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Identifier les pouillots originaires de Sibérie

Nous avons complété notre article avec des photos d'un Pouillot brun découvert le 16/11/2018 sur les rives de l'étang de Lannénec, près de Ploemeur (Morbihan).

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Identifier les pouillots originaires de Sibérie

Pouillot brun (Phylloscopus fuscatus), étang de Lannénec, Ploemeur (Morbihan), le 23/11/2018 (il a été découvert le découvert le 16/11). Il était loquace (cris : des "tèc !"), peu farouche et présentait une particularité  : l'une de ses rémiges tertiaires était en partie blanche.
Photographie : Yves Blat

Les pouillots (Phylloscopus sp.) sont des passereaux de petite taille qui effectuent souvent de grandes migrations. Lors de leur migration post-nuptiale, de nombreux individus s'égarent et se retrouvent loin de leur aire de répartition habituelle. Chaque automne, et en particulier en octobre et en novembre, des pouillots d'origine sibérienne atteignent ainsi l'Europe de l'Ouest, les plus "réguliers" étant les Pouillots à grands sourcils (Phylloscopus inornatus), de Sibérie (P. collybita tristis), brun (P. fuscatus), de Pallas (P. proregulus), de Schwarz (P. schwarzi),  de Hume (P. humei), verdâtre (Phylloscopus trochiloides) et boréal (P. borealis). Depuis plusieurs années, les Pouillots à grands sourcils et de Sibérie sont de plus en plus fréquents, y compris en hiver.
Dans cet article, Valéry Schollaert et Véronique Adriaens nous donnent quelques conseils pour identifier ces huit passereaux. Nous remercions tous les photographes qui nous ont aidés à illustrer cet article.

Abstract

The Leaf-warblers (Phylloscopus sp.) are small migrants. During their fall migration, many of them can be found far away from their usual range. Every autumn, and in particular in October and November, Leaf-warblers coming from Siberia reach Western Europe, the most "regular" being the Yellow-browed Warbler (Phylloscopus inornatus), the Siberian Chiffchaff (P. collybita tristis), the Dusky Warbler (P. fuscatus), the Pallas Leaf-warbler (P. proregulus), the Radde's Warbler (P. schwarzi), the Hume's Leaf-warbler (P. humei), the Greenish Warbler (P. trochiloides) and the Arctic Warbler (P. borealis). Since several years, the Yellow-browed Warbler and the Siberian Chiffchaff are more and more frequent, including during the winter.
In this article Valéry Schollaert and Véronique Adriaens give us a piece of advice to identify these eight species. We thank all the photographers who helped us illustrating this article.

Arrivées automnales et hivernales

Hypothèse de l'existence d'une zone d'hivernage en Europe de l'Ouest et en Afrique du Nord

Hypothèse de l'existence d'une zone d'hivernage du Pouillot à grands sourcils en Europe de l'Ouest et en Afrique du Nord.
Carte : Ornithomedia.com

En Europe de l'Ouest, les pouillots originaires de Sibérie sont principalement observés en automne (de septembre à novembre), et de plus en plus souvent en hiver pour certaines espèces. Le Pouillot à grands sourcils (Phylloscopus inornatus) est, avec le Pouillot véloce sibérien (Phylloscopus collybita tristis), l'espèce la plus régulière et la plus nombreuse.
Nous avons déjà publié plusieurs articles (Le Pouillot à grands sourcils, futur visiteur hivernal de nos jardins ?Arrivées de pouillots sibériens en automne : des cas de "zwischenzug" ? et Comment arrivent les oiseaux rares ?) présentant les hypothèses pouvant expliquer les arrivées de plus en plus nombreuses et régulières de Pouillots à grands sourcils en Europe de l'Ouest, dont voici une petite synthèse :

