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Date de mise en ligne : 31/07/07
| Situation des sites visités: Olympic National Park, San Juan Islands et 3) Dungeness Wildlife Refuge |
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L'Olympic National Park, situé dans l'état américain de Washington, est célèbre pour ses forêts primaires, ses lacs et ses glaciers. Il est composé de deux parties: une zone montagneuse et une étroite bande littorale de plus de 80 km de long, l'une des plus longues portions côtières protégées des États-Unis.
Ce parc préserve le plus grand bloc intact de forêts humides tempérées du Nord-ouest du Pacifique. Cet habitat très riche abrite notamment deux oiseaux menacés, la sous-espèce caurina de la Chouette tachetée (Strix occidentalis) et le Guillemot marbré (Brachyramphus marmoratus), ainsi qu'au moins 23 animaux et plantes endémiques à la Péninsule Olympique.
Pierre De Lemos (pierredelemos@abysscollection.com) a effectué un séjour dans cette région du 28 mars au 1er avril 2007, visitant outre le parc deux autres secteurs naturels protégés voisins, le Dungeness National Wildlife Refuge et le San Juan Islands National Wildlife Refuge.
Abstract
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The Olympic National Park, Washington (USA) is famous for its spectacular alpine country dotted with sparkling lakes, lush meadows and glaciers, and for its North America's finest and largest temperate rainforest.
This habitat is home of two threatened species, the caurina sub-species of Spotted Owl, and the Marbled Murrelet.
Pierre De Lemos (pierredelemos@abysscollection.com) stayed in the Olympic Peninsula from the 28th of March to the 1st of April 2007, visiting the Olympic National Park (mountains and Pacific coast), the Dungeness National Wildlife Refuge and the San Juan Islands National Wildlife Refuge.
See our map of the Olympic Peninsula.
L'Olympic National Park
Voir notre carte de la péninsule olympique (et emplacement des sites visités).
L'itinéraire
du voyage
- 28 mars:
Départ de Toronto (Canada). Direction Port Angeles (Etats-Unis) via la route US 5.
Puis route US 20 vers Anacortes.
Ferry vers les îles San Juan depuis le port de Friday.
Visite des îles pendant 5 h.
Direction Keystone- Port-Townsend (par l'US 20).
Arrivée à Port Angeles. Séjour dans un hôtel Red Lion (70 euros la nuit) du 28/03 au 01/04.
Visite de l'Olympic National Park via la route US 101.
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29 mars:
Direction La Push par la route US 101.
Visite, puis retour à Port-Angeles.
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30 mars:
Visite de l'Hurricane Ridge (Olympic National Park) le matin.
Après-midi, visite du Dungeness Wildlife Refuge (beaucoup d'informations disponibles auprès des observateurs locaux, très serviables, mais avec un fort accent !).
- 31 mars:
Direction Sol Duc (Olympic National Park) par l'US 101. Visite de la forêt.
Après-midi, départ pour La Ozette (réserve indienne).
Retour à Port-Angeles.
- 1er avril:
Route entre Port-Angeles et Port-Townsend via l'US 101.
Ferry entre Port-Townsend et Keystone.
Route entre Keystone et Toronto.
Présentation de l'Olympic National Park
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Rayon de soleil dans la forêt humide tempérée, Olympic National Park
Photo: Pierre Delemos |
La première exploration complète de la Péninsule Olympique n'a été réalisée qu'en 1885.
L'Olympic National Park a été créé le 29 juin 1938 juin par Franklin Roosevelt.
Le parc a une superficie de plus de 3 640 km² .
Il protège trois écosystèmes distincts : un ensemble de glaciers, près de 80 km d'une côte Pacifique sauvage, et des portions de forêts humides tempérées.
La plupart du parc n'est accessible que par des sentiers.
Quelques routes permettent d'accéder à des portions représentatives des différents habitats, comme les zones d'altitude le long de l'Hurricane Ridge, la côte Pacifique (secteur de La Push Beach) et les forêts des vallées de Sol Duc, d'Hoh et de Quinault.
