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Le Sud-Ouest de l'île
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de l'Islande et l'itinéraire du séjour.
Les dernières
minutes avant d'atteindre l'aéroport de Keflavik
sensation d'atterrir
sur la lune. Partout au dessous de nous, une fois la mer quittée, des convulsions
de basalte noires hérissent le sol qui va nous recevoir ; on ne voit aucune
maison, aucune vie, seulement quelques tapis de fleurs mauves ici ou là
.
Nous survolons la faille (Rift) de la presqu'île de Reykjanes, rectiligne
effondrement à perte de vue, piste étroite aux bords relevés,
espace marqué entre les plaques tectoniques américaine et eurasienne.
Plus loin, énorme, la calotte glacière du Vatnajökul : très
impresionnant !
La rencontre avec
les premiers oiseaux
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| Sterne arctique
(Sterna paradisaea). Photo : André Boussard. |
Dans Reykyavik, perchées
sur les pignons des maisons de nombreuses grives mauvis (Turdus iliacus coburni)
chantent
" jour et jour " (en juin il n'y a pas de nuit, le soleil
luit 24 heures sur 24).
Le Pipit farlouse (Anthus pratensis) dès que l'on est sorti des villages
partage les piquets du bord des routes avec le Chevalier gambette (Tringa totanus
robusta) le plus bruyant de tous. Il vient même de loin pour dire son hostilité
à notre présence, virevoltant et se posant devant la voiture.
Nous croiserons ces trois espèces en grand nombre tout au long du voyage.
Seront très présentes aussi, la Bécassine des Marais (Gallinago
gallinago faeroeensis) qui, dans ses vols nuptiaux en piquée émet
avec ses rectrices étalées un bêlement de chèvre surprenant,
et surtout la Sterne arctique (Sterna paradisaea). Il y en a environ 100.000 couples
sur l'île. Elles nichent sur tout le littoral mais aussi à l'intérieur
des terres au bord des lacs et des marais (Myvatn - Thjorsarver) dans une grande
diversité de sites tels mottes gazonneuses, marais, sols plats sableux,
plages de galets avec algues
Amilcar, celui qui de loin est le plus grand de nous quatre, a été
tout de suite notre " para-sternes ". Il avait leur préférence.
Si la Sterne arctique prévient d'abord par une piquée de menace
avec un cri strident, il faut savoir qu'à la seconde piquée elle
va lâcher (avec adresse) une fiente chaude et gluante
ensuite c'est
à coups de bec sur le crâne, protégé ou non d'un bonnet,
qu'elle entend défendre son territoire.
Arrivée aux îles Vestmann
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de l'Islande et l'itinéraire du séjour.
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| Mouettes tridactyles
(Rissa tridactyla). Photo : André Boussard. |
La traversée sur
l' "Herjalfur" vers les îles Vestmann (il faut le lendemain de
votre arrivée, commencer par cette destination) nous a permis de voir en
vol et sur l'eau : Océanite tempête (Hydrobates pelagicus), Puffin
des Anglais (Puffinus puffinus), Puffin fuligineux (Puffinus griseus), et en approchant
de la terre Fulmar boréal (Fulmarus glacialis), Macareux moine (Fratercula
arctica).
Arrivée au port de Heimaey, et premier contact avec les Alcidés
en contournant avec le bateau, de très près, des falaises verticales,
hautes d'une dizaine d'étages.
Sur toutes les corniches importantes des centaines de Guillemots de Troil - bridés
ou non - (Uria aalge). Ils sont alignés debout face à la paroi nous
tournant le dos pour beaucoup ; c'est comme cela qu'ils couvent l'unique uf
en forme de poire (pour l'empêcher de rouler) coincé entre leurs
pattes.
Parmi eux, des Guillemots de Brünnich (Uria Lamvia) qui pour la plupart couvent
allongés sur l'uf.
Présent en petit nombre, le Pingouin torda (Alca torda) qui la plupart
du temps préfère aussi les éboulis mais occupe surtout, le
" troisième étage " à partir du sommet, en dessous
du Macareux moine (qui creuse des terriers dans la partie herbeuse au sommet de
la falaise) et du Fulmar boréal au deuxième étage.
