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Date de mise en ligne: 29/12/09 - Visé par le Comité
de lecture
| Situation
de la Sierra Leone |
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Située
hors de sentiers battus, la Sierra Leone est un petit pays d'Afrique
de l'Ouest qui a connu une terrible guerre civile entre 1991 et
2002. Lapidairement rangé dans la "zone grise" des états
peu stables, il est pourtant en paix actuellement.
Son territoire restreint, qui comprend le sommet le plus élevé d'Afrique
de l'Ouest (le Mont Bitumani), présente, malgré les
ravages de la guerre et de la misère, une diversité exceptionnelle
d'écosystèmes.
Amis de longue date, Robert Langhendries et Benoît Forget ont décidé
de réaliser du 27 décembre 2009 au 22 janvier un séjour
de prospection ornithologique. Vous pourrez suivre leur périple
dans un blog que nous avons lancé à cette occasion:
blog-ornithomedia.com.
Outre la couverture médiatique du projet, Ornithomedia.com
les aide en fournissant des guides
ornithologiques et une mini-enceinte
Radioshack, tandis que www.topoptics.biz
et www.focusoptics.eu
les ont équipé avec des jumelles et des longues-vues.
Robert Langhendries et Benoît Forget nous proposent une présentation
de la Sierra Leone et de ses principales zones importantes pour
la conservation des oiseaux.
Cet
article a été soumis à notre Comité
de Lecture virtuel.
Pour participer à ce comité, vous pouvez nous
contacter.
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Abstract
| Sponsoring |
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Sierra Leone
has 626 bird species recorded in an area of similar size to Scotland.
It is also one of the best places to see the enigmatic White-necked
Picathartes and perhaps to find the eponymous Sierra Leone Prinia.
The potential for birdwatchers is therefore high. A 10 year conflict
and its aftermath has denied birdwatchers the opportunity to visit
in the recent past, but this is slowly changing as peace and democracy
take hold. The forests of Sierra Leone form the western part of
the Upper Guinea forests, a very threatened habitat.
There are also several interesting coastal wetlands.
Robert Langhendries and Benoît Forget have decided to visit the
most important bird areas from the 27th of December 2009 to the
22th of January 2010. You can follow their trip in our blog: blog-ornithomedia.com.
To introduce this trip, Robert Langhendries and Benoît Forget propose
us a presentation of the country and its important bird areas that
will be visited.
See our map
of Sierra Leone with the geographical situation of the important
bird areas.
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Introduction
Voir notre carte
de la Sierra Leone, avec la situation des zones importantes pour
la conservation des oiseaux
Le programme du séjour 2009-2010
- 27 décembre 2009: arrivée dans la nuit à Freetown
- 28--31 décembre: :4 jours dans la Western Peninsula forest:
premières colonies de Picathartes, prospection du terrain de Golf
course et de la Regent forest, puis trajet vers Makeni
- 1er janvier 2010: Bumbuna
- 2 au 5 janvier: Kangari Hills
- 6 janvier: Mamuta-mayosso Wildlife Sanctuary
- 7-10 janvier: voyage vers Kono et observation dans les Tingi Hills
- 11 janvier: voyage vers Kenema et prospection pendant le trajet
- 12 janvier: Kambui South forest (colonie de picathartes)
- 13-15 janvier: Gola North Forest
- 16-17 janvier: Tiwai Island Sanctuary
- 18 janvier: retour de Robert à Freetown, retour de retour
à Gola East Forest
- 19-21 janvier: viiste des Gola East/North Forests
- 22 janvier: retour de Benoît
Un pays en paix mais encore fragile
Avec ses 71
740 km², soit un peu moins de deux fois la taille de la Belgique,
la République de Sierra Leone a une population d'un peu plus de
six millions d'habitants répartis en 16 groupes ethniques principaux.
Si sa localisation sur une carte ne semble déjà pas évidente à tous,
l'évocation d'un prochain départ vers ce petit pays d'Afrique de
l'Ouest rencontre en général un accueil en deux temps. L'enthousiasme
incrédule face à cette destination de voyage pour le moins insolite
laisse en général rapidement place à une prudente perplexité.