La forêt humide tempérée
La forêt humide tempérée constitue probablement le joyau de l'Olympic National Park. Par endroits, la canopée est si continue que la neige n'atteint pas le sol ! Elle s'étend le long de la côte et dans les vallées de l'ouest de la péninsule, où les précipitations sont abondantes, les températures modérées, et où règnent des brouillards estivaux.
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Lichens dans la forêt humide tempérée, Olympic National Park
Photo: Pierre Delemos |
C'est la pluie qui définit l'existence de ce type de forêt: il pleut ici jusqu'à 4 m d'eau annuellement. Les montagnes à l'est protègent aussi cette zone des conditions météorologiques sévères. Il gèle très rarement, et l'été, il fait rarement plus de 27 degrés.
Quelques arbres atteignent ici des tailles incroyables, près de 90 m de haut!
Une différence importante entre une forêt tropicale humide et la forêt tropicale tempérée est la distribution des pluies: pour la première, les pluies, qui tombent souvent en fortes averses, sont réparties plus uniformément au cours de l'année, même s'il existe toujours une saison "sèche" et une saison "humide" ; pour la forêt humide tempérée, il existe plutôt une longue saison humide, tandis que l'été, l'humidité est apportée par des brouillards.
Les températures dans une forêt tropicale humide sont plus élevées et varient moins au cours de l'année. Les essences dominantes sont des feuillus sempervirens, tandis que dans une forêt tempérée, les espèces dominantes sont les conifères, et les feuillus y sont décidus.
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Forêt humide tempérée, environs de Sol Duc, Olympic National Park
Photo: Pierre Delemos |
Il y a une plus grande variété de plantes et d'animaux dans une forêt tropicale humide que dans une forêt humide tempérée, mais la quantité de chaque espèce est plus importante pour cette dernière. Il y a plus d'espèces dans la canopée des forêts tropicales, plus d'animaux au sol dans les forêts tempérées.
La forêt humide tempérée est un écosystème rare, qui s'étend dans quelques régions précises du monde, comme le long de la côte Pacifique entre l'Oregon et l'Alaska, le long de la côte Pacifique de l'Extrême-Orient russe, dans le Sud-est de la Chine, au sud du Chili, ou bien en Tasmanie.
La forêt humide tempérée de la Péninsule Olympique, qui s'étend notamment dans des vallées des rivières Quinault, Queets et Hoh, est dominée par l'Épicéa de Sitka (Picea sitchensis) et le Pruche de l'Ouest (Tsuga heterophylla). Le Sapin de l'Oregon (Pseudotsuga menziesii), le Thuya géant de Californie (Thuja plicata), l'Érable à grandes feuilles (Acer macrophyllum), l'Aulne rouge (Alnus rubra), l'Érable circiné (Acer circinatum), et le Peuplier baumier de l'Ouest (Populus trichocarpa) sont les autres essences principales.
Presque chaque espace libre est occupé, et les épiphytes, des plantes qui poussent sur les troncs et branches des arbres sans les parasiter, sont abondantes et donnent une allure de forêt tropicale à l'ensemble.
Les mousses, les lichens et les fougères sont très variées.
La Patience à feuilles obtuses (Rumex occidentalis) couvre une grande partie du sous-bois, rendant difficile la croissance des jeunes arbres qui sont obligés de pousser sur les troncs de leurs aînés morts pourrissant.
La diversité des animaux y est étonnante, avec un cortège typique d'oiseaux forestiers : Chouette barrée (Strix occidentalis caurina), Guillemot marbré (Brachyramphus marmoratus), Grive variée (Zoothera naevia), Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes), Grand Pic (Dryocopus pileatus), Mésangeai du Canada (Perisoreus canadensis), Junco ardoisé (Junco hyemalis), Grand Corbeau (Corvus corax)…
Les mammifères comprennent notamment le Cerf-mulet (Odocoileus hemionus), le Puma (Puma concolor), l'Ours noir, (Ursus americanus), la Loutre de rivière (Lutra canadensis) et l'Ecureuil de Douglas (Tamiasciurus douglasii). Il y a également de nombreuses espèces d'insectes, de reptiles, et d'amphibiens, dont plusieurs endémiques.
