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Identification

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Distinguer les mâles des Fauvettes passerinette, de Moltoni et des Balkans au printemps

Alors qu'un mâle de Fauvette des Balkans a été trouvé le 12/04/19 sur le mont Faron (Var), les critères pour distinguer ces espèces.

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Distinguer les mâles des Fauvettes passerinette, de Moltoni et des Balkans au printemps

Fauvette des Balkans (Sylvia cantillans) mâle, probablement de la sous-espèce orientale albistriata, mont Faron (Var), le 13/04/2019. Notez (1) la gorge et le haut de la poitrine rouge brique et (2) les flancs et le ventre blanchâtres.
Photographie : Jean-Michel Bompar

Il y a quelques années encore, les choses étaient simples : de l'Espagne à la Turquie, on ne reconnaissait qu'une seule espèce, la Fauvette passerinette (Sylvia cantillans). Mais sur la base de critères génétiques, morphométriques et vocaux, la taxonomie de ce passereau a évolué. Dans deux articles récents (2013) publiés dans British Birds, Lars Svensson propose de reconnaître trois espèces : la Fauvette passerinette (Sylvia inornata) qui niche dans la péninsule ibérique, en France et en Afrique du Nord, la Fauvette de Moltoni (Sylvia moltonii ou subalpina) présente en Corse, en Sardaigne, dans les Baléares et dans une grande partie du nord de l’Italie (sauf dans la chaîne des Apennins), et la Fauvette des Balkans (Sylvia cantillans) qui se reproduit le long de la côte orientale de l'Adriatique, dans le sud des Balkans, dans l’ouest de la Turquie et dans le sud de l’Italie. Deux sous-espèces seraient rattachées à Sylvia inornata : S. i. iberiae dans la péninsule ibérique et le sud de la France et S. i. inornata du Maroc à la Libye. S. cantillans serait aussi divisée en deux sous-espèces : S. c. cantillans dans le sud de l'Italie et en Sicile et S. c. albistriata dans le sud-est de l'Europe et dans l'ouest de la Turquie. La Commission de l’Avifaune Française ne s'est pas a priori encore prononcée sur cette proposition de classification, mais c'est celle que nous adopterons ici.
Entre mars et mai (et parfois aussi en automne), des Fauvettes des Balkans accidentelles sont parfois observées en Europe de l'Ouest jusqu'en Grande-Bretagne. Des individus ont déjà été identifiés en France, surtout le long du littoral méditerranéen mais également jusqu'en Bretagne (sur l'île d'Ouessant). Le phénomène du dépassement d'aire printanier expliquerait ces arrivées isolées.
Alors qu'un très probable mâle de Fauvette des Balkans sur le mont Faron (Var) en avril 2019, nous vous proposons une synthèse des critères utiles pour distinguer au printemps (quand les plumages sont les plus colorés) les mâles adultes (dont les plumages sont les plus typiques) des Fauvettes passerinette, de Moltoni et des Balkans. L'identification spécifique des femelles et des oiseaux de première année, aux plumages très proches les uns des autres, ne sera pas abordée ici. Nous remercions Jean-Michel Bompar et les autres photographes pour leurs clichés.

Abstract

A few years ago, things were simple: from Spain to Turkey, only one Subalpine Warbler (Sylvia cantillans) was recognized. But on the basis of genetic, morphometric and voice data, the taxonomy of this Passerine has evolved. In two recent papers (2013) published in British Birds, Lars Svensson proposes to recognize three species: the Western Subalpine Warbler (Sylvia inornata) that breeds in France, the Iberian Peninsula and North Africa, the Moltoni's Warbler (Sylvia moltonii/subalpina) that breeds in Corsica, Sardinia, the Balearic Islands and much of Northern Italy (excepted in the Apennines) and the Eastern Subalpine Warbler (Sylvia cantillans) that breeds in the Balkans, in western Turkey and in southern Italy.
Sylvia inornata
is divided into two subspecies: S. i. iberiae in the Iberian Peninsula and southern France and S. i. inornata from Morocco to Libya. S. cantillans is also divided into two subspecies: S. c. cantillans in southern Italy and Sicily and S. c. albistriata in south-eastern Europe and in western Turkey.
Between March and May (and sometimes also in September-October), some Eastern Subalpine Warblers are sometimes watched in North-western Europe, including France. The Spring overshooting phenomenon probably explains these data.
While a very likely male of Eastern Subalpine Warbler was found on the Mount Faron (Var), Southern France, in April 2019, we propose a synthesis of the useful criteria useful to distinguish in Spring the adult males the Western Subalpine Warbler, the Eastern Subalpine Warbler and the Moltoni's Warbler. We thank Jean-Michel Bompar and the other photographs for helping us to illustrate this article.

