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Date de mise en ligne : 28/05/07
| Situation des îles Cook |
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Les îles Cook sont constituées de quinze petites îles dispersées dans une zone du Pacifique Sud presque équivalente à la taille de l'Europe de l'Ouest!
Elles se divisent en deux groupes, les Northern Cook (six îles) et les Southern Cook (neuf îles).
Sur ces terres isolées vivent plusieurs espèces terrestres endémiques, dont la plus connue est peut-être le Monarque de Rarotonga (Pomarea dimidiata). Certaines ont disparu, du fait de la chasse, de la destruction de leur habitat ou de l'introduction de rongeurs. C'est le cas du Lori de Kuhl (Vini kuhlii). En avril 2007, 27 oiseaux ont été transférés sur l'île d'Atiu à partir d'oiseaux de Rimatara, en Polynésie française.
Dans cet article, nous vous proposons une présentation de l'avifaune de cet archipel
peu connu, ainsi que du programme de réintroduction du Lori de Kuhl. Nous remercions Gerald McCormack du Cook Islands Biodiversity Trust pour nous avoir transmis les informations et photographies de cet article.
Abstract
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The Cook Islands is fifteen small islands (total land area 240km²), scattered over an area approaching the size of Western Europe, in the tropical South Pacific.
The fifteen islands divide socially and physically into a Northern Group of six islands and a Southern Group of nine islands. The five atolls and one sand-cay of the Northern Group, support extensive Coconut Palm plantations for a fickle copra industry. The only resident landbird is the Pacific Pigeon (Rupe), which lives on three atolls.
The Southern Group, with 90% of the land and 90% of the population, is physically diverse with a young volcanic island (Rarotonga), four raised-reef islands (Mangaia, 'Atiu, Ma'uke and Miti'aro), an almost-atoll (Aitutaki), two atolls (Manuae and Palmerston) and a sand-cay (Takutea). The birds of special international interest are the six endemic landbirds, which are all listed as "Vulnerable" or "Critically Endangered" in BirdLife's Birds to Watch 2. The other bird of special international interest is the introduced Blue Lorikeet, which is endemic to neighbouring French Polynesia.
Several endemic species have already disappeared in the past,
including the Rimatara Lorikeet (Vini kuhlii). Twenty-seven lorikeets ('Ura) were reintroduced to Atiu, Cook Islands, from Rimatara, French Polynesia, by a direct international flight between the two islands on 24 April 2007.
We thank Gerald McCormack from the Cook Islands Biodiversity Trust for transmitting the informations and the rare photos of this article.
Présentation de l'avifaune des îles Cook
Un territoire autonome
Carte des îles Cook, composées des Northern Cook et des Southern Cook
Carte : Ornithomedia.com |
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Les îles Cook sont constituées de quinze petites îles (couvrant 240 km²), dispersées dans une zone du Pacifique Sud pratiquement de la taille de l'Europe de l'ouest.
Les 18 000 habitants, presque tous des Polynésiens, ont le passeport néo-zélandais. Toutefois l'archipel est autonome depuis 1965 et est responsable de la gestion de son environnement.
Il existe deux structures s'occupant de la protection de la nature : l'Environmental Service (anciennement le Conservation Service) qui met en place la réglementation, et le Natural Heritage Project qui s'occupe des études : cette dernière structure, unique dans le Pacifique Sud, a été initialisée en 1990 par le Premier Ministre Sir Geoffery Henry KBE.
Mais le manque de moyens humains et financiers ont rendu indispensable l'intervention de spécialistes et de volontaires étrangers.
La terre appartient à quelques familles et est transmise de génération en génération : elle peut être toutefois louée au gouvernement ou à des personnes extérieures.
Deux groupes
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Carpophage pacifique (Ducula pacifica)
Photo : CINHP / G. McCormack |
Les quinze îles se divisent en un groupe septentrional ou Northern Cook, constitué de six îles, et un groupe méridional (Southern Cook) composé de neuf îles.
Les cinq atolls et l'île sablonneuse (ou cay) du premier groupe sont couvertes de vastes plantations de cocotiers utilisés pour l'industrie du copra.
Le seul oiseau terrestre permanent y vivant est le Carpophage pacifique (Ducula pacifica) (Rupe en polynésien), présent sur trois atolls, se nourrissant principalement des fruits de Guettarda speciosa (Ano en polynésien).
Deux îlots pour les oiseaux marins
Le secteur le plus important pour les oiseaux marins dans les Northern Cook est l'atoll inhabité de Suwarrow, érigé en parc national depuis 1978.
Ses récifs émergés, couvrant 1,6km², accueillent des colonies d'importance régionale de Sternes fuligineuses (Sterna fuscata) (100 000 couples), de Frégates ariel (Fregata ariel) (5 000 couples), de Fous à pieds rouges (Sula sula) (1 000 couples) et de Phaétons à brins rouges (Phaethon rubricauda) (500 couples).
