Date de mise
en ligne: 26/03/10 - Visé par le Comité de Lecture
Dick
Forsman est un célèbre ornithologue finlandais, l'un des spécialistes
mondiaux de l'identification des rapaces. Il est l'auteur de plusieurs
ouvrages de référence, comme The
Raptors of Europe and the Middle-East.
Il était présent lors de la quatrième édition
de l'Eilat Birds Festival en Israël qui s'est tenu du 18 au 25
mars 2010. Il y a présenté une intervention sur l'identification
de rapaces à partir de photos numériques, de plus en
plus nombreuses et d'une qualité croissante, abordant notamment
la question complexe de l'hybridation.
Nous publions ici la partie de cet exposé consacrée
à l'étude de photos (principalement de juvéniles)
d'Aigles pomarins et criards.
Cet
article a été soumis à notre Comité
de Lecture virtuel.
Pour participer à ce comité, vous pouvez nous
contacter.
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Abstract
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Dick Forsman
is a famous ornithologist born in Helsinki, Finland in 1953, one
of the World top raptors specialists. He wrote several reference
field guides such as The
Raptors of Europe and the Middle-East.
He was present at the 4th edition of the Eilat Spring Festival in
Israel that held from the 18th to the 25th of March 2010. He gave
a richly illustrated lecture about the recent tips concerning the
identification of several species of raptors based on photos, which
are more and more available and that have changed the face of the
raptors identification.
He spoke about the phenomenon of hybridization between Lesser Spotted
Eagle and Greater Spotted Eagle, between different Circus
Harriers and between Oriental Honey Buzzard and Honey Buzzard.
We summarize here the part of his lecture centred on the identification
of photos of (mainly juveniles) Lesser Spotted Eagle and Greater
Spotted Eagle.
Formule alaire et mue
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Les
différentes primaires de l'aile d'un aigle: contrairement aux
passereaux, la première primaire est la première
visible. La formule alaire comprend les mesures des distances
entre l'extrémité la plus éloignée de l'épaule aux extrémités
des primaires les plus courtes
Photo: Dick Forsman |
L'identification
des rapaces peut être parfois relativement complexe, mais
certains éléments sont particulièrement importants
pour déterminer l'espèce et l'âge.
La formule alaire décrit de façon mathématique la
forme de l'extrémité de l'aile d'un l'oiseau. Elle
peut être utilisée pour distinguer des espèces aux plumages proches.
La longueur des primaires externes comparée à la plume voisine,
l'extrémité la plus éloignée de l'épaule ("wing-point"), la projection
de la première rémige primaire (P1) sur les couvertures primaires
(CP), les détails d'émargination et d'échancrure des primaires externes
déterminent la formule alaire. Chaque espèce présente une formule
alaire spécifique et unique, ce qui se traduit par une forme typique
de l'extrémité de l'aile en col, plus ou moins large
ou pointue.
Deux espèces
de rapaces proches ont des formules alaires qui leur sont propres,
ce qui se traduit concrètement par une forme typique de l'extrémité
de leurs ailes.
NB: contrairement aux passereaux, la première primaire
(P1) est la première nettement visible (voir photo).
La mue des plumes joue un rôle essentiel dans la forme et
la couleur de celles-ci, et donc dans la détermination de
l'âge d'un rapace. Il existe des différences importantes
entre les rémiges et les rectrices des adultes et des juvéniles
au sein d'une même espèce.
Comme toutes les plumes des juvéniles poussent en même
temps, l'allure du plumage d'un jeune oiseau semble propre, net
et frais, avec des couleurs plus franches et plus nettes, tandis
que celui d'un oiseau plus âgé, où coexistent
des plumes anciennes (et donc usées) et de nouvelles plumes,
apparaît comme plus irrégulier, aux couleurs hétérogènes,
avec des plumes brisées, voire manquantes. Les différences
entre les plumes neuves et anciennes sont particulièrement
visibles sur le dessus des ailes, où l'usure est plus forte
qu'en dessous (car plus exposé aux rayons du soleil): on
note alors des bandes claires et sombres correspondant respectivement
aux plumes qui ont récemment muées et à celles
plus anciennes.
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Bord
de traîne d'un Aigle criard (Aquila clanga) juvénile:
il est droit, avec des plumes serrées, plutôt pointues
Photo: Dick Forsman |
Les juvéniles
ont des plumes plus étroites, aux extrémités
pointues (arrondies chez les oiseaux plus âgés). C'est
notamment visible quand l'oiseau est en vol.
Le bord de traîne (= le bord arrière) de l'aile d'un
juvénile apparaît comme régulier, tandis que
celui d'un oiseau plus vieux est souvent brisé, avec des
plumes plus individualisées, moins serrées.
Les plumes de vol d'un juvénile ont aussi des plumes aux
longueurs plus uniformes car elles ont toutes poussées en
même temps.
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Bord
de traîne d'un Aigle criard (Aquila clanga) plus âgé:
il est irrégulier, avec des plumes aux longueurs différentes,
au bout arrondi
Photo: Dick Forsman |
Celles des
oiseaux plus âgés ont des longueurs différentes
car leur degré d'usure est variable.
Les juvéniles ont généralement des rectrices
(les plumes de la queue) légèrement plus grandes,
et des ailes légèrement plus courtes, plus larges
(à cause de primaires externes plus courtes et de primaires
internes et de secondaires plus longues).
Toutefois, il existe des exceptions: les juvéniles de rapaces
à longue queue comme la Bondrée apivore (Pernis
apivorus) ont des rectrices plus courtes que celles des adultes,
tandis que les juvéniles de certaines espèces de buses
(genre Buteo) ont des ailes plus étroites que celle
des adultes. On pense que les différences de forme des ailes
et de la queue des juvéniles les aideraient à compenser
leur musculature moindre lors des migrations.
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