L'observation d'un mâle de Fauvette des Balkans dans le Var en avril 2019

Situation du mont Faron (Var)

Situation du mont Faron (Var).
Carte : Ornithomedia.com

La Fauvette des Balkans (Sylvia cantillans) est une espèce orientale nichant dans le sud de l'Italie (sous-espèce S. c. cantillans) et dans les Balkans et dans l'ouest de la Turquie (sous-espèce S. c. albistriata). Elle est très rare en France, mais quelques oiseaux, généralement des mâles car ce sont les plus faciles à identifier, sont observés chaque année, essentiellement entre mars et mai et surtout le long du littoral méditerranéen (voir une synthèse d'observations récentes dans notre rubrique Observations). 
La première donnée hexagonale confirmée par le Comité d'Homologation National fut celle d'un mâle adulte sur l'île d'Ouessant (Finistère) le 20 avril 2004 dans le secteur de Cost Ar Reun (téléchargez une carte de l'île d'Ouessant avec les bons points d'observation). Les arrivées de ces oiseaux orientaux pourraient s'expliquer par le phénomène du dépassement d'aire ("overshooting") printanier : des espèces qui nichent normalement dans le sud-est de l'Europe poursuivent parfois leur migration prénuptiale au-delà de leur aire de reproduction normale, un comportement peut-être causé par un manque d'expérience et donc de "jugement" (cela concerne souvent des immatures) et/ou par des conditions météorologiques favorables (ciel dégagé, températures chaudes, vent soufflant dans la bonne direction..) ayant rendu le voyage des oiseaux concernés plus facile et les ayant incité à ne pas s'arrêter plus tôt (lire Comment arrivent les oiseaux rares ?).
L'observation d'un très probable mâle de Fauvette des Balkans sur le versant occidental boisé du mont Faron, un site classé culminant à 584 mètres d’altitude dominant le port de Toulon (Var), a été annoncée le 12 avril 2019 sur le site web Faune-paca.org. Jean-Michel Bompar, qui habite à proximité, a pu s'y rendre le 13 avril et il a pris plusieurs photos que nous présentons ici. Il nous a apporté plusieurs précisions : les Fauvettes passerinettes (Sylvia inornata iberiae) nicheuses étaient déjà arrivées depuis une dizaine de jours et semblaient déjà bien cantonnées. À 50 mètres au nord de la position de la découverte indiquée par Aurélien Audevard (N 43,14688 - E 5,91848), il a entendu une fauvette du "type passerinette" avec un chant moins flûté, comportant quelques notes "rêches", assez distinct quand on est informé (voir plus bas le paragraphe sur les chants et les cris). Elle a chanté constamment entre 9 et 11 heures et à plusieurs reprises, elle s'est faite pourchasser par un mâle de Fauvette passerinette.
Jean-Michel a pu assez facilement observer le chanteur qui était posé dans un Chêne kermès (Quercus coccifera: sa gorge et sa bavette étaient rouge brique, une couleur bien délimitée contrastant avec le bas de la poitrine et le ventre blanchâtres : ce plumage suggère qu'il pourrait s'agir d'un oiseau de la sous-espèce orientale (S. c. albistriata) et non pas d'un individu du sud de l'Italie, qui est davantage orangé-cannelle.

Fauvette des Balkans (Sylvia cantillans) mâle

Fauvette des Balkans (Sylvia cantillans) mâle, probablement de la sous-espèce orientale albistriata, mont Faron (Var), le 13/04/2019. Notez (1) la gorge et le haut de la poitrine rouge brique et (2) les flancs et le ventre blanchâtres (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Jean-Michel Bompar
Fauvette des Balkans (Sylvia cantillans) mâle

Fauvette des Balkans (Sylvia cantillans) mâle, probablement de la sous-espèce orientale albistriata, mont Faron (Var), le 13/04/2019. Notez (1) la gorge et le haut de la poitrine rouge brique et (2) les flancs et le ventre blanchâtres (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Jean-Michel Bompar


