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de Klaus Malling Olsen, Hans Larsson (Illustrations)
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  identifier les labbes
 
Par Valéry Schollaert et Véronique Adriaens

Les labbes, oiseaux de la famille de Stercorariidae, sont des oiseaux pélagiques qui se reproduisent dans les régions arctiques des deux hémisphères. Des oiseaux non nicheurs sont cependant observés toute l'année en dehors des zones de nidification.
Chez nous, ils sont observés lors de leurs migrations prénuptiale et postnuptiale, et c'est lors de cette dernière que les nombres les plus élevés sont observés.
Les labbes peuvent être scindés en 2 groupes : les labbes de petite taille et ceux de grandes taille. Dans nos régions, les "petits labbes", qui comprennent les Labbes pomarin (Stercorarius pomarinus), parasite (Stercorarius parasiticus) et à longue queue (Stercorarius longicaudus), très proches les uns des autres, posent des problèmes d'identification, tandis qu'un seul labbe de grande taille, le Grand Labbe (Stercorarius skua) est bien distinct.
Divers articles, surtout en anglais, ainsi qu'un livre entièrement consacré aux labbes (Skuas and Jaegers de Olsen et Larsson), tentent de répondre aux attente du public. En français, il y a nettement moins de publications, mais celles de Jacques-André Leclerc sont tout particulièrement à conseiller.
Néanmoins, après la lecture d'un article spécialisé ou du livre Skuas & Jaegers (Olsen & Larsson), le lecteur reste souvent perplexe sur la complexité de l'identification de ces oiseaux, et la question de départ reste ouverte : que vais-je précisément regarder pour identifier les labbes que j'observe ?
Le but de cet article est de pointer de façon la plus directe et simple possible quelques critères principaux qui devraient permettre à l'observateur attentif d'identifier une partie importante des labbes observés.
Deux types de critères sont à distinguer et à utiliser séparément: d'une part, la manière de voler et le jizz de l'oiseau observé, et d'autre part, les contrastes du plumage.

Nous remercions Arthur Grosset (www.arthurgrosset.com), Joël Bruezière (www.eyesonsky.com), Brian patteson (www.patteson.com) et Blair Nikula (www.capecodbirds.org) pour nous avoir permis d'utiliser leurs photos.



Abstract

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In this article, Valéry Schollaert and Véronique Adriaens propose us the criteria (jizz, way of flying, plumages) to distinguish the four species of Skuas that can be regularly watched in Europe : the 3 "small skuas" , including Pomarine Skua (Stercorarius pomarinus), Arctic Skua (Stercorarius parasiticus) and Long-tailed Skua (Stercorarius longicaudus), which are very closed together and can be difficult to distinguish, and the only "large skua", the Great Skua (Stercorarius skua), well distinct.
Contacts : valeryschollaert@scarlet.be and adriaens_veronique@yahoo.fr.


Introduction et jizz

Introduction

Labbe pomarin (Stercorarius pomarinus) adulte
Les "petits labbes" (ici un adulte de Labbe pomarin (Stercorarius pomarinus)) posent quelques problèmes d'identification
Photo : Arthur Grosset /
www.arthurgrosset.com

