Identifier les quatre espèces "européennes" en hiver
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| Une vision classique : un plongeon à grande distance (ici un Plongeon arctique (Gavia arctica)). Photo : Joël Bruezière / eyesonsky |
Les plongeons sont de grands oiseaux de 60 à 70 centimètres de long qui se rencontrent en hiver en hiver en Europe de l'Ouest. Leurs pattes très en arrière du corps sont le reflet de leur vie essentiellement aquatique. Ils plongent continuellement pour rechercher leur nourriture composée de poissons, de crustacés et de mollusques.
Leur bec est droit et pointu, ce qui les différencie des oies et des canards. Au vol, les pattes dépassent la queue et le cou est légèrement incliné vers le bas.
La famille des plongeons est une des plus anciennes familles d'oiseaux. Certains fossiles de plongeons datent de l'époque de la disparition des dinosaures, il y a environ 65 millions d'années.
En hiver, l'observation d'un plongeon sur un grand lac ou dans un estuaire est une vision classique en Europe du Nord-ouest. Mais à distance, la distinction entre les quatre espèces visibles en Europe n'est pas toujours aisée.
Ornithomedia.com vous rappelle les critères pratiques à prendre en compte.
Abstract
This article deals with the identification of the Red-throated Diver (Gavia stellata), the Black-throated Diver (Gavia arctica), the Great Northern Diver (Gavia immer) and the White-billed Diver (Gavia adamsii) in Winter plumage.
Présentation des quatre plongeons
Plongeon catmarin (Gavia stellata)
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| Plongeon catmarin (Gavia stellata) en plumage nuptial. Photo : André Boussard |
Longueur : 53 à 69 cm.
Envergure : 106 à 116 cm.
Oiseau marin de taille moyenne, facile à identifier grâce à son bec robuste, pointu et légèrement retroussé.
En plumage nuptial, présente une tache rouge à l'avant du cou qui se détache sur le plumage gris restant.
En hiver, coloration grise dessus, et dessous blanchâtre. Le juvénile ressemble à l'adulte en hiver, mais les zones blanches du cou et de la tête sont finement striées de brun.
Se nourrit essentiellement de poissons.
Niche au printemps
sur de petits lacs dans la toundra ou dans des tourbières de la taïga. Passe la période d'hivernage en pleine mer, loin des côtes, mais aussi parfois sur des lacs à l'intérieur des terres.
Voix : caquètement sonore et monotone en vol "couac-couac-couac !". Au printemps, duo sonore entre le mâle et la femelle. Parfois, émet des cris plus brefs. Silencieux en hiver.
En France,
les meilleurs endroits pour observer le Plongeon catmarin sont certainement les différents sites de seawatching de la Mer du Nord et de la Manche (digue du Clipon à Dunkerque et Cap Gris-Nez) lors de la migration automnale en octobre-novembre. On peut aussi le rechercher dans les ports et au bord des côtes de l'estuaire de la Gironde à la Belgique.
Bien que nettement plus rare, le Plongeon catmarin est également visible sur les côtes méditerranéennes et à l'intérieur des terres. Le lac Léman est un site régulier d'hivernage pour cette espèce. Néanmoins il peut apparaître sur n'importe quel lac à l'intérieur des terres, pourvu qu'il y trouve suffisamment de poissons pour se nourrir. Dans tous les cas, la période de l'année la plus propice à sa découverte s'étale de fin octobre à début décembre.
Plongeon arctique (Gavia arctica)
Longueur : 58 à 73 cm.
Envergure : 106 à 116 cm.
Espèce de taille moyenne. En période nuptiale, calotte et nuque grises, poitrine à rayures blanches, bec et gorge noirs et des taches aux flancs.
En hiver, le plumage est beaucoup plus uniforme, sombre dessus et blanc dessous. Le juvénile est semblable à l'adulte en plumage d'hiver, mais le dessus est plus brun et présente un net motif écailleux.
