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Les deltas de l'Axios, du Loudias et de l'Aliakmon
Voir notre carte
de la Grèce.
Une zone connue dès l'Antiquité
Les deltas des fleuves Gallikos, Axios, Loudia et Aliakmnon constituent une zone
humide importante couvrant presque entièrement la région du Golfe
de Thermaikos près de Thessalonique : les marais et lagunes s'étendent
d'Epanomi jusqu'à Alyki Kitrous le long du golfe.
La faune halieutique à l'embouchure des cours d'eau est très riche,
avec près de 36 espèces de poisson, et 90% de la production grecque
d'huîtres. Les marais salants Alyki Kitrous couvrent des centaines d'hectares.
Le Loudias, l'Axios
et le Gallikos ont déjà été cités par Homère,
Euripedes, et Hérodote. Ce dernier, l'un des plus grand historien antique,
rapporte qu'en 480 avant J.C., environ un million de soldats perses ont campé
le long du Gallikos, et la légende dit que les eaux du fleuve n'ont pas
suffit à étancher la soif des hommes !
Un zone humide autrefois magnifique
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Vue aérienne
du delta de l'Axios
Source : Lighthouse Aksios |
Les deltas des fleuves d'Axios
et de Loudhias ont formé par le passé l'une des zones humides grecques
les plus riches, mais les aménagements industriels et l'agriculture ont
beaucoup dégradé les milieux.
Le fleuve Axios, l'un des plus grands cours d'eau des Balkans avec une longueur
de 380 km, a été canalisé et n'inonde plus les marais. La
plus grande intervention humaine eu lieu en 1934 quand le lit du fleuve fut dragué
pour empêcher l'envasement du port de Thessalonique : suite à ces
travaux, les alluvions de l'Axios et de l'Aliakmon ont créé le vaste
delta que nous connaissons aujourd'hui. Il subsiste une série de lagunes
excellentes pour les oiseaux, et l'ancien bras du fleuve reste très riche.
Les rizières, les roselières et l'embouchure peuvent aussi être
très productives.
Le fleuve Loudhias à l'ouest a malheureusement été transformé
en canal. Bien que beaucoup d'espèces ne se reproduisent plus près
du cours d'eau, on peut toujours faire de bonnes observations.
Le delta voisin du fleuve Aliakmon a moins été dégradé
et il constitue probablement la plus belle zone humide de cette partie de la Grèce.
Les oiseaux
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Le Faucon kobez
(Falco vespertinus) est régulier au printemps dans le delta de l'Axios
Photo : Gabriel Rasson
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215 espèces d'oiseaux
ont été notées dans la zone.
On y trouve des colonies significatives d'ardéidés, de limicoles
et de sternes : plus de 100 couples de Blongios nains (Ixobrychus minutus), plus
de 300 couples de Bihoreaux gris (Nycticorax nycticorax), plus de 100 couples
de Crabiers chevelus (Ardeola ralloides), plus de 250 couples d'Aigrettes garzettes
( Egretta garzetta), deux couples de Grandes Aigrettes (Egretta alba), 20 couples
de Hérons pourprés (Ardea purpurea), 60 couples d'Échasses
blanches (Himantopus himantopus), 40 couples d'Échasses blanches (Recurvirostra
avosetta), 100 couples de Glaréoles à collier (Glareola pratincola),
plus de 100 couples de Chevaliers gambettes (Tringa totanus), 200 couples de Sternes
pierregarins (Sterna hirundo) et 300 couples de Sternes naines (Sterna albifrons).
Parmi les autres nicheurs, on note le Pélican frisé (Pelecanus crispus),
la Spatule blanche (Platalea leucorodia), l'Ibis falcinelle (Plegadis falcinellus),
l'Épervier à pieds courts (Accipiter
brevipes), l'Oedicnème
criard (Burhinus oedicnemus), le Cormoran pygmée (Phalacrocorax
pygmeus) et l'Alouette calandre (Melanocorypha calandra).
Le Faucon kobez (Falco vespertinus) est un visiteur de passage commun, particulièrement
au printemps.
Un grand nombre de limicoles (20 000 à 50 000) passent durant les migrations.
Les plus communs sont le Bécasseau cocorli (Calidris ferruginea) avec 6
000 individus, le Combattant varié (Philomachus pugnax) avec 3 000 oiseaux,
la Barge à queue noire (Limosa limosa) avec 4 000 oiseaux et le Chevalier
arlequin (Tringa erythropus) avec 4 000 oiseaux. Des espèces plus rares
comme la Bécassine double (Gallinago media), le Bécasseau falcinelle
(Limicola falcinellus) et le Chevalier stagnatile (Tringa stagnatilis) sont aussi
régulières en petit nombre. Le Courlis à bec grêle
(Numenius tenuirostris) a déjà été noté (la
zone est la troisième en importance en Grèce pour cette espèce
rarissime), et la Mouette mélanocéphale (Larus melanocephalus) est
aussi visible.
Le nombre d'oiseaux hivernants s'est beaucoup réduit (jusqu'à 142
000 oiseaux dans le passé). Le nombre de canards hivernants est bien inférieur
aux effectifs du passé, mais le Canard siffleur (Anas penelope) apparaît
toujours par milliers. Mais on peut toujours observer le Cormoran pygmée
(Phalacrocorax pygmeus), plus de 20 Pélicans frisés (Pelecanus crispus),
le Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla) et l'Aigle criard (Aquila
clanga).
Des milliers de Mouettes rieuses (Larus ridibundus) et de goélands leucophées
(Larus cachinnans) sont présents en hiver.
Où observer ?
La route principale qui relie Athènes à Thessalonique traverse une
partie des marais et permet d'avoir un aperçu des richesses du secteur.
Pour découvrir la berge occidentale de l'Axios, les lagunes adjacentes
et les zones de maquis, il faut emprunter un chemin qui s'écarte de la
route principale au niveau de la sortie vers Nea Malgara : après quelques
kilomètres, ce chemin se dirige vers une lagune côtière à
découvrir absolument.
Pour observer le long de la berge est de l'Axios, il faut suivre un chemin vers
le sud qui longe qui remblai depuis l'extrémité ouest du village
de Chalastro et qui permet de découvrir des lagunes et des roselières
intéressantes.
Pour découvrir le delta d'Aliakmon il faut se diriger vers le village de
Nea Agathoupoli qui est situé tout proche de la route principale reliant
Athènes et Thessalonique. Tournez à gauche au centre de village
et suivez cette route vers une grande lagune : de petits chemins et des sentiers
pour piétons permettent une bonne découverte de la zone.
Une certaine protection
Une partie (11 000 ha) de cette
vaste zone est protégée par la Convention Ramsar. 4 000 ha supplémentaires
sont interdits à la chasse, à la pêche et aux activités
industrielles.
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