Identification en photos
Nous complétons la note de Sébastien Provost par une synthèse
des critères d'identification du Pipit de Godleswki sur le terrain, basée
partiellement sur un article de Yoav Perlman paru dans la revue Forktail en 2001
(Blyth's Pipit Anthus godlewski: a new species for Thailand).
Un ensemble de critères
L'identification de cette espèce étant délicate, il faut
s'appuyer sur un faisceau de critères: un seul des éléments
ci-dessous n'est pas suffisant.
Apparence générale et jizz
 |
Pipit de Godlewski
(Anthus godllewskii), prairies du Mont Manet, Genêts (Manche), le
01/02/08: la slihouette est plus gracile que celle du Pipit de Richard, rappellant
d'autres espèces plus petites (farlouse...)
Photo: Aymeric Le Calvez |
Le Pipit de Godlewski semble plutôt petit et délicat, avec une position
plus horizontale que celle du Pipit de Richard.
Sa tête et petite et sa queue est relativement courte, rappelant les "petits"
pipits.
Le Pipit de Richard a une position beaucoup plus droite, avec les tarses, le cou
et la queue plus longs. Il semble plus gros (ce critère doit être
nuancé, certaines sous espèces orientales comme A. r. sinensis
étant plus petites et plus fines).
Dessus du dos et rayures
Le dos est
strié de sombre, mais les stries ne sont pas très distinctes.
Sa teinte est souvent plus froide que celle du dos du Pipit de Richard, aux couleurs
brunâtres plus chaudes (mais il existe des variations).
 |
Pipit
de Godlewski (Anthus godllewskii), prairies du Mont Manet, Genêts
(Manche), le 11/02/08
Photo: Sébastien Provost |
 |
Pipit
de Richard (Anthus richardi), Dunes de Lampaul-Ploudalmezeau, Finistère,
le 03/11/05: notez le bec fort (1) et le dos aux couleurs assez chaudes
Photo: Marianne et Thierry Quelennec |
Dessous
du corps
Le Pipit de
Godlewski a une poitrine peu striée, et ces stries n'atteignent
pas les flancs et le ventre. Le Pipit de Richard présente aussi quelques
raies diffuses à l'arrière des flancs.
 |
Pipit
de Godlewski (Anthus godllewskii), prairies du Mont Manet, Genêts
(Manche),février 2008.
Notez 1) les lores pâles, et 2) la poitrine peu striée, dont les
stries n'atteignent ni les flancs ni le ventre
Photo: Jean-Pierre Marie |
 |
Pipit
de Godlewski (Anthus godllewskii), prairies du Mont Manet, Genêts
(Manche), le 25/01/08: la poitrine est peu striée, et les stries n'atteignent
ni les flancs ni le ventre
Photo: Sébastien Provost |
Dessin
de la tête
La calotte
et la nuque sont fortement striées de noir. Le
sourcil est court et peu net, surtout derrière l'oeil. Les lores sont pâles.
Le Pipit de Richard a la calotte moins striée, et son sourcil est plus
net. Les lores du Pipit de Richard sont aussi pâles.
 |
Pipit
de Godlewski (Anthus godllewskii), prairies du Mont Manet, Genêts
(Manche), février 2008.
Notez la calotte très striée
Photo: Jean-Pierre Marie |
 |
Pipit
de Godlewski (Anthus godllewskii), prairies du Mont Manet, Genêts
(Manche), février 2008.
Notez la calotte très striée, mais les stries faibles sur la poitrine
Photo: Jean-Pierre Marie |
 |
Pipit
de Richard (Anthus richardi), Crau (Bouches-du-Rhône), le 27/01/08:
la calotte est moins striée que celle du Pipit de Godlewski
Photo: Christophe Mercier |
Bec
Comparativement au Pipit de Richard, le Pipit de Godlewski a un bec plus pointu,
Bradshaw (1994) le qualifiant de "conique".
 |
Pipit
de Godlewski (Anthus godllewskii), prairies du Mont Manet, Genêts
(Manche), le 01/02/08: notez le bec court et "conique"
Photo: Aymeric Le Calvez |
 |
Pipit
de Richard (Anthus richardi), Porz Doun, Ile d'Ouessant (Finistère),
le 02/11/07: notez le bec fort
Photo: Bruno Lebascle |
Couvertures
moyennes
L'un des meilleurs
critères sur le terrain pour l'identification du Pipit de Godlewski adulte
est le dessin des plumes des couvertures moyennes: leur centre sombre a un bout
plus carré, sans pointe, et leurs marges sont plus claires
et plus étroites sur les côtés. Les plumes des couvertures
moyennes du Pipit de Richard Pipit montrent un centre sombre plus triangulaire,
et leurs marges sont plus larges et davantage chamois.
Chez le juvénile de Pipit de Godlewski (c'est le cas de l'oiseau de Genêts),
les dessins des couvertures moyennes sont identiques à ceux du juvénile
de Pipit de Richard, mais les oiseaux qui ont entamé une mue partielle
post-juvénile présentent souvent quelques plumes (plutôt intérieures)
au pattern d'adulte.
Ce
critère est peu utile quand les plumes sont usées.
Pattes
Le
Pipit de Richard a un ongle postérieur très long (13.9 à
24.5 mm). Le Pipit de Godlewski a un ongle postérieur baucoup plus court
(9.9 à 13.4 mm; Beaman et Madge, 1998).
Ce critère est bien visible quand les conditions d'observation sont bonnes
(quand l'oiseau est sur un chemin, un rocher,...).
 |
Pipit
de Godlewski (Anthus godllewskii), prairies du Mont Manet, Genêts
(Manche), le 01/02/08.
Notez l'ongle postérieur court
Photo: Sébastien Provost |
 |
Pipit
de Godlewski (Anthus godllewskii), prairies du Mont Manet, Genêts
(Manche), le 11/02/08: notez l'ongle postérieur court
Photo: Sébastien Provost |
Voix
Les appels typiques sont un "chup!" doux et calme, et un "psheeu!"
légèrement râpeux et plus long, descendant légèrement
vers la fin.
Resserrer et al. (1988) décrit un autre cri d'alarme, un "dzeep!"
sec avec un ton grave, rappelant la Bergeronnette printanière (Motacilla
flava).
Le Pipit de Richard Pipit lance un cri distinct qui est souvent décrit
comme un "tchut!" ou un "schreep!" explosif, évoquant
celui d'un moineau. Il émet aussi plus rarement un cri doux, rappelant
celui du Pipit de Richard, mais toujours accompagné du cri explosif typique.
A découvrir
Une série
de photos de Pipits de Godlewski et de Richard dans notre rubrique Photos
sur le vif.
Le GONm
Découvrez le site du groupe Ornithologique Normand (GONm): http://www.gonm.org
Réagissez
à cet article sur notre forum Identification
par e-mail (david.bismuth@ornithomedia.com).
Vous
pouvez soutenir
Ornithomedia.com
|
|