Par Giorgio Paesani
Il est généralement admis que la distinction entre le Martinet pâle (Apus pallidus) et le Martinet noir (A. apus) sur le terrain est difficile, voire parfois impossible.
Cet article, rédigé par Giorgio Paesani et publié initialement en italien sur le site partenaire www.ebnitalia.it vous donne les éléments pour distinguer ces deux espèces au niveau du plumage, du comportement, de la voix et de l'allure.
Abstract
| Publicité |
 |
It is generally thought the the distinction between Common (Apus apus) and Pallid Swift (Apus pallidus) is very difficult and in many cases the two species are not recognizable in the field.
This article, published initially in Itaalian on the website www.ebnitalia.it provides hints for the identification of this two swift species, with regard both to plumage details, behaviour, voice and jizz.
Distinguer le Martinet noir et le Martinet pâle
Trois espèces en France
En France, nichent trois espèces de martinets : le Martinet noir (Apus apus), pâle (Apus pallidus) et alpin (Apus melba). La silhouette, le type de vol et les habitudes permettent de repérer immédiatement les martinets parmi les autres familles d'oiseaux.
Le Martinet alpin, à la grande taille et au ventre blanc, est facile à distinguer des deux autres. Mais les Martinets noir et pâle sont beaucoup plus proches et ne sont parfois pas reconnaissables sur le terrain, même après avoir été photographiés.
Les Martinets noir et pâle en France
Le Martinet noir est commun et présent presque partout en France de mai à octobre-novembre.
Le Martinet pâle est plus rare et est présent de mars à novembre- décembre. Il niche localement sur les côtes rocheuses du sud du pays, entre les Pyrénées-orientales et la Provence, mais aussi en Corse, et dans quelques points du Sud-ouest (par exemple à Toulouse et à Biarritz).
Le Martinet noir (Apus apus)
 |
Jeune Martinet noir (Apus apus) avant l'envol.
Notez la tête proportionnellement plus petite et ronde, moins large que celle d'un Martinet pâle, entièrement sombre, avec une zone oculaire indiscernable. Peu ou pas de contraste sur les parties supérieures, avec une couleur générale marron-noirâtre.
Photo : Maurizio Sighele
|
- L'adulte :
observé à distance ou dans de mauvaises conditions de lumière, il présente un plumage en apparence entièrement noir. En réalité, il est gris très sombre ou brun grisâtre avec des reflets métalliques sur le dos et sur les rémiges primaires (visible de près).
Les rémiges internes sont plus claires, tandis que les parties supérieures, exceptée une zone sur les secondaires, sont uniformes.
Les parties inférieures sont entièrement brun-grisâtre ou couleur suie très sombre, à l'exception de la tache blanche sur la gorge, d'étendue extrêmement variable.
En pleine lumière, il est possible de remarquer à l'intérieur de l'aile par dessous une zone légèrement translucide.
Le cri est une trille monosyllabique émise isolément ou en séquence rapide, souvent frénétiquement, par exemple au cours de vols groupés visibles entre les toits des centres historiques.
- Le jeune :
Il est
gris sombre sans reflets métalliques. Il présente un plumage écaillé du aux marges claires des plumes, spécialement sur les ailes qui peuvent apparaître pâles en pleine lumière. Si à ceci nous ajoutons la lumière rosée du coucher de soleil, il est possible de le confondre avec un Martinet pâle.
Le Martinet pâle (Apus pallidus)
 |
Jeune Martinet pâle (Apus pallidus) avant l'envol.
Notez le front élargi, la zone oculaire sombre nette caractéristique, la "selle" sur le dos contrastant avec la tête, et la couleur nettement marron clair.
Photo : Maurizio Sighele
|
Cette espèce a un plumage de couleur café sombre, ce qui constitue un critère appréciable même dans de mauvaises conditions de lumière (pourvu qu'il n'y ait pas de contre-jour).
Les parties supérieures présentent une hétérogénéité de coloration assez diagnostique : les secondaires sont plus claires et contrastent nettement avec les primaires, plus sombres.
Chez l'adulte, les grandes couvertures sont souvent un peu plus claires que les autres plumes de l'aile, créant une nuance marron pâle typique.
