Les quatre types du Goéland
mongol
La variabilité notée chez le Goéland
mongol peut être classée en quatre types principaux dans l'état
actuel de nos connaissances.
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28 et 29- "Goélands à tête blanche" en octobre.
En supposant que sa une mue est typique, l'oiseau du haut de l'image 28 peut être
identifié comme un très probable taimyrensis, et l'oiseau du dessous
est sûrement un vegae (Ujihara in lit.).
Cependant, ces deux individus ont également été identifiés
comme étant des Goélands mongols par Nial Moores, en se basant sur
la la taille de leur bec, la couleur de l'il et sur l'absence totale de
la stries sur la tête (Yesou in lit.).
Les critères considérés comme typiques du Goéland
mongol par l'auteur sont le "petit" il, le corps puissant, l'aspect
clair, l'aspect allongé (avec une longue projection primaire) et la couleur
gris-rose des pattes. Bien que le Goéland mongol présente généralement
des pattes roses en Corée en hiver, beaucoup d'oiseaux ont des pattes avec
une tonalité jaune en plumage nuptial, avec un dos sombre.
Bien que Yesou ait conclu que le manteau foncé de l'oiseau du haut de l'image
28 était probablement un effet de la lumière, le même oiseau
dans l'image 29 montre qu'il est plus foncé qu'un Goéland à
queue noire.
Photos : KIM Hyun-tae |
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30- Possible Goéland mongol adulte en plumage hiver, Busan, janvier.
Plus grand et avec un manteau gris plus sombre que vegae, proche du Goéland
à queue noire en comparaison directe. La présence d'un cercle presque
complet sur le bec du Goéland mongol est plus fréquent que chez
les autres taxa.
Photo : Nial Moores |
Type A
En terme de structure globale et de coloration du manteau, le type A est considéré
comme par l'auteur comme étant le plus proche des colonies nicheuses du
lac Baïkal (décrit par Yesou, 2001). C'est le type le plus fréquent
en Corée, et le plus commun des taxa évoqués dans cet article
dans les habitats d'eau douce (par exemple, sur le fleuve Han à Séoul
et sur le réservoir d'eau douce de Seosan). Sur le fleuve Han à
Séoul, des comptages ont relevé plusieurs milliers d'individus durant
le pic de fréquentation, particulièrement durant la période
de migration (J-Y Park, com. pers.), avec beaucoup d'oiseaux restants tout au
long de l'hiver. Ils sont bien plus nombreux que les autres goélands (par
exemple 385 mongolicus ont été comptés sur une section de
2 kilomètres sur le fleuve Han le 17 janvier 2003, contre seulement 18
vegae).
En se basant sur des vidéos et sur les impressions
des observateurs, il s'agit également probablement du type nichant sur
l'île de Seok au large de la Corée du Sud et sur quelques îles
de Corée du Nord. Bien qu'une comparaison directe avec des vegae n'était
pas possible, la comparaison avec des Goélands à queue noire sympatriques
a suggéré que le manteau pourrait être légèrement
plus foncé que celui du mongolicus trouvé en Corée en hiver.
Les oiseaux de type A sont plutôt grands, avec une poitrine forte et un
arrière allongé. Ils présentent typiquement un bec long à
bords parallèles, plus étroit à la base, sans angle gonydal
fort, et parfois légèrement plus épais à l'extrémité.
La plupart des individus ont une forme de tête typique : un front assez
long, un dessus horizontal, et un arrière "volumineux".
En vol, ils semblent avoir de longues ailes avec une base étroite, une
main tenue vers l'arrière, un cou et une tête plutôt allongés
et tenus en avant, ces éléments leur donnant une structure distincte
de vegae en comparaison directe.
Bien que les oiseaux de plusieurs photos de cet article soient en posture
d'alerte, le type A semble correspondre structurellement (ainsi que dans les tonalités
de gris du manteau) avec les goélands photographiés sur le lac Baïkal.
Ces individus accomplissent leur mue plus rapidement que vegae et taimyrensis,
et ont invariablement une tête blanche tout au long de l'hiver, avec de
faibles marques à l'arrière de la nuque. Le manteau est bleu-gris
et un peu plus pâle que celui de vegae en comparaison directe, et la couleur
des pattes est invariablement rose ou rose grisâtre en plein hiver.
Sur plus 150 oiseaux observés attentivement à la mi-Janvier
2003, aucun n'a montré de pattes jaunes ou jaunâtres, mais un nombre
croissant d'individus à pattes jaunâtres apparaissent au début
du printemps, avec à priori un pic en avril. La couleur du bec des adultes
de type A est variable, certains étant pâles, d'autres jaune intense,
souvent avec un bout nettement plus pâle. La tache rougeâtre du gonys
ne se prolonge pas sur la mâchoire supérieure, et on observe une
grande variation dans l'étendue des taches foncées. Quelques oiseaux
(peut-être 1 sur 100 ou moins) présentent un cercle noir presque
complet sur le bec. Des adultes du type A sont souvent observés avec des
oiseaux plus pâles de premier hiver. A plusieurs occasions, quelques cris
sont émis, à priori plus étouffés que ceux de vegae.
A Seosan, ils chassent fréquemment les oiseaux blessés ou malades
(en particulier les canards), tandis que sur le fleuve Han ils harcèlent
les Harles bièvres (Mergus mergus).
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31- Goéland mongol adulte, décembre.
Photo : © KIM Hyun-tae |
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32- Goéland mongol adulte, décembre.
