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Utiliser les pièges photographiques pour étudier et observer les oiseaux

Nous avons pu tester les Minox DTC-450 et DTC-1100, ce qui nous a donné l'occasion de présenter des conseils pratiques pour choisir, installer et utiliser un piège photographique.

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Utiliser les pièges photographiques pour étudier et observer les oiseaux

Les pièges photographiques Minox DTC-1100 (à gauche) et DTC-450 (à droite) : nous avons pu les tester en septembre 2016.

Un piège photographique est un appareil capable de photographier de jour comme de nuit un sujet passant devant lui grâce à un capteur qui détecte les variations de chaleur et/ou les mouvements. Cet équipement, autrefois réservé aux scientifiques et aux professionnels, devient de plus en plus populaire grâce à la réduction des prix et à des performances accrues, et désormais de nombreux modèles sont disponibles.
On peut utiliser un piège photographique pour étudier et observer les oiseaux en pleine nature ou dans un jardin. Et découvrir les images stockées sur la carte mémoire est un vrai plaisir.
Dans cet article, nous vous donnons des conseils pratiques pour choisir, installer et utiliser des pièges photographiques, nous présentons les résultats de nos essais des Minox DTC-450 et DTC-1100 prêtés par la société Prodigit, nous proposons une sélection de modèles adaptés aux besoins des ornithologues et nous énumérons quelques exemples d’études ornithologiques utilisant ce type d'équipement.

Abstract

A camera trap is a remotely activated camera that is equipped with a motion sensor or an infrared sensor, or uses a light beam as a trigger. This equipment, once reserved for scientists and professionals, is increasingly popular thanks to the reduction of their prices and their increasingly performance, and now many models are available. A camera trap can be used to study and watch birds in the wilderness or in a garden. And discovering the images stored on the memory card is a real pleasure.
In this article we give you practical tips for choosing, installing and using camera traps, we present the results of our tests of the Minox DTC-450 and DTC-1100, we propose you a selection of models suitable for ornithologists and we list some examples of ornithological studies using this type of equipment.

Piège photographique : quelques termes importants

Piège photographique Bushnell 119439 natureview

Piège photographique Bushnell 119439 Natureview : (1) flash à lumière infrarouge, (2) capteur de lumière, (3) objectif de l'appareil photo, (4) détecteur infrarouge passif.

Un piège photographique est une caméra qui permet de photographier ou de filmer un sujet qui passe devant, de jour comme de nuit. Le déclenchement est automatique grâce à un capteur/détecteur.
Voici ci-dessous quelques notions ou termes techniques importants :