  • existence d'une zone d'hivernage méconnue ou en formation dans l’Ouest et le Sud-Ouest de l'Europe et dans le Nord-Ouest de l'Afrique.
  • Une migration inversée, au cours de laquelle des pouillots (majoritairement des oiseaux de premier hiver) se dirigeraient en automne vers l'Europe au lieu de rejoindre l'Asie du Sud ou de l'Ouest pour hiverner.
  • Une migration exploratoire (ou "zwischenzug"), au cours de laquelle les pouillots qui se sont dirigés vers l'Europe en automne rejoindraient plus tard dans la saison leurs sites d'hivernage classiques asiatiques (ce qui expliquerait le faible nombre de données printanières) (lire Arrivées de pouillots sibériens en automne : des cas de "zwischenzug" ?).
  • Une augmentation de la population à l’ouest de l’Oural, multipliant mécaniquement les probabilités d'observations. En 1950, il était considéré comme assez rare, et il a été qualifié de "localement abondant" en 1990 (de 45 000 à 46 000 couples).
  • Une dispersion postnatale aléatoire des jeunes, dont l'intensité peut varier en fonction des conditions météorologiques. La présence d'un anticyclone au-dessus de la Sibérie combinée à une activité dépressionnaire sur le nord-ouest de l'Europe peut provoquer un afflux (lire L'influence de la météo sur l'observation des oiseaux).
  • Le réchauffement climatique, qui contribuerait à l'augmentation du nombre de certains passereaux sibériens (dont le Pouillot à grands sourcils) en Europe de l'Ouest en automne (lire Afflux de Pouillots à grands sourcils et réchauffement climatique).
  • L'augmentation du nombre d'observateurs et de leurs connaissances ainsi que des moyens de partager leurs données (sites web, forums, applications sur smartphones).

Identifier les pouillots originaires de Sibérie : remarques générales

Pour identifier correctement un pouillot originaire de Sibérie, il faut évidemment être capable d'écarter les Pouillots véloce (Phylloscopus collybita) et fitis (Phylloscopus trochilus), deux espèces communes en Europe de l'Ouest (lire Distinguer les Pouillots fitis et véloce). Tous les pouillots sibériens cités dans cet article, sauf les Pouillots brun (P. fuscatus) et de Schwarz (P. schwarzi), présentent au moins une barre alaire sur les couvertures. Les Pouillots brun et de Schwarz ressemblent au Pouillot véloce, et on les distingue du Pouillot fitis par leurs ailes bien plus courtes (projection des primaires inférieure égale à la moitié de la longueur des tertiaires), à leur aspect très brun et leur queue moins échancrée, voire arrondie au bout.
En automne et en hiver, les pouillots originaires de Sibérie ne chantent généralement pas, et c'est pour cela que nous n'avons présenté que les cris de contact pour chaque espèce : ils constituent des critère d'identification précieux.

Les Pouillots brun (Phylloscopus fuscatus) et de Schwarz (P. schwarzi)

Pouillot de Schwarz (P. schwarzi)

Pouillot de Schwarz (Phylloscopus schwarzi). Notez (1) la grosse tête avec sourcils clairs larges et marqués derrière l'œil, (2) les parties supérieures vert olive, (3) parties inférieures chamois sale, (4) le bec court, fort, obtus, relativement large à la base et pâle, avec le culmen et la partie subterminale de la mandibule inférieure brunâtres, (5) les pattes claires (jaunâtre terne) et (6) la queue peu échancrée.
Photographie : Lip Kee / Wikimedia Commons

