamants roses
sont là, grands et tranquilles; des Chevaliers (Tringa nebularia) aboyeurs,
sylvains (T. glareola) et arlequins en plumage nuptial se nourrissent sur les
vasières. Le chant de la Huppe fasciée (Upupa epops) attire notre
attention; elle s'envole, grand papillon coloré, tellement élégant.
Les Guêpiers d'Europe (Merops apiaster) semblent apprécier les berges
bordant la rivière. Des Échasses blanches hantent aussi les lieux;
quelques Hérons pourprés volent, de ci, de là. Des Busards
des roseaux (Circus aeruginosus) planent au-dessus des roselières, dans
lesquelles on entend beaucoup de Rousserolles turdoïdes (Acrocephalus arundinaceus).
Des Bergeronnettes printanières (Motacilla flava feldegg), à la
tête bien noire, sont aussi présentes; une Pie-grièche à
tête rousse (Lanius excubitor) stationne peu de temps. Deux Spatules blanches,
un adulte et un juvénile, se nourrissent tranquillement.
Mais le grand moment, c'est
quand quatre Glaréoles à collier qui passent, chassant, au-dessus
de nous.
Les près salés de Kitri
 |
Tortue grecque
Photo : Gabriel Rasson |
Nous nous dirigeons ensuite
vers les Prés salés de Kitri, non loin de là.
L'accès à la mer se fait par une piste traversant d'abord une plaine
désertique, où les Alouettes calandres sont nombreuses : leur silhouette
en vol chanté évoque de grandes chauves-souris. Leur petite cousine,
l'Alouette calandrelle (Calandrella brachydactyla) se montre aussi. Un Pipit rousselline
(Anthus campestris) se perche sur une pierre.
Les près salés sont habités par des Flamants roses, des Échasses
blanches et des Avocettes élégantes. On arrive alors, au bord de
la mer, sur une petite plage, déserte
au retour, une Tortue grecque
croise notre chemin, près de la mer, sans beaucoup se préoccuper
de nous.
Une Huppe fasciée se montre furtivement, près d'un amas de pierres.
Une Caille des blés (Coturnix coturnix) émet sa strophe dans la
plaine.
Au port de Pynda, nous
observons de nombreuses Mouettes mélanocéphales.
Le Mont Olympe et les Météores
Nous nous dirigeons ensuite
vers le Mont Olympe. C'est étonnant de découvrir cette montagne
si proche de la mer. Dans les plaines non loin du Mont Olympe, une Hirondelle
rousseline (Hiruno daurica) frôle les herbes. Le sommet (à plus 2
900 m) est enveloppé de nuages. Les dieux ont-ils décidé
de se cacher des hommes ?
Le mardi 20 avril, nous
décidons de renoncer à l'ascension du Mont Olympe. Le brouillard
et la pluie rendent très improbables de belles observations en montagne.
Nous partons donc en
direction des Météores. Sur l'autoroute, à hauteur de Larissa,
notre attention est attirée par de nombreux faucons qui volent sur place.
Nous nous arrêtons : ce sont des Faucons crécerellettes ! Il y a
aussi quelques Faucons kobez. Nous les approchons. La pluie battante les rend
paresseux et donc peu farouches : nous en voyons jusqu'à 12, posés
ensemble.
Nous repartons vers
les Météores, où nous passons l'après-midi. C'est
l'endroit le plus au sud de notre périple. Une Cigogne noire plane au-dessus
des montagnes, elle suit une voie invisible entre les rocs en forme de pain de
sucre; c'est vraiment très beau. Au monastère de Varlaam, un couple
d'Hirondelles rousselines a construit son curieux nid pourvu d'un couloir.
Les lacs Prespas
 |
Montagnes près
des lacs Prespas
Photo : Marie Winandy |
Nous reprenons la route,
vers le Nord, pour rejoindre les lacs Prespas. A Kastoria, nous voyons nos premiers
Pélicans frisés, cinq, qui planent au-dessus de la montagne nous
séparant des Prespas. L'immobilité de ces oiseaux en vol a quelque
chose de magique.
Nous arrivons le soir,
au bord du lac Mikri Prespa. Nous sommes aux frontières albanaise et macédonienne,
au Nord-ouest de la Grèce. C'est un lac étonnant, qui se trouve
à une altitude de 850 m. On voit en même temps des neiges sur les
sommets des montagnes et de colossales roselières qui ceinturent le lac;
des plaines l'entourent. On a l'impression extraordinaire de se trouver dans plusieurs
biotopes à la fois !
En arrivant, nous voyons un
Loriot d'Europe, qui se pose bien près de notre voiture.
Nous observons, à la tombée du jour, quelques Grèbes à
cou noir (Podiceps nigricollis), des Harles bièvres et un Bihoreau gris.
Des Pélicans frisés se laissent observer de très près
depuis un petit poste d'observation, très bien placé, du côté
du Megali Prespa.
Le lendemain-matin, 21 avril 2004, il pleut. Cette pluie nous accompagnera toute
la journée. Nous restons au bord du Mikri Prespa et sur la route le séparant
du Megali Prespa.
Nous voyons beaucoup de pélicans, surtout des frisés, qui semblent
les plus communs sur ce site, mais aussi quelques blancs. Des Cormorans pygmées
se montrent aussi. Il est amusant, ce tout petit cormoran, dont la silhouette
rappelle celle de la foulque.
 |
Rousserolle
turdoïde (Acrocephalus arundinaceus)
Photo : Gabriel Rasson |
Une Rémiz penduline
mâle côtoie un moment une Rousserolle turdoïde dans une roselière;
une Panure à moustache est entrevue peu après.
