Date de mise
en ligne: 27/09/09 - En cours de soumission au Comité de Lecture
De
nombreuses espèces d'oiseaux vivent exclusivement en haute mer, malgré
des conditions de vie très rudes. Les Procellariformes, un
ordre qui comprend les albatros, les puffins, les pétrrels et les
océanites, sont parmi les plus fascinants, notamment quand on les
voit voler en pleine tempête. Les océanites, par leur petite taille,
leur mode de vie pélagique et leur comportement nocturne, sont parmi
les moins connus. Ce sont des oiseaux très recherchés par les observateurs,
et un certain nombre embarquent spécialement dans des bateaux pour
les observer à la bonne période, essentiellement entre août et octobre,
bravant pour cela la houle et le mal de mer... On peut aussi observer
certaines espèces (mais plus difficilement) depuis les caps
et jetées, et parfois même à l'intérieur des terres quand les vents
les y ont poussés.
Depuis et au large des côtes françaises, quatre espèces d'océanites
sont visibles: l'Océanite tempête (le plus commun, et qui niche
sur nos côtes), l'Océanite cul-blanc (au large ou sur les côtes
après des tempêtes), l'Océanite de Wilson (rare) et l'Océanite
de Castro (très occasionnel). Cet article a pour but de présenter
les critères utiles pour les différencier.
Abstract
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Storm-petrels
are small seabirds found in all oceans of the world. The "storm"
part of their name refers to the fact they are only found on land
during very strong storms. They are strictly pelagic and they avoid
land except to come ashore, usually at night, to breed in burrows,
caves, or crevices. Storm-petrels, like other members of the order
Procellariiformes, have specially modified "tubes" atop their bills.
The storm-petrel family has two subfamilies: the Oceanitinae, composed
of southern hemisphere species which are characterized by long legs
(like Wilson's Storm-Petrel), and the Hydrobatinae, composed of
northern hemisphere or tropical species which typically have much
shorter legs and often have forked tails.
This article presents identification criteria for the four species
of ‘black-and-white’ storm-petrel that are the most regular off
the French coasts: European Storm-petrel (Hydrobates pelagicus),
Wilson’s Storm-petrel (Oceanites oceanicus), Leach’s Storm-petrel
(Oceanodroma leucorhoa) and Madeiran Storm-petrel (O.
castro). We focus on vessel-based observation since, realistically,
this is the optimal means of getting to grips with storm-petrels
in the field and is the main source of our experience. Land-based
observation rarely affords the views essential to apply the finer
points of this presentation.
Généralités et l'Océanite tempête
Quelques généralités sur les quatre océanites
Les
océanites sont
des oiseaux pélagiques appartenant à l'ordre des Procellariiformes.
Ils se nourrissent de plancton animal et de petits points à
la surface de l'eau en faisant du vol sur place. Ils ne reviennent
sur terre que pour nicher en colonies dans des terriers ou des cavités
sur des îles ou des falaises. Leur comportement est alors
nocturne et il est difficile de les observer. Les couples sont fidèles
et partagent l'incubation des ufs et l'élevage des
jeunes. L'incubation est longue, durant jusqu'à 50 jours.
Les quatre espèces visibles depuis ou au large des côtes françaises,
à savoir l'Océanite tempête (Hydrobates pelagicus),
l'Océanite cul-blanc (Oceanodroma leucorhoa), l'Océanite
de Wilson (Oceanites oceanicus), et l'Océanite de
Castro (O. castro). sont petites (entre 15 cm et 19 cm de
long avec une envergure comprise entre 37 48 cm) et noires, avec
un croupion blanc. Toutes ont une barre diagonale plus ou moins
claire à travers le dessus de l'aile dont l'intensité dépend de
l'usure (quand les plumes sont usées, elles semblent plus
claires et la bande alaire est alors accentuée), et il s'agît
donc d'un critère d'identification peu sûr.
Pour les
Océanites de Wilson et de Castro, la queue peut sembler légèrement
entaillée (fourchue) selon que la queue est étalée
ou non.
Les
océanites sont souvent comparables à de petites taches en
mer, et il n'est pas toujours facile de distinguer les différentes
espèces. La meilleure façon
pour les observer est de prendre un bateau en août ou en septembre.
Le seawatch depuis la côte peut donner aussi des occasions
de les voir, surtout si des vents les rapprochent du littoral. Des
fortes tempêtes peuvent en transporter loin de la mer sur
les fleuves ou plans d'eau de l'intérieur (lire La
tempête du 8/12/06 et l'arrivée des Océanites
cul-blanc).
