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Date de mise
en ligne: 13/07/10 - Visé par le Comité de Lecture
Avec un appareil photo
numérique et un localisateur tracker GPS, il est possible d'attribuer
des coordonnées géographiques à ses photos.
A. Erpenbach, de l'Institute for Ecology de l'université de
Francfort (Allemagne) avait proposé une méthode simple
et peu coûteuse pour effectuer une gélocalisation semi-automatique
des photos en utilisant un GPS et des logiciels libres (G7ToWin et
GeoSetter).
La géolocalisation permet de complèter les photos par d'utiles
informations spatiales et temporelles, et de multiples applications
sont possibles en biologie, notamment en ornithologie.
Abstract
| Publicité |
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With a digital
camera and a GPS receiver (which stores TRACK information), one is
able to assign geographical coordinates to pictures. A. Erpenbach
(Institute for Ecology, Evolution and Diversity, University of Frankfurt,
Germany) has proposed a low-cost way to geotag photos half-automatically
using widely used GPS devices and free softwares (G7toWin and GeoSetter).
Geotagging adds valuable information which can be used to manage pictures
as a kind of digital vouchers by spatial and temporal localisation.
It could have several applications in Biology, including Ornithology.
La géolocalisation
Introduction
La géolocalisation
(également appelée géocodage ou plus rarement géographing)
consiste à inclure des coordonnées géographiques dans les
métadonnées des photos numériques. On peut localiser endroit où
une photo a été prise.
La géolocalisation est possible pour toutes les données, car elles
ont forcément été acquises à un endroit.
Ainsi, les fichiers son, les vidéos ou les pages web (peuvent
aussi être géolocalisés, ainsi que des vidéos ou pages internet
(grâce à l'auteur et au serveur d'hébergement)
en raison de leurs auteurs ou des serveurs de localisation.
Les métadonnées
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Affichage
des métadonnées Exif d'une photo avec l'outil
ExifTools de GeoSetter
Source : www.geosetter.com |
Les métadonnées
d'une image numérique comprennent un certain nombre d'informations
techniques sur la photo comme le nom du fichier, le modèle d'appareil photo
ou l'obturateur, le temps d'exposition, le mode d'exposition, l'ISO
ou la longueur focale (voir la liste complète sur www.exif.org)
mais elles peuvent aussi inclure des coordonnées géographiques.
Les métadonnées sont stockées dans l'en-tête Exif
(Exchangeable Image File Format) des images numériques. Elles sont
générées par le logiciel de l'appareil photo et peuvent être éditées
et modifiées.
L'Exif est une norme qui s'applique notamment aux photos de type
JPEG et qui permet de stocker à l'intérieur même de l'image des
informations concernant la prise de vue du type date, heure, appareil,
focale, ouverture, sensibilité, ...
Comment fonctionne la géolocalisation ?
La géolocalisation fonctionne par comparaison du timecode
de l'image et de celui des données GPS données. Elle
se fait en ajoutant les coordonnées GPS (latitude et longitude)
dans les données Exif des images.
Les données de type latitude et longitude font partie des informations
Exif mais elles ne sont en général pas renseignées dans les images,
faute d'un récepteur GPS utilisé dès la prise de vue. Ces informations
peuvent toutefois être ajoutées postérieurement.
Aux classiques informations de date, heure et référence de l'appareil
enregistrées dans l'image numérique viennent donc s'ajouter celles
de latitude et longitude qui permettent de relier une photo à son
lieu de prise de vue. Une fois cette information de lieu connue,
il devient possible de localiser l'image sur une carte, localement
ou en ligne.
Equipements et logiciels
Il existe un
nombre croissant de produits disponibles effectuant une géolocalisation
automatique ou semi-automatique. Mais A. Erpenbach propose une solution
pour ceux qui ne veulent pas changer d'équipement, qui possèdent
déjà une base de données d'images qui doivent
être rétroactivement géolocalisées et/ou disposent d'informations
GPS stockées lorsque les photos ont été prises.
A. Erpenbach utilise un simple GPS manuel (par exemple le Garmin
Gecko) qui peut être connecté à un PC pour télécharger ses données.
