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Les Tsingy de Bemahara
Le circuit des Berano
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Visite d'une formation calcaire à Berano
Photo : Julien Charmont |
Après ce périple, nous sommes retournés à Antsalova et nous avons profité de
l'occasion pour aller visiter les Tsingy de Bemahara à Berano. C'est le circuit le
moins connu des touristes, le plus difficilement accessible également, qui n'offre toutefois pas le panorama connu mondialement des Tsingy que l'on peut observer
à Bekopaka plus au sud.
Mais par contre, c'est un endroit idéal pour
appréhender les différents milieux naturels présents dans ces formations
karstiques.
Le circuit de Berano permet aussi bien de découvrir la forêt sèche intacte
et ses nombreuses espèces forestières que les formations rocheuses spectaculaires.
Présentation générale des Tsingy de Bemahara
Le Parc national de Bemahara a été classé "Réserve naturelle Intégrale" dès 1927, du fait des richesses biologiques, géologiques et archéologiques de l'Antsingy. C'est en 1990 que les Tsingy de Bemaraha ont obtenu le label "Site du Patrimoine
Mondiale" de l'UNESCO, pour ensuite être classé "Parc National" en 1997.
Le complexe d'Aires Protégées des Tsingy de Bemahara se trouve à l'ouest de Madagascar, dans la région de Melaky, dans le
district d'Antsalova.
Les Tsingy de Bemahara sont un massif calcaire très accidenté, où
l'on trouve une multitude de grottes et où le fleuve Manambolo a découpé
ses gorges célèbres.
La partie occidentale du plateau présente un relief déchiqueté, recouvert en grande partie par la forêt dense sèche. Il s'agit
d'une véritable cathédrale de calcaire qui offre l'un des paysages naturels
les plus spectaculaires de la Grande Ile et même du monde.
Une flore riche et unique
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Paysage des Tsingy de Bemahara
Photo : Julien Charmont |
Dans sa partie
orientale, la forêt est entrecoupée de savanes.
Le massif Karstique de Bemaraha est un centre d'endémisme et de
différenciation floristique qui présente un fort taux d'endémisme général (86,7%) et éco-régional (47 %).
L'équilibre du massif
karstique reste très fragile, et la moindre perturbation peut faire reculer la lisière forestière ou
bien encore changer la structure de la végétation, ce qui d'une façon ou d'une autre provoque
une perte de biodiversité.
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Baobab dans une forêt sèche
Photo : Julien Charmont |
Les formations végétales de l'Antsingy
comptent plus de 824 espèces, dont 571 sont des espèces forestières, avec une
vingtaine d'endémiques locales.
Certaines espèces sont inféodées à ce paysage, comme Diospyros perrieri, plusieurs Delonix, et le seul bananier sauvage de Madagascar, Musa perrieri.
On trouve ici le baobab Adansonia et des plantes xérophytiques comme l'Aloé.
Des familles sont particulièrement bien représentées : Flacourtiaceae, Orchidaceae, Leguminosae, Euphorbiaceae, Annonaceae, Bombacaceae et Moraceae.
La plante aquatique Aponogeton fenestrale pousse dans certaines rivières.
Oiseaux, reptiles et amphibiens
Bemahara est la zone la plus riche en
reptiles et amphibiens de toutes les forêts caducifoliées de
l'Ouest de Madagascar, avec 88 espèces recensées, dont deux amphibiens et 15 reptiles endémiques de Bemahara (avec en particulier le caméléon Brookesia perarmata).
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Engoulevent malgache (Caprimulgus madagascariensis)
Photo : Julien Charmont |
13 espèces de lémuriens, 4 espèces de carnivores, 17 espèces de
Chiroptères et 103 espèces d'oiseaux ont été recensés, mais la faune de la région est encore mal connue.
On a ainsi découvert que c'était la seule forêt sèche de l'ouest de Madagascar a accueillir le Râle à gorge blanche (Canirallus kioloides), autrefois seulement connu dans le nord-ouest et l'est de l'île.
La réserve
est aussi la seule zone protégée où l'on peut rencontrer le rongeur Nesomys rufus lambertoni, une sous-espèce qui pourrait obtenir prochainement le statut d'espèce à part entière.
Ile xiste aussi une donnée non confirmée du mystérieux Aye-aye (Daubentonia madagascariensis) près de Bekopaka.
Parmi les autres animaux remarquables, on note l'Autour de Henst (Accipiter henstii), les lémuriens Propithecus verreauxi deckeni, Hapalemur griseus occidentalis, Phaner furcifer et Lepilemur edwardsi.
Un pôle culturel
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Tchitrec malgache (Terpsiphone mutata)
Photo : Julien Charmont |
La région des Tsingy de Bemahara est également un pôle culturel. En effet, la région est
habitée par une population à majorité Sakalava, descendante des Vazimbas qui, au XVIème et
XVIIème siècles, ont fuit les hautes terres.
Ils
ont mis en place de nombreux "fady", des réglementations informelles de l'utilisation
de la nature.
On trouve aussi d'anciens cimetières sur le plateau et dans les gorges du Manambolo.
La biodiversité, la richesse architecturale naturelle du site et l'histoire culturelle de la région
sont les trois critères favorisant l'écotourisme et qui permettent de créer
des sources de revenus pour les populations riveraines.
Pour que l'écotourisme constitue un
vrai levier économique, les populations locales doivent être
impliquées dans la conservation de l'environnement régional.
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