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Identification

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Observation et identification d'un Bécassin à long bec en Charente-Maritime en octobre 2018

Dominique Robin a découvert le 20/10 un jeune bécassin dans la réserve naturelle des marais de Moëze-Oléron.

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Observation et identification d'un Bécassin à long bec en Charente-Maritime en octobre 2018

Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus) de première année, La Tanne Ronde, réserve naturelle de Moëze-Oléron (Charente-Maritime), le 20/10/2018.
Photographie : Dominique Robin

Octobre est l'un des meilleurs mois pour visiter les réserves naturelles du littoral atlantique français, comme celle des marais de Moëze-Oléron en Charente-Maritime : des milliers de limicoles y font une halte plus ou moins prolongée durant leur migration postnuptiale, et parmi les espèces régulières de barges, de bécasseaux et de chevaliers, des échassiers nord-américains accidentels y sont parfois découverts. Le 20 octobre 2018, Dominique Robin a ainsi signalé l'observation d'un Bécassin (anciennement Limnodrome) à long bec (Limnodromus scolopaceus). D'après la teinte chamois de ses parties inférieures, il s'agissait d'un oiseau de première année.
Après une présentation générale du genre Limnodromus, nous énumérons les critères ayant permis de distinguer l'oiseau de Charente-Maritime d'un Bécassin à bec court (Limnodromus griseus) du même âge, une espèce encore plus rare et au plumage et à la structure très proches, et nous vous proposons un tableau synthétisant les éléments pouvant être utilisés pour distinguer ces deux limicoles.

Abstract

October is one of the best months of the year to visit the nature reserves of the French Atlantic coast, such as the natural reserve of the marshes of Moëze-Oléron in the Charente-Maritime department: thousands of waders visit it during their postbreeding migration, and among the regular species of godwits, sandpipers and shanks, accidental North American species are sometimes found. The 20th of October 2018, Dominique Robin reported the sighting a Long-billed Dowitcher (Limnodromus scolopaceus) among Redshanks (Tringa totanus). According to the buff hue of its lower parts, it was a first-year bird.
After a general presentation of the Limnodromus genus, we enumerate the criteria used to distinguish this bird from a Short-billed Dowitcher (Limnodromus griseus) of the same age, an even rarer species with a very similar plumage and structure, and we propose a table summarizing of the identification tips of these two waders.

Les bécassins, des limicoles à la silhouette "hybride"

Bécassins à bec court (Limnodromus scolopaceus) et à long bec (L.scolopaceus)

Bécassins à bec court (Limnodromus scolopaceus) (à gauche) de première année et à long bec (L. scolopaceus) de première année, Boundary Bay Delta, Colombie-Britannique (Canada), septembre 2014. Notez (1) la calotte sombre (plus sombre chez le Bécassin à bec court) contrastant avec les sourcils clairs, (2) les couvertures bordées de pâle (bordure plus largement bordée de pâle chez le Bécassin à bec court) et (3) les tertiaires unies chez le Bécassin à long bec et marquées de beige chez le Bécassin à bec court. Chez les deux espèces, (4) les pattes sont jaune-vert.
Source (vidéo) : Liron Gertsman

Les bécassins, qui étaient appelés autrefois limnodromes, sont des limicoles dont la silhouette rappelle à la fois les bécassines (mais avec des pattes plus longues) et les barges (mais en plus petit et en plus rondouillard). Leur taille est légèrement supérieure à celle du Bécasseau maubèche (Calidris canutus). Leur bec est proportionnellement long, et leurs pattes jaune-verdâtre sont hautes.
Un "V" ou "cigare" blanc est visible sur leur dos, et une étroite bande blanche est présente à l'arrière (= bord de fuite) de leurs ailes : en vol, ces deux caractères sont marquants.
Les bécassins ont aussi de larges sourcils clairs.
Ils nichent dans la toundra ou les marais nordiques et hivernent dans les zones humides d'eau douce et saumâtre (vasières, salines).

