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Identification

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Identification d'un Goéland d’Amérique adulte dans les Pyrénées-Atlantiques en janvier 2018

Cette espèce est assez difficile à identifier en plumage adulte, mais un oiseau a été trouvé le 7/01/2018 dans une décharge.

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Identification d'un Goéland d’Amérique adulte dans les Pyrénées-Atlantiques en janvier 2018

Au premier plan, Goéland d'Amérique (Larus smithsonianus) adulte en plumage hivernal, décharge de Zaluaga, Saint-Pée-sur-Nivelle (Pyrénées-Atlantiques), le 07/01/2018.
Photographie : Étienne Legay

L'identification des grands goélands n'est pas aisée du fait des ressemblances entre espèces et de l'existence de plumages différents en fonction de l'âge et de la mue. Cette difficulté est encore accentuée par la complexité de la taxonomie du genre Larus. Le Goéland argenté (Larus argentatus) comprend deux sous-espèces, L. a. argentatus qui niche dans le nord de l'Europe, et L. a. argenteus qui se reproduit dans le nord-ouest de l'Europe (dont la France). Le Goéland d'Amérique (L. smithsonianus), appelé aussi Goéland hudsonien, était autrefois considéré comme une sous-espèce du Goéland argenté, mais il a été élevé au rang d'espèce du fait de particularités génétiques, morphométriques et vocales. Des analyses génétiques ont par ailleurs montré qu'il était plus proche des Goélands de Californie (L. californicus), à ailes blanches (L. glaucoides), bourgmestre (L. hyperboreus) et de Thayer (L. thayeri) que du Goéland argenté.
En dehors des îles britanniques, le Goéland d'Amérique est très rare en Europe, un statut certainement lié à la difficulté de le distinguer avec certitude du Goéland argenté, notamment en plumage adulte.
Le 7 janvier 2018, alors qu'il visitait la décharge (centre d'enfouissement des déchets) de Zaluaga, près de Saint-Pée-sur-Nivelle (Pyrénées-Atlantiques) dans le but de repérer un Goéland bourgmestre, Étienne Legay a repéré un imposant goéland adulte, et grâce aux photos prises et aux avis de plusieurs observateurs, son identification a pu être confirmée : il s'agissait d'un Goéland d'Amérique adulte (cette donnée doit toutefois encore être validée par le Comité d'Homologation National).
Dans cet article, nous rappelons les critères pouvant aider à repérer un Goéland d'Amérique adulte en hiver.  Nous remercions Etienne Legay, Asier Aldalur (blog : Larus.eus) et Alain Fossé (Digimages.info) pour leurs informations et leurs photos.

Abstract

The identification of large gulls is not easy because of the similarities between species and the existence of different plumages depending on age and moult. This difficulty is accentuated by the complexity of the taxonomy of the genus Larus. Two subspecies of the Herring Gull (Larus argentatus) are recognised: L. a. argentatus which breeds in northern Europe, and L. a. argenteus in northwestern Europe (including France). The American Gull (L. smithsonianus) was once considered as a subspecies of the Herring Gull, but it was raised to the rank of species because of genetic, morphometric and vocal differences. Genetic analysis showed that it was closer to California Gulls (L. californicus), Iceland (L. glaucoides), bourgmestre (L. hyperboreus) and Thayer's (L. thayeri) than Herring Gull.
Outside the British Isles, the American Gull is very rare in Europe, a status certainly linked to the difficulty of distinguishing it with certainty from the Herring Gull, particularly in adult plumage.
The 7th of January 2018, while visiting the Zaluaga landfill, near Saint-Pée-sur-Nivelle (Pyrénées-Atlantiques, France) in order to find a previously reported Glaucous Gull, Etienne Legay found an intriguing large adult gull, and thanks to the photos taken and the opinions of several birders, it was identified as an adult American Gull (but the data has yet to be validated by the French Ornithological Rarities Committee).
In this article, we present the criteria that could help finding an American Herring Gull adult in winter.
We thank Etienne Legay, Asier Aldalur (blog: Larus.eus) and Alain Fossé (Digimages.info) for their information and photos.