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Fou masqué (Sula dactylatra)
Photo : CINHP / G. McCormack |
Des Frégates du Pacifique (Fregata minor) (200 couples), de Fous bruns (Sula leucogaster) (100 couples) et de Fous masqués (Sula dactylatra) (10 couples) s'y reproduisent aussi.
L'autre spot important pour les oiseaux est Takutea, un îlot sablonneux inhabité de 1,2 km² dans les Southern Cook. Ses propriétaires traditionnels, des habitants de l'île d'Atiu, considèrent Takutea comme un sanctuaire depuis de nombreuses années.
L'îlot accueille la plus grande colonie du pays de Phaétons à brins rouges (1 500 couples), et les seules colonies de Frégates du Pacifique (100 couples), de Fous à pieds rouges (100 couples) et de Fous bruns (20 couples) des Southern Cook.
Takutea est aussi un site d'hivernage d'importance régionale pour le Courlis d'Alaska (Numenius tahitiensis), un migrateur classé comme vulnérable par BirdLife.
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100 000 couples de Sternes fuligineuses (Sterna fuscata) nichent sur l'atoll inhabité de Suwarrow
Photo : CINHP / G. McCormack
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Le menacé Courlis d'Alaska (Numenius tahitiensis) hiverne sur l'îlot de Takutea
Photo : CINHP / G. McCormack
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Les Southern Cook
Le groupe méridional représente 90% des terres et 90% de la population des îles Cook. Ces îles sont d'origines variées, avec une jeune île volcanique (Rarotonga), quatre îles-récifs (Mangaia, 'Atiu, Ma'uke and Miti'aro), un atoll en formation (Aitutaki), deux atolls (Manuae et Palmerston) et un cay ou île sablonneuse (Takutea).
Rarotonga constitue le centre économique et administratif du pays. C'est la plus grande île (67 km²), la plus élevée (653 m) et la plus peuplée (10 000 habitants). Les habitants vivent sur une étroite bande côtière dont la végétation a été profondément modifiée, tandis que l'intérieur montagneux est couvert d'une forêt primaire abritant trois espèces endémiques.
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Le Lori nonnette (Vini peruviana) est une espèce introduite remarquable
Photo : CINHP / G. McCormack |
Les Southern Cook possèdent onze oiseaux terrestres nicheurs sédentaires, dont quatre endémiques présents sur une seule île (le Monarque de Rarotonga Pomarea dimidiata, le Stourne de Rarotonga Aplonis cinerascens, la Salangane de Cook Aerodramus sawtelli et le Martin-chasseur de Mangaia Todirhamphus ruficollaris), deux endémiques présents sur deux îles (le Ptilope de Rarotonga Ptilinopus rarotongensis et la Rousserolle des Cook Acrocephalus kerearako), et sept espèces non endémiques (la Canard à sourcils Anas superciliosa, l'Aigrette des récifs Egretta gularis, le Carpophage pacifique Ducula pacifica, la Marouette fuligineuse Porzana tabuensis et le Martin-chasseur respecté Todirhamphus tuta).
Seules trois espèces terrestres ont été introduites : le Coq bankiva (Gallus gallus), le Lori nonnette (Vini peruviana), et le Martin triste (Acridotheres tristis).
Les six endémiques sont classés comme "vulnérables" ou en "danger critique"par l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).
Le Lori nonnette introduit est aussi d'un grand intérêt, l'espèce étant en déclin en Polynésie française (il n'est plus présent que sur six îles contre 20 au début du 20ème siècle).
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Canard à sourcils (Anas superciliosa)
Photo : CINHP / G. McCormack |
Les menaces sur les espèces endémiques
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Le Martin triste (Acridotheres tristis)
Photo : CINHP / G. McCormack |
Outre les rongeurs et la destruction des habitats, l'autre menace sérieuse qui pèse sur les oiseaux sédentaires autochtones des îles Cook serait l'introduction d'une maladie aviaire contre laquelle ils ne seraient pas immunisés. Heureusement, les administrations successives des îles Cook ont pu empêcher la plupart des introductions.
Au début du 20ème siècle, le Martin triste a touteois été relâché sur plusieurs îles dans le but de contrôler un insecte s'attaquant aux cocotiers. Mais l'espèce est devenu envahissante, surtout sur Rarotonga. Malgré son comportement agressif, il n'est pourtant responsable d'aucune disparition, et il ne semble pas porteur d'un virus dangereux.
L'introduction éventuelle d'oiseaux exotiques constitue néanmoins toujours une inquiétude pour les oiseaux endémiques.
Les espèces uniques actuellement présentes sur les îles Cook ont survécu à deux bouleversements écologiques massifs : l'arrivée des Polynésiens il y a 2 000 ans, et l'arrivée des Européens depuis 1820. Toutefois, à condition que les rongeurs, et surtout le Rat noir (et peut-être aussi le Martin triste) restent sous contrôle, leur futur semble assuré. Le Natural Heritage Project continue en tout cas à surveiller les espèces sensibles.
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