Les labbes, de la famille de Stercorariidae, sont des oiseaux pélagiques qui se reproduisent dans les régions arctiques des deux hémisphères. Des oiseaux non nicheurs sont cependant observés toute l'année en dehors des zones de nidification.
En Europe, ils sont observés lors de leurs migrations prénuptiale et postnuptiale, et c'est lors de cette dernière que les nombres les plus élevés sont observés.
Pour la plupart des espèces, la spécialité est d'obliger les autres oiseaux (notamment les Laridae et Sternidae) à lâcher leur proie. Néanmoins, les labbes sont des oiseaux opportunistes, qui peuvent capturer leurs proies eux-mêmes ou se nourrir de déchets et de charognes.
Les labbes peuvent être scindés en deux groupes : les labbes de petite taille et ceux de grandes taille. Certains auteurs séparent les deux groupes en genres différents (Sterorarius pour les "petits" et Catharacta pour les "grands"). Ces derniers sont très proches génétiquement (toutes les espèces appartiennent sans doute à une super-espèce unique) et donc particulièrement difficiles à identifier entre eux.
Dans nos régions, c'est plutôt le premier groupe (les "petits"), qui comprend les Labbes pomarin (Stercorarius pomarinus), parasite (Stercorarius parasiticus) et à longue queue (Stercorarius longicaudus), qui pose des problèmes d'identification puisque dans le deuxième groupe (les " grands "), on ne retrouve chez nous qu'une seule espèce : le Grand Labbe (Stercorarius skua).
Chez les petites espèces, le plumage adulte est plus ou moins acquis lors de leur troisième année, bien qu'un oiseau de quatrième année puisse avoir quelques traces d'immaturité encore visibles. Ces oiseaux se reproduisent généralement pour la première fois à l'âge de trois ans. Le Grand Labbe, quant à lui, ne se reproduit qu'à l'âge de cinq à six ans, malgré qu'il semblerait qu'en deuxième été un plumage de type adulte soit déjà acquis.
Vu la ressemblance entre les espèces et le nombre de plumages différents (chaque tranche d'âge a un plumage différent, sans compter les variations individuelles), l'identification des labbes est difficile, même chez nous où seules quatre espèces sont vues régulièrement.

Vol et jizz

Pour l'observateur qui parvient à acquérir l'expérience de nombreuses observations de labbes, une observation suffisamment prolongée d'un labbe à la silhouette, à la manière dont il vole, en un mot à son "jizz", permet d'identifier correctement la plupart des individus pour ne pas dire tous.
Il ne faut pas confondre "jizz" avec la taille ; en effet, la taille n'est pas un bon critère d'identification (tout au mieux une indication) car la variabilité de celle-ci entraîne des chevauchements d'envergure entre les différentes espèces les plus proches.
Ce qui caractérise les labbes, de manière générale, c'est une silhouette de prédateur avec des longues ailes effilées et pointues, taillées ainsi pour la poursuite et une queue assez courte. Avec leurs longues ailes étroites, ils n'ont pas du tout dans le vol la rigidité d'un faucon (Falco sp) mais au contraire une souplesse importante pour des oiseaux aussi vifs et acrobatiques.
Voici, dans l'ordre de taille décroissant, décrits les labbes au niveau de leur jizz et de leur manière de voler. Notez que ne rentre pas ici en ligne de compte les éventuelles plumes ornementales de la queue des labbes adultes en plumage nuptial, dont on parlera dans la partie consacrée au plumage.

Cas du Grand Labbe (Stercorarius skua)

Grand Labbe (Stercorarius skua) et Fou de Bassan
Grand Labbe (Stercorarius skua) volant de la nourriture à un Fou de Bassan (Morus bassanus) : c'est un oiseau massif, à la queue courte, bien distinct des autres labbes
Photo : Arthur Grosset /
www.arthurgrosset.com

Ce labbe est celui qui ressemble le plus à un goéland, notamment à un grand goéland immature comme les Goélands bruns et argentés (Larus fuscus & L. argentatus). Mais l'aile primaire (la main) est plus effilée, plus pointue en vol battu, mais en vol plané circulaire ce détail n'est pas visible. Par contre, l'aile secondaire (l'avant-bras) est plus large chez le Grand Labbe.
Ainsi, les goélands donnent l'impression d'avoir des ailes de largeur quasiment égale tout le long, alors que le Grand Labbe a la base de l'aile plus large que le reste de l'aile.
Le Grand Labbe est un oiseau lourd, massif, ce qui est visible même lorsqu'il poursuit un autre oiseau. De plus, sa queue est très courte ce qui, combiné au corps puissant et ses ailes larges, renforce l'aspect compact et lourd de l'oiseau. Par rapport à un goéland, le vol est plus décidé, plus souple.
Comparé aux petits labbes, notamment au Labbe pomarin qui est le plus proche en silhouette, le Grand Labbe est plus massif (notamment de ventre), a des ailes plus larges et moins effilées, une queue plus courte, un vol plus lourd et lent.
Ces différences sont relativement nettes, mais présentées telles quelles, elles nécessitent un minimum d'expérience. Par contre, sachant qu'en mer il y a souvent des goélands pour comparer, notez que les petits labbes paraissent plus élégants, fins et légers que les grands goélands (comme l'argenté ou le brun, a fortiori le marin), alors que le Grand Labbe paraît plus lourd, plus "gros".