Le Goéland d’Amérique ou hudsonien (Larus smithsonianus)

Goéland d'Amérique (Larus smithsonianus) de première année

Goéland d'Amérique (Larus smithsonianus) de première année, Québec (Canada), le 07/08/2012. Notez (1) le plumage globalement brun et (2) la queue entièrement sombre.
Photographie : Alain Fossé / Digimages.info

Longueur : 56 - 66 cm.

Envergure : 138 - 155 cm.

Description : le Goéland d'Amérique ressemble beaucoup au Goéland argenté. Il est de la même taille que la sous-espèce nominale de ce dernier, mais il est un peu plus grand et plus massif que la sous-espèce argenteus (qui niche en France). Son bec est plus long et plus droit. Ses pattes sont d'un rose plus ou moins terne, avec une très légère nuance jaunâtre au printemps. 
Le juvénile et l'oiseau de premier hiver sont globalement brun sombre et rappellent les Goélands d'Hermann (Larus heermanni) du même âge (lire Identifier le Goéland d'Amérique de première année).
Il n'y a pas de blanc sur la queue : elle est entièrement sombre, avec seulement une fine bordure claire. Le croupion est barré de brun et contraste peu avec le dessus de la queue, alors que le Goéland argenté de première année a souvent un croupion blanchâtre.
Les scapulaires sont plus sombres que celles du Goéland argenté et elles sont souvent bordées de pâle. Les parties inférieures et les couvertures sous-alaires sont brun sombre uniforme. Le dessous de la queue est plus finement barré de sombre.
Les oiseaux de second hiver et de second été se distinguent des Goélands argentés du même âge par leur queue entièrement noire finement bordée de blanc. Leur croupion est blanc finement barré de brun. Le manteau et les scapulaires sont gris, comme le Goéland argenté. Le dessus de l'aile est davantage brunâtre, en particulier au niveau des grandes couvertures. Le bec est bicolore rose et noir, avec une nette démarcation.
Le subadulte et l'adulte ont le dessus d'un gris semblable à celui de la sous-espèce argenteus, mais ils sont plus clairs que le Goéland argenté de la sous-espèce argentatus. Il y a cependant des variations, les oiseaux nordiques étant généralement plus clairs.

Voix : sa voix est presque identique à celle du Goéland argenté, mais elle serait un peu plus grave.

Répartition : le Goéland d'Amérique niche en Amérique du Nord, des îles Aléoutiennes et de la côte sud de l'Alaska jusqu'à l'est des États-Unis, en passant par le Canada. Il hiverne en Amérique centrale.

Goéland d'Amérique (Larus smithsonianus) de seconde année

Goéland d'Amérique (Larus smithsonianus) de seconde année, Ellis Island, New York (États-Unis), le 15/07/2009. Notez (1) le bec bicolore rose et noir, (2) le dessus et les ailes gris mêlé de brun, (3) la queue sombre et (4) les pattes rosâtres.
Photographie : Alain Fossé / Digimages.info
Goélands d'Amérique (Larus smithsonianus) adulte en hiver et juvénile 
Goélands d'Amérique (Larus smithsonianus) adulte en plumage d'hiver et juvénile, États-Unis, le 26/10/20106. Notez (1) les stries brunes sur la tête, (2) le dessus gris assez clair et (3) les pattes rosâtres.
Photographie : Dick Daniels / Wikimedia Commons


La mue du Goéland d'Amérique

"Topographie" d'un goéland

Topographie d'un goéland : (1) manteau, (2) scapulaires, (3) petites couvertures, (4) couvertures moyennes, (5) grandes couvertures, (6) rémiges secondaires, (7) rémiges tertiaires, (8) rémiges primaires et (9) projection primaire (= longueur visible des rémiges primaires au-delà des tertiaires et des secondaires quand l'aile est fermée).
Schéma : Ornithomedia.com

On peut distinguer quatre classes d'âge chez un "grand" goéland comme le Goéland d'Amérique (classification en années civiles ou calendaires, la plus fréquente) :

  • première année civile : plumage juvénile (juin à septembre) et plumage de premier hiver (août à décembre);
  • deuxième année civile : fin du plumage de premier hiver (décembre à mars), plumage de premier été (février à septembre) et plumage de deuxième hiver (août à décembre);
  • troisième année civile : fin du plumage de deuxième hiver (janvier à mars), plumage de deuxième été (février à septembre) et plumage de troisième hiver (août à décembre);
  • quatrième année civile (adulte) : fin du plumage de troisième hiver (janvier à février), plumage nuptial (février à août) et plumage internuptial (août à décembre).