  • détecteur infrarouge passif ("PIR" en anglais) : la plupart des pièges photographiques utilisent ce type de détecteur. Il s'agit d'un système électronique mesurant la lumière infrarouge émise par les objets (= leur rayonnement thermique) situés dans son champ de vision. Un mouvement ou une présence est détecté quand une source d'infrarouge ayant une température propre, comme un animal par exemple, passe devant une autre source infrarouge ayant une température différente, comme l’environnement normal. Cette différence de température déclenche la prise d'images. La sensibilité du capteur devra être réglée suivant la saison : en effet, en été, comme il fait plus chaud, la différence de température entre le sujet et l'environnement diminue, et il faut donc augmenter la sensibilité pour détecter son passage.
  • Système d’éclairage nocturne : il permet d'éclairer le sujet la nuit. Il peut s'agir d'un flash incandescent (au xénon), d'un flash à infrarouge ou à diodes électroluminescentes (LEDs). Un flash incandescent ("blanc") permet de prendre des images nocturnes en couleur, un flash à LEDs des images en couleur (LEDs "blanches") ou monochromes (LEDs "noires"), et un flash à infrarouge des images monochromes.
  • Vitesse de déclenchement : c'est le délai (en secondes) qui s'écoule entre le moment de la détection et la prise de la photo.
  • Zone de détection : c'est la zone dans laquelle le capteur est capable de détecter le passage d'un sujet. Elle ne correspond pas forcément au champ de vision de l'appareil photo, c'est-à-dire la largeur de la zone photographiée. La zone de détection varie selon les modèles, de 15 à 324 m² environ. Des modèles récents sont équipés de lentilles incurvées de Fresnel qui augmentent la largeur de la zone de détection. Généralement, un piège avec une zone de détection étroite (inférieure au champ de vision) aura une vitesse de déclenchement plus importante. La zone de détection et le champ de vision peuvent être augmentés en éloignant le piège.
  • Angle de détection : il est lié à la zone de détection. La plupart des pièges photographiques ont un très faible angle de détection, de l’ordre de 10 degrés, ce qui signifie que l'animal doit être absolument dans le centre de l'image de l'appareil. Toutefois, les caméras avec un grand angle (48 degrés) se généralisent de plus en plus.
  • Distance de détection/déclenchement : il s'agit de la distance maximum au-delà de laquelle l'appareil photo ne se déclenchera pas, même si un sujet passe dans la zone de détection. Les fabricants proposent des appareils dont la distance de déclenchement est de plus en plus importante (15 mètres et plus). 
  • Faux positif : il s'agit d'une image prise apparemment sans raison. Ce cas peut être fréquent et peut être causé par la végétation ou une poche d'air chaud.
  • Faux négatif : le déclenchement ne s'est pas produit malgré la présence d'un animal dans la zone de détection.
  • Obturateur de vision nocturne ("Night Vision Shutter)" : il contrôle la vitesse de l'obturateur de nuit. Une vitesse d'obturation élevée augmente la clarté de l'image, ce qui réduit le flou qui accompagne le mouvement mais qui diminue aussi la portée de détection.

Les facteurs importants pour choisir un piège photographique

Merle noir (Turdus merula) femelle photographiée par un Minox DTC-450

Merle noir (Turdus merula) femelle se baignant photographiée par un Minox DTC-450 en septembre 2016 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Source : Ornithomedia.com

Les éléments les plus importants à regarder quand on choisit un piège photographique sont :

  • la vitesse de déclenchement : c'est un point très important. Si elle est trop lente (plus d'une seconde), des photos intéressantes ne se déclencheront pas, vous devez donc choisir un appareil à déclenchement rapide (moins de 1 seconde) si vous souhaitez faire des photos d’oiseaux ou d’animaux en mouvement.
  • La zone de détection, qui doit être la plus large possible.
  • Le type de flash : si vous avez besoin de prendre des photos de couleur la nuit, il faudra choisir un piège photographique muni d'un flash incandescent (au xénon de préférence) ou à LEDs blanches. Toutefois, ils peuvent perturber certains animaux et aider les promeneurs à repérer le piège. Quelques fabricants, comme Spypoint et Boly Media, proposent des modèles équipés de deux types de flashs (par exemple à xénon et à infrarouge), ce qui permet de choisir celui qui est le mieux adapté aux circonstances. Quelques modèles permettent d'ajuster l'intensité du flash en fonction de la distance du sujet, comme le UV565HD d'UoVision ou le Scoutguard 860 C.
  • Le nombre de photos par déclenchement  : il doit être adapté à vos besoins. Certains modèles peuvent prendre des photos par rafale, y compris de nuit (c'est le cas des flashs à infrarouge et à LEDS). Les photos en rafale sont intéressantes pour l'identification de certains individus, mais il faut du temps pour examiner toutes ces photos, la capacité de stockage de la carte est vite atteinte et la consommation énergétique est plus grande.
  • Cartes SD