Trois espèces de bécassins

Trois espèces sont reconnues :

  • le Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus), qui niche dans la toundra du nord-ouest du Canada, du nord de l'Alaska (lire Un Bécassin à long bec couvant des os de mammifère) et de la Sibérie orientale et hiverne dans les zones humides à l'intérieur des terres en Amérique du Nord et centrale et sur les vasières le long des côtes (océans Atlantique et Pacifique et golfe du Mexique).
  • Le Bécassin à bec court ou roux (Limnodromus griseus), qui niche dans les tourbières et les marais d'eau douce et côtiers d'Amérique du Nord et hiverne le long des côtes (vasières, plages, marais salants) du sud des États-Unis (Californie, golfe du Mexique) et d'Amérique tropicale (Pacifique, Atlantique, mer des Caraïbes).
  • Le Bécassin d'Asie (Limnodromus semipalmatus) qui niche dans les marais et prairies inondables en Sibérie centrale et orientale et en Mandchourie et hiverne principalement dans le sud de l'Asie (vasières, marais côtiers, rizières).

Trois sous-espèces du Bécassin à bec court sont reconnues, qui diffèrent très légèrement l'une de l'autre (les juvéniles sont quasiment impossibles à distinguer avec certitude sur le terrain) :

  • L.  g.  caurinus qui niche le long des côtes du sud de l'Alaska
  • L.  g.  hendersoni qui niche dans le centre du Canada, du sud-est de la province du Yukon à la baie d'Hudson
  • L. g. griseus qui niche dans le nord du Québec, au Labrador et peut-être aussi dans le nord de l'Ontario.

Âges et plumages

Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus) juvénile

Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus) juvénile, baie de Goulven (Finistère), le 05/09/2009. Notez (1) le dessin écailleux (plumes sombres bordées de pâle) dessus et (2) le dessous chamois.
Photographie : Sébastien Mauvieux

Le plumage juvénile, porté durant les premiers mois de vie, se caractérise par un dessous chamois-orangé et des plumes du dessus (manteau, scapulaires, couvertures et rémiges tertiaires) marquées de noir et bordées de pâle. Le plumage juvénile frais persiste jusqu'à la fin septembre ou au début du mois d'octobre.
Le plumage de premier hiver est en partie gris dessus et blanchâtre dessous. Il est acquis à la fin du mois d'octobre, mais il reste (parfois jusqu'en janvier) des vestiges du plumage juvénile sur les rémiges tertiaires et les couvertures.
Le plumage de premier été ("first alternate" en anglais) se caractérise notamment par les plumes sombres du manteau bordées de chamois net et un dessous orangé. Il est acquis après une mue qui débute au début du mois de mars dans les quartiers d'hiver et qui entraîne le remplacement des rémiges tertiaires, des couvertures et scapulaires durant les deux mois suivants. Elle est généralement achevée en mai.
Le plumage internuptial est gris uniforme dessus et blanchâtre dessous. Il est acquis après une  mue qui débute fin juillet et ne touche que la tête, les parties inférieures et quelques couvertures. Elle est souvent achevée fin août/début septembre. Chez le Bécassin à long bec, les primaires muent plus tôt.
Le plumage nuptial adulte est globalement rouge-orangé marqué de sombre et de clair dessus. La mue prénuptiale débute à la fin de l'hiver et est achevée en mai.

Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus) de premier hiver

Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus) de premier hiver, Rutland Water Nature Reserve (Grande-Bretagne), le 29/02/2016. Notez l'allure générale grisâtre, (1) les plumes du dessus gris-brun, (2) les flancs barrés de gris sombre et (3) le dessin noir et blanc de la queue.
Source (vidéo): : Mike Tew
Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus) adulte en plumage nuptial

Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus) adulte en plumage nuptial, San Joaquin Wildlife Sanctuary, Irvine, Californie (États-Unis), le 24/07/2018. Notez (1) le dessous orangé légèrement barré de noir sur les flancs, (2) l'extrémité des ailes qui atteint à peine la pointe de la queue (les ailes sont plus longues chez le Bécassin à bec court adulte) et (3) le dessin blanc et noir de la queue, aux barres noires plus larges que les blanches.
Source (vidéo) : Chuck Schussman