Il utilise aussi un appareil photo numérique standard (par exemple
un Nikon
D70).
Il est important de régler l'horloge interne de l'appareil photo
pour être dans le même fuseau horaire que l'appareil
GPS. Mais dans le cas contraire, la correction des données EXIF
via différents outils logiciels est également possible, par exemple
avec ExifTool
ou directement via un logiciel spécialisé comme GeoSetter (www.geosetter.de).
A noter que certains téléphones portables avec appareil
photographique intègrent un dispositif GPS, ainsi que des
appareils photo comme le Nikon
Coolpix P6000, ce qui simplifie bien sûr les choses. Pour
certains appareils photo non équipés de GPS (comme
les Nikon D3, D2Xs ou D700), il est possible de connecter un GPS
grâce à leur prise 10 broches sur laquelle on branche
un câble qui prend en charge l'interface NMEA 0183 et qui est reliable
à un câble
récepteur MC-35 d'un GPS compatible. Les informations délivrées
par le GPS sont alors intégrées en direct dans les Exif de l'appareil
photo.
Trackpoints et waypoints
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Trace
constituée de trackpoints dessinée sur Googlemaps
Source : Garmin
Developer |
Tout en prenant
vos photos, votre GPS enregistre des "trackpoints" à
une fréquence donnée (toutes les secondes, 10 secondes,
...). A noter que la plupart des récepteurs GPS GARMIN ne
stockent des informations temporelles que pour les "trackpoints",
pas pour les "waypoints".
Un "trackpoint", ou point de trace, est un point par lequel
l'utilisateur est passé physiquement.
Une trace est un itinéraire enregistré par le GPS sur le terrain
qui consiste en une suite ordonnée de trackpoints (généralement
plusieurs centaines). Un "waypoint", ou point de route/de
passage, est un point caractérisant un endroit physique donné
(sommet, pont, ...) défini par sa position, un nom, et éventuellement
un symbole et une description.
Vous avez donc besoin d'un GPS qui stocke des trackpoints. La quantité
de points stockés est normalement limitée par l'espace mémoire
disponible. Le téléchargement des données devra être fait régulièrement
si vous effectuez un voyage de plusieurs jours, ou bien vous aurez
besoin d'un stockeur de données GPS (comme le GPS
Travel Logger GT-600).
Une autre méthode consiste à enregister des "waypoints".
Après le téléchargement des données GPS sur votre ordinateur, le
"timestamp" (valeur représentant la date et l'heure) de
chaque "waypoint" pourra être défini à partir
du champ "time" des trackpoints grâce à une
correspondance spatiale (la latitude, longitude et altitude du waypoints
seront calculées en effectuant la moyenne des latitudes,
longitudes et altitudes des trackpoints). Il n'est ainsi pas nécessaire
de se déplacer avec un GPS constamment en marche, mais pour
être sûr de réaliser à certains moments un repérage
par satellite, il faudra recueillir des trackpoints à chaque
enregistrement d'un waypoint.
Description étape par étape de la méthode
Tout d'abord,
les photos sont prises et les waypoints sont établis (et/ou
des trackpoints sont enregistrés en continu). Ensuite, les données
sont téléchargées à partir de l'appareil photo
et du et GPS. Pour cela, A. Erpenbach conseille l'utilisation du
logiciel gratuit G7ToWin (www.gpsinformation.org/ronh).
Si les waypoints sont utilisés pour la géolocalisation des
photos, définissez leur timestamp à partir de ceux
des trackpoints via le menu du GPS.
Ensuite, le fichier trackpoint/waypoint est enregistré sur votre
ordinateur au format approprié. La plupart des logiciels acceptent
les formats gpx et nmea. Si les données GPS sont enregistrées dans
un format, elles pourront être lues avec G7ToWin puis converties
(un il vous faudra enregistrer un fichier au nouveau format).
Pour effectuer la géolocalisation, utilisez un logiciel comme
Geosetter pour traiter les données GPS. Choisissez le répertoire
où votre image est stockée, puis effectuez la synchronisation
("linking") grâce au champ "time". Pour
la plupart des logiciels, cette étape se fait manuellement
par un glisser-déposer.
