|
La péninsule de Varanger
Voir notre carte
du Finmark.
Un paysage unique
 |
| La Buse pattue
(Buteo lagopus) est facilement vue sur la péninsule de Varanger. Photo
: Jean-Philippe Paul |
Située à proximité
de la frontière russe, la péninsule de Varanger est un site ornithologique
réputé. La meilleure période d'observation (comme sur toute
la côte du Finmark) se situe à la fin du mois de juin et au début
de juillet. A cette époque, la plupart des limicoles se reproduisent et
les canards marins n'ont pas commencé à muer. C'est aussi l'occasion
de profiter du soleil de minuit : il est possible d'observer tard le soir, et
les oiseaux sont actifs presque toute la journée.
La toundra est le paysage dominant de l'île : c'est le domaine du Pluvier
doré (Pluvialis apricaria), du Bécasseau variable (Calidris alpina),
de la Barge rousse (Limosa lapponica), du Tournepierre à collier (Arenaria
interpres), des Labbes parasite (Stercorarius parasiticus) et à longue
queue (Stercorarius longicaudus), du Sizerin flammé (Carduelis flammea)
et parfois du Sizerin blanchâtre (Carduelis hornemanni), du Bruant lapon
(Calcarius lapponicus), du Lagopède des saules (Lagopus lagopus), de la
Buse pattue (Buteo lagopus) et du Faucon émerillon (Falco columbarius).
L'Alouette haussecol (Eremophila alpestris) est présente dans les zones
sablonneuses qui bordent le fjord. C'est dans ce milieu également que la
Linotte à bec jaune (Carduelis flavirostris) peut être vue.
Le Syltefjordstauran
Voir notre carte
du Finmark.
 |
| Les falaises
de Syltefjordstauran abritent l'une des plus grandes colonies d'oiseaux marins
d'Europe. Photo : Jean-Yves Barnagaud |
S'il n'y avait qu'un seul
site à ne pas rater, c'est bien le Syltefjordstauran. Cette gigantesque
colonie de Mouettes tridactyles, Alcidés, Fous (etc
) s'étend
sur plusieurs kilomètres de hautes falaises près de la ville de
Batfjord. Il est réellement extraordinaire de passer un ou plusieurs jours
dans cette colonie, ne serait-ce que pour y observer les allées et venues
des oiseaux de mer et profiter de conditions exceptionnelles d'observation du
Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla) quasi-immanquable et éventuellement
de cétacés, que l'on voit de loin du haut des falaises qui dépassent
souvent les 60-80 mètres de hauteur.
La colonie d'oiseaux de mer de Syltefjordstauran comprend la population le plus
nordique au monde de Fous de Bassan (Sula bassana). De deux couples en 1961, la
population atteint aujourd'hui plus de 300 couples.
Les falaises accueillent également 140 000 (!) couples de Mouettes tridactyles.
Le Grand Cormoran (Phalacrocorax carbo) et le Cormoran huppé (P. aristotelis)
nichent dans la partie inférieure des parois rocheuses, accompagnés
par le Goéland argenté (Larus argentatus) et le Goéland marin
(Larus marinus).
La famille des alcidés est représentée par 12 000 couples
de Guillemots de Troïl (Uria aalge), 1 300 couples de Guillemots de Brünnich,
1 200 couples de Pingouins torda (Alca torda) et un nombre variable de couples
de Macareux moines. L'observation en mer peut être très intéressante,
avec la présence de l'Eider à duvet, du Labbe parasite, de la Sterne
arctique et du Guillemot à miroir.
Une promenade sur la lande littorale peut vous permettre de voir le Sizerin flammé,
le Bruant des neiges, le Grand Corbeau (Corvus corax) et peut-être le Lagopède
alpin (Lagopus mutus).
Accès : La colonie d'oiseaux de mer de Syltefjørdstauran
se situe à l'ouest de Hanningberg, de l'autre côté du Syltfjørd.
La seule difficulté réside dans l'accès à cette colonie,
qui n'est (et c'est heureux, dans un sens) pas accessible en voiture. Il faut
compter une bonne dizaine de kilomètres de marche dans des pierriers pour
aboutir aux falaises, par un "chemin" peu marqué qu'il faut s'abstenir
d'emprunter les jours de brouillard. Au milieu du trajet, une petite vallée
traversée par plusieurs ruisseaux est occupée par les ruines du
village de Syltefjord (seules une ou deux maisons sont encore occupées).