Il s'agit d'un oiseau typique, et l'intensité de la couleur du bec et l'absence
de stries sur la tête suggèrent un plumage nuptial.
Photo : © KIM Hyun-tae |
Type B
Au printemps (en avril et
même en mai), un petit nombre d'oiseaux au manteau gris-bleu plus intense
apparaissent. La plupart de ces individus ont des pattes jaunâtres, parfois
jaune brillant. Certains individus sont des locaux, tandis que d'autres sont certainement
liés à une confusion avec d'autres taxa (par exemple le birulai
à pattes jaunes qui niche plus au sud).
Type C
Ce type est le plus rare,
et il a été observé par l'auteur à seulement 2 occasions
au sud-ouest du Japon (un groupe contenant plusieurs individus), et
moins de 5 fois au sud de la Corée. Toutes les observations ont eu lieu
en durant des hivers froids, entre décembre et la fin février.
Les oiseaux de ce type présentent une tête complètement blanche
en hiver, avec uniquement de faibles stries sur la nuque, et des pattes roses.
Ces individus pourraient simplement représenter une variation limite de
mongolicus (semblable au Goéland de Taïmyr), avec un bec court et
arrondi et une projection primaire primaire longue. Toutefois, leurs parties supérieures
sont grises plus ou moins sombres, semblables à vegae. Un oiseau vu en
vol en janvier 2003 montrait une zone noire étendue à l'extrémité
des ailes, se prolongeant vers les grandes couvertures primaires externes.
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33- Deux possibles Goélands mongols de type C. Ces deux oiseaux sont remarquablement
petits, plutôt foncés, avec une tête en forme de "dome"
complètement blanche et une nuque uniforme L'oiseau au premier plan présente
une projection primaire plutôt longue et des pattes roses. En outre, la
tache du gonys ne s'étend pas sur la mâchoire supérieure,
et l'oiseau du premier plan a des taches noires sur la mâchoire supérieure.
La plupart des vegae et des taimyrensis présentent au moins quelques marques
sur les côtés de nuque ou du cou au début du mois de mars.
Photo : © KIM Hyun-tae |
Type D : "Goéland
de la Mer Jaune"
Le type D semble constituer un intermédiaire entre un Goéland
mongol de type A et un Goéland du Véga, même si de nombreux
critères distincts suggèrent qu'il ne fait peut-être pas partie
du taxon mongolicus.
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34- "Goéland de la Mer Jaune", Song Do, février.
Photo : Charlie Moores
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Semblable en taille aux vegae (ou légèrement plus grand),
le Goéland de la Mer Jaune parraît avoir une poitrine plutôt
forte, avec un dos pointant vers le bas. La tête présente une arcade
assez évidente au-dessus de l'oeil, et apparaît étroite vue
de devant. Quand ils se nourrissent, les oiseaux de ce type ont un cou allongé
et une petite tête, avec une poitrine dodue et des pattes écartées.
La ressemblance avec un Goéland cendré s'arrête
au niveau du bec, qui est long, légèrement pointé vers le
bas, avec un fort angle gonydal.
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36- "Goéland de la Mer Jaune", Song Do, fin janvier.
Photo : Nial Moores
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37- "Goéland de la Mer Jaune", Song Do, fin janvier.
Photo : Nial Moores |
Les
adultes (et les 2èmes hivers présumés) de ce type sont beaucoup
plus foncés que les autres Goélands mongols, plus sombres que les
plus sombres vegae et se rapprochant du Goéland à queue noire avec
peu de lumière. Bien qu'ayant souvent des têtes blanches au début
de l'hiver, ils présentent des fortes stries sur l'arrière de la
nuque, faisant penser à une Mouette relique (L. relictus) de 1er hiver,
et à la fin de l'hiver plusieurs oiseaux semblent également présenter
du gris clair sur la couronne. En outre, le type D présente du gris autour
de l'il, accentuant les croissants blancs autour de celui-ci.
La couleur du cercle oculaire n'a pas encore été relevé,
e les yeux sont foncés. La couleur des pattes est rose plus ou moins foncé
avec quelques tonalités jaunâtres. En vol, au moins deux oiseaux
bien observés en janvier 2003 avaient un petit miroir sur les primaires
les plus externes, beaucoup de noir à l'extrémité des ailes,
et une silhouette allongée rappellant un Goéland mongol de type
A.
Bien que jamais commun, ce type peut être observé en petit
nombre sur les vasières du Nord-ouest de la Corée du Sud (c'est-à-dire
à Incheon et dand la baie d'Asan), où il s'alimente en marchant
méthodiquement, la plupart du temps de mollusques et de crustacés.
Son origine est incertaine, mais comme des individus de ce type sont souvent vus
en groupe, une origine hybride semble peu probable.
Bien que le type D présente une coloration de manteau semblable
à taimyrensis (le birulai peut être écarté), avec des
pattes jaunâtres ou roses (le vegae oriental peut être écarté),
sa proximité avec le groupe mongolicus est justifiée en se basant
sur sa tête blanche en hiver, sur ses yeux foncés, sur son long bec
et sur sa similitude en vol. Sa préférence apparente pour les vasières
(nombreuses en bordure de la Mer Jaune) et le fait qu'il soit évoqué
dans les articles consacrés au Goéland mongol ont poussé
l'auteur a surnomé ce type "Goéland de la Mer Jaune",
ce qui ne signifie pas que cette espèce soit limitée aux rivages
de cette mer.
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