Rappel : les mues chez les fauvettes

Fauvette passerinette (Sylvia inornata) mâle adulte en plumage nuptial

Fauvette passerinette (Sylvia inornata iberiae) mâle adulte en plumage nuptial en Espagne. Notez (1) la moustache blanche, (2) le rose brique étendu (gorge, flancs et poitrine) et (3) le blanc limité au bas-ventre. Le cercle oculaire rouge brique est bien visible.
Photographie : Kookaburra 81 / Wikimedia Commons

Comme tous les oiseaux, les fauvettes subissent des mues qui leur permettent de passer du plumage de juvénile à celui d'adulte, puis chaque année de remplacer leurs plumes usées ou abîmées :

  • les oiseaux nés au printemps (année N) subissent une mue post-juvénile qui débute à la fin du printemps et s'achève en septembre. Elle est partielle et touche les petites et les grandes couvertures et quelques rémiges tertiaires sur les ailes (mais quelques individus muent toutes les plumes de leurs ailes sauf les couvertures primaires les plus externes). 
  • Les immatures (ce ne sont plus des juvéniles après la mue post-juvénile) et les adultes subissent une mue prénuptiale entre janvier et mars : elle touche la queue, les grandes couvertures et les tertiaires chez les jeunes oiseaux et toute l'aile chez les adultes.
  • Les oiseaux de deuxième année calendaire (à partir du mois de janvier de l'année N+1) et les adultes subissent une mue post-nuptiale complète entre juillet et octobre.

On peut donc distinguer quatre âges :

  • juvénile;
  • immature de première année en plumage d'automne (= de premier hiver) après la mue post-juvénile de septembre (il peut conserver des restes de plumage juvénile);
  • immature de seconde année après la première mue prénuptiale (il peut encore conserver des restes de plumage juvénile);
  • adulte (plumages de printemps après la mue prénuptiale et d'automne après la mue post-nuptiale).

La stratégie de mue de la Fauvette de Moltoni (Sylvia moltonii/subalpina) est différente et plus complexe : en particulier, la première mue prénuptiale entre janvier et mars est complète et non pas limitée aux grandes couvertures et aux tertiaires. Les oiseaux au printemps (avril-mai) ont donc tous un plumage entièrement frais (= sans traces brunes d'usure sur les rémiges). La mue post-nuptiale des adultes est en outre variable (pas toujours complète).

Une taxonomie complexe

Aires de nidification des Fauvettes passerinette, de Moltoni et des Balkans

Aires de nidification des Fauvettes passerinette (Sylvia inornata), de Moltoni (Sylvia moltonii/subalpina) et des Balkans (Sylvia cantillans) : (A) Sylvia inornata iberiae, (B) Sylvia inornata inornata, (C) Sylvia moltonii, (D) Sylvia cantillans cantillans et (E) Sylvia cantillans albistriata.
Carte : Ornithomedia.com d'après Lars Svensson et Igor Festari

Dans deux articles récents (2013) publiés dans British Birds, Lars Svensson propose désormais de diviser la Fauvette passerinette, qui constituerait une super-espèce (= un groupe d'espèces plus ou moins distinctes aux aires de distributions approximativement adjacentes), en trois espèces distinctes en se basant sur les résultats d'études génétiques, morphométriques et vocales :

  • La Fauvette passerinette (Sylvia inornata) qui niche dans la péninsule ibérique, le sud de la France et l'Afrique du Nord (pour certains auteurs, les oiseaux ibériques et français sont encore des S. cantillans cantillans). 

    La Fauvette passerinette (S. inornata) est elle-même divisée en deux sous-espèces très difficiles à différencier l'une de l'autre (les oiseaux nord-africains seraient notamment un peu plus clairs) : 
    > S. i. iberiae dans la péninsule ibérique et le sud de la France
    > S. i. inornata du Maroc à la Libye.
  • La Fauvette de Moltoni (Sylvia moltonii/subalpina) présente en Corse (et peut-être aussi localement en Provence), en Sardaigne, dans les Baléares et dans une grande partie du nord de l’Italie (Toscane, Emilie-Romagne, Ligurie et Piémont).

  • La Fauvette des Balkans (Sylvia cantillans) qui se reproduit le long du littoral oriental de l'Adriatique (au nord jusqu'à la province italienne de Frioul-Vénétie Julienne), dans le sud des Balkans, dans l’ouest de la Turquie et dans le sud de l’Italie.