Il ne faut pas hésiter à s'arrêter dans ce joli vallon qui
permet entre autre l'observation dans de très bonnes conditions de nombreux
limicoles qui nichent dans la végétation en bordure des cours d'eau.
L'accès au départ du chemin se fait par une piste facilement carrossable
qui part de la route qui mène à Batfjord, et se termine près
d'un petit village (il n'y a pas de croisements importants, impossible de se perdre
!). Il est conseillé de camper sur la toundra environnante, et de consacrer
au moins une à deux journées à l'exploration des falaises.
Faire très attention, car le chemin n'est balisé que par des cairns
(tas de pierres) difficilement visibles de loin ; de plus, seule l'odeur de guano
prévient de la proximité des falaises !
Remarque de Michel Ittelet :
il était possible en 1993 de rejoindre
par la mer au départ de Hanningberg, ancien village de
pêcheurs et maintenant constitué de résidences d'été. Un habitant saisonnier, l'ancienne
épicier mais aussi ornithologue se charge moyennant finances de faire la traversée
avec sa barque à moteur; sensations fortes garanties en cas de tempête toujours
imprévue mais la vue du pied des falaises est exceptionnelle, et une troupe de
Bélougas est toujours possible.
La pointe d'Hamninberg
En face du Syltefjord, la pointe d'Hamninberg est assez extraordinaire elle aussi.
Accessible en voiture par une unique, longue et mauvaise route (la seule qui soit
mal entretenue dans le coin !) partant de la ville de Vardø (où
l'on notera une colonie de Macareux moines), cette pointe est un endroit idéal
pour l'observation des passereaux de la toundra. De plus, sur la route qui y mène,
une zone à dunes de sable est très favorable à l'observation
de l'Alouette haussecol (Eremophila alpestris), qui reste malgré tout discrète.
On pourra aussi guetter les bandes de Bélougas, réguliers le long
de la côte d'Hamninberg. A noter qu'un Vautour percnoptère (Neophron
percnopterus)a été vu sur cette pointe il y a une vingtaine d'années
!
La colonie d'Ekkeröy
 |
| Les Falaises
d'Ekkeröy sont très favorables pour photographier les oiseaux marins.
Photo : Jean-Yves Barnagaud |
La colonies de Mouettes
tridactyles d'Ekkeröy (plus de 20 000 couples) est idéale pour les
photographes. Moins imposante que le Syltefjord, elle s'étend sur une presqu'île
de 2 km de long, sur des falaises herbacées en pente douce. On peut y approcher
les mouettes jusqu'à 10 cm sans aucun problème
La présence
de nombreuses pièces d'eau douce rend également le site d'Ekkeröy
favorable à l'observation des labbes, phalaropes et autres limicoles. Il
semble que le Harfang des neiges vienne régulièrement chercher son
dîner dans le coin, tout comme le Faucon gerfaut. Enfin, le bout de la pointe
d'Ekkeröy est un excellent spot pour les Cétacés
.
Le Bruant des neiges (Plectrophenax nivalis) et le Guillemot à miroir (Cephus
grylle) sont enfin facilement observables près d'Ekkerøy.
Signalons que la colonie d'Ekkerøy, accessible en voiture, est proche de
la ville de Vadsö, où il est facile de se ravitailler en tous produits.
On ne manquera pas non plus d'aller explorer les alentours de l'église
de Nesseby, à quelques kilomètres d'Ekkeröy, où l'on
est presque sûr de rencontrer des Eiders de Steller
Sur la mare derrière l'église en bois, des dizaines de Phalaropes
à bec étroit (Phalaropus lobatus) se rassemblent au début
de juillet. Celle de l'île de Vadsø peut en accueillir davantage.