Plus à l'est, la forêt humide est remplacée par des formations à Pins de Patagonie (Pinus ponderosa) et Arbousiers de Menziès (Arbutus menziesii).
La succession des habitats
Quand l'altitude augmente, les températures diminuent, les chutes de neige sont plus fréquentes, et les saisons sont plus courtes. C'est le domaine de la forêt montagnarde dominée par le Sapin gracieux (Abies amabilis) à l'ouest du parc, qui coexiste avec le Sapin subalpin (Abies lasiocarpa) bien adapté aux fortes chutes neigeuses, le Pruche subalpin (Tsuga mertensiana) et le Faux-cyprès de Nootka (Chamaecyparis obtusa).
Dans la partie supérieure de l'étage montagnard, les arbres sont plus rares, et on arrive dans la zone des prairies alpines riches en fleurs et des lacs glaciaires.
C'est aussi le domaine des glaciers. Il y en a environ 266 dans l'Olympic National Park, la plupart d'entre eux étant de dimensions modestes par rapport à leurs homologues d'Alaska; le plus vaste, sur le Mont Olympus, ne couvre que 3 km2.
Où observer les oiseaux du parc?
Voir notre carte de la péninsule olympique (et emplacement des sites visités).
Pour observer les espèces typiques, il convient d'arriver par le nord du parc, depuis la nationale US 101. Une route bien balisée qui par principal centre d'information à Port Angeles se dirige alors vers le Sud jusqu'à l'Hurricane Ridge Visitor Center, à près de 1300 m d'altitude. Il est conseillé de faire cette visite en été tôt le matin.
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Geai de Steller (Cyanocitta stelleri)
Photo: Pierre Delemos |
Les espèces à chercher le long de cette route sont le Tétras sombre (Dendragapus obscurus), la Chevêchette des Rocheuses (Glaucidium californicum) (à repérer par les attroupements de passereaux excités qu'elle "génère"), l'Autour des palombes (Accipiter gentilis), le Martinet de Vaux (Chaetura vauxi), le Pic à poitrine rouge (Sphyrapicus ruber), les Moucherolles à côtés olive (Contopus borealis) et côtier (Empidonax difficilis), le Viréo de Cassin (Vireo cassinii), peu commun, et celui d'Hutton (Vireo huttoni), le Mésangeai du Canada, le Geai de Steller (Cyanocitta stelleri), le Grand Corbeau, la Mésange à dos marron (Parus rufescens), les Grives variée et solitaire (Catharus guttatus), le Troglodyte mignon (Trglodytes troglodytes), le Solitaire de Townsend (Myadestes townsendi), les Parulines à croupion jaune (Dendroica coronata) et de Townsend (Dendroica townsendi), le Tangara à tête rouge (Piranga ludoviciana), le Junco ardoisé, le Durbec des sapins (Pinicola enucleator), et le Bec-croisé des sapins (Loxia curvirostra).
Les deux "vedettes" des forêts du parc sont la sous-espèce caurina de la Chouette tachetée et le Guillemot marbré, mais elles sont difficiles à observer.
Le Guillemot marbré niche dans les conifères, ce qui est très original pour un Alcidé. Mais il est bien plus facile de l'observer sur la côte du Pacifique en dehors de la saison de reproduction, par exemple dans le secteur des îles San Juan, dans le Dungeness Wildlife Refuge, ou tout simplement le long de la côte Pacifique du parc (La Push beach, La Ozette Beach, …).
La forêt autour du Hoh Visitor Center est une excellente zone pour chercher la Chouette tachetée.