Au niveau du "jizz" (lire Définition du "jizz"), le Pouillot brun rappelle le Pouillot véloce (P. collybita) mais il a les projections primaires bien plus courtes, les pattes pâles (souvent sombres, noirâtres chez le Pouillot véloce), une queue moins échancrée, voire arrondie au bout. Les parties inférieures du Pouillot brun sont moins pâles, le sourcil généralement plus long et plus net, le trait sourcilier plus distinct. De plus, le Pouillot véloce a souvent des nuances jaunes sur le bord de l'aile et olive sur les secondaires, les bords de la queue et du dos aux sus-caudales.
Le Pouillot brun ressemble à l'autre pouillot originaire de Sibérie sans barre alaire, le Pouillot de Schwarz. Celui-ci se distingue du Pouillot véloce par ses pattes très pâles, sa projection primaire légèrement plus courte et des sourcils pâles, forts et marqués contrastant nettement avec les lores et les traits sourciliers noirs. Comparé au Pouillot brun, le Pouillot de Schwarz a une queue moins échancrée,  arrondie lorsqu'elle est ouverte, tandis que celle du Pouillot brun présente une échancrure nette lorsqu'elle est fermée et semble également arrondie lorsqu'elle est légèrement ouverte.
Le Pouillot de Schwarz a une plus grosse tête et un corps plus allongé que le Pouillot brun. Entre ces deux espèces, on peut également noter une différence au niveau du bec : le bec du Pouillot de Schwarz est court, fort, obtus, relativement large à la base, pâle avec le culmen (= arête dorsale de la mandibule supérieure du bec) et la partie subterminale de la mandibule inférieure brunâtres, tandis que celui du Pouillot brun est fin, pointu, pâle à la base et sombre au niveau de la mandibule supérieure et du tiers apical (= extrémité) de la mandibule inférieure. Les pattes du Pouillot de Schwarz sont généralement plus fortes et plus claires que celles du Pouillot brun, chez qui elles sont donc minces et de couleur allant du jaunâtre terne au brunâtre foncé (le plus souvent, brun rougeâtre) avec l'arrière des tarses plus pâle.
En automne, les Pouillots de Schwarz ont généralement les parties supérieures vert olive qui contrastent avec le ventre blanchâtre, les flancs chamois terne et les sous-caudales chamois chaud. Certains individus sont brun chamois et peuvent être plus facilement confondus avec le Pouillot brun; toutefois, le dessin au niveau de la tête est différent entre ces deux espèces : le Pouillot de Schwarz a des sourcils plus larges et plus marqués derrière l'œil, souvent jaunâtres, plus clairs à l'arrière et plus foncés à l'avant. Chez le Pouillot brun, c'est plutôt le contraire : ils sont plus clairs à l'avant et plus foncés (chamois) à l'arrière.

Le cri du Pouillot brun est un "tec" dur. Écoutez ci-dessous les cris d'un Pouillot brun (source : Xeno-Canto) :

Le cri du Pouillot de Schwarz est un doux "chrep" ou "quip", un peu nasillard, parfois émis en série. Écoutez ci-dessous les cris d'un Pouillot de Schwarz (source : Xeno-Canto) :



Pouillot brun (Phylloscopus fuscatus)

Pouillot brun (Phylloscopus fuscatus), Stavoren, Frise (Pays-Bas), le 7/11/2015. Notez : (1) les sourcils longs et nets, plus clairs à l'avant de l'oeil et surlignés par des lores et un trait sourcilier sombres, (2) les ailes et le dos gris-brun uniforme, (3) les parties inférieures chamois, (4) le bec fin, pointu et sombre à base plus pâle, (5) la projection primaire courte et (6) les pattes brun rougeâtre (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Marc Fasol
Pouillot brun (Phylloscopus fuscatus)

Pouillot brun (Phylloscopus fuscatus), Stavoren, Frise (Pays-Bas), le 7/11/2015. Notez : (1) les sourcils clairs longs et nets, plus clairs à l'avant de l'oeil et surlignés par des lores et un trait sourcilier sombres, (2) les ailes et le dos gris-brun uniforme, (3) les parties inférieures chamois, (4) le bec fin, pointu et sombre à base plus pâle, (5) la projection primaire courte, (6) les pattes brun rougeâtre et (7) les parotiques (joues) sombres et unies (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Marc Fasol
Pouillot brun (Phylloscopus fuscatus)

Pouillot brun (Phylloscopus fuscatus), Stavoren, Frise (Pays-Bas), le 7/11/2015. Notez : (1) les sourcils clairs longs et nets, plus clairs à l'avant de l'oeil et surlignés par des lores et un trait sourcilier sombres, (2) les ailes et le dos gris-brun uniforme, (3) les parties inférieures chamois, (4) le bec fin, pointu et sombre à base plus pâle, (5) la projection primaire courte, (6) les pattes brun rougeâtre et (7) la queue échancrée quand elle est fermée (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Marc Fasol
Pouillot brun (Phylloscopus fuscatus)