Cas du Labbe pomarin (Stercorarius pomarinus)

Labbe pomarin (Stercorarius pomarinus) adulte
Labbe pomarin (Stercorarius pomarinus) et Goéland leucophée. Ce labbe est le plus ventru (1) des petits labbes, et sa queue est presque aussi longue que la largeur de l'aile à la base
Photo : Joël Bruezière /
www.eyesonsky.com

C'est le plus grand des "petits" labbes.
Ce labbe, comme les autres espèces de petite taille, est un véritable chasseur, et cela se voit à ses longues ailes coudées, effilées et pointues.
La queue est un peu plus longue, en tout plumage, que celle d'un goéland (à l'inverse du Grand Labbe). Cette queue est presque aussi longue que la largeur de l'aile à la base.
Il ressemble énormément au Labbe parasite.
Son vol, en chasse, est acrobatique, souple, très semblable à celui du Labbe parasite, mais en vol direct il est régulier, direct et assez lent. C'est un élément de distinction avec le Labbe parasite, qui donne des coups d'ailes plus énergiques, plus rapides.
La forme du corps est important : le Labbe pomarin est le plus ventru des petits labbes; c'est le seul des trois dont le centre de gravité du corps est situé nettement sur le ventre. Ce ventre paraît ainsi "pendant".

Cas du Labbe parasite (Stercorarius parasiticus)

Labbe parasite (Stercorarius parasiticus) adulte clair
Labbe parasite (Stercorarius parasiticus) adulte clair
Photo : Arthur Grosset /
www.arthurgrosset.com

Ce labbe est généralement le plus commun chez nous et il doit être considéré comme l'espèce de référence. Ainsi, en quelque sorte, c'est le labbe "normal" alors qu'un pomarin doit paraître "gros" et un Labbe à longue queue va paraître "petit et fin".
La forme du corps, élément essentiel d'identification, est caractéristique : ce labbe est le plus "équilibré" de tous, avec un centre de gravité situé dans le bas de la poitrine ou le haut du ventre.
Le corps est assez fin, élégant, et il n'y a pas de proéminence nette, comme dans le cas du Labbe pomarin (au niveau de son ventre).
La silhouette générale de l'oiseau, avec une queue d'une longueur comparable à celle de la largeur de l'aile à la base, paraît tout aussi équilibrée.

Cas du Labbe à longue queue (Stercorarius longicaudus)

Labbe à longue queue (Stercorarius longicaudus) juvénile
Labbe à longue queue (Stercorarius longicaudus) juvénile : notez le corps fuselé, se retrecissant vers l'arrière
Photo : Brian Patteson /
www.patteson.com

Le plus petit labbe du monde est aussi le plus fin. Il donne, comme son nom l'indique, une impression de longue queue, notamment du fait de ses ailes étroites à la base. Tout est dans la finesse chez ce labbe : ailes, corps, bec,…
L'élégance et la souplesse de cet oiseau rappelle presque celle des sternes (Sternidae).
A l'instar de celles-ci ou du Busard cendré, chaque coup d'aile provoque un remontée visible du corps de l'oiseau, et ces mouvements d'aller-retour sont assez caractéristiques de l'espèce.
Encore une fois, la forme du corps et le vol sont fondamentaux dans l'identification : il a un vol aisé et élastique, et il peut rappeler un Labbe parasite, mais il est plus petit, ses ailes sont plus étroites, l'arrière de son corps est plus long, son ventre est moins rebondi, donnant une impression de poitrine assez saillante (la poitrine est plus épaisse que le ventre, contrairement à ce qu'il se passe chez les deux autres petits labbes).
Tout le reste du corps est parfaitement fuselé, se rétrécissant ainsi régulièrement jusqu'au niveau de la queue. Cette forme est caractéristique et le distingue (en vol, de profil) assez nettement des autres espèces.


 
  Suite de l'article
 
Introduction et jizz
Les plumages du Grand Labbe et du Labbe pomarin
Les plumages des Labbes parasite et à longue queue
  Pratique


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