    La Fauvette des Balkans est elle-même divisée en deux sous-espèces très proches l'une de l'autre : 
    > S. c. cantillans dans le sud de l'Italie et en Sicile (l'ornithologue I. Festari avait proposé de la nommer S. c. sonosciuta). La limite entre l'aire de répartition de cette sous-espèce nominale et celle de S. moltonii/subalpina n'est pas nette, mais ces deux taxa ne semblent pas s'hybrider du fait de l'existence de barrières biologiques : en effet, le plumage des mâles et les voix de ces deux sous-espèces seraient légèrement différents, le mâle de la sous-espèce balkanique albistriata ayant un dessous rouge brique plus intense que le mâle S. cantillans du sud de l'Italie, qui est plutôt orange-cannelle.
    Fauvette des Balkans (Sylvia cantillans albistriata) mâle adulte

    Fauvette des Balkans (Sylvia cantillans albistriata) mâle adulte au printemps, Lesbos (Grèce), mai 2014. Notez (1) la moustache blanche large et longue, (2) la gorge rouge brique et (3) le ventre en grande partie blanc.
    Source : image extraite d'une vidéo publiée par Pete Hines
    S. c. albistriata dans le sud-est de l'Europe (côte orientale de l'Adriatique jusqu'à l'extrémité nord-est de l'Italie, sud des Balkans) et dans l'ouest de la Turquie.

Les Fauvettes passerinette, de Moltoni et des Balkans hivernent en Afrique.
La Commission de l’Avifaune Française ne s'était pas a priori (en 2015) encore prononcée sur cette classification.

Présentation générale de la Fauvette passerinette 

Longueur : de 12 à 13 cm.

Description : fauvette un peu plus grande que la Fauvette à lunettes (Sylvia conspicillata), avec une projection primaire plus grande. Les pattes sont chair brunâtre et donc un peu plus sombres que celles de la Fauvette à lunettes.
Le mâle adulte au printemps est facile à reconnaître : il a le dessus gris, des "moustaches" blanches, la gorge et la poitrine rouge brique, et un cercle oculaire et un iris rouges. Sa queue est nettement bordée de blanc. En automne, après la mue post-nuptiale, son plumage est moins coloré, plus pâle.
Son chant est aigu (écoutez un enregistrement). Ses cris (en France et dans la péninsule ibérique) sont des "tett" secs, répétés, des "trrrt", des "tche-tche-tche" (écoutez un enregistrement).
La femelle adulte au printemps ressemble au mâle, mais elle est gris-brun dessus et ses parties inférieures sont rose-blanchâtre. On peut généralement vaguement distinguer des moustaches plus claires que la gorge. Son cercle oculaire est blanc et son iris est gris marron. Sa queue est nettement bordée de blanc.
La femelle adulte en plumage d'automne est plus brune dessus, avec une zone brun chaud sur l'aile et ressemble alors superficiellement à la femelle de la Fauvette à lunettes.
Le juvénile et l'oiseau de premier hiver ressemblent à la femelle adulte en plumage d'automne, mais leur iris est plus sombre.
Il s'agit d'une espèce migratrice nichant dans les buissons hauts et dans les forêts claires du pourtour méditerranéen.

Fauvette passerinette (Sylvia inornata) juvénile

Fauvette passerinette (Sylvia inornata) juvénile. Notez (1) et (2) les tertiaires et les couvertures sans nuance rousse, (3) le bec moins fin que celui de la Fauvette à lunettes. Le dessus est brun-gris.
Source : Javier Blasco-Zumeta / Laboratorio Virtual Ibercaja
Fauvette passerinette (Sylvia inornata) femelle adulte

Fauvette passerinette (Sylvia inornata) femelle adulte au printemps. Notez (1) la projection primaire assez longue (idem chez le mâle), (2) le cercle oculaire rose, (3) les moustaches blanches assez visibles (variable selon les individus), (4) la gorge et le dessous rosé (plus ou moins sombre selon les individus).
Source : Javier Blasco-Zumeta / Laboratorio Virtual Ibercaja