Pouillot brun (Phylloscopus fuscatus), étang de Lannénec, Ploemeur (Morbihan), le 23/11/2018. Notez : (1) les sourcils clairs longs et nets, plus clairs à l'avant de l'oeil et surlignés par des lores et un trait sourcilier sombres, (2) les ailes et le dos gris-brun uniforme, (3) les pattes brun rougeâtre, (4) le bec fin et pointu à base plus pâle, (5) les ailes courtes, (6) les parties inférieures chamois et (7) la queue échancrée quand elle est fermée (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Yves Blat
Pouillot brun (Phylloscopus fuscatus)

Pouillot brun (Phylloscopus fuscatus), étang de Lannénec, Ploemeur (Morbihan), le 23/11/2018. Notez : (1) les sourcils clairs longs et nets, plus clairs à l'avant de l'oeil et surlignés par des lores et un trait sourcilier sombres, (2) les ailes et le dos gris-brun uniforme, (3) les ailes courtes (une rémige tertiaire en partie blanche est visible chez cet oiseau), (4) le bec fin et pointu à base plus pâle, (5) les ailes courtes et (3) les pattes brun rougeâtre (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Yves Blat
Pouillot brun (Phylloscopus fuscatus)

Pouillot brun (Phylloscopus fuscatus), étang de Lannénec, Ploemeur (Morbihan), le 23/11/2018. Notez : (1) les sourcils clairs longs et nets, (2) les ailes et le dos gris-brun uniforme, (3) les pattes brun rougeâtre, (3) les parties inférieures chamois, (4) les ailes courtes et (6) les pattes brun rougeâtre (pouvant sembler plus claires avec l'éclairage) parties inférieures chamois. Chez cet oiseau, (5) une rémige tertiaire en partie blanche est visible (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Yves Blat
Pouillot de Schwarz (Phylloscopus schwarzi)

Pouillot de Schwarz (Phylloscopus schwarzi), Happy Island (Chine), mai 2005. Notez (1) les sourcils clairs larges et marqués derrière l'œil, (2) les parties supérieures vert olive, (3) les parties inférieures chamois sale, (4) le bec court, fort, obtus, relativement large à la base et pâle et (5) les pattes claires (jaunâtre terne).
Photographie : Jacques-André Leclercq
Pouillot de Schwarz (Phylloscopus schwarzi)

Pouillot de Schwarz (Phylloscopus schwarzi), Happy Island (Chine), mai 2005. Notez (1) les sourcils clairs larges et marqués derrière l'œil, (2) les parties supérieures vert olive, (3) les parties inférieures chamois sale, (4) le bec court, fort et pâle et (5) les pattes claires (jaunâtre terne).
Photographie : Jacques-André Leclercq


Le Pouillot de Sibérie (Phylloscopus collybita tristis)

Le Pouillot véloce est représenté en Sibérie par le taxon P. c. tristis et des individus de cette population s'égarent parfois chez nous également. Cette sous-espèce est parfois considérée comme une espèce à part entière : le Pouillot véloce sibérien ou Pouillot de Sibérie (Phylloscopus tristis) (lire Identifier les Pouillots véloces tristis, abietinus et fulvescens). Il est très terne sur le corps avec des couleurs brun gris très froides, des projections primaires un peu plus longues que les oiseaux occidentaux, et les ailes présentent des liserés verts ou jaunâtre pâles, l'aile étant ainsi le contraste principal de ces individus avec le sourcil qui est généralement plus large sur l'arrière que chez les collybita.