    Cartes SD de 8 GB.
    Photographie : Asim18 / Wikimedia Commons
    La résolution des images : elle doit être moyenne ou grande, surtout si l'on veut identifier des espèces qui se ressemblent étroitement. Attention, la vitesse de déclenchement diminue quand la résolution augmente, et la capacité de stockage de la carte mémoire est plus vite atteinte. Il faudra donc trouver un compromis.
  • L'existence d'un mode vidéo : il peut s’avérer particulièrement intéressant pour mieux observer le comportement d’une espèce ou simplement pour identifier une espèce lorsqu'une photo ne suffit pas.
  • La couleur, la solidité et la sécurité du piège photographique : celui-ci doit être le plus discret possible, et la coque doit être solide. Il faut pouvoir changer les piles sans avoir à enlever la coque. Certains modèles incluent un code d'accès pour l'ouvrir. La pose d'un cadenas et/ou câble python est parfois conseillée.
  • Les conditions d'utilisation : généralement indiquées dans le manuel d'utilisation, elles doivent être compatibles avec le lieu où le piège sera installé. Les températures maximales et minimales (- 10 °C à + 40 °C par exemple), le taux d'humidité maximal et minimal (20 % à 85  % par exemple) et l'imperméabilité à la condensation sont des caractéristiques à noter. Les modèles de la société Reconyx peuvent résister à -20 °C et être par exemple utilisés pour étudier les manchots. Notez s'il est certifié IP66 (résistance aux intempéries).
  • La facilité de réglage et de paramétrage : le piège photographique doit être simple à utiliser, même pour un débutant. La possibilité de définir un mot de passe est un plus.
  • La facilité de visualiser sur place les images prises : l'existence d'un écran LCD est vraiment un plus pour vérifier le nombre de photos déjà prises, et parfois les visualiser et en éliminer certaines si nécessaire. Sinon, il existe des lecteurs externes avec écran. 
  • Les échanges avec votre smartphone : les modèles récents de pièges photographiques permettent de recevoir des informations (alertes, photos) sur son smartphone via des SMS ou des MMS. Il est aussi parfois possible de commander le piège à distance depuis son smartphone.
  • Le prix est enfin bien sûr un critère très important !

Lors d'une étude menée auprès de 150 chercheurs, Meek et Pitter (2012) avaient résumé les caractéristiques d'un piège photographique "idéal" : un temps de déclenchement de 0,5 seconde, une grande zone de détection, une résolution des images supérieure à cinq mégapixels, la possibilité de prendre des photos par rafale (jusqu'à 100 images par déclenchement), un mode vidéo, la possibilité de programmer la durée de la vidéo pour éviter les longues séquences vides, la coexistence de deux types de flashs (incandescent  et à infrarouge), un contrôle de l'intensité du flash en fonction de la distance, une vidéo haute définition avec son et un capteur PIR à large champ de vision.

Le choix des piles

Piles rechargeables nickel-hydrure

Piles rechargeables nickel-hydrure ou NiMH (Nickel-Metal Hybride).

L'autonomie des piles est un point important : il faut qu'elle soit la plus grande possible, surtout si le piège doit être laissé longtemps sur place ou s'il est équipé d'un flash incandescent qui consomme davantage d'énergie qu'un flash à infrarouge.
Les piles au Lithium sont recommandées par la plupart des fabricants car leur autonomie et leur puissance sont importantes, mais elles ne sont pas rechargeables. Elles résistent bien aux froids intenses.
Les piles rechargeables nickel-hydrure ou NiMH (Nickel-Metal Hybride) sont plus chères que les piles au Lithium mais leur coût global est plus réduit si l'on prend en compte la totalité de leur durée de vie. Toutefois elles sont moins puissantes. En outre, elles doivent être rechargées rapidement pour maximiser leur durée de vie (il faut lire les consignes sur ce point).
Les piles alcalines sont moins chères que les piles au Lithium, mais leur autonomie est moindre.
Certains pièges photographiques, comme ceux de Spypoint, comprennent une prise Jack pour brancher une batterie externe.

