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Conseils pour identifier les passereaux juvéniles en été

En juillet, beaucoup de jeunes passereaux sont visibles, et leur plumage est parfois déroutant : après des informations sur leur stratégie de mue, voici quelques conseils pour essayer de les identifier.

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Conseils pour identifier les passereaux juvéniles en été

Rougegorges familiers (Erithacus rubecula) adulte et juvénile, Namur (Belgique), le 26/05/2014.
Photographie : Isabelle de Roover

Au printemps et surtout en été, les passereaux qui viennent de quitter leur nid et qui n'ont pas encore fait leur mue post-juvénile automnale ont souvent des plumages déroutants, plutôt ternes, usés, parfois tachetés, striés ou écailleux. C'est l'une des frustrations classiques des observateurs en période estivale : ne pas réussir à identifier certains passereaux juvéniles. Ils sont pourtant parfois faciles à observer, ils ne s'envolent pas, ils poussent des cris pour appeler leurs parents, mais leur plumage est distinct. Or il n'est pas conservé longtemps et est rarement illustré dans les guides : les observateurs ont donc peu l'occasion de se familiariser avec celui-ci. Voici quelques conseils pour s'en sortir.

Abstract

The plumage of juvenile songbirds is often unfamiliar to birders: it is often brownish, worn, with streaks, scales or spots or other elements that are not found in the adult plumage. It is one of the common frustrations and challenges of summer birding when one finds fledgling songbirds in juvenal plumage. They are frustrating because we can usually see them well, they allow close approach, and call repeatedly but we sometimes can't identify them. We rarely have a chance to become familiar with birds wearing it, and very few are illustrated in field guides. Here are some tips to help you.

La mue chez les passereaux

Hirondelles rustiques (Hirundo rustica) juvéniles

Hirondelles rustiques (Hirundo rustica) juvéniles : la stratégie de mue de cette espèce est de type 4.
Photographie : Elisabeth Strouve

Les oiseaux passent par plusieurs stades de plumage. Ils sont d'abord dotés d'un duvet lorsqu'ils sont poussins, et leur premier vrai plumage est celui du juvénile, qui ne dure que quelques semaines ou quelques mois, même si certaines plumes (des ailes et de la queue) subsistent plus longtemps. Viennent ensuite, selon les espèces, un ou plusieurs plumages immatures, puis le plumage adulte, qui est régulièrement renouvelé au cours de la vie de l'oiseau à l'occasion de mues.
Il existe différentes stratégies de mue chez les passereaux :