Le cri du Pouillot véloce sibérien est distinct de ceux des Pouillot véloce occidentaux (P. c. collybita) et scandinaves (P. c. abietinus). : c'est un "tuii" dissyllabique, parfois un "tiiu". Écoutez ci-dessous les cris typiques d'un Pouillot véloce sibérien (source : Xeno-Canto) :

Pouillot véloce (Phylloscopus collybita tristis)

Pouillot véloce sibérien (Phylloscopus collybita tristis) : (1) dessus terne brun gris, (2) ailes présentent des liserés verts ou jaunâtre pâles, contrastant un peu avec le reste du corps et (3) sourcil généralement plus large sur l'arrière que chez P. c. collybita.
Photographie : Benoît Paepegaey
Pouillot véloce (Phylloscopus collybita tristis)

Pouillot véloce sibérien (Phylloscopus collybita tristis) : (1) sourcil généralement plus large sur l'arrière que chez P. c. collybita.
Photographie : Benoît Paepegaey
Pouillot véloce scandinave (P. c. abietinus)

Pouillot véloce scandinave (P. c. abietinus).
Photographie : Matthieu Canevet
Pouillot véloce occidental (P. c. collybita)

Pouillot véloce (P. c. collybita) : (1) sourcil moins large à l'arrière que chez P. c. tristis.
Photographie : Joël Bruezière / Eyesonsky.com


Le Pouillot de Pallas (Phylloscopus proregulus)

Le plus typique de ces cinq espèces est le Pouillot de Pallas (Phylloscopus proregulus) dont l'identification ne pose aucun problème dans des conditions d'observations acceptables. En effet, cette espèce est caractérisée par un sourcil jaune très marqué, long et large, une raie sommitale généralement jaune, un croupion jaune (souvent visible lorsqu'il volette sur place comme un roitelet), une double barre alaire et le bord des tertiaires jaunes également. Il est à noter qu'en plumage usé, les sourcils, la raie sommitale et les 2 barres alaires peuvent être jaune pâle ou blanchâtres plutôt que jaunes; toutefois, la base des sourcils reste toujours avec une nuance de jaune.

Le Pouillot de Pallas est assez silencieux. Son cri le plus habituel est un "tchui" assez discret, doux, nasillard, légèrement montant. Il lance aussi parfois un "pih" plus fin. Écoutez ci-dessous les cris du Pouillot de Pallas (source : Xeno-Canto) :

Pouillot de Pallas (Phylloscopus proregulus)

Pouillot de Pallas (Phylloscopus proregulus) : (1) sourcil jaune très marqué, (2) raie sommitale généralement jaune et (3) double barre alaire.
Photographie : Jean-Marc Guilpain
Pouillot de Pallas (Phylloscopus proregulus)

Pouillot de Pallas (Phylloscopus proregulus) : (1) sourcil jaune très marqué, (2) raie sommitale généralement jaune et (3) double barre alaire.
Photographie : Jean-Marc Guilpain


Les Pouillots à grands sourcils (P. inornatus) et de Hume (P. humei)

Pouillot à grands sourcils (Phylloscopus inornatus)

Pouillot à grands sourcils (Phylloscopus inornatus), Fair Isle, îles Shetland (Grande-Bretagne), le 2/10/2016. Notez (1) la base du bec de couleur chair, (2) les grands sourcils jaunâtres, (3) le dessus olive, (4) rémiges tertiaires nettement bordées de pâle, (5) les ailes de longueur moyenne, (6) le dessous blanchâtre, (7) et (8) les deux couvertures alaires blanc jaunâtre, et (9) les pattes de couleur chair brunâtre.
Photographie : Marc Fasol

