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Identification

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Identification d'un Aigle impérial immature en Camargue gardoise durant l'automne 2018

Un Aigle impérial, probablement de troisième année, a été découvert le 1er novembre dans le secteur du Mas de Surville.

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Identification d'un Aigle impérial immature en Camargue gardoise durant l'automne 2018

Aigle impérial (Aquila heliaca) de troisième année dans le secteur du Mas de Surville dans le département du Gard (France) en novembre 2018.
Photographie : Stephan Tillo

L'Aigle impérial (Aquila heliaca) est un grand rapace nichant de l'Europe centrale au lac Baïkal en Sibérie orientale. Le plumage de l'adulte est brun-noir, avec la nuque jaune-crème et les épaules (scapulaires) blanches, tandis que le juvénile et les immatures sont beige plus ou moins marqués de sombre en fonction de l'âge, le plumage définitif n'étant acquis que vers cinq ans, après plusieurs mues.
L'Aigle ibérique (Aquila adalberti), qui ne niche qu'en Espagne et au Portugal, est une espèce très proche qui était autrefois considérée comme une sous-espèce. La distinction des immatures des deux espèces est très délicate, et une confusion est aisée : il n'a donc pas été simple d'identifier et de déterminer l'âge d'un Aigle impérial immature (très probablement de troisième année) découvert le 1er novembre 2018 dans le secteur du Mas de Surville (Gard), et encore présent le 6 décembre au moins.
Après une présentation de l'Aigle impérial et de la succession de ses plumages en fonction des mues, nous décrivons cette donnée remarquable et nous énumérons les critères ayant permis d'identifier l'Aigle impérial qui a séjourné dans le Gard. Nous remercions Loup Noally, Stephan Tillo, Thomas Krumenacker et Marc Fasol pour leurs photos.

Abstract

The Eastern Imperial Eagle (Aquila heliaca) is a large raptor breeding from central Europe to the Baikal lake in eastern Siberia. The adult plumage is black-brown, with a yellow-cream nape and white (scapular) shoulders, while juvenile and immature are creme-beige with more or less dark markings depending on the age, the definitive plumage being acquired only in five or six years, after several moults. The Spanish Imperial Eagle (Aquila adalberti), which only breeds in Spain and Portugal, is a very closely related species that was once considered a subspecies. The distinction between the immature of the two species is very delicate, and a confusion is easy: the identification and the determination of the age of a third-year Eastern Imperial Eagle, discovered the 1st of November 2018 in the sector of Mas de Surville (Gard), Southern France, and still present on the 6th of December 2018, were the subject of discussion among birders.
After a presentation of the species and the succession of the different immature plumages, we present the remarkable data of an immature bird in South France and we enumerate the criteria to distinguish it from a young Spanish Imperial Eagle and to age it. We thank Loup Noally, Stephan Tillo, Thomas Krumenacker and Marc Fasol for their photos.

L'Aigle impérial (Aquila heliaca)

Aigle impérial (Aquila heliaca) adulte

Aigle impérial (Aquila heliaca) adulte durant la période de nidification en Slovaquie. Notez (1) la nuque crème, (2) le plumage globalement brun sombre et (3) les taches blanches sur les scapulaires (épaules).
Source : Ochrana dravcov na Slovensku
Longueur : 180-210 cm.

Description : l'Aigle impérial est un grand rapace proche de l'Aigle royal (Aquila chrysaetos), mais il est plus petit, avec des ailes plus rectangulaires et une queue plus courte. Ses ailes sont tenues pratiquement à l'horizontale lors du vol plané, alors qu'elles sont tenues en un "V" ouvert chez l'Aigle royal.
L’adulte typique est brun-noir, avec une nuque jaune-crème et deux zones blanches (scapulaires) de taille variable sur les épaules. Les rémiges primaires et secondaires sont gris foncé et contrastent avec les couvertures sous-alaires noirâtres. La queue est grise avec une large bande terminale noire.
Les juvéniles sont très clairs, brun clair ou sable, avec peu ou pas de plumes muées sur leur corps. Le dos, le cou, le haut de la poitrine et les flancs sont rayés de brun. Les rémiges, les rectrices et les couvertures sus-alaires sont noirâtres et leur extrémité est blanchâtre. Les rémiges primaires internes sont pâles et non barrées de sombre. Le bord de fuite (= arrière) de l'aile et l'extrémité de la queue sont bordés de blanc.
Les plumages intermédiaires sont bigarrés de clair et de sombre, du fait de la croissance graduelle des plumes foncées.
 

