Date
de mise en ligne : 17/10/2011 - Visé par le Comité de
Lecture
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Situation de la Punta Estaca de Bares (Galice) |
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Le
Labbe de MacCormick (Stercorarius maccormicki) est un oiseau
marin qui
se reproduit sur les côtes de l'Antarctique et qui
hiverne dans les Océans Pacifique, Indien et Atlantique. Dans le nord-est
de l'Océan Atlantique, il est remplacé
par le Grand Labbe (Stercorarius
skua). La distinction entre ces deux espèces
est compliquée, ce qui fait que seules quelques rares données
ont été acceptées en Europe occidentale.
Antonio Sandoval Rey et Daniel López Velasco ont écrit pour
le site web
www.reservoirbirds.com un article à propos de l'identification
de deux probables
Labbes de Maccormick adultes de forme claire observés
depuis la pointe Estaca de Bares en Galice (Espagne) le 12 août et
le 5 septembre 2010. Après une description des deux oiseaux,
les auteurs présentent les mouvements migratoires de l'espèce
dans l'Atlantique et son statut en Galice et dans le Paléarctique
occidental.
Cet
article a été soumis à notre Comité
de Lecture virtuel.
Pour participer à ce comité, vous pouvez nous
contacter.
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Abstract
| Publicité |
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The South Polar Skua, Stercorarius maccormicki, is a large
seabird in the skua family Stercorariidae. It is a large bird that
breeds on Antarctic coasts, usually laying two eggs in November
and December. It is a migrant, wintering at sea in the Pacific,
Indian and Atlantic Oceans. Identification of this skua is complicated
when it is necessary to distinguish it from the closely related
Great Skua of the North Atlantic and the other large southern hemisphere
skuas.
In an article titled and originally published in Spanish in the
website www.reservoirbirds.com,
Antonio Sandoval Rey and Daniel López Velasco describe two sightings
of presumed adult pale morph South Polar Skuas
seen from Estaca de Bares headland (Galicia, NW Spain) on the 12th
of August and the 5th of September 2010.
The article also discusses the likely occurrence of South Polar
Skua in offshore waters off Galicia and its real status in the Western
Palearctic.
Introduction et description
Introduction
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Observateurs
faisant du seawatch depuis l'observatoire de la pointe Estaca
de Bares (Galice)
Photo : Antonio Sandoval Rey |
Le
suivi régulier du passage des oiseaux marins depuis la pointe Estaca
de Bares (commune de Mañón) (lire La
Punta de Estaca de Bares, l'un des meilleurs spots de seawatch d'Europe)
s'est intensifié au cours des dernières années grâce à une combinaison
d'efforts d'ornithologues professionnels et de bénévoles, et des
observateurs sont désormais présents sur place environ
40% des jours de l'année (Sandoval et al. 2009). Ce spot et ses
environs se sont avérés être extrêmement importants pour l'étude
de la migration de nombreuses espèces marines (Arcos et al. 2009).
On y a également confirmé le passage annuel ou régulier de
taxons considérés jusqu'à présent comme accidentels
ou exceptionnels sur les côtes de l'Espagne, comme par exemple
les pétrels du genre Pterodroma (six observations
en août-septembre 2010) ou le Labbe à longue queue (Stercorarius
longicaudus).
La pointe Estaca de Bares est désormais reconnue comme l'un
des meilleurs spots de seawatch (sinon le meilleur) du Paléarctique
occidental. Les effectifs comptés de Phalaropes à
bec large (Phalaropus fulicarius), de Puffins majeurs (Puffinus
gravis) ou de Mouettes de Sabine (Xenus sabini) sont
comparables à ceux obtenus depuis d'autres points d'observation
du continent ou des îles britanniques, et des espèces aussi rares
que l'Albatros à sourcils noirs (Thalassarche melanophris),
le Phaéton à bec rouge (Phaeton aethereus) ou le Fou
brun (Sula leucogaster) ont été notées.