Seul absent, le Guillemot à miroir (Cepphus grille islandicus) qui ne niche
pas en colonies sur les parois verticales mais dépose ses deux ufs
dans des éboulis rocheux, des fissures à la base des falaises ou
de piles de bois échoués, venus d'Amérique ou de la Baltique.
D'abondantes traces de fiente signalent sur de plus petites corniches de très
nombreuses présences de Mouettes tridactyles (Rissa tridactyla) ou de Fulmar
boréal.
Le bruit du moteur du ferry qui glisse vers le port, maintenant au ralenti, est
largement couvert par les piaillements de tous les hôtes de ces nombreuses
colonies si proches.
Nous sommes tous les quatre subjugués ! Première immersion saisissante
dans l'univers fascinant des oiseaux d'Islande.
La découverte
de l'île d'Heimaey
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| Fulmars boréaux
(Fulmarus glacialis). Photo : André Boussard. |
La découverte de
l'île d'Heimaey (5 km x 8 km), célèbre par l'éruption
de l'Helgafell en 1973 et la proximité de Surtsey, nouvelle île surgie
des eaux en 1963, aujourd'hui éprouvette d'étude pour la flore et
l'avifaune, colonisée par 23 espèces d'oiseaux (pas d'accès
humain possible) sont des éléments importants d'un voyage islandais.
L'île d'Heimaey par ses falaises tourmentées et ses grottes largement
ouvertes dans lesquelles s'installent les oiseaux, mérite qu'arrivé
le jour J2 vers 16heures, vous prévoyez de coucher sur place pour repartir
en J3 à 15H30. Vous allez pouvoir partir à la découverte
des colonies de Macareux moines (2 millions d'individus), de Mouettes tridactyles
et de Fulmars boréaux. Avec un peu de précaution vous pourrez aisément
surplomber les falaises et prendre plaisir à être environné
d'oiseaux volant à quelques mètres de vous.
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| Bruant des
neiges (Plectrophenax nivalis insulae). Photo : André Boussard. |
A Heimaey, nous avons rencontré
nos premiers Bruants des neiges (Plectrophenax nivalis insulae), de tout proches
Pluviers dorés (Pluvialis apricaria), apprécié les grèves
de sable noir garnies d'Eiders à duvet (Somateria mollissima), aperçu
furtivement, très près, un Huîtrier pie et son poussin.(Haematopus
ostralegus)
Nous avons admiré - ils posaient volontiers sur les hauteurs des pierriers
, des Traquets motteux (oenanthe oenanthe leucorhoa) arrivés d'Afrique
de l'Ouest en mai, certains après un transit en Grande Bretagne. Les Courlis
corlieu (numenius phaepus) complétaient, ici et là, de leurs vociférations
une ambiance sonore déjà de bon niveau.
En plus de la falaise d'Ingolfschödi près de Skaftafell (S.E de l'Islande),
la peninsule de Yetiklettur, au nord de l'île d'Heimaey, est le seul endroit
d'Islande où nichent Pétrels tempête, Pétrels culblanc
(Oceanodroma leucorhoa) et Puffins des Anglais. Le temps nous a manqué
pour y aller mais les murs nocturnes de ces oiseaux ne nous auraient pas
facilité leur repérage.
Au coeur
de la capitale
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| Arlequin plongeur
(Histrionicus histrionicus). Photo : André Boussard. |
En plein centre de la capitale
Reykjavik, le lac de Tjörnin accueille une colonie d'une vingtaine de Sternes
arctiques nicheuses, des Eiders à duvet en famille, des Cygnes chanteurs
(Cygnus cygnus) en parade, de nombreuses Oies cendrées, plusieurs couples
de Harles huppés (Mergus serrator) rasant l'eau, des Fuligules milinouinans
(Aythya marita) et Morillons (Aythia fuligula) ainsi qu'un mâle de Sizerin
flammé (Acanthis flammea islandica) au plastron rose mauve repéré
dans les bosquets alentour.
Toujours dans la ville, la zone de failles de Thingvellir (tout près du
premier parlement islandais, l'Althing) nous a permis de voir trois couples d'Arlequins
plongeurs (Histrionicus histrionicus) nageant à contre courant dans un
cours d'eau rapide, en fond de faille. Son nom islandais "Stroumond",
qui signifie "canard des torrents" dit bien qu'il faut le chercher dans
les rivières claires et tumultueuses.