Un plumage adulte acquis après quatre mues

Il est généralement admis que l'Aigle impérial acquiert son plumage adulte en cinq ans, après quatre mues, même si pour Dick Forsman, spécialiste mondial de l'identification des rapaces, les grands aigles revêtent leur plumage définitif en six ans. Aucune mue annuelle n'est complète, et l'état de mue des rémiges primaires et secondaires est crucial pour déterminer la séquence du plumage et donc l'âge de l'oiseau.

Cinq plumages se succèdent jusqu'à celui de l'adulte :
  • le plumage de première année (dont celui de juvénile) est globalement beige sable, avec le manteau, le cou, la poitrine, le haut du ventre, les flancs et les couvertures alaires rayés de brun. Le bas du ventre, les cuisses et le bas du dos sont unis et contrastent donc avec le reste du plumage. Les rémiges, les rectrices et les couvertures sus-alaires sont noirâtres bordées de pâle. Trois rémiges primaires internes sont claires et forment une "fenêtre" claire  bien visible sous l'aile.
  • Le plumage de seconde année ressemble au plumage juvénile, mais on note déjà de nombreuses plumes muées (plus sombres).
  • Le plumage de troisième année a une allure de "damier" car de nombreuses nouvelles plumes sombres ont poussé sur le corps et sur les couvertures alaires.
  • Le plumage de quatrième année est également bariolé, mais il est globalement plus sombre que celui d'un oiseau de troisième année, et les plumes de la queue ressemblent déjà à celles de l'adulte;
  • le plumage de cinquième année (= subadulte) ressemble pratiquement à celui de l'adulte, mais il reste un nombre variable de plumes immatures, notamment au niveau des couvertures sous-alaires.

Habitat

Aigle impérial (Aquila heliaca) de première année

Aigle impérial (Aquila heliaca) de première année dans la vallée d'Hula (Israël) en hiver : il est posé sur un cadavre de Grue cendrée (Grus grus).
Notez le plumage globalement beige, (1) le cou, les flancs et le haut de la poitrine fortement striés de brun sombre, (2) les couvertures  sus-alaires bordées de blanc et (3) le bas du ventre et les cuisses beige uni.
Photographie : Thomas Krumenacker / Krumenacker.de
L'Aigle impérial niche dans des zones ouvertes (steppes, cultures... ) parsemées ou non d'arbres. Il hiverne dans des zones de cultures, steppiques ou de marais.

Biologie

Les deux membres du couple sont fidèles entre eux et à leur territoire de reproduction. Le nid est construit par les deux partenaires dès le mois de février. Il est habituellement placé sur de grands arbres, souvent en lisière de forêt, parfois sur des arbres isolés. La nidification commence à la fin du mois de mars. La femelle pond de deux à trois œufs qui sont couvés pendant 41 à 44 jours. Pendant la période d'incubation, les aigles sont très sensibles aux perturbations. Deux à trois aiglons sont élevés pendant environ 70 jours.
La plupart des jeunes quittent leur nid dans la seconde moitié de juillet. Les immatures sont migrateurs (lire Les périples de deux jeunes Aigles impériaux slovaques entre 2017 et 2018). Les adultes hivernent généralement non loin de leurs sites de nidification.
Les Aigles impériaux chassent principalement des petits mammifères, mais aussi des oiseaux comme les pigeons ou les faisans (lire Étudier, observer et protéger l'Aigle impérial en Slovaquie). Ils peuvent manger des charognes, comme le montre une photo de Thomas Krumenacker prise dans la vallée de Hula (Israël), où l'on voit un jeune sur un cadavre de Grue cendrée (Grus grus).
Si l'occasion se présente, l'Aigle impérial peut enfin voler des proies à d'autres rapaces (lire L’Aigle impérial peut assez fréquemment se comporter comme un voleur).

