Identification du Goéland
mongol
Des têtes blanches
Bien que tous les taxa du type "Goéland argenté" en Corée
puissent
présenter des têtes blanches immaculées en octobre, les Goélands
mongols sont uniques car ils gardent cette blancheur même en plein hiver
: certains montrent toutefois de faibles stries grisâtres à l'arrière
de leur nuque, tandis d'autres présentent des stries plus nettes et de
faibles marques sur le dessus de la tête. Les plumages de juvénile
et de premier hiver sont en avance par rapport aux oiseaux du même âge
chez les Goélands du Véga et de Taïmyr, et ont une tête
blanche alors que les oiseaux des deux autres taxa ont toujours une tête
brunâtre.
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20- Goéland mongol adulte en hiver du type A, décembre.
Il s'agit d'un oiseau typique, avec une nuque très légèrement
striée et des marques sombres nettes sur le bec.
Photo : © KIM Hyun-tae
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En se basant sur des différences de structure et de coloration du manteau,
et à un moindre degré sur les habitats, trois ou quatre formes (ou
populations ?) de Goélands mongols apparaissent en Corée du Sud
en hiver.
Le type A niche sur des îles retirées au large de la côte ouest
du pays, dans des colonies de Petites Spatules (Platelea minor), d'Aigrettes chinoises
(Egretta eulophotes) et de Goéland à queue noire.
Les différentes formes sont généralement grandes avec une
tête blanche en plein hiver, et il n'est pas facile de baser leur identification
sur leur structure; les formes les plus répandues sont plutôt grandes
(souvent de taille similaire ou supérieur eau Goéland du Véga)
avec un long bec, un front allongé, une poitrine puissante et de longues
ailes (au repos et en vol).
La forme la plus petite et la la plus rare (type C) montre en vol les longues
ailes typiques du Goéland mongol, mais est nettement plus gracieuse, avec
une tête arrondie et un bec court rappellant le Goéland à
ailes blanches (L. glaucoides).
Le Goéland mongol peut être observé
en Corée en petit nombre tout
au long de l'été (avec parfois entre 40 et 50 oiseaux à Seosan
par exemple. Kim in lit.). Des juvéniles arrivent sur la côte occidentale
en août, des adultes et des immatures les rejoignant à la mi-septembre.
Le pic de migration est atteint à la mi-octobre, même si un grand
nombre d'oiseaux hivernent dans quelques spots favorables. La migration vers le
Nord est très nette en mars, la plupart des oiseaux étant partis
en mai.
Plumage des juvéniles et premiers hivers
La gamme des plumages du Goéland mongol de premier hiver et juvénile
est loin d'être bien définie. Certains oiseaux sont foncés
(rappellant quelque peu
cachinnans ou heuglini), d'autres sont un peu plus pâles, ces différences
exprimant des variations individuelles ou des populations différentes.
Toutefois, ces oiseaux peuvent être identifiés grâce à
une analyse combinée de leur "jizz" (allure générale)
et de leur plumage.
Selon les observations de Koerkamp sur le lac Baïkal (visibles sur le site
Web de Martin
Reid), la plupart des juvéniles ont les parties inférieures
plutôt foncées à la mi-août (par rapport à cachinnans
ou à michahellis), et l'allure des tertiaires est très variable.
Les ailes montrent une plage claire sur les primaires internes, avec des grandes
couvertures plutôt claires (sans barre sur les grandes couvertures), et
la queue est blanche avec une bande terminale noire bien définie à
l'extrémité blanche. En outre, le dessous des ailes n'est pas blanc
comme pour un cachinnans typique, rappellant plutôt un michahellis. Les
becs sont en grande partie noirs. Dans le même temps, des oiseaux observés
sur la côte ouest de la Corée ont souvent une tête pâle
contrastant avec des marques sombres sur le bas de la nuque.
Les oiseaux plus pâles présentent des dessous très
clairs faiblement marqués de brun, avec des barres sous la queue. Le dessus
du corps est fortement barré de noir, de gris, et de blanc, et les tertiaires
bien visibles sont noires avec une large bordure blanche continue. Les couvertures
sont bien définies, clairement limitées, sans large barre sombre
sur les grandes couvertures externes. Les individus plus foncés présentent
des parties supérieures moins nettement tachetées et ont une allure
plus brune et moins "propre".
Certains oiseaux montrent de grandes couvertures externes plus sombres, même
si cette variation n'est pas clairement incluse dans la gamme de plumages du Goéland
mongol (Ujihara in lit.) ; certains estiment que de tels individus sont des hybrides
ou des taimyrensis ou des heuglini mal identifiés.
En vol, tous les juvéniles montrent un dessous des ailes pâle et
plutôt uniforme, avec des couvertures nettement bordées de brun.