Le choix de la carte mémoire

La capacité de la carte mémoire (Compact Flash ou SD) est un point très important : elle doit être d'au moins 8 GB. Il existe descartes SD de 32 GB à partir de 11 €, et des modèles très rapides à 18 €. Le choix dépendra de la durée durant laquelle devra fonctionner votre piège avant d'être relevé, et de la résolution et du nombre d'images prises. Les cartes Compact Flash de 32 GB sont plus chères mais on en trouve de très bonnes à 30 €.

Vérification des réglages avant la pose d'un piège photographique

  • Testez le fonctionnement général du piège photographique avant son installation sur le terrain.
  • Vérifiez le chargement des piles.
  • Assurez-vous d’avoir bien inséré la carte mémoire.
  • Vérifiez que la date et l’heure sont correctes.
  • Vérifiez le mode (photo/vidéo), le nombre de photos qui seront prises par déclenchement, la durée de la vidéo (si elle est réglable), l'intensité du flash (s'il est réglable).
  • Réglez l'intervalle de déclenchement (en minutes) entre deux photos afin de l'adapter à vos besoins et évitez de prendre trop de photos similaires.
  • Réglez la sensibilité du capteur : ce paramètre règle le seuil de déclenchement du capteur en fonction de la chaleur du sujet et de l'environnement. Une forte sensibilité est nécessaire pour les petits animaux ou quand il fait chaud. Attention, une forte sensibilité augmente les risques que la végétation provoque des déclenchements inutiles, il faudra donc trouver un compromis.
  • Pensez à passer le sélecteur de la position (Set) dans la position A, B ou Manual.

Conseils d'installation d'un piège photographique

  • Pose d'un piège photographique dans le Caucase

    Pose d'un piège photographique dans le Caucase.
    Photographie : Wikimedia Commons
    Vérifiez que vous avez le droit de poser votre piège photographique dans un lieu donné.
  • N'oubliez pas d'emporter des câbles/sangles pour attacher le piège, au cas où?
  • Installez l’appareil en moyenne entre 50 centimètres et 2 mètres de hauteur, en l’orientant légèrement vers le bas pour éviter que le mouvement de la végétation ne déclenche la prise d'images inutiles. N’orientez pas l’appareil face à l’Est ou à l’Ouest car le lever et le coucher du soleil peuvent provoquer des déclenchements intempestifs et produire des images surexposées. Sur une colline, placez le piège sur la pente dominant le sentier.
  • Placez en général le piège trois à cinq mètres du centre de la zone étudiée.  
  • Attention à ne pas placer un piège photographique trop près d'un nid car cela pourrait permettre à des prédateurs de le détecter.
  • L’appareil doit être placé sur un support solide le plus stable possible, habituellement un tronc ou un piquet. Parfois, on ne trouvera aucun support sur place, emportez au cas où un ou deux bâtons.
  • Le choix de l'emplacement du piège photographique dépendra de l'espèce que vous souhaitez étudier ou observer, et de sa distance de passage. Si la distance de déclenchement du piège est rapide, il pourra être placé près du sujet.
  • De bons emplacements sont par exemple un sous-bois, une lisière, la berge d'une rivière ou d'un fossé. Si l’appareil est placé sur un site de passage (coulée, sente, chemin…), il est important de le positionner légèrement de biais par rapport à l’axe pour éviter que les sujets ne soient hors cadre lors du déclenchement. Cela permettra aussi de photographier plusieurs animaux à la fois s’ils passent en file.  
  • Dégagez les branches ou les herbes se trouvant devant l’appareil car en cas de vent, elles pourraient provoquer des déclenchements intempestifs. Elles peuvent aussi pousser durant la durée de l'étude.
  • Attention si vous installez votre piège au bord d'une rivière, le niveau de l'eau peut monter.
  • Un piège photographique peut être volé : utilisez si possible un câble antivol fermé avec un cadenas.
  • Notez bien l'emplacement pour retrouver facilement votre piège.