Ces deux espèces très proches sont difficiles à distinguer. Les Pouillots à grands sourcils (P. inornatus) et de Hume (P. humei) sont des oiseaux rondelets, courts, ne rappelant pas vraiment le Pouillot véloce mais plutôt les roitelets (Regulus sp) par leur forme et attitude. Ils ont un bec très fin (plus épais chez les Pouillots verdâtre et boréal), des projections alaires de taille moyenne, comparables en longueur à celle du Pouillot véloce, et les rémiges tertiaires nettement bordées de pâle (au moins en automne), un critère absent des Pouillots verdâtres et boréal.
Le Pouillot à grands sourcils a les parties supérieures olive terne et les parties inférieures blanchâtres. La base du bec est de couleur chair et les pattes relativement claires (rouge brunâtre). Le Pouillot à grands sourcils est très proche du Pouillot de Hume (ces deux espèces sont considérées par certains comme conspécifiques et appartiennent à la même super-espèce).
Le Pouillot de Hume n'a généralement qu'une barre alaire mais peut avoir une deuxième barre alaire, plus courte, dans les couvertures moyennes bien qu'elle ne soit jamais aussi marquée que chez le Pouillot à grands sourcils. Par rapport au Pouillot à grands sourcils, le Pouillot de Hume, a les ailes plus uniformes, du fait que ses rémiges tertiaires et les grandes couvertures ont le centre moins sombre et contrastent donc moins avec le manteau. Son bec ainsi que ses pattes sont plus sombres, les parties supérieures plus ternes. De manière générale, le Pouillot de Hume est un oiseau plus gris, plus "froid" que le Pouillot à grands sourcils, aux couleurs plus verdâtres. À la base du bec, les sourcils sont relativement diffus, tandis que chez le Pouillot à grands sourcils, les sourcils se rejoignent presque au niveau du front. Le trait sourcilier est peu marqué. Comme le Pouillot à grands sourcils, le Pouillot de Hume peut présenter une raie sommitale pâle.

Le Pouillot à grands sourcils est assez loquace. Son cri de contact est un "tsi-hui" sonore", aigu, rappelant la Mésange noire (Periparus ater) mais il est plus aigu et davantage montant à la fin, et est souvent repris à l'identique. Écoutez ci-dessous les cris du Pouillot à grands sourcils (source : Xeno-Canto) :

Le cri du Pouillot de Hume est un "dsu-uit" dissyllabique énergique, plus grave que celui du Pouillot à grands sourcils, ou un "dsi-wo" dissyllabique, ou un "gsui" un peu descendant. Écoutez ci-dessous les cris du Pouillot de Hume (source : Xeno-Canto) :

Pouillot à grands sourcils (P. inornatus)

Pouillot à grands sourcils (P. inornatus) : (1) base du bec de couleur chair, (2)
sourcils nets se rejoignant presque sur le front, (3) projection alaire de taille moyenne,(4) parties inférieures blanchâtres, (5) parties supérieures olive terne et (6) centre des tertiaires bien sombre.
Photographie : Ben Wielstra
Pouillot à grands sourcils (P. inornatus)

Pouillot à grands sourcils (P. inornatus) : (1) base du bec de couleur chair (peu visible sur cette photo), (2) sourcils nets se rejoignant presque sur le front, (3) parties supérieures olive terne et (4) parties inférieures blanchâtres.
Photographie : Rein Hofman
Pouillot à grands sourcils (P. inornatus)

Pouillot à grands sourcils (P. inornatus) : (1) base du bec de couleur chair (peu visible sur cette photo), (2) pattes relativement claires, (3) parties supérieures olive terne et (4) parties inférieures blanchâtres.
Photographie : Roland Jansen
Pouillot à grands sourcils (P. inornatus)

Pouillot à grands sourcils (P. inornatus) : (1) bec sombre, (2) sourcils se rejoignant sur le front, (3) parties supérieures olive terne, (4) parfois raie sommitale esquissée et (5) base du bec de couleur chair .
Photographie : Chris van Rijswijk / Birdshooting.nl
Pouillot de Hume (Phylloscopus humei)

Pouillot de Hume (Phylloscopus humei) : (1) bec plus sombre que celui du Pouillot à grands sourcils, mais pas forcément tout noir, (2) généralement une seule barre alaire, (3) parties supérieures plus ternes que chez le Pouillot à grands sourcils, ensemble peu contrasté et (4) le centre des rémiges tertiaires est moins sombre que chez le Pouillot à grands sourcils.
Photographie : Dave Mansell
Pouillot de Hume (Phylloscopus humei)

Pouillot de Hume (Phylloscopus humei) : (1) bec plus sombre que celui du Pouillot à grands sourcils, (2) généralement une seule barre alaire, (3)  parties supérieures plus ternes que chez le Pouillot à grands sourcils et (4) le centre des rémiges tertiaires est moins sombre que chez le Pouillot à grands sourcils.
Photographie : Dave Mansell