On n'est pas bien sûr de l'état actuel de la sécurité dans la région,
et un rapide tour d'horizon tend à priori à confirmer le
pressentiment initial:
La Sierra Leone se trouve en effet coincée au cœur d'une "brochette"
d'états "à problème"; et pourtant, depuis les accords de
paix signés en 2002, le pays est bel et bien en paix Les voyants
sont actuellement au vert et les quelques rapports ornithologiques
le confirment: les institutions nationales sont à nouveau stables,
la croissance économique se profile tout doucement et, dans l'ensemble,
la sécurité est effectivement rétablie dans le pays.
Une destination qui a de l'avenir
Le tourisme fait actuellement naître pas mal d'espoirs dans le pays,
aidé en cela par la sortie récente et symptomatique d'un tout premier
guide
de voyage uniquement consacré à la Sierra Leone.
Il faut bien reconnaître que la Sierra Leone remplit tous
les paramètres pour susciter l'engouement: une côte sauvage sertie
de plages magnifiques, un arrière-pays éblouissant de diversité,
allant des forêts tropicales de l'Est aux pics du Nord, un petit
territoire, une politique volontariste en matière de protection
de la nature malgré la faiblesse des moyens...
Le pays est présenté par les observateurs spécialisés comme l'une
des futures grandes destinations touristiques d'Afrique de l'Ouest
(voir notamment à cet égard l'article évocateur publié par Franck
Lambert dans l'African Bird Club: "Birding
in Sierra Leone: an emerging West African destination").
Cependant beaucoup reste à faire pour que les touristes et amateurs
de nature reviennent. Les infrastructures routières sont dans un
état lamentable, les infrastructures hôtelières et les banques sont
encore totalement coupées de tout système de paiement par carte
(obligeant encore aujourd'hui le voyageur à ne fonctionner qu'avec
de l'argent liquide), et si les zones naturelles magnifiques ne
manquent pas, les parcs nationaux n'existent plus pour la plupart
que sur les cartes géographiques datant d'avant la guerre civile.
Présentation physique
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La
rivière Mahoi pendant la saison des pluies, lors de sa
traversée de la Gola East Reserve
Crédit: Alex Hipkiss/RSPB |
Située entre
le septième et le dixième parallèle, au nord de l'Équateur,
la Sierra Leone jouit d'un climat tropical.
Deux saisons structurent le cycle météorologique annuel: la saison
des pluies a lieu de mai à novembre, et la saison sèche de décembre
à mai.
A la fin de la saison des pluies, l'Harmattan, un vent sec et frais
provenant des régions sahariennes, influence les températures: à
cette période, les températures nocturnes peuvent descendre
jusqu'à 16 degrés.
Au cours de l'année, la température moyenne oscille entre 26 et
36 degrés en moyenne.
Décembre et janvier sont présentés comme les meilleurs mois pour
envisager un voyage ornithologique au Sierra Leone. Il est important
de noter que la saison des pluies renforce les problèmes de mobilité
du fait de l'état catastrophique du tissu routier. Les pluies tendent
en effet à rendre le réseau de pistes particulièrement difficile,
sans parler du franchissement des cours d'eau.
Le pays se divise principalement en quatre zones géographiques distinctes.
A l'Est se trouve une large zone de plateaux ponctués de montagnes
culminant au Mont Bintumani à 1 948 mètres d'altitude.
Le Sud accueille le bassin de drainage de la rivière Moa, précédé,
au centre du pays, par une large zone de plaines (43% du territoire
national), à la végétation éparse de forêts secondaires et de zones
buissonnantes, qui concentre l'essentiel de l'activité agricole
nationale.
D'Ouest en Est, la Sierra Leone compte quelque 400 kilomètres de
côtes sauvages magnifiques ponctuées de villages de pêcheurs, de
mangroves, de plaines forestières et de zones agricoles.
Freetown, la capitale, se situe en bordure nord d'une large péninsule
partiellement recouverte de forêts jouxtant l'estuaire de la Sierra
Leone qui constitue le troisième plus grand port naturel
du monde. Cette caractéristique fut d'ailleurs historiquement à
l'origine du choix de la région comme centre administratif colonial
britannique pour l'ensemble de la région.
Des zones protégées… sur papier
Les forêts
primaires en Sierra Leone en 1992: un habitat déjà
hautement fragmenté
Certe: Ornithomedia.com d'après Sayer et al |
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Si le pays suscite
aujourd'hui les convoitises quant à son potentiel exceptionnel,
le patrimoine naturel du pays a considérablement souffert de la
décennie de guerre civile ainsi que de la déforestation, de l'exploitation
minière et de l'exploitation du bétail.