Il existe un autre système de classification, dit de Humphrey-Parkes, basé sur des "cycles de plumage" : chaque cycle est compris entre deux mues des rémiges primaires. Le premier cycle débute de l'acquisition du plumage juvénile à la mue de la première rémige primaire, soit avril-mai de l'année suivant celle de la naissance. 
La mue du Goéland d'Amérique est similaire à celle du Goéland argenté de la sous-espèce argentatus, mais elle est plus tardive que celle de la sous-espèce argenteus : cela crée une différence du plumage de la tête à la fin de l'hiver. À partir de la fin décembre, le Goéland argenté argenteus a la tête entièrement blanche, alors que le Goéland d'Amérique ne commence à perdre ses stries brunes qu'entre la fin janvier et la fin février. À la mi-février, 99 % des Goélands d'Amérique adultes ont encore la tête striée, et il faut attendre la fin mars pour que tous les adultes aient la tête blanche.

Goéland d'Amérique (Larus smithsonianus) adulte en hiver

Goéland d'Amérique (Larus smithsonianus) adulte en plumage hivernal, décharge de Zaluaga, Saint-Pée-sur-Nivelle (Pyrénées-Atlantiques), le 07/01/2018. Notez (1) les stries brunes diffuses sur la nuque et (2) le manteau gris plus clair que celui du Goéland leucophée (Larus michahellis) visible à droite.
Photographie : Étienne Legay

Le plumage de premier hiver est acquis suite à une mue partielle touchant le corps, la tête, le cou, les scapulaires, la poitrine et les flancs. Le reste du plumage (plumes et queue), non concerné, s'use donc et pâlit. La mue post-juvénile est légèrement plus tardive (octobre-novembre) que celle du Goéland argenté (qui débute souvent dès la fin août). Certains oiseaux ont une mue post-juvénile qui chevauche celle de la fin d'hiver (de mars à mai) et qui produit une nouvelle génération de plumes brunes sur le dos, la tête et le cou.
Certains oiseaux de première année, a priori originaires des régions de nidification les plus nordiques, retarderaient leur mue-post-juvénile jusqu'à la moitié de l'hiver, voire jusqu'au printemps de leur seconde année calendaire : cette stratégie est aussi notée chez un pourcentage significatif des jeunes Goélands argentés.
Le plumage de second hiver est acquis après une mue complète qui se déroule durant la seconde année calendaire, entre août et octobre. Certains conservent encore des plumes brunes, surtout sur le manteau.

Statut en Europe et en France

Le Goéland d'Amérique est très rare en Europe : le premier identifié a été un juvénile bagué au Nouveau-Brunswick (Canada) capturé en 1937 sur un bateau à 400 km au large de l'Espagne. Près de 50 ans plus tard, trois oiseaux de premier hiver ont été vus dans le comté de Cork (Irlande) en février et en mars 1990. À la fin de l'année 1993, 14 individus différents avaient déjà été identifiés dans le pays.  La plus ancienne donnée britannique est celle d'un oiseau de première année qui a stationné dans le Merseyside du 26 février au 6 mars 1994.
En France, les données sont encore plus rares : la plus ancienne est celle d'un oiseau de premier hiver à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine) le 24/01/1993. D'après le site web du Comité d'Homologation National, il y a eu 13 données confirmées de cette espèce entre 1999 et 2015 (voir une synthèse des observations récentes en France).

