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Distinguer les Alouettes calandrelle et pispolette

À l'occasion de la découverte étonnante d'une Alouette pispolette près de Gillonnay (Isère) le 23/04/2017, nous recensons les critères permettant de distinguer cette espèce de l'Alouette calandrelle.

| Validé par le comité de lecture

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Distinguer les Alouettes calandrelle et pispolette

Alouette pispolette (Calandrella rufescens), Gillonnay (Isère) le 24/04/2017 : notez la poitrine striée et le petit bec.
Photographie  : Aymeric Le Calvez

L'identification des alouettes est souvent problématique, notamment pour les débutants, car ce sont des oiseaux plutôt farouches, vivant dans des milieux très ouverts, et au plumage peu marquant : c'est notamment le cas de deux espèces proches, l'Alouette calandrelle (Calandrella brachydactyla) et l'Alouette pispolette (Calandrella rufescens) qui coexistent dans certaines régions d'Espagne, du Portugal, d'Afrique du Nord, du sud de la Russie et du Moyen-Orient.
Si l'Alouette calandrelle niche dans le sud et localement dans le centre-ouest de la France, l'Alouette pispolette est rarissime en dehors de la péninsule ibérique, une seule donnée étant confirmée dans l'hexagone depuis 1981 selon le site web du Comité d'Homologation National. Le 23 avril 2017, un oiseau a été découvert près de Gillonnay dans la plaine de Bièvre en Isère, un secteur très intéressant pour l'observation des oiseaux migrateurs, et il était encore présent le 26 avril au moins.
Dans cet article, nous présentons les critères permettant de différencier les Alouettes calandrelle et pispolette. Nous remercions les photographes nous ayant permis d'illustrer cet article, Aymeric Le Calvez et Javier Blasco-Zumeta (Atlas de Identificación de las Aves de Aragón).

Abstract

The identification of larks is often problematic, especially for beginners, because they are rather fierce birds, living in very open environments, and with a quite unmarked plumage: this is especially the case of two similar species, the Greater Short-toed Lark Calandrella brachydactyla and the Lesser Short-toed Lark Calandrella rufescens. They coexist in some parts of Spain, Portugal, North Africa, southern Russia and the Middle East.
If the Greater Short-toed Lark breeds in the south and locally in the west-central part of France, the  Lesser Short-toed Lark is extremely rare outside Spain, a single confirmed data being confiirmed in France since 1981 on the website of the Comité d'Homologation National. The 23th of April 2017, a bird was discovered near Gillonnay in the plain of Bièvre in Isère, a very interesting area for the observation of migratory birds, and it was still present the 26th of Apri 2017 at least.
In this article, we present the criteria to distinguish both species of larks, and we thank Aymeric Le Calvez and Javier Blasco-Zumeta (Atlas de Identificación de las Aves de Aragón) for their photos.

Alouette calandrelle (Calandrella brachydactyla)

Alouette calandrelle (Calandrella brachydactyla)

Alouette calandrelle (Calandrella brachydactyla).
Photo : Dani L. Huertas / Daniscoping.com

Longueur : 14 - 16 cm.

Description : le plumage de l'Alouette calandrelle peut varier suivant les individus et la sous-espèce, mais on a toujours l'impression générale d'un oiseau clair au bec relativement large et pointu. Ses sourcils pâles et larges sont caractéristiques. Une zone sombre est visible avant et après l'œil. Le mâle a un plumage plus roux que la femelle, particulièrement au niveau de la calotte (qui est parfois gris brunâtre vaguement rayée).
Deux petites taches noires sont visibles sur les côtés du cou, mais elles sont plus frappantes au printemps qu'en automne : comme l'Alouette calandre (Melanocorypha calandra), ces taches constituent un signal quand les mâles paradent devant leurs congénères et leurs adversaires pour défendre leur territoire.  La zone carpienne (au niveau du poignet) est souvent peu visible.
On peut confondre assez facilement l'Alouette calandrelle avec l'Alouette pispolette (Calandrella rufescens) (voir plus bas) et parfois avec le Pipit rousseline (Anthus campestris), dont la queue et les pattes sont toutefois bien plus longues.

