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  Le Nord de la Norvège | Conseils pratiques


Conseils pratiques

Comment s'y rendre ?

Le trajet entre Paris et le cercle polaire fait facilement 3000 km, dont une partie doit être effectuée en bateau (à moins de ne vouloir absolument passer par les pays de l'Est et Saint Pétersbourg…). Bien souvent, les voyageurs se rendent au Nord du Danemark, puis empruntent l'une des nombreuses lignes qui font la navette vers Oslo, Göteborg, ou même Stockholm. Cela suppose de passer soit par la Suède, sur des routes monotones et inintéressantes au possible, soit par la Norvège, auquel cas il ne faut pas être pressé d'atteindre le cercle Polaire !
Une meilleure solution, pour ceux qui veulent se concentrer sur les péninsules du Nord, est de passer par la Finlande. En effet, il existe une ligne régulière de ferries entre Rostock (ex-RDA) et Helsinki, qui permet de faire 1 000 km en 24 heures : avantage non négligeable, mais assez coûteux. Le prix du billet sera cependant compensé par la rapidité du trajet entre Helsinki et le Nord de la Finlande, que l'on peut réaliser facilement en 2 jours, en longeant la Baltique. Il suffira alors pour rejoindre la côte Norvégienne de passer par la ville lapone de Kautokeino (charmante au demeurant), puis de se diriger sur les fjords les plus proches (il faut compter environ 1 journée de route).
On peut également se rendre à Oslo en avion, puis monter sur Trondheim en train, d'où il est possible de louer des voitures : cette solution, coûteuse et peu pratique, n'est pas à privilégier. Pour ceux qui préfèreraient obstinément l'avion au bateau, signalons tout de même qu'il existe en Norvège un important réseau de bus postaux qui desservent toute la côte et l'intérieur jusqu'à Kirkenes (à la frontière avec la Russie).

Les routes et les distances

Les routes du Nord de la Norvège sont pour la plupart excellentes, ce qui est d'autant plus étonnant qu'elles sont sous la neige la moitié de l'année. On pourra donc rouler sans crainte, en respectant à la lettre les limites de vitesse (la police norvégienne est bien plus sévère que la nôtre, et il vaut mieux ne pas se poser de questions même lorsque l'on est limité à 70 km/h sur une route plate, large et droite !). Il faut être particulièrement prudent dans la taïga, car la faune y est autrement plus abondante que chez nous, et une collision avec un élan peut être fatale à la carrosserie d'une voiture de tourisme !
La Norvège est le pays des fjords… ce qui pose l'inconvénient majeur de rallonger considérablement les distances : on peut, par exemple, avoir à couvrir 200 km par la route entre deux extrémités d'un fjord distantes de 10 km ! D'où l'utilité de l'Hurtigruten, ligne régulière de ferries qui desservent tous les petits ports de la côte, de Bergen jusqu'à Kirkenes : à chaque port desservi, il y a un bateau par jour dans les deux sens ; il est donc facile de limiter la perte de temps et d'essence en utilisant cette ligne (le prix du billet est toutefois assez élevé). D'autant qu'un trajet en bateau le long des côtes Norvégiennes est toujours un moment extraordinaire et un bon moyen de pratiquer le seawatching…

Note concernant les moustiques

Il peut paraître au premier abord curieux d'insister autant sur la présence de moustiques en Scandinavie… Et pourtant, la " Mosquito Air-force " comme on l'appelle là bas, peut aisément gâcher un voyage entier ! En effet, de juin à mi-août, la taïga est infestée de millions de moustiques, qui n'ont rien à voir avec ceux que l'on trouve chez nous : leur efficacité est redoutable, et leur nombre incroyable (ce que l'on peut mesurer en mesurant l'opacité du pare-brise ou des phares des voitures qui reviennent de ces régions).
Il n'est d'ailleurs pas rare de devoir s'enfuir d'un site magnifique et bourré d'oiseaux pour cause de nombre excessif de moustiques, présents absolument partout jusqu'à une dizaine de kilomètres de la côte (il n'y a normalement pas de moustique en bord de mer).
Tout dépend également des années : certains étés (comme en 2000), la taïga et même la toundra intérieure sont purement et simplement invivables, alors que d'autres (comme en 2003) sont particulièrement "calmes".
Quoiqu'il en soit, la seule manière d'échapper aux bestioles est de se rendre au plus vite sur la côte. Cela ne dispense cependant pas de se munir de protections efficaces (il est impossible de prévoir à l'avance si une année sera "à moustiques" ou non) : moustiquaires pour chaque sortie (même sur un trajet d'une dizaine de mètres), vêtements étanches, et insecticides sont de rigueur. A ce sujet, il est inutile de s'encombrer de produits français, car même les plus chers sont totalement inefficaces : on ne trouve des répulsifs dignes de ce nom qu'à partir de Helsinki (encore faut-il préciser que l'on se rend au nord du cercle polaire !). De même, les calmants doivent être achetés sur place, les produits français n'étant pas prévus pour faire face à des insectes aussi ravageurs (à tel point que certaines piqûres peuvent nécessiter un traitement à la cortisone !).

