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La migration active et les chutes de migrateurs
Les "chutes" de migrateurs
Les espèces observées sur l'île migrent entre des zones d'hivernage en Asie du Sud-Est et la Sibérie orientale où nichent la plupart d'entre elles. Le phénomène migratoire est clairement perceptible sur le terrain. Même en l'absence de pose massive de migrateurs ou chutes ("fall"), les effectifs des espèces fluctuent notablement d'un jour à l'autre.
Ces évènements peuvent se traduire par l'arrivée, brusque et en grand nombre, de telle ou telle espèce représentée par seulement dans le meilleur des cas quelques rares individus la veille. Ces pics d'effectifs sont fugaces et concernent parfois une ou plusieurs espèces seulement.
La logique de ces mouvements n'est pas évidente à comprendre: dates, météorologie se combinent probablement pour générer ces phénomènes. A titre d'exemple, voici les espèces observées en grand nombre au fil des jours lors de notre séjour sur Happy Island:
7 mai
A notre arrivée sur Happy Island, la Pie-grièche brune apparaît immédiatement comme
l'une des espèces les plus abondantes. Des dizaines d'individus sont notés partout, se répartissant dans tous les types d'habitats ouverts
8 mai
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Tariers de Sibérie (Saxicola maura): petite photo d'ambiance sur la plage de Beidaihe
Photo: Jacques-André Leclercq
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Déjà abondante la veille, la Pie-grièche brune semble encore davantage omniprésente.
Les Tariers de Sibérie, très fréquents, sont visiblement plus nombreux : les mégaphorbiaies retiennent des groupes de dizaines d'individus. Quelques centaines de représentants des ces espèces sont vus au cours de la journée. L'événement le plus marquant est toutefois l'apparition de Robins de Sibérie: dispersés dans des zones broussailleuses, 15 individus sont notés. Nous n'en avons vu que 1 à 3, parfois aucun, les autres jours.
9 mai
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Espèce assez répandue un peu partout, parfois très commune certains jours sur Happy Island, le Gobemouche brun (Muscicapa daurica)
Photo: Jacques-André Leclercq
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Le nombre des oiseaux est relativement modeste. Les Gobemouches bruns (Muscicapa daurica) semblent
sensiblement plus abondants (quelques dizaines).
10 mai
Les Gobemouches bruns se sont effacés. Ils semblent comme "remplacés" par le
Gobemouche de la Taïga (dizaines). Les Bruants nains, peu nombreux les jours précédents (moins de 5 individus) sont bien présents (une cinquantaine).
11 mai
Une forte pluie tombée dans la nuit, se dissipe dans la matinée. Chacun espère que le
changement de temps aura provoqué des pauses de migrateurs….Les premières observations de la journée nous ravissent avec la découverte du Pouillot à pattes sombres dans presque chaque buisson de saules. Des centaines d'individus sont vus….Il n'y en avait eu qu'un seul la veille ! Les Tariers de Sibérie sont aussi particulièrement nombreux: prés de 200 individus sont comptabilisés sur une prairie de hautes herbes. Une bonne dizaine de Gobemouches dorés est notée sur la journée.
12 mai
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Une rencontre très appréciée sur l'île d'Happy, l'immense et inonoclaste Coucou épervier (Cuculus sparverioides)
Photo: Jacques-André Leclercq
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Les Pouillots à pattes sombres se sont évanouis. Ce sont maintenant des centaines
de Pouillots bruns qui crient un peu partout dans le hautes herbes. Les Roselins cramoisis (Carpodacus erythrinus) apparaissent par groupes de quelques dizaines d'oiseaux. Il n'y en avait aucun les jours précédents.
Le vent d'Ouest assez fort révèle un passage migratoire assez soutenu: Guifettes leucoptères (15), Faucons de l'Amour (10), Busards pies (10).
Le premier Coucou épervier (Cuculus sparverioides) et quelques Coucous indiens (C. micropteserus) sont observés.
13 mai
Les Pouillots bruns sont encore nombreux, mais désormais dépassés en nombre par
les Pouillots de Schwartz. Divers voucous, dont le Coucou oriental (C. saturatus), et des Roselins cramoisis (Carpodacus erythrunus) (50) continuent à se signaler.
14 mai
Un véritable "fall" est perceptible pour de nombreux espèces. Le Pouillot boréal,
représenté par quelques rares individus les jours précédents, se montre en groupe de dizaines d'individus, s'affirmant comme le Pouillot les plus fréquent du bois. Les troupes de Zosterops à flancs roux (Zosterops erythropleura)) bruyants et extrêmement mobiles dépassent la cinquantaine d'individus. Rousserolles à gros bec et Rousserolles turdoïdes orientales, quasi-absentes les jours précédents, animent presque chaque broussailles.
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La Rousserolle de Schrenk (Acrocephalus bistrigiceps): un exemple d'arrivée nocturne massive; alors que nous n'en avions pas encore vu une seule, il y en avait un de nos derniers matins dans presque tous les buissons, témoignant vraiment d'un "fall" spécifique. Nous avons eu le même cas pour la Rousserolle à gros bec 1-2 jours plus tard...
Photo: Jacques-André Leclercq
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Trois Rousserolles de Schrenck, jusqu'alors absentes, sont détectées. Quatre Merles de Sibérie mâles tombent du ciel.
L'agitation n'est pas seulement visibles dans les buissons, mais aussi dans les airs: une troupe de 60 Guifettes leucoptères (Chlidonias leucopterus) est même notée !
Au bois du Temple et autour des buissons proches des logements, les oiseaux sont parfois discrets.
Phases actives et calmes se succèdent. Les oiseaux sont fréquemment associés en rondes lâches et multispécifiques. Les arbrisseaux à branches basses, les lisières et abords de talus se sont souvent révélés attractifs.
Marcher de façon lente et attentive en ménageant des points d'arrêts est une méthode assez appropriée. Les oiseaux peuvent alors être très proches tout en restant souvent à couvert.
Le calme est important pour repérer les oiseaux plus discrets (robins) et plus farouches (grives).
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Une Minivet cendré (Pericrocotus divaricatus), étrange oiseau dévorant quantité de papillons de nuit. Assez rare, nous avons avons observé 2 ou 3 fois seulement, souvent en passage actif
Photo: Jacques-André Leclercq
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L'observation des migrateurs actifs ne doit pas être oubliée, et il faut rester attentif aux oiseaux passant dans le ciel, comme les Tourterelles orientales (Streptopelia orientalis), les coucous, les Sternes pierregarin, (Sterna hirundo longipennis), hansel (Sterna nilotica) caspienne (Sterna caspia) et Guifettes leucoptère et moustac, mais également des bandes d'Etourneaux de Daourie (Sturnus sturninus), de Minivets cendrés (Pericrocotus divaricatus), de Grosbecs de Chine (Eophona migratoria) et du Japon, de Jaseurs japonais (E. personata.)
Consacrer quelques heures par jour spécifiquement à l'observation des migrateurs depuis un site bien placé en bordure de plage permet de trouver dans le ciel ou au dessus de la mer Faucons de l'Amour, Busards pies, Martinets du Pacifique, et Martinets à queue épineuse … Il semble qu'un vent d'Ouest assez fort fasse voler les migrateurs plus bas et dégage une bonne visibilité. C'est dans ces circonstances que l'observation de la migration nous est apparue la plus fructueuse.
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