Biologie : l'Alouette calandrelle est une espèce migratrice en Europe, hivernant en Afrique. Elle se nourrit de graines et d'insectes.

Habitats : l'Alouette calandrelle niche dans des zones sèches variées (dunes, steppes, cultures...) dans le sud de l'Europe (elle remonte jusqu'au Loiret en France).

Voix : l'Alouette calandrelle pousse un cri typique en vol, un double "tylp teelp" rappelant un fringille (pinson, linotte...) ou une Hirondelle de fenêtre (Delichon urbicum). Elle lance aussi souvent (généralement durant l'envol) un son roulé rappelant le "chirryt!" de l'Alouette des champs (Alauda arvensis). Le chant, composé de séquences typiques courtes ("pytt, tryll yll yll yll") entrecoupées de trilles et d'imitations, est émis durant un vol sautillant et ressemble un peu à celui du Pipit rousseline (Anthus campestris).

Écoutez ci-dessous un enregistrement des cris de l'Alouette calandrelle réalisé en Espagne le 05/07/2016 par José Carlos Sires (source : Xeno-Canto) :

Écoutez ci-dessous un enregistrement du chant de l'Alouette calandrelle réalisé en Espagne le 24/06/2012 par Jordi Calvet (source : Xeno-Canto) :

Alouette pispolette (Calandrella rufescens)

Alouette pispolette (Calandrella rufescens apetzii)

Alouette pispolette (Calandrella rufescens apetzii), Espagne.
Photo : Dani L. Huertas / Daniscoping.com

Longueur : 13 - 14,5 cm.

Description : l'Alouette pispolette est un peu plus petite que l'Alouette calandrelle, elle est plus grise et plus rayée sur le dos et la poitrine. Il existe toutefois des différences selon les sous-espèces :

  • la sous-espèce C. r. apetzii de la péninsule ibérique est petite, a le dessus plus gris, plus sombre et plus strié, et elle présente des stries nettes sur sa poitrine brune et ses flancs qui la font ressembler à une petite Alouette des champs (Alauda arvensis) grisâtre.
  • La sous-espèce C. r. minor d'Afrique du Nord, des îles Canaries et du Moyen-Orient a le dessus  brun clair, des stries fines sur la poitrine et des flancs non rayés.
  • Les sous-espèces du sud de la Russie (C. r. heinei) et de Turquie (C. r. aharonii) sont plus grises, ont la poitrine finement striée et des flancs vaguement striés.

En automne, les stries de la poitrine sont plus fines et sont même parfois difficiles à voir, mais une bande gris-chamois est toujours visible sur la poitrine.
L'Alouette pispolette n'a pas de sourcils nets ni de ligne sombre à travers l'œil comme l'Alouette calandrelle. Sa tête est plus ronde, son bec est plus court et plus épais (il rappelle celui d'une Linotte mélodieuse), et ses rémiges tertiaires sont plus courtes se terminant 10 à 15 mm en-deça de la pointe des ailes, ce qui fait que sa projection primaire est plus longue quand l'aile est fermée.

Habitats : l'Alouette pispolette niche dans les steppes et rarement dans les cultures, contrairement à l'Alouette calandrelle. Elle préfère les zones humides asséchées de façon saisonnière, les bords des lacs, les steppes salines (comme dans le bassin de l'Ebre en Espagne) et les levées entre les bassins des marais salants.

Biologie : elle est sédentaire dans le sud de l'Espagne, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, mais les populations asiatiques sont migratrices. Le régime alimentaire est le même que celui de l'Alouette calandrelle.

Voix : son cri en vol est un bourdonnement typique évoquant le cri d'un limicole ou une Hirondelle de rivage (Riparia riparia), un "tchrrrty" ou un double "trr-chrrr", parfois presque sans voyelle. Elle émet aussi des "tirrr" ou des "dirrr" plus durs, rappelant l'Alouette calandrelle. Son chant est continu et varié et comprend beaucoup d'imitations souvent trompeuses de différentes espèces dont l'Alouette calandrelle et le Cochevis huppé (Galerida cristata). Le chant est émis lors du vol nuptial, composé de décrits avec des battements d'ailes lents rappelant la parade du Serin cini (Serinus serinus).