Autres précautions à prendre

Les moustiques sont le seul réel désagrément que l'on peut rencontrer en Norvège… Il faudra cependant prendre garde aux points suivants :
- La météo, au Nord du Cercle Polaire, est particulièrement variable. On passe facilement en quelques jours d'une température moyenne de 20-23° C (jusqu'à 27°C dans l'intérieur, en juillet !) à un temps froid (0°-5°), humide (voire pluvieux), avec brouillard, vent, pluie… Et ce, même en été. Il est donc fortement conseillé de se munir d'une tente de rechange, matériel encombrant mais si utile lorsque la vieille toile qui a déjà fait 20 ans se déchire définitivement sous l'effet du vent !
- Le Nord-est de la Norvège jouxte la Russie… et nombre de sites intéressants pour les naturalistes se trouvent en zone frontière (notamment le parc de Pasvik). Evidemment, vu de France, cela semble un détail, mais ce n'est pas du tout comme cela que le perçoivent les polices norvégienne et russe. Il faut en effet être très attentif à ne pas franchir les bornes-frontières, pas toujours très bien indiquées, et à rester dans les zones autorisées. Tout dépassement de la frontière se solde par deux amendes (une russe, une norvégienne), assez salées pour que l'on prenne les précautions qui s'imposent, d'autant qu'il est presque impossible d'échapper aux dispositifs de surveillance excessivement abondants et efficaces.

Le camping

Un voyage en Norvège n'est pas une expédition dans des conditions extrêmes, loin de là ! Le matériel nécessaire à un voyage sur Varanger reste limité, quoiqu'il faille garder à l'esprit que la météo change de manière plutôt imprévisible… Il est recommandé de se munir de matériel de camping compact, ce qui permet de partir randonner ou observer pendant plusieurs jours dans des zones inaccessibles en voiture… Outre l'indispensable tente que l'on choisira facile à monter (caractère appréciable sous le mauvais temps : l'igloo est la forme la plus adaptée), il suffira de s'équiper d'un sac de couchage de randonnée, permettant de supporter des températures nocturnes autour de 0°C.
Vêtements polaires et cirés sont bien sûr indispensables, et on préfèrera les sous-vêtements "Damard" aux gros anoraks encombrants…
Pour cuisiner, il ne faut surtout pas oublier que les bouteilles de gaz se vident très vite par temps froid, et qu'on n'en trouve pas partout : mieux vaut prévoir des recharges avant le départ (il en va de même pour les piles électriques). Signalons au passage que la plupart des campings norvégiens sont munis de cuisines largement équipées et gratuites dont il ne faut pas hésiter à se servir, car elles économisent des réserves d'énergies appréciables dans les zones désolées du nord de Varanger, où l'on est souvent amené à pratiquer le camping sauvage.
L'eau des rivières est parfaitement potable. Autour des troupeaux de Rennes, il vaut bien sûr mieux la faire bouillir, cependant la majorité des petit ruisseaux contient une eau bien plus saine que celle de nos robinets : inutile donc de s'encombrer avec des bouteilles d'eau minérale.

Equipement optique

Bécasseau de Temminck (Calidris temminckii)
En Norvège, les limcoles comme le Bécasseau de Temminck (Calidris temminckii) sont très peu farouches. Photo : Jean-Marc Guilpain

Pour ce qui est du matériel d'observation, aucun ornithologue ne partirait en Norvège sans jumelles ni longue-vue. Pour ceux qui aimeraient s'essayer à la digiscopie, la diversité des espèces d'oiseaux rencontrées apporte un excellent support de travail… Ceci étant, inutile d'investir dans du matériel numérique coûteux : les photographies d'oiseaux présentées ici ont été prises avec un… 110 mm. Autant dire que les téléobjectifs de focale 200 à 400 mm suffisent amplement pour ramener de belles images des oiseaux rencontrés !

Un pays cher

Enfin, il ne faut pas oublier que la Norvège n'est pas dans la zone euro ! Les Kröne (couronnes) sont toujours en vigueur… Ce qui ne pose guère de problèmes puisque la majorité des villes et villages possèdent une banque.
A ce propos, la vie en Norvège est particulièrement chère, et il ne faut guère compter sur d'autres produits frais que le poisson (et encore). Là encore, il est conseillé d'emporter un maximum de nourriture de France, pour limiter les dépenses sur place…

Contact

Vous pouvez contacter l'auteur de ce rapport par e-mail : Jean-Yves Barnagaud
.

Réagissez à cet article sur notre forum Voyage / Observations ou par e-mail à david.bismuth@ornithomedia.com.



  Suite de l'article
 
Carte du Finmark
Introduction
A la frontière russe
La péninsule de Varanger
De Tana au Porsagenfjorden
A l'ouest de Lakselv
Conseils pratiques
  Pratique


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