Répartition

L’Aigle impérial niche de façon discontinue de l'Europe centrale à la Sibérie orientale à l'est, et à la Turquie et au sud de la Russie au sud-est. C’est une espèce très menacée en Europe, avec seulement 400 à 500 couples recensés. Il hiverne au sud de cette aire de répartition, en particulier dans le sous-continent indien et au Moyen-Orient (lire Observer les oiseaux dans le nord-ouest du Néguev et Hula Bird Festival 2012 : grues, aigles et compagnie).

Aigles impérial et ibérique

La population de la péninsule ibérique (Portugal et Espagne), autrefois rattachée à l'Aigle impérial, est désormais considérée comme une espèce à part entière appelée Aigle ibérique (Aquila adalberti) : elle s’en distingue par des différences génétiques, de plumage (le juvénile est roussâtre et l'adulte a le bord antérieur des ailes blanc), de morphologie et d’écologie. En dehors des plumages juvénile et adulte, les Aigles ibériques immatures sont très difficiles à distinguer des Aigles impériaux du même âge.
Autrefois au bord de l'extinction, le statut de l'Aigle ibérique s'est amélioré depuis une vingtaine d'année grâce à des mesures de conservation énergiques et efficaces (lire La population d'Aigles ibériques semble avoir poursuivi sa progression en 2017).

Aigle impérial (Aquila heliaca) de première année

Aigle impérial (Aquila heliaca) de première année dans la vallée d'Hula (Israël) en hiver. Notez le plumage globalement beige, (1) le cou, les couvertures sous-alaires, le haut de la poitrine et les flancs fortement striés de brun sombre, (2) la "fenêtre" pâle au niveau des rémiges primaires internes, (3) les rémiges secondaires noirâtres bordées de blanc et (4) le bas du ventre et les cuisses beige uni.
Photographie : Thomas Krumenacker / Krumenacker.de
Aigle ibérique (Aquila adalberti) de première année

Aigle ibérique (Aquila adalberti) de première année près de Tanger (Maroc) le 12/09/2017. Notez la tête, le cou et les parties inférieures (poitrine, ventre et couvertures sous-alaires) beige-roux uni (non striées de sombre).
Photographie :  Rachid El Khamlichi / Magornitho.org

Quelques caractéristiques des plumages immatures de l'Aigle impérial

Plumage de seconde année

Aigle impérial (Aquila heliaca) de troisième année

Aigle impérial (Aquila heliaca) de troisième année dans le secteur du Mas de Surville (Gard) en novembre 2018. Notez (1) les couverture sus-alaires brun-jaune marquées de brun sombre, (2) les rémiges primaires sombres, certaines étant un peu plus pâles (plus récentes certainement), (3) les rémiges secondaires  sombres, qui ont en grande partie déjà mué, et (4) les couvertures sus-caudales blanchâtres.
Photographie : Loup Noally

L'oiseau de deuxième année ressemble au juvénile, mais son plumage est plus  bariolé de clair et de sombre. Les rémiges primaires ont commencé à muer de la P1 vers la P8, les plus internes étant plus pâles. On note un mélange de plumes neuves et juvéniles : beaucoup de rémiges secondaires ont en effet été remplacées par des plumes très similaires. Les nouvelles plumes du corps, de la queue et des couvertures sont presque identiques à celles du plumage juvénile.