En été et en automne, plusieurs milliers de Labbes pomarins (S.
pomarinus), parasites (S. parasiticus) et de Grands Labbes
(S. skua) sont de passage, Estaca de Bares étant l'un des
meilleurs endroits d'Europe pour voir ces espèces en grand nombre.
Les Grands Labbes sont vus presque tous les jours du mois d'août
au mois de janvier. En 2009, 1884 oiseaux ont été
comptés de juin à décembre en 110 jours d'observation (399,5
heures) et en 2008 , 2479 individus ont été recensés
en 113 jours (410,5 heures). La connaissance du Grand Labbe par
les ornithologues réguliers du coin est donc importante.
Description
de l'oiseau du 12 août
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| La
référence : le guide Skuas
and Jaegers: A Guide to the Skuas and Jaegers of the World de
Klaus Malling Olsen, Hans Larsson (1997)
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Le
12 août 2010, le ciel était dégagé et un léger
vent de nord-est soufflait. A 18h25, un labbe du type S. skua
est arrivé de l'Est; ses couleurs et son stade de mue ont
attiré l'attention des ornithologues présents (David Martinez
Lago, Antonio Sandoval et Alfonso Valderas). Il est passé
à environ 300 mètres des observateurs, ce qui leur a permis
de noter plus de détails.
Sa coloration générale, pâle et froide, sans marque ni tache sur
la poitrine ou la tête, était marquante. L'œil, très
noir, se détachait bien sur le fond crème de la tête.
Cette dernière, mais aussi la poitrine et le ventre jusqu'au
bas-ventre étaient crème clair, sans nuance dorée, a priori
sans tache ni strie.
Le contraste entre le plumage clair des parties inférieures
et le dessous foncé des ailes (à l'exception d'une
zone pâle typique au niveau de la naissance des primaires),
presque noir de loin, était frappant.
La couleur des parties supérieures était aussi différente
de celle des milliers de Grands Labbes qui passent chaque année
au large de la Galice. La nuque était pâle, presque
blanche. Le dos était brun froid, grisonnant, bigarré,
mais plus clair que les ailes et la queue marron-gris.
Les couvertures étaient dans un état de mue avancé,
créant une zone pâle de la même taille que celle de
la base des primaires. A cause de la distance, il était impossible
de détecter des traces de mue dans ces dernières.
Aucune trace de rougeâtre ou de brun, typique du Grand Labbe,
n'a été notée dans les parties supérieures.
La tête semblait plus petite et les ailes plus fines que chez le
Grand Labbe, à mi-chemin entre ce dernier et un grand Labbe pomarin.
Au cours de cette journée et durant les 15 suivantes, les observateurs
ont relevé l'état de mue des couvertures de nombreux
Grands Labbes. Sur un total de 465 oiseaux détaillés,
aucun ne présentait de traces de mue sur le dos ou les ailes.
Selon le guide Skuas
and Jaegers: A Guide to the Skuas and Jaegers of the World de
Klaus Malling Olsen, Hans Larsson (1997),
les adultes de S. maccormicki muent leurs grandes couvertures
entre mai et juin, "parfois plus tard", et il y a une
mue prénuptiale entre septembre à novembre, qui touche également
certaines couvertures. Pour ces auteurs, chez les adultes de S.
skua, les couvertures muent en octobre-novembre.
A plusieurs occasions, Antonio
Sandoval Rey et Daniel López Velasco ont pu
observer des Grands Labbes qui présentaient des caractéristiques
proches de celles d'un S. maccormicki pâle, comme par
exemple le 19 juillet 2009 (Antonio Sandoval et Ricardo Hevia).
Mais l'oiseau du 12 août 2010 était plus proche d'un Labbe
de MacCormick que d'un Grand Labbe.