Niche sur des îles ou au bord des lacs profonds dans le Nord de l'Europe, en Sibérie et en Amérique du Nord. Hiverne sur les côtes (parfois lacs et étangs de l'intérieur) plus au sud.
Se nourrit essentiellement de poissons.
Voix : sur les sites de nidification, émet (souvent de nuit) un "knar-knor !" dur et grinçant et un "aaa-o !" semblable à un cri de goéland. Chant fort "kloui-ko ! Kloui-ko !". Silencieux en hiver.
C'est sur les côtes que les chances de l'observer en France sont les plus grandes. Le littoral breton et tout particulièrement la rade de Brest et la baie de Douarnenez accueillent chacune une dizaine d'oiseaux durant la mauvaise saison. Il est même visible à l'intérieur des ports et sa faible méfiance envers l'homme permet d'effectuer des observations à faible distance.
Sur les eaux continentales, le Plongeon arctique peut apparaître sur n'importe quel type de plan d'eau mais c'est le Lac Léman qui retient le maximum d'hivernants avec 10 à 20 oiseaux chaque année.
Plongeon imbrin (Gavia immer)
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| Plongeon imbrin (Gavia immer) en plumage nuptial. Photo : André Boussard |
Longueur : 70 à 90 cm.
Envergure : 127 à 147 cm.
Plongeon de grande taille ( 75 cm), grosse tête et fort bec. En plumage nuptial, bec, tête et cou noirs, croissant blanc rayé verticalement de noir de chaque côté du cou. En hiver, les parties supérieures sont foncées et la gorge est claire.
Le cercle oculaire est bien visible chez l'adulte.
Le juvénile est semblable à l'adulte en hiver, mais le dessus est fortement écailleux brun et blanc. Pas de mouchetures blanches aux couvertures alaires.
Niche sur les grands lacs de la toundra, principalement en Amérique du Nord (plus 300 couples en Islande). En hiver, se tient le plus souvent dans les eaux côtières, parfois sur les rivières et les estuaires soumis à la marée.
Se nourrit des poissons, mollusques et crustacés.
Voix : étrange rire chevrotant et aigu. Le chant est une plainte qui fait penser au Plongeon arctique.
En France, le Plongeon imbrin est une espèce essentiellement maritime qui passe l'hiver au large des côtes atlantiques. Il peut se rapprocher des côtes et des sites comme l'Île de Ré accueillent plusieurs oiseaux chaque hiver. Les côtes bretonnes reçoivent la visite de quelques dizaines d'oiseaux tandis que le littoral de la Manche et de la Mer du Nord ne sont fréquentés que par des migrateurs en transit.
Dans l'intérieur des terres, le Plongeon imbrin est rare et seul le Lac Léman héberge régulièrement entre 1 à 5 individus chaque hiver. En tout, on estime que seuls 50 à 100 oiseaux passent l'hiver en France.
Plongeon à bec blanc (Gavia adamsii)
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| Plongeon à bec blanc (Gavia adamsii) en plumage nuptial. Photo : Darwin Museum |
Longueur : 77 à 91 cm.
Envergure : 137 à 152 cm.
Plus grand que le Plongeon imbrin. Bec légèrement dirigé vers le haut, légèrement retroussé.
En vol, silhouette plus trapue que chez le Plongeon imbrin, et battements d'ailes plus lents.
En plumage nuptial, semblable au Plongeon imbrin mais bec blanc jaunâtre. Taches blanches du dos plus grandes.
En hiver, bec clair, dessus plus pâle et plus brun que chez le Plongeon imbrin.
Le juvénile est encore plus pâle, avec un dos nettement écailleux.
Niche sur les côtes arctiques de la Russie. Hiverne régulièrement sur les côtes de Norvège, rarement en mer du Nord et sur la Baltique.
Voix : semblable à celle du plongeon imbrin.
En France depuis 1981, seules
10 données ont été homologuées concernant 10 individus. Le port d'Antifer en Seine-Maritime, l'étang de Lindre en Moselle, le Rhin (à Illkirch-Graffenstaden) ou le Lac du Der (Haute-Marne) sont quelques sites favorables.
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