Statut en Europe et en France

Les bécassins sont des limicoles accidentels très rares en Europe de l'Ouest, le Bécassin à long bec étant le plus "fréquent". Le Bécassin d'Asie n'a jamais été observé sur notre continent.
D'après le site web du Comité d'Homologation National, 50 données ont été confirmées en France entre 1976 et 2015, principalement dans l'ouest du pays et entre septembre et novembre. D'autres oiseaux ont  été vus depuis 2015 (voir une synthèse d'observations récentes en France).
Toujours d'après le Comité d'Homologation National, seules deux observations de Bécassins à bec court ont été homologuées en France : un adulte dans la réserve naturelle des marais de Séné (Morbihan) du 31 août 1998 au 10 octobre 1998, et un adulte dans le bassin de chasse du Crotoy (Somme) du 22 au 27 octobre 2012 (voir une synthèse d'observations récentes en France).

Observation d'un Bécassin à long bec en Charente-Maritime en octobre 2018

Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus)

Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus) de première année et Chevaliers gambettes (Tringa totanus), La Tanne Ronde, réserve naturelle de Moëze-Oléron (Charente-Maritime), le 20/10/2018.
Photographie : Dominique Robin

Le samedi 20 octobre 2018, Dominique Robin a signalé sur le site web collaboratif Faune-charente-maritime.org l'observation d'un probable Bécassin à long bec depuis l'observatoire de la route des Tannes, dans la réserve naturelle des marais de Moëze-Oléron (Charente-Maritime) (lire Observer les oiseaux dans la réserve naturelle de Moëze-Oléron). Il stationnait au fond d'un bassin avec des Chevaliers gambettes (Tringa totanus) et était encore présent le 24/10 au moins. Plusieurs observateurs ont confirmé son identification.
Cet oiseau avait un dessous teinté de chamois, ce qui suggère qu'il s'agissait d'un oiseau de première année. La présence de plumes grises au niveau des scapulaires et de couvertures indique qu'il avait entamé sa mue pour acquérir son plumage de premier hiver : en  effet,  les jeunes de nombreuses espèces de limicoles n'effectuent, contrairement aux adultes, qu'une mue partielle en automne (lire La mue chez les oiseaux), qui porte sur une partie  des scapulaires, des tertiaires et des couvertures, ainsi que sur la plupart des rectrices.

Identification du Bécassin à long bec de Charente-Maritime

Plusieurs critères permettent de distinguer l'oiseau découvert par Dominique Robin du Bécassin à bec court (ou roux) du même âge. Comme c'est le cas dans la plupart des tentatives d'identification "délicates", il est nécessaire de cumuler le maximum de critères pour limiter les risques d'erreurs.

Un long bec

Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus)

Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus) de première année, La Tanne Ronde, réserve naturelle de Moëze-Oléron (Charente-Maritime), le 20/10/2018.  Notez (1) le long bec, (2) les sourcils clairs, (3) la calotte gris sombre, (4) les rémiges tertiaires au centre gris-brun sombre uni et (5) la queue noir et blanc aux barres noires plus larges  que les blanches (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Dominique Robin

Il est souvent difficile d'évaluer la longueur du bec d'un bécassin, et il existe un chevauchement important de ce critère entre les deux espèces. En outre, le bec des femelles est plus long que celui des mâles. Toutefois, l'oiseau de Moëze-Oléron avait vraiment un long bec, mesurant plus de deux fois la longueur de sa tête. 

Des rémiges tertiaires unies

Il s'agit d'un critère d'identification important des bécassins immatures. Chez l'oiseau découvert dans la réserve naturelle de Moëze-Oléron, elles étaient gris-brun uni avec une bordure pâle, alors que chez le Bécassin à bec court, elles seraient plus ou moins marquées de marbrures/stries chamois.

Le dessin de la queue

Chez les bécassins, le dessus de la queue est barré de blanc et de noir, mais la largeur de ces bandes varie légèrement en fonction de l'espèce. Chez l'oiseau de Moëze-Oléron, les barres noires étaient distinctement plus larges que les blanches, ce qui est généralement le cas du Bécassin à long  bec. Chez le Bécassin à bec court, les barres blanches seraient en principe au moins aussi larges que les noires. 

Des scapulaires et des couvertures partiellement bordées de pâle

Les scapulaires et les couvertures de l'oiseau de la réserve naturelle de Moëze-Oléron étaient plutôt bordées de pâle à leur extrémité, alors que chez le Bécassin à bec court, elles le sont plus largement et sur toute leur longueur : le dessus semble ainsi globalement un peu plus marqué de clair.

