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Quelques bons secteurs
Une brève
prospection effectuée récemment dans la région par Benoît
Forget & Robert Langhendries dans le nord de l'Equateur du 10 au 28 mai 2007
permet de confirmer, malgré la destruction avancée des forêts
du Nord-ouest de l'Equateur, tout le potentiel ornithologique actuel de la région
d'Esmeraldas, certains spots permettant une prospection relativement facile.
La Réserve
Ecologique Cayapas-Mataje
Carte de la province d'Esmeraldas,a vec la situation des zones protégées.
1) situation de l'hôtel Siete Cascadas et 2) situation du lodge Tunda-Loma
Carte: Ornithomedia.com |
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La Reserva Ecológica
Manglares Cayapas-Mataje ne représente à priori pas un objectif
prioritaire; en effet, étant essentiellement couverte de mangroves, les
plus hautes du monde selon les dépliants touristiques, cette gigantesque
zone frontalière suppose que l'on dispose d'un bateau à moteur et,
au risque sinon de se perdre, d'un guide. Or sa richesse ornithologique n'est
a priori pas considérée comme suffisamment attractive pour justifier
de tels efforts.
Mais plusieurs indices semblent indiquer le contraire: ainsi, le nombre élevé
de points d'interrogation sur les cartes de répartitions du guide The
Birds of Ecuador ponctuant la zone frontalière entre l'Équateur
et la Colombie et le fait qu'une bonne partie des espèces concernées
sont des spécialités colombiennes laisse espérer quelques
belles surprises.
Le fait que, selon les dires du responsable de la réserve, que la zone
de Cayapas-Mataje n'ait "jamais vraiment fait l'objet d'une prospection ornithologique
sérieuse " a de quoi définitivement convaincre d'y consacrer
du temps.
Concrètement, un seul hôtel de San Lorenzo, le Pampa de Oro, situé
au centre de la bourgade, permet de disposer d'une base logistique correcte (à
un prix particulièrement correct). Le patron du lieu étant un fin
connaisseur de la région et un homme de confiance, il devrait pouvoir fournir
de précieux conseils. Trouver un bateau à louer dans cette zone
aquatique reste cependant un challenge peu évident à relever...
Nous espérions qu'un éventuel bureau local du "Ministerio del
Ambiente" puisse offrir des réponses à ces problèmes
logistiques. Le premier problème consiste donc déjà à
confirmer l'existence d'un tel bureau et à le trouver: la réserve
biologique de Cayapas-Mataje n'ayant, à proprement parler, qu'une existence
"sur le papier". Inconnu d'une bonne part des habitants de la ville,
ce bureau existe bel et bien, perdu dans une petite rue défoncée
jouxtant une petite place verdoyante. Sensé assurer la gestion du parc,
le lieu ressemble davantage à un grand débarras de meubles de récupération.
Des guides arborant le T-shirt du parc sont pourtant présents. Nous avons
même finalement été accueillis par l'un des "hauts responsables"
de la gestion du parc. Officiellement en charge de l'étude et de la protection
des oiseaux, il était clair cependant qu'il n'y connaissait pas grand-chose.
Mais la venue de deux ornithologues lui a donné des idées. Rapidement,
il s'est proposé de mettre gracieusement à notre disposition une
petite embarcation équipée d'un moteur flambant neuf. Il nous a
présenté un guide et y a adjoint un pilote afin que nous puissions
effectuer une première reconnaissance dès le lendemain matin. Le
seul prix à payer était l'essence: affaire conclue!
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Au cur
de l'immense dédale de mangroves de la réserve de Cayapas-Matajes,
on atteint des zones forestières incroyables où des rivières
tumultueuses se jettent dans le Pacifique
Photo: Benoît Forget |
Une journée de prospection
a permis de constater l'existence dans la mangrove de secteurs forêts de
"terra firme" (zones non inondables) de tailles parfois non négligeables
particulièrement intéressantes sur un plan ornithologique. Mais
rares sont ceux parcourus de sentiers. Et peu nombreux sont, apparemment, les
guides du parc les connaissant bien.
A Cayapas-Mataje, avec un peu de persévérance, on trouve des personnages
de qualité, et Benito Hurtado en fait partie. Simple responsable d'antenne
locale vivant au cur des mangroves de la réserve, ce jeune paysan
a manifestement l'étoffe d'un excellent guide ornithologique Prévenant,
humble et d'une efficacité redoutable, Benito est doté d'une vue
et d'une connaissance du terrain extraordinaires. Il n'a pourtant jamais eu ni
paire de jumelles ni guide d'identification des oiseaux
Le lodge Tunda Loma
Des hébergements
méconnus permettent depuis peu de mieux prospecter les différents
biotopes des reliefs du Nord-ouest de la province d'Esmeraldas, d'Imbabura et
de Carchi, aux confins de la Colombie.
Pourvus d'un confort inédit pour la région, le lodge de Tunda Loma
et l'hôtel des Siete Cascadas ont le potentiel pour attirer, à terme,
davantage d'ornithologues.
Le lodge Tunda Loma Lodge est situé près de San Lorenzo, et plus
précisément au km 17 sur la route d'Ibarra, près de Calderón.