Conseils lors de la vérification d'un piège sur le terrain

  • Emportez des câbles/sangles, un lecteur externe pour visualiser les images sur place (si nécessaire), une carte mémoire supplémentaire, des piles de rechange et un chiffon.
  • Faites un test de déclenchement.
  • Vérifier les réglages (heure, date).
  • Notez la date du contrôle.
  • Remplacez la carte mémoire et les piles.
  • Changez l'emplacement si nécessaire.
  • Récupérez vos photos ou vidéos sur une carte mémoire et stockez-les sur un ordinateur ou un lecteur externe.

Le choix de la carte mémoire

Pour nettoyer l’objectif du piège photographique, utilisez des lingettes douces prévues à cet effet. Évitez de toucher l’objectif avec vos doigts. Enlevez les saletés avec un linge doux humidifié avec de l’eau ou un détergent neutre. Gardez votre piège dans un environnement sec, frais et sans poussière ou dans une boîte quand vous ne l’utilisez pas. Dans le cas d’une non-utilisation prolongée, enlevez les piles de l’appareil.
Pour visualiser les images sur une télévision, connectez un câble TV au port AV situé sous l’appareil une fois que vous avez ouvert la coque. Insérez l’autre extrémité du câble dans l’entrée RCA vidéo de votre téléviseur.

Résultats des essais des Minox DTC-450 et DTC-1100

Mésanges charbonnière et bleue photographiées par un Minox DTC-450

Mésanges bleue (Cyanistes caeruleus) et charbonnière (Parus major) photographiées par un Minox DTC-450 en septembre 2016 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Source : Ornithomedia.com

Caractéristiques techniques du Minox DTC-450

  • Dimensions du produit (L x l x h)  :  21 x 11 x 2,7 cm
  • Flash Infra-rouge invisible
  • Distance de déclenchement : jusqu'à 15 mètres
  • Résolution : 12 mégapixels
  • Résolution vidéo HD
  • Vitesse de déclenchement : < 1 seconde
  • Jusqu'à 9 images consécutives par déclenchement
  • Durée d'une vidéo : jusqu'à 60 secondes
  • Menu Multilingue de navigation
  • Carte mémoire SDHC : jusqu'à 32 GB
  • Écran couleur :  2 "
  • Autonomie : jusqu'à 6 mois
  • Boîtier en plastique robuste et résistant aux intempéries
  • Port USB
  • Cadenas
  • Livré avec deux sangles de fixation et câble USB
  • Prix indicatif : 149 euros.

Notre avis sur le Minox DTC-450

Le Minox DTC-450 est un modèle plat et léger. Nous l'avons placé à un mètre de petits bassins fréquentés notamment par les Mésanges bleue (Cyanistes caeruleus) et charbonnière (Parus major), le Rougegorge familier (Erithacus rubecula) et le Merle noir (Turdus merula). Les photos sont une bonne qualité, et des oiseaux de petite taille sont détectés. Lorsque la lumière est vive, les photos sont surexposées mais cela semble normal. La nuit, les photos sont en noir et blanc et de qualité moyenne et la capacité de détection est réduite : un chat de passage a toutefois été détecté. Le menu est simple et facile à prendre en main. Pour moins de 200 euros, c'est un modèle tout à fait correct, intéressant à poser près d'une mangeoire, d'un point d'eau ou d'un étang.

Caractéristiques techniques du Minox DTC-1100

  • Chat domestique photographiée de nuit par un Minox DTC-1100

    Chat domestique (Felis domesticus) photographiée de nuit par un Minox DTC-1100 en septembre 2016 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
    Source : Ornithomedia.com
    Dimensions : 14,9 x 10,1 x 5,5 cm
  • Technologie réseau 4G
  • Jusqu'à 5 images consécutives par déclenchement
  • Durée d'une vidéo : 30 secondes 
  • Flash infrarouge invisible
  • Distance de déclenchement : jusqu'à 18 mètres
  • Résolution : 8 mégapixels
  • Envoi les fichiers par transfert de données sous forme de MMS ou d'e-mail
  • Délai de déclenchement rapide: moins de 1 seconde
  • Micro intégré pour le mode vidéo
  • Menu de navigation multilingue
  • Carte mémoire SD/SDHC : jusqu'à 32 GB
  • Écran couleur TFT 2"
  • Autonomie : jusqu'à six mois
  • Boîtier en plastique robuste et étanche
  • Port USB
  • Cadenas
  • Livré avec une sangle, une carte SD et un câble USB
  • Prix indicatif : 499 euros.