Les critères d'identification des mâles adultes

Fauvette de Moltoni (Sylvia moltonii/sibalpina) mâle adulte

Fauvette de Moltoni (Sylvia moltonii/subalpina) mâle adulte mâle adulte au printemps, Toscane (Italie), mai 2009 : notez (1) la moustache blanche assez visible, (2) le dessous rose saumon (sans nuance de rouge brique) et le blanc très réduit.
Photographie : Daniele Occhiato / Ses galeries sur Pbase

Dans le tableau placé à la fin de cet article, nous présentons que les critères d'identification des mâles adultes typiques des Fauvettes passerinette, de Moltoni et des Balkans au printemps (avril-juin). Il existe toutefois des variations individuelles, des oiseaux intermédiaires ou atypiques, et l'identification n'est pas toujours possible ou facile. Il faut donc combiner le maximum de critères et tenir compte du lieu d'observation.
En automne (septembre-octobre), les parties colorées des parties inférieures des mâles adultes sont plus fades, plus pâles et donc moins définies (chez S. inornata, elles restent toutefois généralement plus marquées que chez S. cantillans albistriata et S. moltonii/subalpina).
Les mâles immatures de seconde année ont un plumage proche de celui des adultes mais leurs rémiges (tertiaires, secondaires et primaires) brunes (car usées) et non pas gris foncé bordées de brun-gris et leurs parties inférieures sont plus pâles (les zones orange ou brique sont plus réduites). Leur iris est brun sombre et non pas rouge-orange.
Les femelles adultes ont la gorge et la poitrine vaguement chamois rosé, des moustaches blanches vaguement délimitées, le dessus est plus brun et un cercle oculaire vaguement rougeâtre (et non pas rouge brique comme les mâles). Précisons toutefois que certaines femelles adultes au printemps peuvent être assez colorées et ressembler à des mâles de deuxième année...
Les femelles et les immatures de première année en plumage d'automne (lire Distinguer les Fauvettes grisette, à lunettes et passerinette) des trois espèces sont très difficiles à distinguer les uns des autres.
Les immatures de première année en plumage d'automne ressemblent aux femelles adultes mais ils sont plus bruns dessus, blanc beige dessous, ils ont un croupion brun et non pas gris, leur cercle oculaire est blanchâtre et non pas rouge clair (ou ocre orange) et leur iris est brun-olive foncé et non pas brun jaunâtre à rouge clair. Les jeunes S. c. albistriata sont souvent plus pâles que ceux de S. inornata et de S. moltonii/subalpina.

Fauvette passerinette (Sylvia inornata) mâle adulte au printemps

Fauvette passerinette (Sylvia inornata) mâle adulte au printemps. Notez (1) la moustache blanche fine s'arrêtant au niveau de l'oeil, (2) le dessous rose brique s'étendant largement sur les parties inférieures, (3) le blanc réduit au bas-ventre et (4) le dessus gris bleuté assez sombre.
Schéma : Ornithomedia.com d'après R. Scally
Fauvette des Balkans (Sylvia cantillans) mâle adulte au printemps

Fauvette des Balkans (Sylvia cantillans albistriata) mâle adulte au printemps. Notez (1) la moustache blanche large et longue (continuant derrière l’œil), (2) la gorge rose brique nettement délimitée contrastant avec les flancs plus clairs, parfois blanchâtres (le mâle de la sous-espèce balkanique albistriata a un dessous rouge brique plus intense que le mâle S. cantillans du sud de l'Italie, qui est plutôt orange-cannelle), (3) les flancs clairs et le blanc étendu sur le ventre, (4) le dessus gris bleuté plus clair que S. inornata et (5) les parotiques (joues) souvent plus sombres que la calotte.
Schéma : Ornithomedia.com d'après R. Scally
Fauvette de Moltoni (Sylvia moltonii/subalpina) mâle adulte au printemps

Fauvette de Moltoni (Sylvia moltonii/subalpina) mâle adulte au printemps. Notez (1) la moustache blanche assez nette s'arrêtant au niveau de l’œil, (2) le dessous rose saumon s'étendant largement sur les parties inférieures, (3) le blanc limité au bas-ventre et (4) le dessus gris bleuté assez sombre.
Schéma : Ornithomedia.com d'après R. Scally
Comparaison des queues étalées des Fauvettes passerinette et des Balkans

Comparaison des queues étalées des Fauvettes passerinette (Sylvia inornata) et des Balkans (Sylvia cantillans albistriata) : chez cette dernière, la seconde rectrice la plus externe a plus de blanc (un critère assez difficile à voir sur le terrain).
Schéma : Ornithomedia.com d'après R. Scally