  • type 1 : le juvénile (un âge qui va de la naissance à la fin de l'été) subit une mue (post-juvénile) complète à la fin de l'été, et l'adulte (âgé d'un an) une mue complète l'été qui suit sa naissance. C'est le cas en Europe des alouettes, des étourneaux, des moineaux, du Bruant proyer (Emberiza calandra), de la Mésange à longue queue (Aegithalos caudatus), de la Panure à moustaches (Panurus biarmicus), de la Lusciniole à moustaches (Acrocephalus melanopogon) ou de la Cisticole des joncs (Cisticola juncidis).
  • Type 2 : le juvénile subit une mue post-juvénile partielle à la fin de l'été, et l'adulte une mue complète durant l'été qui suit sa naissance. C'est le cas de nombreux passereaux de nos jardins, campagnes et forêts comme les accenteurs, les sittelles, les grimpereaux, les roitelets, les mésanges, les merles, les grives, les corbeaux, les corneilles, les Fringilles (pinsons, verdier, linotte...), le Roselin cramoisi (Carpodacus erythrinus) (la mue post-juvénile se déroule en hiver), du Rouge-gorge familier (Erithacus rubecula), des rossignols (Luscinia sp.), des rougequeues (Phoenicurus sp.), du Tarier pâtre (Saxicola torquata), du Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes) ou du Bruant jaune. La Rémiz penduline (Remiz pendulinus), le Traquet rieur (Oenanthe leucura), l'Hirondelle des rochers (Ptyonoprogne rupestris), le Jaseur boréal (Bombycilla garrulus), le Cincle plongeur (Cinclus cinclus) ou le Bruant fou (Emberiza cia) suivent aussi cette stratégie.
  • Type 3 : le juvénile subit une mue partielle à la fin de l'été puis une mue partielle en hiver , tandis que l'adulte subit une mue complète durant l'été suivant sa naissance, suivie d'une mue prénuptiale partielle en hiver. C'est le cas de la Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica), du Tarier des prés (Saxicola rubetra), des traquets (Oenanthe sp.) sauf le Traquet rieur (O. leucura), du Monticole de roche (Monticola saxatilis), de la Bouscarle de Cetti (Cettia cetti), des fauvettes (Sylvia sp.) sauf la Fauvette des jardins (S. borin), du Pouillot véloce (Phylloscopus collybita), des gobemouches (Ficedula sp. et Muscicapa sp.) sauf le Gobemouche gris (M. striata), du Tichodrome échelette (Tichodroma muraria), de la Pie-grièche grise (Lanius excubitor), et des bruants (sauf les Bruants proyer, jaune, fou et mélanocéphale).
  • Type 4 : le juvénile subit une mue partielle à la fin de l'été puis une mue complète en hiver, et l'adulte une mue complète à la fin de l'été suivie d'une mue complète en hiver. C'est le cas des hirondelles (sauf l'Hirondelle des rochers), de l'Agrobate roux (Erythropygia galactotes), des locustelles (Locustella sp.), des rousserolles (Acrocephalus sp.), des hypolaïs (Hippolais sp.), des pouillots (Phylloscopus sp.) sauf le Pouillot véloce (P. collybita), du Gobemouche gris (Muscicapa striata), du Loriot d’Europe (Oriolus oriolus), des pies-grièches (Lanius sp.) sauf la Pie-grièche grise et du Bruant mélanocéphale (Emberiza melanocephala).
Rougegorge familier (Erithacus rubecula) juvénile

Jeune Rougegorge familier (Erithacus rubecula) au début de sa mue post-juvénile partielle, Belgique, septembre 2016 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Marc Fasol
Rougegorge familier (Erithacus rubecula) juvénile

Jeune Rougegorge familier (Erithacus rubecula) au début de sa mue post-juvénile partielle, Belgique, septembre 2016 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Marc Fasol
Rougegorge familier (Erithacus rubecula) juvénile

Jeune Rougegorge familier (Erithacus rubecula) à un stade plus avancé de la mue post-juvénile partielle, Belgique, septembre 2016 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Marc Fasol
Rougegorge familier (Erithacus rubecula) juvénile

Jeune Rougegorge familier (Erithacus rubecula) à un stade plus avancé de la mue post-juvénile partielle, Belgique, septembre 2016 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Marc Fasol


Les oiseaux concernés par des problèmes d'identification

Verdier d'Europe (Carduelis chloris) juvénile

Verdier d'Europe (Carduelis chloris) juvénile : ses stries sur le ventre, absentes chez l'adulte, peuvent dérouter l'observateur. Notez en (1) les commissures typiques des juvéniles.
Photographie : Michel Freulon

Le problème d'identification des passereaux juvéniles ne concerne pas certaines espèces très reconnaissables comme les hirondelles, le Cincle plongeur (Cinclus cinclus), le Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes), les Pies bavardes (Pica pica), les tourterelles (lire Les formes des ailes des Tourterelles des bois adultes et juvéniles sont différentes : pourquoi ?) ou les corneilles (Corvus corone), dont la silhouette et/ou la répartition des couleurs sont semblables à celles des adultes. Il se pose pour certains petits passereaux comme les alouettes, les bergeronnettes ou les fauvettes, voire pour des oiseaux bien connus de nos jardins comme le Rougegorge familier (Erithacus rubecula) ou le Merle noir (Turdus merula), dont les plumages juvéniles striés ou tachetés peuvent dérouter l'observateur inexpérimenté.

La technique indirecte

La façon la plus simple pour identifier un passereau juvénile est certainement d'attendre qu'un adulte vienne le nourrir (sauf bien sûr dans le cas des espèces parasites comme les coucous et les coucous-geais en Europe ou les vachers en Amérique du Nord). Mais quand le jeune grandit, les parents cessent progressivement de le nourrir et on peut alors attendre des heures que l'oiseau mystère soit ravitaillé...