Plumage de troisième année

Le dessus et le dessous du corps de l'oiseau de troisième année sont globalement gris-beige jaunâtre. Les stries sombres sur les couvertures sus- et sous-alaires sont assez visibles. On note un nombre variable de plumes sombres sur le corps et sur les couvertures alaires. Une nouvelle "vague" de mue des rémiges primaires P1 à P4 s'est déclenchée, les plus récentes étant un peu plus pâles que les autres, avec une extrémité sombre.
La plupart des rémiges secondaires ont été remplacées, mais une ou deux plumes juvéniles subsistent sur chaque aile. Les nouvelles rémiges secondaires sont plus sombres, avec d'étroites bandes claires, une large barre subterminale sombre et une étroite extrémité blanchâtre.
Trois ou quatre nouvelles plumes de la queue ont une extrémité sombre, et les couvertures sus-caudales sont blanchâtres. Le croupion présente un mélange de taches blanches et sombres.

Plumage de quatrième année

L'oiseau de quatrième année est encore plus sombre que l'oiseau de troisième année du fait de la pousse de nouvelles plumes foncées sur le corps et sur les couvertures. Une nouvelle vague de mue des rémiges primaires P1 à P3 s'est déclenchée. Toutes les rémiges secondaires ont une extrémité sombre (et une très étroite bordure blanche). Plus de huit plumes de la queue sont  du type adulte, avec une large extrémité noire, et les couvertures sus-caudales sont presque entièrement noires.

Plumage de cinquième année

L'oiseau de cinquième année (subadulte) ressemble beaucoup à celui de l'adulte, mais quelques plumes immatures subsistent sur le corps et sur les couvertures, essentiellement sous-alaires. Le dessous des plumes du vol (rémiges) est étroitement barré de sombre.

Observation d'un Aigle impérial de troisième année en Camargue gardoise en novembre et décembre 2018

Situation du Mas de Surville (Gard)

Situation du Mas de Surville (Gard).
Carte : Ornithomedia.com

La Camargue est une vaste zone humide principalement située dans le département des Bouches-du-Rhône, une partie s'étend aussi dans le Gard, où elle forme la Petite Camargue ou Camargue gardoise. Cette dernière constitue le bastion français de l'Ibis falcinelle (Plegadis falcinellus) (lire L'impressionnante progression de l'Ibis falcinelle en Camargue gardoise depuis 2006) et de la Talève sultane (Porphyrio porphyrio) (lire Observer la Talève sultane et l'Ibis falcinelle en Camargue gardoise).
En hiver, les rapaces profitent des grands rassemblements de canards et de foulques, principalement des Busards des roseaux (Circus aeruginosus), mais des espèces plus rares y séjournent chaque année, comme l'Aigle criard (Aquila clanga) (lire Identification en photos des Aigles criard et pomarin).
Le 1er novembre 2018, un oiseau de proie encore plus inhabituel a été découvert dans le secteur du Mas de Surville (commune de Saint-Gilles) puis signalé sur www.ornitho.fr : un Aigle impérial de troisième année, dont l'identification et l'âge ont fait l'objet de discussions. L'hypothèse d'un possible jeune Aigle ibérique, évoquée au départ, a rapidement été écartée.
De nombreux amateurs se sont rendus sur place et ont décrit son comportement : il cerclait parfois haut dans le ciel, chassait au-dessus des rizières, des marais et des enclos à canards (des proies ont été vues dans ses serres), et était souvent posé au sol (sa démarche a été qualifiée de "comique") ou sur des tamaris, des saules et des peupliers (dortoir probable dans un arbre). Il se nourrissait parfois de cadavres d'animaux au bord de l'eau. Quelques interactions avec des Aigles criards et bottés (Aquila pennata) ont été signalées.

Carte du secteur où l'Aigle impérial de troisième année a séjourné dans le Gard durant l'automne 2018

Secteur où l'Aigle impérial (Aquila heliaca) de troisième année a séjourné durant l'automne 2018.
Carte : Ornithomedia.com

Cet Aigle impérial immature a été noté dans plusieurs endroits en novembre et en décembre 2018 (il était encore présent le 6/12 au moins, voir une synthèse d'observations dans notre rubrique Observations) dans les communes de Saint-Gilles et de Vauvert. Il a été observé depuis les petites routes (notamment la D202) et la plateforme d'observation (accès : 5 euros) du Mas du Hasard (chambre d'hôtes) : Mas de Surville, marais de La Souteyranne, Les Cargattes, Mas neuf de Capette, Mas des Iscles, Quatret, Mas de Bramasset, Baisse de la Rodonne, marais de Coute et de Sylvéréal... Il a même survolé les costières au nord du château d'eau jouxtant le canal du Bas-Rhône-Languedoc et le Château d'Or et de Gueules (caveau).