Un critère important : les chants et les cris

Outre le plumage, les chants et surtout les cris constituent un critère d'identification important pour distinguer les Fauvettes passerinette, des Balkans et de Moltoni. 
Le chant du mâle de la Fauvette passerinette (Sylvia inornata) est vif et clair, composé de phrases assez longues (longueur moyenne de 3,5 secondes) et parsemé de pauses assez longues (environ 3 secondes). La structure de chaque strophe est irrégulière et leur longueur est plutôt fluctuante, rappelant un peu le chant de la Fauvette grisette (Sylvia communis). Son chant ne comprend généralement pas de sons "durs".
Écoutez ci-dessous un enregistrement du chant du mâle de la Fauvette passerinette (source : Xeno-Canto Foundation) :



Les cris de la Fauvette passerinette sont une suite plus ou moins rapide et dur de "tec tec tec" rappelant la Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla).
Écoutez ci-dessous un enregistrement des cris 
de la Fauvette passerinette (source : Xeno-Canto Foundation) :



Le chant du mâle de la Fauvette des Balkans (S. cantillans) est un peu plus rapide que celui de la Fauvette passerinette, avec des strophes plus courtes et une fin plus abrupte. Il est souvent coupé par des "tret" proches du cri d'alarme. Il fait penser à celui de l'Hypolaïs polyglotte (Hippolais polyglotta) mais il est plus fragmenté, avec des phrases plus courtes. En outre, il diffère du chant très proche de la Fauvette de Moltoni (S. moltonii/subalpina) par l'absence des "trrrrrr".
Écoutez ci-dessous un enregistrement du chant du mâle de la Fauvette des Balkans (source : Xeno-Canto Foundation) :



Les cris de la Fauvette des Balkans sont composé d'un double "tret-et", avec parfois quelques "chep" isolés.
Écoutez ci-dessous un enregistrement des cris de la Fauvette des Balkans
 (source : Xeno-Canto Foundation) :



Le chant du mâle de la Fauvette de Moltoni est comparable à celui de la Fauvette passerinette (S. inornata), en particulier au niveau de la structure irrégulière des phrases, mais il est beaucoup plus rapide et dur en raison des cris d'alarme "trrrrrrr" qui le ponctuent souvent), des strophes un peu plus courtes et de la fin plus abrupte. Le chant fait davantage penser à celui de l'Hypolaïs polyglotte (Hypolaïs polyglotte) et il rappelle aussi celui du Serin cini (Serinus serinus) qui est toutefois beaucoup plus long.
Écoutez ci-dessous un enregistrement du chant du mâle de la Fauvette de Moltoni (source : Xeno-Canto Foundation) :



Les cris de la Fauvette de Moltoni sont des trilles "trrrrrrr" rappelant le Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes), parfois suivi de "tek" isolés.
Écoutez ci-dessous un enregistrement des cris de la
 Fauvette de Moltoni (source : Xeno-Canto Foundation) :

Un tableau de synthèse des critères d'identification des mâles des Fauvettes passerinette, des Balkans et de Moltoni