Écoutez ci-dessous un enregistrement du chant de l'Alouette pispolette réalisé en Chine en mai 2002 (source : Caluta.liitin.net) :

Écoutez ci-dessous un enregistrement des cris de l'Alouette pispolette réalisé au Kazakhstan en juillet 2005 (source : Caluta.liitin.net) :

Aires de répartition des deux espèces

Carte de répartition de l'Alouette calandrelle (Calandrella brachydactyla)

Carte de répartition de l'Alouette calandrelle (Calandrella brachydactyla) : en rouge, les régions où l'espèce est migratrice et en vert celles où elle est sédentaire.
Carte: Ornithomedia.com d'après Le Guide Ornitho
Carte de répartition de l'Alouette pispolette (Calandrella rufescens)

Carte de répartition de l'Alouette pispolette (Calandrella rufescens) : en rouge, les régions où l'espèce est migratrice et en vert celles où elle est sédentaire.
Carte: Ornithomedia.com d'après Le Guide Ornitho

Différencier les adultes des deux espèces

Les photos ci-dessous  de Javier Blasco-Zumeta ont été prises en Espagne et concernent donc la sous-espèce C. r. apetzii. L'Alouette pispolette se distingue de l'Alouette calandrelle grâce aux critères suivants :
  • une poitrine striée (unie chez l'Alouette calandrelle). L'Alouette pispolette évoque une petite Alouette des champs, surtout quand sa "huppe" est érigée
  • un bec plus court et plus épais
  • chez les nicheurs, l'intérieur de la mandibule supérieure est orange (noir chez l'Alouette calandrelle)
  • des rémiges tertiaires plus courtes  et donc une projection primaire plus longue quand l'aile est repliée
  • une tête plus ronde
  • des joues striées (unies chez l'Alouette calandrelle)

Le vol nuptial de l'Alouette pispolette forme généralement une boucle, ses battements d'ailes sont assez lents et sa queue est partiellement étalée. Le vol nuptial de l'Alouette calandrelle est circulaire, onduleux, avec des battements d'ailes rapides et la queue est tenue fermée.

Dessins de la poitrine chez l'Alouette calandrelle (à gauche) et pispolette (à droite)

Dessins de la poitrine chez l'Alouette calandrelle (à gauche) et pispolette (à droite) .
Photosgraphies : Javier Blasco-Zumeta
Formes du bec chez l'Alouette calandrelle (à gauche) et pispolette (à droite)

Formes du bec des Alouettes calandrelle (à gauche) et pispolette (à droite).
Photographies : Javier Blasco-Zumeta
Longueurs des tertiaires chez l'Alouette calandrelle (en haut) et pispolette (en bas)

Longueurs des tertiaires chez l'Alouette calandrelle (en haut) et pispolette (en bas) : la projection primaire de l'Alouette pispolette est plus importante car ses rémiges tertiaires sont plus courtes.
Photos : Javier Blasco-Zumeta
Couleur de l'intérieur de la mandibule chez l'Alouette calandrelle (à gauche) et pispolette (à droite)

Couleur de l'intérieur de la mandibule chez l'Alouette calandrelle (à gauche) et pispolette (à droite): ce critère n'est utilisable qu'avec l'oiseau en main.
Photos : Javier Blasco-Zumeta

Différencier les juvéniles des deux espèces

Les juvéniles des deux espèces sont ordinairement plus difficiles à distinguer les uns des autres : la forme du bec (uniquement chez les oiseaux totalement développés) reste toutefois typique, et les sourcils et les bordures pâles des plumes sont généralement plus larges chez l'Alouette calandrelle.