Jusqu'en 2002, la Sierra Leone ne disposait d'aucun système de gestion
nationale du patrimoine forestier.
Sur le papier, le pays disposait en 2003 de 55 zones "protégées",
couvrant quelque 4,5% du territoire national. La plupart de ces
zones ne jouissent encore en réalité d'aucun statut concret
L'année 2005 vit l'inauguration d'une dynamique de reprise en main
de la situation par le lancement conjoint avec le Liberia et soutenu
par Birdlife International et la RSPB du "Gola Forest Project" (www.golarainforest.org).
Les moyens concrets à disposition pour effectivement redonner vie
au réseau d'espaces protégés en Sierra Leone restent limités par
rapport aux besoins.
Birdlife International (www.birdlife.org)
a déterminé une dizaine de zones théoriques d'importance clés pour
la préservation du riche patrimoine naturel et ornithologique national,
les "Important Bird Areas" ou IBA.
Une avifaune exceptionnelle
Les forêts
de Haute-Guinée: en vert clair, les zones dégradées,
en vert foncé, les forêts primaires
Carte: Ornithomedia.com d'après RSPB |
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L'avifaune de
la Sierra Leone compte à ce jour 626 espèces d'oiseaux, 430 d'entre
elles étant résidentes et 130 des migratrices saisonnières régulières
(dont 90 originaires du Paléarctique occidental).
Le pays compte 23 espèces considérées comme mondialement menacées,
et notamment 14 des 15 espèces endémiques liées aux forêts de l'Est
du pays formant l'extrémité occidentale de l'ensemble
de l'écosystème forestier de Haute-Guinée ("Upper
Guinea forests Endemic Bird Area").
L’écosystème
forestier de Haute-Guinée s’étend de la Guinée jusqu’à l’est de
la Sierra Leone et vers l’Est à travers le Liberia, la Côte-d’Ivoire
et le Ghana jusqu’à l’ouest du Togo. Il est séparé
de l'écosystème forestier de Basse-Guinée, qui s’étend de
l’Ouest du Nigéria jusqu’à la rivière Sanaga au sud-ouest
du Cameroun, par la "Fosse du Dahomey", un mélange de
savanes et de forêts sèches au Togo et au Bénin.
La région était à l’origine en grande partie couverte de
formations de forêts ombrophiles tropicales qui s’étendaient sur
environ 1 265 000 km carrés: elle a toutefois été fortement réduite
pour devenir une série de forêts fragmentées séparées par des communautés
agricoles et des terres dégradées.
Des oiseaux endémiques
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Le
Picatharte de Guinée (Picathartes gymnocephalus), le
symbole des forêts de Haute-Guinée, Kambui Hills
(Sierra Leone)
Photo: David Monticelli |
L'espèce la
plus emblématique des forêts de Sierra Leone est probablement
le Picatharte de Guinée (Picathartes gymnocephalus), au plumage
et aux comportements de nidification si particuliers. Mais il y
a aussi le mythique Malimbe de Ballmann (Malimbus ballmanni)
(menacé), ainsi que d'autres espèces remarquables telles que la
Pintade à poitrine blanche (Agelastes meleagrides) (vulnérable),
la Chouette-pêcheuse de Pel (Scotopelia ussheri) (menacée)
ainsi que le Bulbul à queue verte (Bleda eximius) (vulnérable).
Il est important de noter que 174 espèces d'oiseaux de Sierra Leone
sont typiques de l'ensemble forestier congo-guinéen et que 28 autres
s'inscrivent dans l'ensemble écosystémique soudano-guinéen.
Les découvertes régulières sur le plan ornithologique confirment
un potentiel national aussi exceptionnel que méconnu: à l'instar
de toutes les forêts pluviales, celles de Sierra Leone abritent
un nombre significatif d'espèces particulièrement discrètes et/ou
à faible densité de population: c'est notamment le cas de l'Échenilleur
à barbillons (Lobotos lobatus), du Gobemouche du Libéria
(Melaenornis annamarulae), du Râle à pieds rouges (Himantornis
haematopus), de la Brève d'Angola (Pitta angolensis)
et de la Bathmocerque à capuchon (Bathmocercus cerviniventris).
Auteurs: Robert Langhendries et Benoît Forget.
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