Les observateurs ont noté les détails suivants :

  • une poitrine nettement striée de sombre  (à la différence de l'Aigle ibérique)
  • des couvertures sus-alaires et sous-alaires beige striées de clair
  • des parties supérieures et inférieures gris-beige jaunâtre très évident
  • une taille supérieure à celle de l'Aigle criard, nettement plus sombre
  • des pattes plus courtes et une queue plus longues que celles de l'Aigle criard
  • une gorge sombre.
Aigle impérial (Aquila heliaca) de troisième année

Aigle impérial (Aquila heliaca) de troisième année et Busard des roseaux (Circus aeruginosus) dans un marais du secteur du Mas de Surville (Gard) en novembre 2018. Notez la différence de taille et de corpulence, le plumage paraissant beige de loin en dehors des rémiges et des rectrices sombres, et les ailes rectangulaires.
Photographie : Stéphan Tillo
Aigle impérial (Aquila heliaca) de troisième année

Aigle impérial (Aquila heliaca) de troisième année chassant dans un marais du secteur du Mas de Surville (Gard) en novembre 2018. Notez (1) la gorge sombre et (2) le dessous globalement beige (strié de sombre).
Photographie : Stéphan Tillo


Les critères permettant d'écarter un jeune Aigle ibérique

Aigle ibérique (Aquila adalberti) immature

Aigle ibérique (Aquila adalberti) immature (a priori de troisième année), Estrémadure (Espagne), printemps 2018. Notez (1) le plumage du dessus nettement teinté de roux et bariolé de brun sombre (et de blanc sur les ailes).
Photographie : Marc Fasol

Comme nous l'avons rappelé plus haut, l'Aigle ibérique était autrefois rattaché à l'Aigle impérial, et ces deux espèces sont très proches. L'identification des plumages immatures est très délicate. L'Aigle ibérique aurait déjà été observé à quelques rares reprises en Camargue, mais étant donné les risques élevés de confusion avec l'Aigle impérial, peu de données ont été  été confirmées : celles de 1829 et du 14 janvier 1999 pourraient néanmoins être retenues, en attendant confirmation de celle de 1853.

Les critères suivants peuvent être utilisés pour différencier les juvéniles et les immatures des deux espèces  :

  • l'Aigle ibérique est plus compact, avec les ailes proportionnellement plus courtes et plus larges, la queue plus longue et le bec plus massif;
  • L'Aigle ibérique juvénile a un dessous (cou, poitrine, ventre couvertures sous-alaires) roux chaud  globalement uni (rares stries sombres sur la poitrine), et des rémiges primaires internes blanches translucides.
  • Les Aigles ibériques de deuxième et de troisième année ont aussi les parties inférieures roussâtres, mais ils sont globalement plus clairs que le juvénile, et leur teinte s'éclaircit encore quand leur plumage est usé.
  • L'Aigle ibérique de troisième année est difficile à distinguer de l'Aigle impérial du même âge, mais ses parties inférieures sont généralement plus rousses (mais attention, certains oiseaux sont parfois beige "froid" !), et sa poitrine et ses parties supérieures sont moins fortement striées de sombre.
  • L'Aigle ibérique de quatrième année se distingue de l'Aigle impérial du même âge par le large bord de fuite blanc bien visible à l'arrière de l'aile. Son front et sa couronne sont plus sombres, et sa queue est faiblement barrée de sombre.