Outre Geosetter, il existe d'autres logiciels disponibles comme
Downloader Pro de Breezer :
www.breezesys.com/Downloader/features.htm.
Visualiser ses photos géocodées sur une carte
Il est possible
de visualiser ses photos géocodées sur une carte accessible en local
(avec Google
Earth par exemple) ou en ligne (via www.trippermap.com,
Picasa
Web Album ou Flickr
par exemple).
Applications en biologie
La géolocalisation des photos pour un usage civil comporte
encore un certain degré d'imprécision, à cause
de la topographie en particulier, mais elle constitue toutefois
une vraie avancée. La prise en compte de l'altitude barométrique
(influencée par l'altitude) et le manque d'informations sur
l'orientation de la plupart des données GPS compliquent aussi les
choses.
Pour les biologistes, l'avantage de la gélocalisation des
photos est clair. Par exemple, la description d'une nouvelle espèce
doit être accompagnée d'éléments justificatifs,
notamment les coordonnées géographiques du spécimen-type
collecté. Mais il n'est pas toujours possible de collecter
un spécimen sur le terrain, et il suffit donc de prendre
une photo géolocalisée pour une éventuelle
visite future.
La géolocalisation ajoute de précieuses informations spatiales aux
images et constitue un complément utile aux données recueillies.
Elle enrichit les informations traitées par les logiciels
de Système d'Information Géographique (SIG), comme ESRI ArcGIS ou
GoogleEarth.
Les photos peuvent parfois être aussi utiles que des sujets
réels, pourvues qu'elles comprennent le maximum d'informations
exploitables ultérieurement. On pourra ainsi comparer des
séries photos prises à différents moments pour
étudier certains phénomènes biologiques évoluant
avec le temps (âge, modifications climatiques, ...).
Il est aussi possible de combiner la géolocalisation avec
d'autres technologies comme la télé-détection
ou la reconnaissance automatisée d'objets.
En ornithologie
Les applications de la géolocalisation des photos en ornithologie
sont de plus en plus fréquentes. Cette technologie permet
de compléter les bases de données existantes avec
des éléments de localisation et de déplacements.
Les chercheurs peuvent aussi mobiliser les observateurs en leur
demandant de géolocaliser leurs photos et de les leur transmettre.
Par exemple, des scientifiques de l'Université du Queensland
(Australie) étudiant le Casoar à casque (Casuarius casuarius),
une espèce rare vivant dans des régions isolées,
ont développé une application pour mobiles Android
et iPhone dans le cadre du Project
Cassowary afin de collecter des photos gélocalisées
de l'espèce.
Les amateurs peuvent aussi illustrer leurs rapports de voyage en
associant à leur trajet (tracé par GPS) des photos
géolocalisées. C'est par exemple le cas de ce séjour
sur les bords du lac Manyara au nord de la Tanzanie au cours duquel
300 espèces avaient été vues : http://tariquesani.net/blog/2010/06/01/lake-manyara-gps-trails-geotagged-photos/.
L'Audubon Society propose un guide pour téléphone
portable permettant de gélocaliser ses photos : http://androidfeens.com/?p=2291
A découvrir
- Sony propose un traceur de photos, le GPS-CS3KA
incluant le logiciel Picture Motion
- Les logiciels de communication GPS pour PC ou organiseurs : http://www.umr-lisah.fr/CrSig/Documents/etc/GPSsofts.htm
- Il existe des applications (payantes) sur Iphone permettant de
géolocaliser des photos, comme Geotag
Photos.
Sources
- A. Erpenbach (2008). Geotagging: a brief introduction for naturalists.
Institute for Ecology, Evolution and Diversity, University of Frankfurt,
Germany
- Clubic.com (2008). Comment géolocaliser mes photos ? http://www.clubic.com/article-156214-1-geolocalisation-photo-guide.html
- Skitour.fr (2009). GPS : meilleur choix de temps entre trackpoints".
http://www.skitour.fr/forum/read_115820.html
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