Une bande pectorale sombre

Le bécassin de Moëze-Oléron avait une poitrine assez sombre contrastant avec son ventre clair. Chez le Bécassin à bec court du même âge, elle serait plus diffuse, plus restreinte et traversée par une zone claire allant de la gorge au ventre.

Des ailes légèrement plus courtes

Les ailes du bécassin de Moëze-Oléron étaient assez courtes, leur extrémité n'atteignant pas l'extrémité de la queue, alors que chez le Bécassin à bec court, elles dépassent généralement très légèrement (de 2 à 3 mm) l'extrémité de la queue. Toutefois, ce critère est normalement utilisé pour distinguer les oiseaux à partir du mois de décembre de la première année, et l'usure des plumes peut avoir un effet sur la longueur de celles-ci.

Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus)

Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus) de première année, La Tanne Ronde, réserve naturelle de Moëze-Oléron (Charente-Maritime), le 20/10/2018. Notez (1) le long bec, (2) les sourcils clairs et la calotte gris sombre, (3) le manteau fortement strié de sombre (visible chez les deux espèces à cet âge), (4) les rémiges tertiaires au centre gris-brun uni, (5) la queue noir et blanc avec les barres noires un peu plus larges que les blanches et (6) les flancs barrés de sombre. Notez aussi la poitrine sombre (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Dominique Robin
Bécassin à bec court ou roux (Limnodromus griseus)

Bécassin à bec court ou roux (Limnodromus griseus) de première année, Milford Point, Connecticut (États-Unis), le 6/10/2017. Notez (1) le bec un peu plus court, (2) le front un peu plus abrupt, (3) la calotte brun sombre, (4) les rémiges tertiaires au centre marqué de chamois, (5) le plumage noir et blanc de la queue aux barres blanches plus larges que les noires, (7) les flancs pâles faiblement marqués de sombre et (8) les pattes verdâtres (un peu plus courtes que celles du Bécassin à long bec).
Source (vidéo) : Stephen Spector
Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus)

Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus) de première année, La Tanne Ronde, réserve naturelle deMoëze-Oléron (Charente-Maritime), le 20/10/2018. Notez (1) la calotte gris sombre, (2) les sourcils clairs peu arqués, (3) le mélange de scapulaires au centre sombre et bordées de pâle (non encore muées) et grises (muées), (4) les rémiges tertiaires au centre gris-brun uni et (5) les couvertures bordées de pâle. Notez aussi la poitrine sombre.
Photographie : Dominique Robin
Bécassin à bec court ou roux (Limnodromus griseus)

Bécassin à bec court ou roux (Limnodromus griseus) de première année, Spittal Pond, Bermudes, le 3/10/2017.  Notez (1) le bec un peu plus court, (2) la calotte sombre contrastant nettement avec les sourcils pâles, (3) les couvertures largement bordées de pâle, (4) les rémiges tertiaires au centre marbré de chamois, (5) le plumage noir et blanc de la queue aux barres blanches plus larges et (6) les ailes un peu plus longues que la queue (normalement un critère surtout valable pour identifier les adultes). Notez aussi le dessous plus pâle que chez le Bécassin à long bec.
Source (vidéo) : Otto Trott
Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus)

Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus) de première année, La Tanne Ronde, réserve naturelle de Moëze-Oléron (Charente-Maritime), le 20/10/2018.  Notez (1) le long bec rectiligne, (2) les sourcils clairs peu arqués, (3) la calotte gris sombre et (4) les flancs barrés de sombre (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Dominique Robin
Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus)

Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus) de première année, La Tanne Ronde, réserve naturelle de Moëze-Oléron (Charente-Maritime), le 20/10/2018. Notez (1) la calotte gris sombre et les sourcils clairs peu arqués, (2) les couvertures bordées de pâle, (3) les rémiges tertiaires au centre gris-brun uni, (4) la poitrine sombre et (5) les flancs barrés de sombre (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Dominique Robin


Un angle loral plus faible


Il s'agit de l'angle entre la ligne imaginaire reliant le centre de l'iris et la limite entre les deux mandibules du bec fermé et celle reliant la base du bec et l'arrière de la tête : il est un peu plus faible chez le Bécassin à long bec que chez le Bécassin à bec court, car les yeux de ce dernier sont placés plus haut.

Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus)

Angle loral du Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus), La Tanne Ronde, réserve naturelle de Moëze-Oléron (Charente-Maritime), le 20/10/2018 : il est un peu plus faible que celui du Bécassin à bec court.
Photographie : Dominique Robin
Bécassin à bec court (Limnodromus griseus)

Angle loral du Bécassin à bec court (Limnodromus griseus), Sunset Beach, Caroline du Nord (États-Unis), le 19/03/2014.
Photographie : Dick Daniels


Le cri, le meilleur critère

Le cri est le critère le plus utile pour distinguer les deux bécassins, mais il n'a pas été décrit chez l'oiseau de Charente-Maritime.  Le Bécassin à long bec émet un cri monosyllabique qui pourrait être retranscrit par "kip, kip, kip" rappelant vaguement un Huîtrier pie (Haematopus ostralegus). Le cri du Bécassin à bec court est une succession de "kut-kut-kut-kut" un peu roulés qui rappelle le Tournepierre à collier (Arenaria interpres).

Écoutez ci-dessous un enregistrement des cris du Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus) réalisé par Ian Cruickshank le 14/08/2013 au Rocky Point Bird Observatory en Colombie-Britannique au Canada (source : Xeno-Canto Foundation) :



Écoutez ci-dessous un enregistrement des cris du Bécassin à bec court ou roux (Limnodromus griseus) réalisé par Paul Marvin à Gator Creek en Glore aux États-Unis le 16/08/2016 (source : Xeno-Canto Foundation) :

Synthèse des critères utiles pour distinguer les Bécassins à long bec et à bec court

Comme c'est souvent le cas pour réussir à identifier des espèces très similaires, il faut essayer de combiner le maximum de critères sur le terrain, surtout quand les conditions d'observation ne sont pas bonnes. 

Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus) Bécassin à bec court (Limnodromus griseus) Remarques
Couronne
Chez l'oiseau de première année, la couronne est gris sombre et contraste moins avec le reste de la tête, notamment avec les sourcils pâles Chez l'oiseau de première année, la couronne est gris-brun et contraste davantage avec les sourcils pâles Critère difficile à apprécier
Bec
Le bec est long et mesure plus de deux fois la longueur de la tête. Il est plus uniformément rectiligne que celui du Bécassin à bec court