Notre avis sur le Minox DTC-1100

Le Minox DTC-1100 est un piège photographique d'allure robuste et assez compact. Il est muni d'une vis qui permet de le placer sur un trépied, ce qui est pratique quand on ne trouve pas de support sur le terrain. Nous l'avons testé de nuit, et sa capacité de détection est bonne, et un chat qui est passé à deux mètres était bien visible. La qualité des vidéos couleur (de jour) est tout à fait correcte : des exemples sont visibles sur Internet, comme cette vidéo d'une jeune Chouette hulotte (Strix aluco). Le prix est toutefois un peu élevé.

Quelques modèles recommandés pour l'étude et l'observation des oiseaux

Les modèles ci-dessous, classés par ordre de prix décroissants, sont bien adaptés aux besoins des ornithologues :

  • Bushnell HD Natureview 119740

    Le Bushnell HD Natureview 119740 permet de visualiser le détail des bagues des passereaux.
    Source : parc ornithologique de Pont de Gau (Bouches-du-Rhône)
    Reconyx SC950C. Bonne capacité de détection. Bonne résolution. Bonne vitesse de déclenchement. Prix indicatif (2016) : 1 199 euros.
  • Reconyx HC600. Modèle rapide. Bonne qualité d’images. Bonne autonomie. Facile à utiliser. Prix indicatif (2016) : 549 euros.
  • Moultrie 150 Panoramic. Très large champ de détection (150 degrés). Grand et lourd. Plus sensible que les autres modèles à l'humidité. Le capteur fait un peu de bruit et pourrait être détecté par les animaux. Prix indicatif (2016) : 394 euros.
  • SpyPoint HD-7. Capacité de détection moyenne. Facile à utiliser. Un peu trop grand. Boîtier difficile à fermer. Produit correct. Prix indicatif (2016) : 379 euros.
  • Bushnell HD Natureview 119740. Facile à utiliser. Bonne rapidité de déclenchement et bon taux de détection. Qualité d'image moyenne, souvent sous-exposée. Bonne autonomie. Pas de possibilité de relire une séquence vidéo. Souvent utilisé par les scientifiques. Benjamin Vollot (parc ornithologique de Pont de Gau) nous précise que c'est l'un des rares modèles du marché permettant de réduire suffisamment  la distance de mise au point afin de lire les inscriptions des bagues de petits passereaux. Prix indicatif (2016) : 300 euros.
  • Minox DTC-650. Facile à utiliser. Bonne rapidité de déclenchement et bon taux de détection. Bonne qualité d'image. Bonne autonomie. Possibilité de relire une séquence vidéo. Un peu grand. Bon rapport qualité-prix. Prix indicatif (2016) : 224 euros. 
  • Bushnell Trophy Cam HD Agressor. Bonne résolution. Bonne vitesse de déclenchement. Large zone de détection. Facile à utiliser mais autonomie assez faible. Prix indicatif (2016) : 251 euros.
  • Bushnell Essential E2. Bonne qualité d'images. Modèle rapide et fiable. Grande autonomie. Ne fonctionne pas avec les batteries rechargeables. Prix indicatif (2016) : 153 euros.
  • Acorn Ltl Acorn 6210 mm. Facile à régler, bonne qualité d'images. Bon modèle pour un jardin. Prix indicatif (2016) : 105 euros.