Un Bihoreau gris laisse voir son il rouge. Nous voyons aussi des Hérons
pourprés, des Crabiers chevelus et des Grandes Aigrettes. Les Grèbes
à cou noir et les Harles bièvres sont toujours là. Des Hirondelles
rousselines volent non loin.
Dans les prairies et les petits bois bordant le lac, nous observons des Pies-grièches
à tête rousse et un Gobemouche à collier (Ficedula albicollis).
Avant de partir, nous
croisons sur la route entre les deux lacs Prespas un Faucon kobez mâle qui
prend un peu de repos pendant sa migration, sous la pluie.
Nous partons en fin
d'après-midi, vers l'Est. Nous traversons des cols enneigés; le
temps est épouvantable.
Le lac Kerkini
Nous arrivons en soirée
au Lac Kerkini, qui est proche de la frontière de la Macédoine et
de la frontière bulgare.
Le lendemain, 22 avril 2004, il fait enfin beau; le site est splendide.
Le lac est bordé de montagnes. Il y a quelques Milans noirs. Nous avons
l'occasion de voir, le long de la route, un Aigle royal. Nous voyons aussi magnifiquement
un Aigle pomarin.
Les deux espèces de pélicans sont présentes sur le site.
Il y a aussi beaucoup de Crabiers chevelus au bord du lac. Un petit groupe de
Cormorans pygmées se laisse bien observer.
L'endroit le plus beau est, indéniablement, la forêt immergée;
au milieu du lac, la ligne blanche est faite de pélicans, des deux espèces,
et leurs grondements remplissent l'air. Il y a de l'Afrique dans ce tableau.
Les pélicans se laissent bien observer. Leurs attitudes sont très
amusantes, suggestives.
La forêt de Dadia et les gorges d'Avas
 |
Pie-grièche
à tête rousse (Lanius excubitor)
Photo : Gabriel Rasson |
Nous repartons vers l'Est.
Sur la route, nous voyons une Buse féroce qui se chamaille avec une Buse
variable : nous observons, dans le détail, les différences entre
ces deux espèces. Nous arrivons en soirée, près de la frontière
turque au gîte de la forêt de Dadia.
Le 23 avril, tôt le matin, nous partons vers l'observatoire des rapaces.
En y montant, nous observons une Fauvette passerinette, un Epervier d'Europe et
plusieurs Circaètes Jean-le-Blanc. Près de l'observatoire, de nombreux
Vautours moines planent lentement.
Près d'une carcasse mise à leur intention, des Vautours fauves sont
posés.
Des Cigognes noires cerclent dans le ciel. Nous vivons un grand moment quand un
Aigle botté passe, avec son vol rapide, presque brutal : c'est un individu
de forme claire, qui nous montre bien son dessous bigarré.
En redescendant, nous observons encore une Buse féroce. Une Fauvette mélanocéphale
(Sylvia melanocephala) chante dans la pinède.
Nous nous dirigeons ensuite vers les antennes de télévision, qui
se trouvent au sommet d'une colline offrant une vue dégagée sur
les environs . Il y a de nombreuses Cigognes noires le long de la route. A midi,
deux Fauvettes orphées (Sylvia hortensis) chantent dans la végétation
à l'orée de la forêt. Une couple de Pies-grièches écorcheurs
(Lanius collurio) fréquente aussi les lieux.
La piste qui mène aux antennes est sans conteste l'endroit le plus immensément
sauvage que nous avons exploré pendant tout le séjour; c'est extraordinaire.
Tout près des antennes, un couple de Faucons pèlerins stationne
sur une falaise et deux Percnoptères d'Égypte survolent l'immensité
boisée.
En redescendant, nous faisons une observation magnifique d'Aigle pomarin.
Nous allons ensuite vers les Gorges d'Avas, qui ne sont pas très loin.
Nous y voyons une Buse féroce. Au village-même d'Avas, nous observons
un Aigle botté qui porte une branche : c'est un spectacle vraiment bouleversant
!
Près du vieux château et de l'ancienne gare, nous observons un Circaète,
un Busard Saint-Martin (Circus cyaneus) femelle et une Pie-grièche à
tête rousse. Nous
repartons vers le Delta du Nestos, où nous arrivons le soir.
Le delta du Nestos
et le lac Koronia
 |
Cistudes d'Europe
Photo : Gabriel Rasson |
Le lendemain, 24 avril 2004,
nous découvrons l'endroit. C'est le domaine du Vanneau éperonné
: vraisemblablement, il s'agit de l'endroit d'Europe où il y a le plus
de couples nicheurs de cette élégante espèce, malgré
la progression des exploitations agricoles, sur des parcelles préalablement
drainées.
De sympathiques Cistudes d'Europe
se montrent aussi.
En bord de mer, nous découvrons une lagune : c'est un endroit magnifique.
Nous observons au moins 12 Glaréoles à collier : elles restent toujours
assez loin, mais nous pouvons les voir se baigner, s'accoupler; elles volent,
crient beaucoup, se posent.
 |
Glaréole
à collier (Glareola pratincola)
Photo : Gabriel Rasson |
Il y a aussi des Bécasseaux
variables (Calidris alpina), cocorlis, des bécasseaux minutes, des sarcelles
d'été, des canards souchets, des Échasses blanches, des Mouettes
mélanocéphales, des Sternes naines, des Guifettes noires, quelques
Flamants roses. Dans les franges de roseaux, on entend des Rousserolles turdoïdes,
les Busards des roseaux chassent, un Faucon hobereau (Falco subbuteo) passe. Le
soir, nous nous dirigeons vers le Lac Koronia. A proximité, nous observons
très bien deux Alouettes calandres.
C'est la fin du voyage. Le lendemain-matin, nous reprenons l'avion à Thessalonique.
|
 |