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Les Carpates et la Moldavie roumaine
Notre parcours
Notre Itinéraire dans les montagnes et forêts du nord de la Roumanie a été le suivant :
- en Transylvanie
: Bucarest - Brasov - Oderhein / Sicuresc - Vasag - Arghita - Madaras - Paulenti - Georgheni - Gorges de Bicaz.
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en Moldavie Roumaine
: Borca - Vallées autour de Borca - Pietroasa - Sommet du Nigovano.
Les Carpates
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Les Carpates accueillent encore de belles populations de Grand Tétras (Tetrao urogallus).
Photo : Groupe Tétras Jura
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Mai : imaginez le sous-bois d'une immense forêt de hauts conifères (30 / 50 mètres) en pleine nuit ; nous sommes dans l'attente des parades du Grand Tétras (Tetrao urogallus). La pleine lune nous a aidé, de sa lueur blafarde, à terminer notre lente montée dans le lit d'un torrent puis dans des plaques de neige … Il va être quatre heures du matin.
Ce sont d'abord deux Grives musiciennes (Turdus philomelos) qui ont rompu le silence de leurs strophes vives, sonores, répétitives : le Merle à plastron (Turdus torquatus alpestris) et le Cassenoix moucheté (Nucifraga caryocatactos) les ont rejoints, rapidement suivis des Mésanges boréales (Parus montanus), huppées (P. cristatus) et noires (P. ater), puis enfin par le Coucou gris (Cuculus canorus), le Grimpereau des bois (Certhia familiaris), le Pipit des arbres (Anthus trivalis) et le Rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus).
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| Chouette de
Tengmalm (Aegolius funereus) sortant la tête de son trou. Photo : Christian
Palaysi |
Brusquement, un choc sourd au sol : un autre, puis un troisième dans un bruissement d'ailes bruyant et bref. Il fait à peine jour, mais nous distinguons nettement, tout près, ici une femelle de Grand Tétras qui, quelques instants au sol, va se percher à nouveau d'un vol puissant et là le mâle, la queue en éventail.
Il avance comme à pas comptés, majestueux. On entend quelques notes (selon les guides ornithos, des "kokerk-kourour!") gutturales et caverneuses. La plupart d'entre nous ont pu voir les oiseaux à la jumelle (ils sont à moins de 50 mètres). La semaine d'avant, un autre groupe a suivi avec Pierre Boutonnet (de l'association Yuhina) dans l'arène où de dix à douze individus se sont rassemblés pour une parade de plus d'une heure … du grand spectacle !
Forte a été notre émotion.
Un autre point fort a été la découverte d'une aire d'Aigle royal (Aquila chrysaetos) fait de branchages de conifères placé à une douzaine de mètres de hauteur à la fourche d'un arbre, au milieu d'une hêtraie claire en bourgeons. Le rapace a été vu à moins de 150 mètres : il était paisible et n'a pas bougé.
Plus loin, nous avons vu à environ 50 mètres, un nid d'Autours des palombes (Accipiter gentilis) occupé par la femelle (à l'iris jaune d'or).
Dans une forêt proche à moins de 60 mètres nous avons observé au nid une Buse variable (Buteo buteo). A 12 mètres de hauteur, une Cigogne noire (Ciconia nigra) couvait, indifférente à notre excitation.
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| La sous-espèce balcanica de l'Alouette haussecol (Eremophila alpestris balcanica) niche près des sommets de Carpates. Photo : Lazlo Szabo-Szeley |
En montant en altitude, le long d'une petite route, nous avons trouvé un nid de Tichodrome échelette (Tichodroma muraria), petit trou dans une paroi abrupte qui nous a demandé bien des efforts pour parvenir à sa hauteur. Mais quelle émotion, lorsque "l'oiseau-papillon" a déployé ses ailes à la sortie du trou et quand nous l'avons vu grimper pendant une dizaine de mètres sur la paroi, avant qu'il ne s'envole (il nourrissait certainement l'adulte au nid).
L'observation des Ours bruns a été un moment unique : nous attendions, assis, cachés derrière une lucarne vitrée. Quelle émotion quand est apparu à moins de 20 mètres le premier ours, énorme, à la démarche chaloupée. Puis le second, le troisième... Ils avancent lentement, prudemment, s'arrêtent, repartent.
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| Jeune Ours brun (Ursus arctos) photographié dans les Carpates. Photo : Lazlo Szabo-Szeley |
L'un d'eux s'est dressé, a humé l'air, et brusquement a détalé (aurait-il senti nos odeurs ?).
Mais la gourmandise était plus forte pour les autres : ils se goinfraient lentement des grains et des épis de maïs placés sur le sol à leur intention.
Nous en verrons neuf à la robe plus ou moins claire (âgés de trois à quatre ans), mais aussi une mère et ses trois oursons. Ces derniers se sont disputés la nourriture à coups de pattes, de dents et avec force grognements. Nous avons même pu assister à la confrontation d'un énorme sanglier avec l'un des ours pour quelques épis de maïs.
D'autres scènes resteront dans nos mémoires, comme cette
arrivée bruyante d'une femelle de Pic noir (Dryocopus martius) relayant le mâle au nid. Cette relève s'est faite sous nos yeux, à moins de vingt mètres.
Dans la même zone, le grattage d'un tronc de hêtre, repéré à la présence d'un trou de pic, a fait sortir à dix mètres de nous la tête ronde d'une Chouette de Tengmalm (Aegolius funereus) qui s'est complaisamment laissée photographier, tandis qu'au pied de l'arbre un couple de Mésanges boréales s'activait à dégager des copeaux du trou qu'il était en train de creuser dans une souche.
Nous resterons enfin marqués par
la furtive découverte dans une clairière de la Chouette de l'Oural (Strix uralensis) vue par plusieurs d'entre nous à deux reprises.
A noter qu'au cours de nos parcours dans la forêt, nous avons relevé de nombreuses traces et excréments d'ours, de Gélinottes des bois (Bonasa bonasia), de loups et de Renards roux.
Nous remercions encore Lazlo Szabo-Szeley pour nous avoir permis de découvrir cette zone forestière.
La Moldavie roumaine
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Monticole merle de roche (Monticola saxitilis) mâle, une espèce fréquentant les zones rocheuses de haute et moyenne montagne.
Photo : Lazlo Szabo-Szeley |
Sur la route qui nous conduit en Moldavie, nous avons pu observer entre autres la Chevêchette d'Europe (Glaucidium passerinum), le Pic à dos blanc (Dendrocopos leucotus), le Pic cendré (Picus canus) et le Monticole merle de roche (Monticola saxatilis).
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