A une cinquantaine de mètres d'altitude, il vient d'être racheté
à la mi-mai 2007 par une nouvelle équipe désireuse de se
spécialiser dans l'accueil d'ornithologues et d'amateurs de nature. L'hôtel,
en rénovation lors de notre passage, propose des bungalows surplombant
la forêt à une trentaine de dollars la nuit. La cuisine y est bonne
et à prix raisonnable. Le personnel est agréable et serviable. Une
zone forestière de qualité méconnue parcourue de sentiers
en voie de rebalisage jouxte l'hôtel.
La courte matinée passée sur ce site confirme en tout cas l'intérêt
de la zone, avec les espèces observées suivantes (entre autres):
Tocro à front roux (Odontophorus erythrops), Trogon à queue
blanche (Trogon viridis), Tamatia à gros bec (Notharchus macrorhynchos),
Tamatia pie (Notharchus tectus), Cabézon à nuque blanche
(Capito squamatus), Araçari à bec maculé (Pteroglossus
sanguineus), Tétéma à tête noire (Formicarius
nigricapillus), Cotinga à huppe rouge (Ampelion rubrocristata),
Cotinga bleu, Tyran diadème (Conopias albovittata), Calliste à
coiffe d'or (Tangara larvata), Tohi ligné (Arremonops conirostris).
Contact: Carlos Andrès Chiriboga - Tundaloma lodge - chiriboguilla@hotmail.com
- Tél : 00 593 9 7788 743 Site web: http://tundaloma.com.
L'hôtel des
"Siete cascadas"
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Momot d'Equateur
(Momotus aequatorialis)
Photo: Steve Blain |
A quelque 400 mètres
d'altitude, l'hôtel des "Siete cascadas", situé non loin
de la petite bourgade de Lita, représente un deuxième jalon méconnu
pour prospecter les forêts de versant Pacifique du pays.
La gestion de l'hôtel nous a semblé quelque peu aléatoire.
Comme souvent en Equateur, l'établissement utilise sans aucune consistance
le concept d'écotourisme pour attirer les visiteurs. Le lieu accueille,
classiquement semble-t-il, des groupes de touristes davantage intéressés
par les eaux tumultueuses de la rivière en contrebas que par le potentiel
ornithologique remarquable du site.
Après avoir traversé une zone "piteusement" défrichée
par le propriétaire des lieux, le sentier partant de l'hôtel descend
vers l'ancienne voie de chemin de fer désaffectée, la rivière
en contrebas et une zone forestière de bonne qualité. La (trop)
courte matinée passée sur ce site confirme en tout cas l'intérêt
de la zone. La voie de chemin de fer située en contrebas de l'hôtel
des Siete Cascadas, en particulier le tronçon partant vers la gauche, s'est
avérée très productive et mériterait sans doute une
prospection au-delà du tunnel situé à quelques centaines
de mètres de là.
Quelques-unes des espèces observées: Bec-en-faucille aigle (Eutoxeres
Aquila), Colibri féérique (Heliothryx barroti), Momot
d'Equateur (Momotus (momota) aequatorialis), Cabézon à nuque
blanche, Toucan du toco (Ramphastos brevis), Alapi immaculé (Myrmeciza
immaculate), Tyranneau roitelet (Tyrannulus elatus), Pipromorphe olive
(Mionectes olivaceus), Pipromorphe à tête grise (Leptopogon
superciliaris), Microtyran à calotte noire (Myiornis atricapillus),
Moucherolle à croupion jaune (Myiobius (barbatus) sulphureipygius),
Troglodyte à calotte noire (Thryothorus nigricapillus), Organiste
cul-roux, Paruline à croupion fauve (Basileuterus fulvicauda), Tangara
obscur (Mitrospingus cassinii), Tangara émeraude (Tangara florida),
Calliste safran (Tangara icterocephala), Calliste rouverdin (Tangara
gyrola), Sporophile crassirostre (Oryzoborus crassirostris), Bruant
à front d'or (Ammodramus aurifrons).
Site web: www.lassietecascadas.com.ec.
Autres secteurs
Le potentiel de la région toute entière vaut sans doute que l'on
y consacre du temps. Ainsi, à une quinzaine de minutes à pied de
l'hôtel Siete Cascadas, un chemin part également du village de Lita
et monte vers une entrée peu fréquentée de la réserve
écologique de Cayambe-Cauca. De même, il conviendrait sans doute
de prospecter la zone du Corredor Awacachi située non loin de là,
ainsi que la Reserva Étnica y Forestal Awá, qui couvre près
de 1 300 km² et qui est le domaine du peuple Awa, proche de la frontière
colombienne.
Dans les forêts de la réserve Awa, on trouve quelques espèces
très recherchées comme l'Érione givrée (Haplophaedia
lugens), les Grallaires à moustaches (Grallaria alleni) et à
sourcils noirs (Pittasoma rufopileatum), les Tangara d'Edwards (Bangsia
edwardsi) et à cape bleue (Iridosornis porphyrocephala), le
Geai superbe (Cyanolyca pulchra), ainsi que le mythique Géocoucou
barré (Neomorphus radiolosus).
A lire aussi
.
Le
rapport de Didier Goodreau sur le nord de l'Equateur.
Contact
Benoît Forget: forgetb@hotmail.com
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