Fauvette passerinette (Sylvia inornata) mâle adulte au printemps Fauvette des Balkans (Sylvia cantillans albistriata) mâle adulte au printemps Fauvette de Moltoni (Sylvia moltonii/subalpina) mâle adulte au printemps
Longueur de l'aile (difficile à voir sur le terrain)
57 à 61 mm Ailes plus longues (60 à 64 mm). Projection primaire plus longue que celle de S. inornata et S. moltonii/subalpina 57 à 61 mm
Bec Plutôt court et trapu Un peu plus long Plutôt court et trapu
Parties supérieures, calotte et joues Dessus gris un peu plus sombre que S. c. albistriata et S. moltonii/subalpina. Les lores (entre l'oeil et le bec) sont plus sombres que le reste de la tête et les parotiques (joues) sont plus claires que la calotte Dessus gris légèrement plus bleuté que S. inornata. Les joues et les parotiques sont plus sombres que la calotte et forment un léger masque sombre (moins visible en plumage frais) Gris bleuté un peu plus pâle que S. inornata et un peu plus sombre que S. c. albistriata
Parties inférieures Gorge, poitrine, flancs et haut du ventre rose brique. Le bas du ventre est blanchâtre. Les sous-caudales sont parfois orangées Zone orange brique limitée à la gorge (souvent bien délimitée) et au haut de la poitrine, flancs plus clairs.
Le mâle de la sous-espèce balkanique albistriata a un dessous rouge brique plus intense que le mâle S. cantillans du sud de l'Italie, qui est plus orangé.
Ventre et sous-caudales entièrement blancs
Gorge, poitrine, flancs et ventre rose saumon, sans nuance brique. La partie blanchâtre du ventre est généralement plus réduite que chez S. inornata
Moustaches blanches
Fines, surtout près du bec, et assez courtes (s'arrêtent au niveau de l'œil). Attention, la position de la tête de l'oiseau peut faire varier l'apparence de la longueur des moustaches Larges et longues et se prolongeant derrière les yeux Nettes et de même longueur que S. inornata
Étendue du blanc sur la queue (difficile à voir sur le terrain) Critère peu facile à voir, mais quand la queue est étalée, on note plus de blanc sur la seconde rectrice la plus externe
Cris (critère important) Suite plus ou moins rapide et dur de "tec tec tec" rappelant la Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) (écoutez un enregistrement) Double "tret-et", avec parfois quelques "chep" isolés (écoutez un enregistrement) Trille "trrrrrrr" rappelant le Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes), parfois suivi de "tek" isolés (écoutez un enregistrement)
Chant Le chant du mâle (écoutez un enregistrement) est vif et clair, composé de phrases assez longues (longueur moyenne de 3,5 secondes) et parsemé de pauses assez longues (environ 3 secondes). La structure de chaque strophe est irrégulière et leur longueur est plutôt fluctuante, rappelant un peu le chant de la Fauvette grisette (Sylvia communis). Son chant ne comprend généralement pas de sons "durs" Le chant du mâle (écoutez un enregistrement) est un peu plus rapide que celui de S. inornata, avec des strophes plus courtes et une fin plus abrupte. Il est souvent coupé par des "tret" proches du cri d'alarme. Il fait penser à celui de l'Hypolaïs polyglotte (Hippolais polyglotta) mais il est plus fragmenté, avec des phrases plus courtes. En outre, il diffère du chant très proche de S. moltonii/subalpina par l'absence des "trrrrrr" Le chant du mâle (écoutez un enregistrement) est comparable à celui de S. inornata, en particulier au niveau de la structure irrégulière des phrases, mais il est beaucoup plus rapide et dur en raison des cris d'alarme "trrrrrrr" qui le ponctuent souvent), des strophes un peu plus courtes et de la fin plus abrupte. Le chant fait davantage penser à celui de l'Hypolaïs polyglotte (Hypolaïs polyglotte) et il rappelle aussi celui du Serin cini (Serinus serinus) qui est toutefois beaucoup plus long

http://www.surfbirds.com/Features/subalpine13/main.html

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Sources

  • Brian Small, Mike Pennington, Dougie Preston et Andy Stoddart (2014). Subalpine Warblers. Challenge Series. Birding Frontiers.
  • Brian J. Small. Identification of male "Subalpine Warblers". Surfbirds. http://www.surfbirds.com
  • L. Svensson  (2013). Subalpine Warbler variation and taxonomy. British Birds 106 (11). Pages : 651-668. www.britishbirds.co.uk/article/british-birds-november-2013/
  • Marc Duquet et Amine Flitti (2007). Eléments d'identification de la Fauvette passerinette orientale Sylvia cantillans albistriata. Ornithos 14-3. Pages 164-171
  • Aurélien Audevard (2007). Première mention française de la Fauvette passerinette orientale Sylvia cantillans albistriata. Ornithos 14-3
  • Igor Festari (2004). Tassonomia e variabilita geografica della Sterpazzolina (Sylvia cantillans) in Italia. Quaderni di Birdwatching. Année VI, volume 12. Octobre. www.ebnitalia.it/QB/QB012/sterpazzoline.htm
  • Brian J. Small . Identification of male ‘Subalpine Warblers’. Surfbirds. www.surfbirds.com/Features/subalpine13/main.html
  • Javier Blasco-Zumeta & Gerd-Michael Heinze. 367 Curruca carrasqueña. Laboratorio Virtual Ibercaja. http://www.ibercajalav.net/img/367_Sylvia_cantillans.pdf

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