Les critères pouvant être utiles

La forme du bec peut être utile, mais il peut être différent de celui de l'adulte. D'autre part, la présence de bourrelets blanchâtres ou jaunâtres au niveau des commissures, un dessin ou une forme de la tête parfois distincts peuvent compliquer les choses.
Ces oisillons sont presque des adultes, donc leur taille est quasiment définitive : elle peut donc constituer un critère assez intéressant.
Les proportions et le comportement peuvent aussi aider, tout comme la couleur des pattes et leur forme.
La répartition générale des couleurs (zones plus sombres ou plus claires sur le ventre et sur le dessus, etc.) peut rappeler celle des adultes.
Les appels de mendicité sont distincts d'une espèce à l'autre, mais il faut les connaître ou avoir une certaine expérience, et surtout ces cris sont différents de ceux des adultes.
L'habitat et l'aire de répartition, forcément typiques de l'espèce en période de reproduction car le juvénile s'éloigne généralement de son nid, sont aussi à prendre en compte.

Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) juvénile

Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) juvénile recueillie : ses barres sur les flancs et ses écailles du dessus peuvent dérouter l'observateur, mais sa silhouette, sa taille, la forme de son bec, la répartition générale des couleurs (brunâtre dessus, blanchâtre dessous, zone auriculaire sombre) peuvent aider à l'identifier.
Photographie : Claire Lair-Moreau
Chardonneret élégant (Carduelis carduelis) juvénile

Chardonneret élégant (Carduelis carduelis) juvénile : les dessins de l'aile et la queue (ici plutôt abîmée) constituent d'utiles indices pour l'identifier.
Photographie : Frédéric Courty


Se concentrer sur les ailes et la queue

Il existe un critère pratique qui vous aidera à identifier la grande majorité de ces juvéniles et qui résulte du déroulement normal de la mue : le plumage juvénile est acquis alors que l'oiseau est encore dans le nid, et il sera remplacé en automne lors d'une mue complète ou plus souvent partielle (limitée généralement à la tête, au dos, au ventre et aux couvertures). Cette première mue ne concerne généralement pas les rémiges primaires et secondaires et les plumes de la queue : ainsi, alors que le corps est encore recouvert d'un plumage juvénile temporaire déroutant, les grandes plumes des ailes et de la queue seront conservées encore près d'un an. Or les couleurs et les dessins de ces plumes sont souvent illustrés dans les guides d'identification (plumages d'automne / de premier hiver). Ainsi, si un juvénile semble complètement inconnu, concentrez-vous sur ses ailes et sur sa queue, et vous ouvrez votre guide. Mais attention, ce n'est pas toujours un critère "magique", car certaines espèces proches ont les plumes des ailes et de la queue dont les dessins et les couleurs sont très similaires. Et chez d'autres oiseaux, ces plumes peuvent n'avoir rien de frappant (pas de dessin coloré typique).

Rougegorges familiers (Erithacus rubecula) adulte et juvénile

Rougegorges familiers (Erithacus rubecula) adulte et juvénile : leurs plumages sont très différents, mais les plumes de l'aile, en particulier les rémiges tertiaires (1), secondaires (2), primaires (3) et les rectrices de la queue (4) sont de la même couleur. Toutefois, pour cette espèce, ces plumes n'ont pas de dessin frappant (barre alaire par exemple).
Photographie : Juan Emilio / Wikipedia
Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros) juvénile

Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros) juvénile : le plumage du corps est gris légèrement écailleux, alors que celui de l'adulte est plus uni et plus sombre. Mais les rectrices sont déjà rousses.
Photographie : Alain Fossé / Digimages.info

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Sources

  • Pierre Fiquet (2008). Les principales stratégies de mue chez les passereaux. Muséum d'Histoire Naturelle de Paris. http://www2.mnhn.fr
  • David Allen Sibley (2008). Fledgling songbirds. Birdwaching Daily.

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