Un adulte trouvé dans une décharge des Pyrénées-Atlantiques en janvier 2018

Situation de la décharge de Zaluaga (Pyrénées-Atlantiques)

Situation de la décharge de Zaluaga (64).
Carte : Ornithomedia.com

En hiver, les goélands et les mouettes se rassemblent en nombre dans les décharges pour se nourrir, et l'on peut parfois trouver des Laridés rares parmi les espèces plus communes (lire Un possible Goéland de la Véga dans une décharge de Seine-et-Marne). Le 7/01/2018, Étienne Legay visitait la décharge de Zaluaga près de Saint-Pée-sur-Nivelle (Pyrénées-Atlantiques), où se nourrissent chaque hiver des milliers de Goélands argentés et leucophées (Larus michahellis) : en effet, un Goéland bourgmestre (Larus hyperboreus) avait été signalé quelques jours auparavant. Il a repéré un intéressant goéland adulte, légèrement plus grand et plus corpulent que les Goélands leucophées et plus petit que le Goéland bourgmestre. Sa tête était proportionnellement assez grosse, avec de larges et nombreuses stries brunes sur la nuque descendant assez bas, plus fines plus haut. Ses yeux étaient d'un jaune très clair, presque blanc.
Son bec était plus fin que celui du Goéland leucophée et de couleur jaune pâle, avec une petite tache rouge peu visible.
Le manteau et le dessus des ailes étaient d'un gris légèrement bleuté plus clair que ceux du Goéland leucophée. De petites taches blanches ("lunes") étaient visibles à l'extrémité des rémiges primaires. Les rémiges tertiaires étaient très blanches. Les pattes étaient rose vif.  
Le 20/01/2018, Asier Aldalur, Juantxo et Gabriel Martín, des observateurs espagnols, l'ont trouvé parmi les milliers de Laridés, sans savoir qu'il avait été déjà signalé au début du mois, et des photos ont été prises et publiées sur le blog laruseus.blogspot.fr. Le lendemain, Bertrand Lamothe l'a photographié et signalé sur faune-aquitaine.org.

Une identification délicate

Le Goéland d'Amérique adulte ressemble étroitement au Goéland argenté du même âge, et tous les oiseaux ne sont d'ailleurs pas identifiables avec certitude : on estime que ce serait possible pour environ 40 % des adultes arrivant en Europe. Il existe en outre des variations individuelles. Le principal critère d'identification, le dessin des rémiges primaires, est par ailleurs variable en fonction de l'âge (l'étendue du noir à l'extrémité des ailes diminue quand l'oiseau vieillit) et de la zone de nidification. Il faut donc essayer de combiner un maximum de critères  : un dessin typique des primaires, une structure ou "jizz" (lire Définition du "jizz") corpulente, des stries brunes sur la nuque, un dessus gris clair, et un bec long et étroit peu coloré.

Les critères d'identification "fiables" de l'adulte en hiver

Goéland d'Amérique (Larus smithsonianus) adulte en hiver

Goéland d'Amérique (Larus smithsonianus) adulte en plumage hivernal, décharge de Zaluaga, Saint-Pée-sur-Nivelle (Pyrénées-Atlantiques), le 07/01/2018. Notez (1) les stries brunes sur la nuque et le cou, (2) le manteau gris plus clair que celui (6) du Goéland leucophée (Larus michahellis), (3) les grandes bordures pâles des rémiges tertiaires, (4) les petites taches (lunes) blanches et (5) les pattes rosées.
Photographie : Étienne Legay

Un dessus gris clair

Le manteau et le dessus des ailes du Goéland d'Amérique  adulte en hiver sont gris bleuté pâle (la valeur sur l'échelle de Kodak est comprise entre 4 et 4,5, lire Un outil pour identifier les Laridés adultes : la "Kodak Gray Scale"), comme les Goélands à bec cerclé (Larus delawerensis) et argenté de la sous-espèce argenteus, mais plus clairs que les Goélands leucophée (Larus michahellis) et argenté de la sous-espèce argentatus.