L'hiver, l'Arlequin reste en mer et au printemps on peut observer des rassemblements
de cet oiseau dans les fjords, les baies à l'embouchure des rivières.
En avril et mai, il va remonter les rivières dégelées. Ce
mouvement est identique à celui fait par les saumons (salmo salar) qui
montrent le même comportement. Leurs lieux de reproduction sont les mêmes,
ce qui laisse à penser que les canetons et les alevins consomment la même
nourriture.
Il est curieux de constater que les Arlequins suivent toujours les cours d'eau
pour gagner les lieux de reproduction au lieu de couper, en volant au plus court
par l'intérieur des terres " (Michel Breuil). Plus tard, au Nord de
l'ïle sur l'Oxnadasa, près d'Akureyri, nous en avons compté
76 regroupés !
Autour de Thingvallavatn
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de l'Islande et l'itinéraire du séjour.
A peine venions nous de
quitter la faille des Arlequins que s'offraient à nous dans la prairie
irriguée proche de Thingevillir, une dizaine de familles d'Oies cendrées
composées d'oisons de différents âges, au duvet plus ou moins
fourni. A notre approche, lentement les parents passaient derrière leur
progéniture pour éventuellement pouvoir s'interposer.
Le tour du lac de Thingvallavatn (83 km² de superficie) d'où émerge
un volcan post-glacière formé de deux cratères, lieu riche
en canards mais qui restera dans nos mémoires en raison de l'observation
des premiers Plongeons imbrin (Gavia immer) en superbe livrée noir et blanc.
Nous en verrons d'autres dans la région de Myvatn au nord et y entendrons
deux mâles pousser leur chant lugubre en se répondant d'un étang
à l'autre.
Non loin de là, nous avons fait une surprenante rencontre avec un Vison
d'Amérique (mustela vison), qui longeait la rive d'un petit cours d'eau
alors qu'à environ 15 mètres nous étions sur l'autre rive.
Il ne nous a pas vu, aussi avons nous pu assister pendant une quinzaine de minutes
à ses va et vient, ses recherches de proies dans différents terriers
au bord de la rivière.
Au détour d'un chemin, nous surprenons sur la petite retenue d'eau d'une
mini usine électrique, plusieurs mâles de Garrots d'Islande (Bucephala
islandica) placidement posés sur le rebord du bassin. Notre arrivée
ne les a nullement dérangés. Cette région de Thingvellir
est la seule à héberger quelques Garrots d'Islande en dehors de
la zone du lac de Myvatn ou de la rivière Laxa, au nord de l'île,
où vit la quasi totalité de la population islandaise estimée
à 800 couples. A cet endroit,en effet, nous avons vu des rassemblements
de plusieurs dizaines de Garrots avec des poussins qui accompagnaient les adultes.
Voyage au centre de la Terre
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| Cygne chanteur
(Cygnus cygnus) prenant un bain de vapeur ... Photo : André Boussard. |
Nous avons l'agréable
surprise d'observer un couple de Faucons émerillon (Falco colombarius subaesalon)
posés près d'une petite rivière avec en toile de fond le
glacier volcan du Shaefellness ; Vous vous en souvenez, c'est de cet endroit mythique
que Jules Verne a fait démarrer son "Voyage au centre de la Terre".
Il est conseillé
de ralentir au niveau des très nombreux ponts rencontrés - ils sont
souvent étroits et on ne peut se croiser - mais surtout parce que nombreuses
sont les occasions de voir des oiseaux dans le cours d'eau, en amont ou en aval,
sur le tapis des berges où perchés sur les rochers.
En nous rendant à Gullfoss (la cascade d'or) et à Geysir (les fameux
geysers) dans le fond de vallée du Laugarvatns-hellir parsemé d'une
dizaine des grands panaches de fumée blanche, signes d'activité
géothermique, un groupe de Cygnes chanteurs (Cygnus cygnus) semblait se
plaire dans cette eau chaude d'où montait de la vapeur qui estompait les
contours des oiseaux et des rives. Féerique vision !
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