Suite à cette observation, les observateurs de l'Estaca de
Bares ont été particulièrement attentifs aux
caractéristiques des Grands Labbes de passage. C'est ainsi que le
27 août, Ricardo Hevia, Daniel López et Antonio Velasco Sandoval
ont à nouveau vu un oiseau très pâle, avec la tête, la poitrine
et les parties inférieures de couleur crème et le dessous
des ailes noir. Malheureusement, il est passé trop loin et
le soleil était trop bas, modifiant les couleurs de l'oiseau
et cachant certains détails. L'oiseau est donc resté non
identifié, même si c'était un bon candidat pour un
S. maccormicki.
Description de l'oiseau du 5 septembre
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Probable
Labbe de Maccormick (Stercorarius maccormicki) adulte
pâle, Estaca de Bares, La Corogne, Galice, le 5/09/2010.
Notez
le dessus des ailes uniformément sombre, avec très peu de contraste
entre les couvertures alaires et les rémiges primaires
et secondaires, et la plage blanche de la base de la main très
visible. La tête et le cou sont crème uniforme,
presque blancs, et l'oeil sombre se détache nettement
car il n'y a pas de plumes sombres à l'avant de la tête
comme chez le Grand Labbe. Le cou clair contraste fortement
avec l'avant des ailes et le corps s sombres
Photo : Daniel López Velasco |
Le
5 septembre, les ornithologues présents (Daniel López Velasco, Ricardo
Hevia, Pablo Pita, Manuel Quintana, Luis José Salaverri,
Antonio Sandoval et Conchi Ovin) ont eu la possibilité d'observer
vers
17h45 à une distance raisonnable (environ 500 m)
un autre labbe à la structure et à
la couleur intéressantes venant de l'Est.
Daniel López Velasco a pu réaliser deux photos documentaires
permettant d'observer les caractéristiques typiques d'un adulte
clair de S. maccormicki. Les conditions d'observation étaient
excellentes, avec un ciel dégagé, très lumineux, un
soleil pas trop bas et un léger vent de nord-ouest.
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Probable
Labbe de Maccormick (Stercorarius maccormicki) adulte
pâle, Estaca de Bares, La Corogne, Galice, le 5/09/2010.
Sur
cette photo, on voit la teinte uniformément pâle, sans teinte
chaude, des parties inférieures, contrastant avec le dessous
des ailes qui apparaît uniformément noir, l'absence
de stries ou de marques sur le cou et de calotte sombre. D'autre
part, les ailes sont plus pointues et le corps plus svelte que
ceux d'un Grand Labbe
Photo : Daniel López Velasco |
L'oiseau
était très pâle dessous, avec la tête, la poitrine et le
ventre d'un crème clair homogène, sans tache ni stries
dans le cou (visibles chez les Grands Labbes pâles), contrastant
fortement avec le dessous de l'aile très sombre, apparaissant noir,
un oeil noir se détachant nettement de la tête très
pâle. Le cou, blanc-jaunâtre, contrastait fortement avec le dos
noir.
Aucune nuance de brun chaud ou de roux n'a été notée
sur le dos. La plage blanche à la base de la main était
assez visible, se détachant bien des ailes sombres. Il
y avait peu de contraste entre les couvertures marron foncé et les
rémiges secondaires et primaires noires, contrairement au
Grand Labbe qui présente toujours (surtout chez les oiseaux
pâles) un fort contraste entre les couvertures brun clair, presque
dorées, et les primaires et secondaires noires. Sa structure semblait
plus légère que celle du Grand Labbe, avec des ailes plus pointues
et une tête plus petite.
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A
titre de comparaison, voici la photo d'un Grand Labbe (S.
skua) relativement clair prise avec une lumière très similaire
et depuis le même point d'observation que celui du probable
S. maccormicki. Elle montre clairement l'avant et le
dessus de la tête sombres typiques du Grand Labbe, de sorte
que l'œil ne se détache pas nettement. La tête
n'est pas uniformément pâle, contrairement à celle
du présumé Labbe de Maccormick. Cet oiseau présente
aussi des stries et des taches sombres visibles dans les parties
inférieures. Cet oiseau semble avoir des ailes plus larges et
le corps semble plus lourd que celui du Labbe de MacCormick
Photo : Daniel López Velasco |
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