Détermination de l'âge de l'oiseau de Camargue

L'âge de l'Aigle impérial immature qui été découvert dans le Gard en novembre 2018 n'a pas été facile à évaluer, mais plusieurs éléments ont permis de pencher vers un oiseau de troisième année :

  • des parties supérieures et inférieures gris-beige jaunâtre
  • des stries sombres sur les couvertures sus et sous-alaires assez visibles
  • des plumes sombres sur le corps et les couvertures alaires (aspect bariolé)
  • certaines rémiges primaires P1 à P4 qui ont mué (plus claires et avec une extrémité sombre)
  • quelques rémiges secondaires juvéniles (plus pâles) encore présentes parmi les secondaires neuves plus sombres (finement striées de sombre, large barre subterminale noire et  étroite extrémité blanche)
  • des couvertures sus-caudales blanchâtres
  • des rectrices dont certaines plus sombres (muées).
  • un croupion bariolé de sombre.
Aigle impérial (Aquila heliaca) de troisième année

Aigle impérial (Aquila heliaca) de troisième année dans le secteur du Mas de Surville (Gard) en novembre 2018. Notez  (1) la gorge sombre, (2) le dessous beige strié de sombre et (3) les couvertures sus-alaires striées de sombre.
Photographie : Loup Noally
Aigle impérial (Aquila heliaca) de troisième année

Aigle impérial (Aquila heliaca) de troisième année dans le secteur du Mas de Surville (Gard) en novembre 2018. Notez (1) la gorge sombre et (2) le cou nettement strié de sombre.
Photographie : Loup Noally
Aigle impérial (Aquila heliaca) de troisième année

Aigle impérial (Aquila heliaca) de troisième année, secteur du Mas de Surville (Gard) en novembre 2018. Notez (1 les couvertures sus-alaires striées de sombre, (2) les rémiges primaires sombres, certaines plus pâles que d'autres, (3) les rémiges secondaires sombres, (4) l'étroit bord de fuite pâle, (5) le croupion bariolé de sombre, (6) les couvertures sus-caudales blanches et (7) les rectrices sombres, dont certaines sont plus sombres (nouvelles).
Photographie : Loup Noally
Aigle impérial (Aquila heliaca) de troisième année

Aigle impérial (Aquila heliaca) de troisième année chassant dans une zone de marais dans le secteur du Mas de Surville (Gard) en novembre 2018. Notez (1) la gorge sombre, (2) et (3) les rémiges primaires sombres, certaines étant plus claires que les autres, (4) l'étroit bord de fuite blanc et (5) le dessous beige strié de sombre sur la poitrine et les flancs.
Photographie : Loup Noally
Aigle impérial (Aquila heliaca) de troisième année

Aigle impérial (Aquila heliaca) de troisième année, secteur du Mas de Surville (Gard) en novembre 2018. Notez (1 les couvertures sous-alaires beige striées de sombre, (2) et (3) les rémiges primaires sombres, certaines plus pâles que d'autres, et (4) les rectrices sombres dont certaines ont mué (bords irréguliers de la queue).
Photographie : Loup Noally
Aigle impérial (Aquila heliaca) de troisième année

Aigle impérial (Aquila heliaca) de troisième année chassant dans une zone de marais dans le secteur du Mas de Surville (Gard) en novembre 2018. Notez (1) le dessous beige strié de sombre, (2) les couvertures sous-alaires beige strié de sombre, (3) et (4) les rémiges primaires dont certaines plus pâles (muées), et (5) les rectrices sombres.
Photographie : Loup Noally

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Aigle impérial (Aquila heliaca)

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Aigle impérial (Aquila heliaca)

Sur le web

Sources

  • MaghrebOrnitho (2017). Spanish Imperial Eagle dispersion in North Africa in 2017. Maghrebornitho. Septembre. www.magornitho.org
  • Daniel Lopez Vasco (2012). Spanish Imperial Eagle – Variation in juveniles and immatures. Birding Frontiers. Date : 05/09. https://birdingfrontiers.wordpress.com
  • Stéphane Duchateau (2007). Statut de l'Aigle ibérique Aquila adalberti en France. Alauda. Numéro : 1. Pages : 33-42. www.gopa-pyrénées.fr
  • William S. Clark (2004). Immature Plumages of the Eastern Imperial Eagle Aquila heliaca. Raptors Worlwide. www.raptors-international.org

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