En général, les parties supérieures apparaissent toujours plus "marron" en pleine lumière que chez le Martinet noir.
 |
Martinets pâles (Apus pallidus)
Photo : Alessio Franceschi |
La "selle" visible sur le dos est toujours beaucoup plus sombre que le reste des parties supérieures, contrastant soit avec la partie interne des ailes ou (moins) avec la tête.
Dans les parties inférieures, nous retrouvons un contraste entre les primaires les plus externes et le reste de l'aile.
En plumage "frais", les plumes ont des extrémités plus claires sur presque tout le corps, conférant à l'oiseau un aspect clair. Avec le temps, l'abrasion de ces extrémités brunit celles-ci, assombrissant la teinte générale sans jamais toutefois devenir identiques aux tonalités d'Apus apus.

|
Martinets pâles (Apus pallidus)
Photo : Alessio Franceschi |
Le corps est légèrement plus robuste que celui du Martinet noir, avec la base de la queue plus large. La queue est aussi légèrement plus courte et moins fourchue.
La base de l'aile plus large lui confère une silhouette plus trapue et un vol moins impétueux, avec des coups d'ailes moins nerveux.
La pointe de l'aile est souvent formée de deux rémiges et pas d'une seule comme Apus apus, et elle apparaît donc légèrement plus arrondie et moins pointue.
La tête, plus large et plus aplatie que celle d'Apus apus, présente une voyante tache blanche sur la gorge et une nuance blanchâtre sur le front, caractéristiques que présentent aussi les jeunes Martinets noirs.
À très courte distance, on remarque la forme élargie de la tête du Martinet pâle, avec des sourcils plus proéminents et une cavité occipitale plus profonde, ce qui confère à l'oiseau une expression "sévère". Souvent une tache noire est évidente entre le bec et l'oeil et contraste avec la coloration pâle de la tête.
Le jeune présente des plumes aux extrémités blanches. La gorge et le front sont également blancs, mais le plumage est moins marron et plus gris que l'adulte, s'approchant beaucoup à celui du Martinet noir.
Par rapport au jeune Martinet noir, le pâle présente des extrémités pâles à pratiquement toutes les plumes, y compris sur le dos et le ventre.
Comparaison entre les deux espèces
 |
Martinets pâle (à gauche) et noir (à droite) vus du dessus
Dessin : Ornithomedia.com d'après des croquis de Giorgio Paesani
|
 |
Martinets pâle (à gauche) et noir (à droite) vus de dessous
Dessin : Ornithomedia.com d'après des croquis de Giorgio Paesani
|
Le Martinet pâle apparaît comme recouvert d'une couleur sable, et il semble plus large, plus puissant que son 'cousin'.
Le Martinet noir lui semble noir uniforme, effilé, avec un vol agile et puissant, mais donne une impression générale de fragilité.
| Ailes et queue |
Martinet pâle : la partie centrale de l'aile est nettement plus claire sur le dessus, la pointe de l'aile est plus large du fait de la présence de deux primaires externes, la base de l'aile est aussi plus large que celle d'Apus apus. La queue est plus courte, moins fourchue et à la base plus large, avec un croupion souvent très clair.
Martinet noir :
la partie centrale de l'aile est à peine plus claire. La base de l'aile est plus étroite que celle d'Apus pallidus, avec en général une aile plus élancée.
La queue est plus longue et plus fourchue.
|
| Parties supérieures |
Martinet pâle : on note un contraste entre la "selle" et le reste du plumage généralement marron plus ou moins clair.
Martinet noir : aucun détail ne contraste, le ton général est gris noirâtre.
|
| Parties inférieures |
Martinet pâle : flancs barrés bien visibles de près.
Martinet noir : aucun détail ne contraste. Corps fuselé. |
| Tête |
Martinet pâle : tête aplatie et plus large que chez Apus apus, grande tache blanche à la gorge, front clair toujours présent, plus clair chez le jeune.
Martinet noir : tête plus étroite avec une tache claire d'étendue variable à la gorge, parfois absente. Front clair seulement chez le jeune. |
| Voix |
Martinet pâle : trille dissyllabique, à parfois trois syllabes (trri-u-iirt !).
Martinet noir : trille monosyllabique souvent répétée. |
Réagissez
à cet article sur notre forum Identification
par e-mail (david.bismuth@ornithomedia.com).
|
|