Le Hoh River Trail, qui s'étire sur plus de 25 km, permet aussi d'accéder aux zones subalpines, par exemple autour du Blue Glacier sur le Mont Olympus.
La basse vallée de la Elwha River est un très bon secteur (l'un des meilleurs des États-Unis) pour observer l'Arlequin plongeur (Histrionicus histrionicus) en période de nidification. Plus de 360 couples de cette belle espèce nichent dans l'Olympic National Park, et ce secteur est l'un des plus accessibles. Ce canard est présent d'avril à juin, avant de partir sur la côte environnante.
Un trajet le long de l'Hurricane Ridge Road vous permettra de découvrir le Martinet de Vaux et le Beccroisé des sapins.
Le long de l'Hurricane Hill Nature Trail, les zones subalpines accueillent l'Alouette haussecol (Eremophila alpestris) et le Pipit d'Amérique (Anthus rubescens). Les sentiers qui partent de l'Hurricane Ridge Visitor Center sont très bons en juillet pour chercher le Tétras sombre qui se nourrit alors dans les prairies alpines (et qui est donc plus facile à voir que sur ses sites de nidification forestiers).
Espèces observées par Pierre Delemos dans la forêt humide:
- Colin de Californie (Callipepla californica): à l'entrée de l'Olympic National Park, près de la station des rangers.
- Grive variée: près de la route US 101, au niveau de Crescent Lake.
La Chouette tachetée
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Chouette tachetée (Strix occidentalis caurina)
Source: WDFW ( wdfw.wa.gov) |
La Chouette tachetée, une espèce menacée, dépend des forêts mâtures, avec de nombreux arbres morts sur pied et pourrissant à terre. Mais elle niche également dans les forêts secondaires du parc.
L'appel typique est un "Whoop wu-hu hoo!". Les mâles et les femelles l'émettent, et il sert à la fois de signal territorial et de chant nuptial.
Lors des disputes pendant la période nuptiale, une version plus excite de ce cri peut-être entendu.
Il existe d'autres cris, comme ceux de localisation (une série de 7 à 15 hululements), des cris territoriaux (3 à 7 hululements graves et rapides), des cris d'alarme, …
La femelle lance souvent un grave "co-weeep!" pour contacter le mâle (écouter l'appel typique).
La Chouette tachetée niche souvent dans des troncs d'arbres morts dont la cime s'est brisée, dans des nids abandonnés d'Autour des palombes, ou sur des plates-formes formées par l'accumulation de déchets végétaux.
Elle se nourrit volontiers de Grands Polatouches (Glaucomys sabrinus), un écureuil volant.
La côte Pacifique du parc
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La côte Pacifique, Péninsule Olympique
Photo: Pierre Delemos |
Le long de la côte Pacifique du parc, des arrêts à La Push et La Ozette beachs sont recommandés.
La Ozette est une réserve indienne où l'on peut observer en période internuptiale plusieurs espèces de grèbes et de canards marins, mais aussi assez facilement le Pygargue à tête blanche. C'est un bon spot pour les mammifères marins (Lions de mer, mais aussi Baleines grises en migration qui font une halte ici pour se nourrir).
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Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus) adulte, côte Pacifique, Péninsule Olympique
Photo: Pierre Delemos |
La Push est un superbe site, très sauvage, à découvrir.
Espèces observées
par Pierre Delemos:
- Grèbe élégant (Aechmophorus occidentalis) : La Ozette Beach
- Cormoran pélagique (Phalacrocorax pelagicus): La Push Beach
- Cormoran à aigrettes (Phalacrocorax auritus ) : La Push et La Ozette
- Huîtrier de Bachman (Haematopus bachmani): La Push Beach
- Grand Chevalier (Tringa melanoleuca) : la Push Beach
- Guillemot marbré (Brachyramphus Marmoratus) : La Push Beach et La Ozette Beach
- Martin-pêcheur d'Amérique (Megaceryle alcyon) : La Push
- Pic flamboyant (Colaptes auratus): La Push Beach
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