Dessus des juvéniles d'Alouette calandrelle (à gauche) et pispolette (à droite)

Dessus des juvéniles d'Alouette calandrelle (à gauche) et pispolette (à droite).
Photos : Javier Blasco-Zumeta
Formes du bec chez les juvéniles d'Alouette calandrelle (à gauche) et pispolette (à droite)

Formes du bec chez les juvéniles d'Alouette calandrelle (à gauche) et pispolette (à droite).
Photos : Javier Blasco-Zumeta
Dessin du dessus des ailes des juvéniles chez l'Alouette calandrelle (en haut) et pispolette (en bas)

Dessin du dessus des ailes des juvéniles chez l'Alouette calandrelle (en haut) et pispolette (en bas).
Photos : Javier Blasco-Zumeta
 

La découverte d'une Alouette pispolette à Gillonnay (Isère) le 23 avril 2017

Situation de Gillonnay (Isère)

Situation de Gillonnay (Isère).
Carte : Ornithomedia.com
Le 23 avril 2017, la découverte d'une Alouette pispolette au lieu-dit Les Zarèses dans la commune de Gillonnay été annoncée sur le site web www.faune-isere.org. Gillonnay est située dans la plaine de Bièvre (Isère), un secteur connu pour son intérêt ornithologique lors des migrations (lire Observer les oiseaux dans la plaine de Bièvre) : c'est notamment l'un des secteurs les plus réguliers de France pour l'observation du Faucon kobez (Falco vespertinus), des groupes faisant souvent une halte en mai autour de l'aéroport de Grenoble-Isère (lire Pourquoi voit-on des Faucons kobez au printemps en France ?).
Le découvreur (Jean-Christophe Cordara) a d'abord cru qu'il s'agissait d'une Alouette calandrelle, la probabilité d'observation d'une Alouette pispolette en France étant très faible, mais grâce à plusieurs observateurs et à ses photos, il a pu confirmer l'identification de cet oiseau.
Un autre observateur, Nicolas Biron, a noté le 24/04 :
  • sa petite taille
  • son comportement vif (il sautillait parfois comme une linotte)
  • sa teinte générale très grise et non pas plutôt chamois-roux comme l'Alouette calandrelle, une espèce parfois visible lors du passage prénuptial dans la plaine de Bièvre
  • sa poitrine striée
  • sa projection primaire plus longue
  • sa petite crête souvent érigée.
La sous-espèce exacte n'a pas été identifiée pour le moment.
Cet oiseau a été revu le 25 et le 26/04 dans différents lieux-dits de la commune de Gillonnay (Les Zarèses, Chèvre Noire et Coronnan). Voir dans notre galerie deux autres photos prises le 26/04 par Laurent Rouschmeyer.

Alouette pispolette (Calandrella rufescens)

Alouette pispolette (Calandrella rufescens), Gillonnay (Isère) le 24/04/2017. Notez (1) le bec court, (2) la poitrine striée, (3) le dessus brun-gris fortement strié, (4) la barre sombre sur les couvertures contrastant peu avec le reste du dessus et (5) la projection primaire assez longue (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Photographie : Aymeric Le Calvez
Alouette pispolette (Calandrella rufescens)

Alouette pispolette (Calandrella rufescens), Gillonnay (Isère) le 24/04/2017. Notez (1) le bec court et (2) le dessus brun-gris fortement strié (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Photographie : Aymeric Le Calvez
Alouette pispolette (Calandrella rufescens)

Alouette pispolette (Calandrella rufescens), Gillonnay (Isère) le 24/04/2017. Notez (1) le bec court, (2) la poitrine striée, (3) le dessus brun-gris fortement strié et (4) la projection primaire assez longue (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Photographie : Aymeric Le Calvez
Alouette pispolette (Calandrella rufescens)

Alouette pispolette (Calandrella rufescens), Gillonnay (Isère) le 24/04/2017. Notez (1) le bec court et (2) la poitrine striée.
Photographie : Aymeric Le Calvez


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Sources

  • Le site web de Javier Blasco-Zumeta : www.javierblasco.arrakis.es
  • Lars Jönsson, Mark Beaman et Iain Robertson (1982). Birds of the Mediterranean and Alps. Croom Helm



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