Autour de Vardø
Voir notre carte
du Finmark.
 |
| La péninsule
de Varanger est l'un des rares endroits d'Europe où le Plongeon à
bec blanc (Gavia adamsii) est régulier. Photo : Richard Ditch / Birds
in Nature |
Vardø est un haut-lieu
ornithologique du Finmark, avec en particulier les spectaculaires colonies d'oiseaux
marins d'Hornøy et de Reinøy. Surveillez l'éventuelle présence
du Plongeon à bec blanc. Les canards marins sont présents en nombres
variables, avec en particulier les trois espèces d'eiders (à duvet,
à tête grise et de Steller), avec un pic en février avec 3
000 oiseaux. L'Harelde boréale est aussi visible. Pour observer ces espèces,
il vous suffit de marcher le long des digues du port.
Les îles d'Hornøy et de Reinøy se situent au large du port.
En mars, plusieurs espèces reviennent nicher sur les falaises.
Le Fulmar boréal (Fulmarus glacialis) et le Fou de Bassan préfèrent
les sommets des falaises, le Grand Cormoran et le Cormoran huppé restant
à leur base. Les labbes sont attirés par ces grandes concentrations.
Les Goélands argentés et marins nichent par milliers, et l'île
en accueille la plus grande colonie d'Europe avec de 40 000 à 50 000 couples.
Environ 23 000 couples de Mouettes tridactyle nichent sur les côtes des
deux îles. Le Guillemot de Troïl, le Pingouin torda sont aussi nicheurs
sur les parois, alors que le Macareux moine préfère les zones herbeuses.
Le Guillemot à miroir niche au pied des falaises, dans les éboulis
rocheux. C'est l'île d'Hornøy face à Vardø qu'on aura
le plus de chance de voir le Guillemot de Brünnich (Uria lomvia) nicheur.
Le Mergule nain est surtout vu en hiver. L'accès à ces îles
est limité pendant la saison de reproduction. Pour plus d'informations,
et pour obtenir des informations sur les transports par bateau, contactez le bureau
de tourisme de Vardø.
D'autres espèces qui peuvent être vues pendant la mauvaise saison,
comme le Hibou des marais, le Bruant lapon et le Bruant des neiges.
L'Eider à tête grise (Somateria spectabilis) estive régulièrement
en petit nombre autour de Vardø et plus vers le nord. Le Plongeon à
bec blanc (Gavia adamsii) est régulier.
C'est dans la zone de dunes près de Skallelv et sur l'île de Vadsø
qu'il faut rechercher le Bécasseau de Temminck (Calidris temminckii) nicheur.
Le Bécasseau minute (Calidris munuta) est quant à lui très
localisé, ce qui n'est pas le cas de la Sterne arctique (Sterna paradisaea)
et du Bruant lapon (Calcarius lapponicus) que l'on trouve partout en toundra.
Sur l'île de Vardø, dont l'accès se fait par un tunnel sous-marin
qui descend à 88 m sous terre, on peut voir des nids de Mouettes tridactyles
sur les maisons.
Au terme de la route, le village d'Hanningberg est très pittoresque. Sa
plage est fréquentée par les Rennes (Rangifer tarandus) et les Phoques
gris (Halichoerus grypus). La Buse pattue niche dans les falaises qui bordent
la route.
Le port de Vadsø
Voir notre carte
du Finmark.
Dans le fjord, et notamment dans le port de Vadsø, l'Eider de Steller (Polysticata
stelleri) est commun, avec des groupes de plusieurs dizaines d'oiseaux. On y observe
également des Macreuses brune (Melanitta fusca) et noire (Melanitta nigra).
Le Goéland bourgmestre (Larus hyberboreus) qui estive en petit nombre (surtout
des immatures) le fait plutôt sur la côte nord (Vardø, Berlevag).
Le Faucon gerfaut chasse parfois les oiseaux le long des plages, provoquant les
envols des canards et des limicoles.
Autour de Berlevag
Voir notre carte
du Finmark.
Le secteur du village de Berlevag est aussi à explorer. Ce bourg est situé
près de l'embouchure du Tanafjord, dans une zone assez particulière
où se mêlent pierriers et toundra humide. De Berlevag, on peut facilement
rejoindre Molvik, village abandonné complètement délaissé
par les touristes, mais pas forcément par les oiseaux qui y résident
en grand nombre. Il est ainsi facile d'approcher les hareldes, phalaropes ...
ue l'on trouve facilement sur les grandes pièces d'eau douce qui bordent
la côte.
|
 |