Les Pouillots verdâtre (P.  trochiloides) et boréal (P.  borealis)

Le Pouillot verdâtre (P. trochiloides) est caractérisé par une barre alaire assez étroite sur les grandes couvertures; on peut parfois observer une deuxième barre alaire courte sur les moyennes couvertures en plumage frais. Il dresse régulièrement les plumes de la calotte, ce qui donne une impression de calotte conique. Son sourcil s'élargit derrière l'œil, il se termine de façon assez carrée à mi-chemin entre l'œil et la nuque et, devant, il atteint le front. La projection primaire de cette espèce est courte. Cette espèce rappelle le Pouillot véloce par sa silhouette et par ses pattes sombres mais sa mandibule inférieure est orange rosé à tous les âges. Son sourcil blanchâtre est également plus clair, plus long et souligné par un trait sourcilier plus visible et mieux délimité.

Le Pouillot boréal (P. borealis) a également une fine barre alaire et éventuellement une deuxième, plus courte, en plumage frais. Par rapport au Pouillot verdâtre, il est plus grand, plus massif avec la tête relativement plus grosse, une projection primaire plus longue et une queue plus courte, ses flancs sont généralement gris brun. Son sourcil, très net, est nettement plus long, se termine en pointe au niveau de la nuque mais n'atteint pas le bec. Le trait sourcilier est également plus net que chez le Pouillot verdâtre. Les pattes sont typiquement de couleur paille ou rosâtre pâle et le bec est plus fort et plus pâle.

Le cri de contact du Pouillot verdâtre est un "t'sli" légèrement dissyllabique ou un "tisli" plus nettement dissyllabique. Écoutez ci-dessous les cris du Pouillot verdâtre (source : Xeno-Canto) :

Le cri de contact du pouillot boréal est un "dzri" bref, incisif, grinçant et typique. Écoutez ci-dessous  les cris du Pouillot boréal (source : Xeno-Canto) :

Pouillot verdâtre (Phylloscopus trochiloides)

Pouillot verdâtre (Phylloscopus trochiloides) : (1) barre alaire assez étroite sur les grandes couvertures et (2) sourcils s'élargissant derrière l'œil.
Photographie : Graham Catley
Pouillot verdâtre (Phylloscopus trochiloides)

Pouillot verdâtre (Phylloscopus trochiloides) : (1) barre alaire assez étroite sur les grandes couvertures, (2) sourcils s'élargissant derrière l'œil et (3) plumes de la calotte souvent dressées, ce qui donne une impression de calotte conique.
Photographie : Tony Dixon
Pouillot verdâtre (Phylloscopus trochiloides)

Pouillot verdâtre (Phylloscopus trochiloides) : (1) barre alaire assez étroite sur les grandes couvertures, (2) sourcils s'élargissant derrière l'œil et (3) bec assez fin.
Photographie : Mark Newsome / Whitburnbirding.co.uk
Pouillot boréal (Phylloscopus borealis)

Pouillot boréal (Phylloscopus borealis) : (1) fine barre alaire et éventuellement une deuxième, plus courte comme sur cette photo, (2) sourcils très nets, n'atteignant pas le bec, (3) dessous plus sombre que chez le Pouillot verdâtre, (4) pattes typiquement de couleur paille ou rosâtre pâle (5) parties supérieures olive terne.
Photographie : Rob Fray

Conclusion

Il est intéressant d'observer attentivement les pouillots qui transitent plus ou moins régulièrement par la France (ainsi que les autres pays d'Europe occidentale) pour y chercher des espèces venues de Sibérie. Il faut regarder en priorité les barres alaires, les sourcils, les liserés dans les rémiges tertiaires, la projection des primaires et la forme générale de l'oiseau pour l'identifier correctement. Lorsque le cri est entendu, c'est une indication précieuse pour l'identification.

Auteurs

Valéry Schollaert et Véronique Adriaens

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Pouillot à grands sourcils (Phylloscopus inornatus)

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