Ils ont un large croupion blanc, un dessus de la queue largement clair (faiblemnt
barré ou tacheté), une queue noire relativement étroite bordée
de blanc.
Ils montrent également une barre alaire secondaire noire très visible,
une zone indistincte à la base des primaires comme un Goéland du
Véga (avec les 4 ou 5 primaires les plus internes présentant également
quelques taches foncées subterminales). Les juvéniles ont un bec
en grande partie foncé, qui peut avoir en août-septembre du rose
à sa base.
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21- Goéland mongol juvénile/1er hiver, septembre.
Photo : © KIM Hyun-tae
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22- Goéland mongol de 1er hiver, novembre.
Les primaires les plus internes semblent translucides, contrastant avec des marques
pâles subterminales nettes. Le dessous des ailes est plus pâle que
chez les autres goélands de type "argenté", avec les axillaries
faiblement barrées, et des bords des couvertures souvent plus foncées.
Photo : © KIM Hyun-tae |
A la mi-septembre
et au début d'octobre, beaucoup d'oiseaux semblent avoir une tête
blanche (plusieurs mois avant les Goélans du Véga) délimitée
par des stries sombres sur la nuque (qui manquent apparemment chez vegae), et
certains présentent des zones gris pâle sur le manteau. En décembre,
les tertiaires de beaucoup de Goélands mongols de 1er hiver peuvent également
sembler usées et frangées.
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23- Goéland mongol de premier hiver, décembre.
Individu élancé et pâle. Notez la tête blanchâtre,
avec une couronne sans marque, contrastant avec l'arrière de la nuque très
strié, et la zone grisâtre autour de l'oeil; Les tertiaires sont
fortement frangées; la queue noire est plutôt étroite et bordée
de blan. Notez la longue projection primaire et le bec légèrement
"bulbé" à base rosée et à l'extrémité
noire.
Photo : KIM Hyun-tae
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24 et 25- Possible Goéland mongol de 1er hiver, Pohang, février.
Cet individu présente un large bec noir même en février, et
apparemment de grandes couvertures externes noires (critère plus net sur
l'image que sur le terrain).
Photo : Charlie Moores. |
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26 and 27- Goéland mongol de 1er hiver, Pohang, février.
Notez la différence de couleur de la base du bec entre l'individu massif
des images 24 et 25, et l'oiseau des images 26 et 27.
Photo : © Charlie MOORES. |
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En janvier et en février, les oiseaux les plus pâles
montrent une faible gradation sur le dessus du corps, des tertiaires foncées
distinctes et des scapulaires au centre sombre. En vol, ils présentent
souvent des "spots" évidents (patchs blanchâtres sur les
couvertures marginales) et une zone translucide sur le côté inférieur
des secondaires externes et sur les primaires les plus internes.
La couleur du bec des 1er hiver est variable : en janvier, les becs des oiseaux
les plus pâles sont rose intense à la base avec une extrémité
noire nette, tandis que ceux des oiseaux les plus foncés sont d'un rose
sale bordé de sombre.
Plumage
des adultes
L'identification de beaucoup d'adultes en septembre et même en octobre,
lorsque des vegae "à tête blanche" sont susceptibles d'être
observés, doit être basée sur l'observation de l'avancement
de la mue : celle de mongolicus est en effet typiquement en avance, tandis que
celle de taimyrensis est souvent la plus tardive (Ujihara in lit.). Cependant,
la variabilité de la mue de tous ces taxa demeure imparfaitement connue,
et des individus avec une tête blanche sont susceptibles également
de présenter une mue tardive.
L'identification automnale de beaucoup d'oiseaux à tête blanche est
donc, dans l'avancement actuel de nos connaissances, très problématique.
La plupart des Goélands mongols avant et après la mue postnuptiale
présentent également de fines stries à l'arrière de
la nuque, et une zone grise autour de l'oeil : ces critères restent valables
durant tout l'hiver jusqu'en février, quand certains individus commencent
à revêtir leur plumage nuptial.
Au milieu de l'hiver, la plupart de ces Goélands mongols semblent avoir
de petits yeux, ces derniers ayant une couleur variable et un cercle oculaire
rouge vermillon (semblable à celui des Goélands du Véga et
du Taïmyr). Ils ont également de longues pattes et une projection
primaire plus longue que celle du Goéland du Véga (elle dépasse
la queue).
Il existe des variations nettes dans la structure de ces oiseaux, mais aussi dans
les tonalités et dans la luminosité des zones grises (comme suggéré
par Yesou, 2001). Cette variation est en général concomittante avec
l'ampleur des stries sur la nuque et avec la structure générale.
Certains individus semblent même aussi foncés qu'un taimyrensis typique.
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