Le bec est un peu plus court (une fois et demie la longueur de la tête) et le tiers distal est légèrement retombant, formant une courbure parfois évidente sous certains angles Ce critère n'est pas déterminant car il existe un  chevauchement important entre les deux espèces. En outre, la longueur du bec est liée au sexe (il est plus long chez la femelle). Enfin, la forme du bec, qui est flexible, peut être modifiée quand l'oiseau se nourrit
Front
Le profil est un peu moins abrupt Le profil est un peu plus abrupt Critère difficile à apprécier en fonction de l'angle de vue
Sourcils
Les sourcils pâles sont un peu moins arqués que ceux du Bécassin à bec court : ils sont ainsi un peu plus droits Ils sont un peu plus arqués Critère difficile à apprécier
Angle loral
Il est un peu plus étroit que chez le Bécassin à long bec Il est un peu plus ouvert (plus large)  C'est un critère intéressant car il est indépendant du plumage et de l'âge, mais il existe un certain chevauchement entre les deux espèces, et il peut être difficile à évaluer selon la position de la tête
Gorge En plumage hivernal, la gorge est grisâtre et contraste peu avec la poitrine sombre En plumage hivernal, la gorge est plus blanche et est donc assez visible chez les oiseaux qui dorment Chez la sous-espèce griseus du Bécassin à bec court, la gorge est plus foncée que chez les deux autres sous-espèces
Nuque En plumage d'hiver, la nuque gris clair contraste plus nettement avec la calotte foncée Le contraste est moins fort Critère difficile à apprécier
Forme du dos Le dos est arrondi car le bas présente une légère concavité. En outre, la queue remonte un peu Le dos est un peu plus plat et la queue est moins relevée Critère difficile à apprécier car variable en fonction de la position de l'oiseau
Rémiges tertiaires
Chez l'oiseau de première année, les rémiges tertiaires sont gris sombre uni avec une bordure pâle chamois ou rouille Chez l'oiseau de première année, l'intérieur gris sombre des rémiges tertiaires est marqué de marbrures chamois-roux, en "zigzag", et les bordures sont chamois-orange  Bon critère pour les oiseaux de première année
Couvertures alaires
Chez l'adulte en plumage nuptial, les extrémités des grandes et des moyennes couvertures (et les scapulaires) sont blanches et forment des "carrés" clairs Chez l'adulte en plumage nuptial, les grandes et moyennes couvertures (et les scapulaires) sont entièrement bordées de pâle, ce qui forme des "V" clairs. L'aile semble ainsi striée. Même lorsque le plumage est usé à la fin de l'été, plus de blanc est visible que chez le Bécassin à long bec Le dessus de l'aile semble globalement plus pâle chez la sous-espèce hendersoni du Bécassin à bec court que chez les sous-espèces caurinus et griseus
Longueur des ailes
À partir de la fin décembre de la première année et en plumage nuptial, l'extrémité de l'aile s'arrête généralement 1 mm avant l'extrémité de la queue À partir de la fin décembre de la première année et en plumage nuptial, l'extrémité de l'aile fermée atteint ou dépasse légèrement le bout de la queue Critère surtout valable pour les adultes. Attention, l'usure des plumes peut réduire leur longueur
Flancs En plumage hivernal, des barres verticales sombres sont visibles sur les flancs En plumage hivernal, les flancs sont plus pâles et sont ponctués de taches ou de chevrons gris clair plus espacés 
Poitrine La poitrine est plus forte, plus "bombée".
En plumage hivernal, une bande continue gris sombre est visible sur la poitrine et contraste avec le ventre clair.
Dans les plumages de premier été et nuptial, les côtés de la poitrine sont barrés (elles s'estompent à la fin de l'été à cause de l'usure)
En plumage hivernal, la poitrine est seulement marquée de points et de stries sombres. La teinte sombre est donc plus diffuse et moins étendue. Elle est interrompue par une zone  claire qui descend de la gorge pour rejoindre le ventre.
En plumage nuptial et de premier été, les côtés de la poitrine sont tachetés (mais à la fin de l'été, les taches s'estompent à cause de l'usure)
Chez la sous-espèce griseus du Bécassin à bec court, la démarcation entre la poitrine grise et le ventre blanc est plus floue que chez les deux autres sous-espèces
Couleur du dessous en plumage nuptial
Le dessous est entièrement rouge-orangé, avec des barres sombres verticales sur les flancs Le dessous est globalement plus orangé et le blanc est plus étendu sur les flancs, la poitrine et le ventre chez la sous-espèce griseus. Chez la sous-espèce hendersoni, la poitrine et le ventre sont rougeâtres Il existe de légères différences selon les sous-espèces du Bécassin à bec court : griseus est globalement la plus orangée et la plus claire dessous
Dessin de la queue
Généralement, les barres noires de la queue sont distinctement plus larges que les barres blanches Les barres blanches sont, en principe, au moins aussi larges que les barres noires (= les barres noires sont plus fines) Ce critère est variable et donc moyennement fiable : il existe des chevauchements entre les deux espèces. Le dessin varie aussi légèrement selon les sous-espèces du Bécassin à bec court (chez caurinus, les barres noires sont un peu plus larges que celles des deux autres sous-espèces)
Pattes Les pattes sont un peu plus longues : il se nourrit ainsi dans des eaux un peu plus profondes, ce qui est visible dans les troupes mixtes Les pattes sont légèrement plus courtes C'est un critère utile lors d'une comparaison directe
Habitats En dehors de la période nuptiale, le Bécassin à long bec s'arrête plutôt dans les marais d'eau douce En dehors de la période nuptiale, le Bécassin à bec court s'arrête plutôt sur les rivages (vasières et salines) 

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Bécassin à long bec (Limnodromus scolopaceus)

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À visiter sur le web

Le site web collaboratif www.faune-charente-maritime.org

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Sources

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