Du
plus "commun" au plus rare en France
En France, l'Océanite tempête est le plus commun des
quatre océanites étudiés, il est régulier
en migration en automne (août-octobre) et niche sur les littoraux
atlantique et méditerranéen (moins de 1000 couples).
L'Océanite cul-blanc, qui niche dans le Pacifique et l'Atlantique
Nord et Est, est relativement rare dans le Golfe de Gascogne et
est surtout noté en septembre-octobre. Il est aussi visible parfois
au passage en automne depuis les sites d'observation de la Manche,
sûrement en provenance des sites de nidification norvégiens.
L'Océanite de Wilson, qui niche en Atlantique Sud et en Antarctique
et remonte au Nord durant l’hiver austral, est bien plus rare sur
les côtes françaises, et il est nécessaire de
prendre un bateau en été et au début de l'automne
à l'entre de la Manche (au large du Finistère en particulier)
pour l'observer.
L'Océanite de Castro, qui niche sur des îles de l'Atlantique
(Madère, Canaries) et jusqu'au Pacifique, est exceptionnel.
L'Océanite tempête (Hydrobates
pelagicus)
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Tailles comparées des quatre océanites étudiés
Schéma: Ornithomedia d'après Le Guide Ornitho |
Taille:
Longueur: 14-18 cm
Envergure: 36-39 cm
Le plus petit des quatre océanites abordés dans cet article,
légèrement plus petit que l'Océanite de Wilson
Forme des ailes:
- Bord de fuite formant un angle
- Ailes courtes et arrondies
- Tient
ses ailes en un "V" étroit quand il agite les pattes
au-dessus de l'eau
Dessus des ailes:
- Bande claire peu marquée, parfois non visible de loin
Dessous des ailes:
- Ligne blanchâtre étroite visible au niveau des grandes couvertures.
Parfois peu visible chez les oiseaux au plumage usé, plus visible
donc chez les juvéniles
Croupion:
- Blanc, rectangulaire, large, s'étendant sur les flancs comme chez
l'Océanite de Wilson
Pattes:
- Ne dépassent pas de la queue en vol
Queue:
- Bord droit ou arrondi
Comportement:
- Suit les bateaux
- Peut être attiré par le "chum" (appât constitué
de débris de poissons, d'huile et de pain ou de maïs)
- Vol direct ou papillonnant au ras de l'eau, rappelant celui d'une
chauve-souris. - Battements d'ailes presque continus (continus si
le vent est absent) intercalés de brefs glissés, torsions et virages
- Se nourrit en agitant les pattes au-dessus de l'eau (" trottine
") avec les ailes tenues à la verticale, plus droites l'Océanite
de Wilson
- Souvent vu en groupes
Répartition de l'Océanite tempête: les points rouges représentent
les colonies, la zone jaune la zone de passage en migration
automnale
Carte: Ornithomedia.com d'après Le Guide Ornitho |
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Distribution:
- Niche sur des îles de l'Atlantique nord, de Méditerranée et des
Canaries entre avril et septembre. La sous-espèce Hydrobates
pelagicus melitensis est limitée à la Méditerranée, des îles
Baléares à la Mer Égée. La grande majorité des effectifs est localisée
sur les colonies de Malte, des Baléares et de Sicile. En France,
neuf colonies sont historiquement connues, réparties sur quatre
sites principaux: les îles d'Hyères (où l'espèce semble avoir disparue),
les îles de Marseille, les îles Cerbicales et des Lavezzi (en Corse).
- En hiver, migre vers l'Atlantique Sud jusqu'en Afrique du Sud,
plutôt le long de l'Afrique (entre novembre et mars).
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Océanite
tempête (Hydrobates pelagicus): 1) Ligne blanchâtre
sous les ailes, 2) Croupion blanc large s'étendant sur
les flancs
Photo: Bruno Miguel Maia |
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Océanite
tempête (Hydrobates pelagicus): 1) Ailes arrondies, 2)
Croupion blanc large s'étendant sur les flancs, 3) Queue
à bout droit
Photo: Bruno Miguel Maia |
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Océanite
tempête (Hydrobates pelagicus): 1) Bande blanche sous
les ailes, 2) Queue à bout arrondi
Photo: Alain Fossé |
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Océanite
tempête (Hydrobates pelagicus): 1) Ligne blanche sous
les ailes, 2) Croupion blanc large s'étendant sur les
flancs, 3) Pattes ne dépassant pas le bout de la queue,
4) Queue à bout droit
Photo: Craig Nash / Peregrine's Bird Blog |
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