Le dessin des extrémités de rémiges primaires

Le dessin des rémiges primaires est un critère utile, mais il faut combiner tous les éléments, ce qui demande une certaine attention. Au moins six rémiges primaires ont du noir à leur extrémité.
Les "langues" gris pâle (voir dessin ci-dessous) s'avancent profondément dans la partie noire, qui est donc réduite et forme un "L" rappelant le Goéland pontique (Larus cachinanns) (lire Identification du Goéland pontique).
Les taches blanches ("lunes") des extrémités des rémiges primaires sont plus petites que celles du Goéland argenté.
Le Goéland argenté de la sous-espèce argenteus présente généralement plus de noir sur les vexilles internes des rémiges P8 à P10, formant un triangle noir plus large sous l'aile.
Au repos, on note que la "langue" grise de la rémige primaire la plus externe (P10) est longue, couvrant plus de la moitié du vexille interne, et est de forme rectangulaire (extrémité droite), laissant une bande médiane noire de la même longueur que le miroir blanc. Chez le Goéland argenté de la sous-espèce argenteus, cette langue est généralement plus courte (elle n'est pas visible au repos) et son extrémité est pointue.
La "langue" grise de la rémige primaire P9 est également longue (plus de la moitié du vexille interne).
Les "langues" grises des vexilles externes des rémiges primaires P7 et P8 ont une forme de "baïonnette" (voir dessin ci-dessous).
L'extrémité de la rémige P5 (et parfois de la P6) est normalement barrée d'une bande noire complète, de la forme d'un "W" (voir dessin ci-dessous).

Comparaison des dessins des rémiges primaires des Goélands d'Amérique (Larus smithsonianus) et argenté (L. argentatus) adultes

Comparaison des dessins typiques des rémiges primaires des Goélands d'Amérique (Larus smithsonianus) et argenté (L. argentatus) adultes. Il existe des variations entre les individus et les zones de nidification : par exemple, le miroir blanc sur la P9 est parfois absent.
Dessin : Ornithomedia d'après Peter Adriens et al. / Dutchbirding
Extrémité de l'aile du Goéland d'Amérique (Larus smithsonianus) adulte en hiver  
Extrémité de l'aile du Goéland d'Amérique (Larus smithsonianus) adulte en hiver, décharge de Zaluaga, Saint-Pée-sur-Nivelle (Pyrénées-Atlantiques), le 20/01/2018.  Notez les petites taches blanches aux extrémités des ailes.
Photographie : Asier Aldalur / Larus.eus
Goéland d'Amérique (Larus smithsonianus) adulte en hiver

Goéland d'Amérique (Larus smithsonianus) adulte en hiver, décharge de Zaluaga, Saint-Pée-sur-Nivelle (Pyrénées-Atlantiques), le 20/01/2018.  Notez le dessin de l'extrémité des rémiges primaires et le dessus gris clair des ailes.
Photographie : Asier Aldalur / Larus.eus
Goéland d'Amérique (Larus smithsonianus) adulte en hiver  
Extrémité de l'aile du Goéland d'Amérique (Larus smithsonianus) adulte en hiver, décharge de Zaluaga, Saint-Pée-sur-Nivelle (Pyrénées-Atlantiques), le 20/01/2018.  Notez (1) le dessus gris clair des ailes, (2) les pattes rosées, (3) le bec jaune pâle et le dessin de l'extrémité des rémiges primaires.
Photographie : Asier Aldalur / Larus.eus


Les critères d'identification moyennement fiables de l'adulte en hiver

De nombreuses stries brunes sur la tête

Chez le Goéland d'Amérique adulte (et subadulte) en hiver, les stries/marques marron à la base du cou et sur la nuque sont plus larges et plus diffuses que chez le Goéland argenté, et elles descendent plus bas, jusqu’à la poitrine parfois. Ce dessin peut évoquer celui du Goéland bourgmestre, et il contraste nettement avec le dos gris pâle. 

Goéland argenté (Larus argentatus argenteus) adulte en hiver

Goéland argenté (Larus argentatus argenteus) adulte en hiver, Veere (Pays-Bas), le 09/02/2016. Notez (1) le bec bien jaune avec une large tache rouge, (2) les yeux jaunes, (3) les fines stries brunes sur la tête, (4) le dessus gris clair, (6) les taches blanches ("lunes") un peu plus grandes que celles du Goéland d'Amérique et (7) les pattes roses.
Photographie : Marc Fasol
Goéland d'Amérique (Larus smithsonianus) adulte en hiver  
Goéland d'Amérique (Larus smithsonianus) adulte en hiver, décharge de Zaluaga, Saint-Pée-sur-Nivelle (Pyrénées-Atlantiques), le 20/01/2018.  Notez (1) le bec jaune pâle, long et assez fin avec une petite tache rouge, (2) l'iris jaune clair, (3) les nombreuses stries brunes sur la nuque et le cou, (4) le dessus gris clair, (5) les petites taches blanches à l'extrémité des rémiges et (6) les pattes rosées. Notez le (7) dessus gris plus foncé du Goéland leucophée (Larus michahellis) et (8) son bec jaune vif avec une grande tache rouge.
Photographie : Asier Aldalur / Larus.eus


De petits yeux clairs

Goéland d'Amérique (Larus smithsonianus) adulte en hiver

Goéland d'Amérique (Larus smithsonianus) adulte en plumage hivernal, décharge de Zaluaga, Saint-Pée-sur-Nivelle (Pyrénées-Atlantiques), le 20/01/2018. Notez la structure massive, (1) le bec jaune pâle long avec une petite tache rouge, (2) l'iris jaune clair, (3) les stries brunes sur la nuque et le cou (comparez avec la tête blanche du Goéland leucophée), (4) le manteau gris plus clair que celui (6) du Goéland leucophée et (5) les pattes rosées.
Photographie : Asier Aldalur / Larus.eus

Les petits yeux sont d'un jaune très clair, presque blanc. Les stries sombres qui l'entourent le mettent "en valeur" et créent une expression "méchante".  Chez le Goéland argenté adulte en hiver, l'œil est moins pâle.

Une structure massive

Le Goéland d'Amérique est un oiseau plutôt imposant et massif, plus large en moyenne qu'un Goéland argenté de la sous-espèce argenteus ou que le Goéland leucophée, mais de la même taille que le Goéland argenté nordique de la sous-espèce argentatus. Il y a toutefois des chevauchements. Il est plus petit qu'un Goéland bourgmestre. Sa silhouette est un peu "balourde" à cause de son corps massif et de ses pattes relativement courtes.

Une tête assez grosse

Sa tête est proportionnellement un peu plus grosse que celle du Goéland argenté. Elle est anguleuse, avec une couronne assez plate, comme le Goéland argenté nordique de la sous-espèce argentatus. Chez le Goéland argenté de la sous-espèce argenteus, la tête est généralement plus arrondie.

Un bec assez fin, long et peu coloré

Son bec est généralement assez fin, long et droit, aux bords parallèles, avec un angle au gonys (= arête ventrale de la mandibule inférieure) peu marqué. Il est légèrement plus long que celui du Goéland argenté.
En hiver,  le bec de l'adulte est jaune pâle, avec une petite tache rouge et une marque noire. Chez le Goéland argenté de la sous-espèce argenteus, le bec est légèrement plus court et plus large, avec un angle au gonys plus marqué.
En hiver, le bec du Goéland dAmérique adulte est assez terne, alors que la couleur est plus vive chez le Goéland argenté de la sous-espèce argenteus. La pointe est normalement jaune, mais les deux-tiers sont moins colorés. Beaucoup d'adultes en hiver ont une marque sub-terminale sombre (grise ou noire) au-dessus du gonys, ce qui est plus rare chez le Goéland argenté (attention toutefois aux subadultes qui peuvent présenter une marque noire).
À partir de la mi-février, le bec du Goéland d'Amérique devient plus jaune, en même temps que les stries sombres de la tête disparaissent. Toutefois, la marque sub-terminale sombre du bec subsiste jusqu'en mai, ce qui est exceptionnel chez le Goéland argenté.

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Dans la rubrique Observations d'Ornithomedia.com

Goéland d'Amérique (Larus smithsonianus)

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Sources

  • Asier Aldalur (2018). Ideas para diferenciar las Gaviota argéntea Americanas (L. smithsonianus) de las Europeas (L. . argenteus). Larus.es. https://laruseus.blogspot.fr
  • Gabriel Martin (2018). [MEGA] Gaviota argéntea americana - American Herring Gull - Larus smithsonianus. Date : 22/01. http://larusfuscus.blogspot.fr
  • Pat Lonergan et Killian Mullarney (2004). Identification of American Herring Gull in a western European context. Dutch Birding. Numéro : 26. Pages : 1-35. www.irbc.ie
  • Peter Adriaens & Bruce Mactavish (2004). Identification of adult American Herring Gull. Dutch Birding. Larus. Numéro : 26. Pages : 151-179. www.gull-research.org
  • Philippe J. Dubois (1997). Identification of North American Herring Gull. British Birds. Numéro : 90. Pages : 314-324. www.britishbirds.co.uk

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