Autres modèles de pièges photographiques souvent utilisés par les chercheurs

Moultrie Panoramic 150

Le Moultrie Panoramic 150 est souvent cité dans les études impliquant l'utilisation de pièges photographiques.

Les modèles ci-dessous apparaissent régulièrement dans les publications scientifiques. Ils sont classés par ordre de prix décroissant :

  • Pixcontroller Raptor - Prix indicatif (2016) : 1 450 dollars
  • Buckeye Cam X80 - Prix indicatif (2016) : 1 330 dollars
  • Bushnell Trophy Cam HD - Prix indicatif (2016) : 419 euros
  • Uway MB500 - Prix indicatif (2016) : 349 dollars
  • Cuddeback C123 Triple Flash - Prix indicatif (2016) : 275 euros
  • Moultrie Panoramic 150 - Prix indicatif (2016) : 249 euros
  • Spypoint FL-8 - Prix indicatif (2016) : 230 dollars
  • Uway VH200HD - Prix indicatif (2016) : 226 dollars
  • Covert Extreme HD40 - Prix indicatif (2016) : 180 dollars
  • Scoutguard PC 860C - Prix indicatif (2016) : 120 dollars
  • Moultrie M-990i Gen 2 - Prix indicatif (2016) : 109 dollars.

L'utilisation de pièges photographiques pour étudier les oiseaux

Depuis 2006, le nombre de publications scientifiques impliquant des pièges photographiques a fortement augmenté, avec par exemple 234 études en 2012. Le piège photographique est en effet un outil qui limite les dérangements des animaux, même si les flashs incandescents et à LEDs sont plus ou moins détectables. Il peut fonctionner jour et nuit et peut être laissé sur le terrain durant des semaines, ce qui est utile pour collecter des données dans des régions isolées. C'est un outil idéal pour repérer des oiseaux discrets comme les marouettes par exemple. Il fournit des données fiables et apporte des informations utiles sur le comportement. Il peut aussi permettre des identifications individuelles.
Le réseau Tropical Ecology Assessement and Monitoring a proposé un protocole pour l'utilisation des pièges photographiques.
Cet équipement serait plus efficace que la méthode des transects (lire Compter les oiseaux aquatiques) pour recenser les animaux diurnes : par exemple, dans une forêt tropicale d'Amérique du Sud, une étude de 3 400 jours (nombre de jours x nombre de pièges photographiques posés) a permis de recenser 86 % des espèces connues dans le secteur.
Les pièges photographiques ont aussi permis de découvrir de nouvelles espèces, comme le Sengi à face grise ou musaraigne-éléphant (Rhynchocyon udzungwensis) en 2005 en Tanzanie.
L'utilisation de pièges photographiques est plus intéressante que la télémétrie pour estimer la densité d'une espèce : en effet, la pose d'émetteurs nécessite de capturer quelques individus, et les résultats obtenus ne sont donc pas représentatifs d'une population globale. Par contre, la télémétrie est plus efficace pour suivre les déplacements.
La pose de pièges photographiques peut être combinée avec d'autres méthodes, comme la télémétrie et les prélèvements génétiques.

Quelques exemples d'études  récentes :

  •  Serpentaire bacha (Spilornis cheela)

    Grâce à la pose de pièges photographiques, on a  découvert que le Serpentaire bacha (Spilornis cheela) visitait les falaises d'argile du parc national de Veun Sai–Siem Pan (Cambodge).
    Photographie (prise au Sri Lanka) : Lip Kee / Wikimedia Commons
    Recensement des mammifères et des oiseaux visitant les falaises d'argile du parc national de Veun Sai–Siem Pan (Cambodge) pour ingérer des substances minérales grâce à l'installation de pièges photographiques (modèle de piège : Reconyx PC85 RapidFire) de janvier à octobre 2010. Trois espèces d'oiseaux ont été filmées : le Coq bankiva (Gallus gallus), le Serpentaire bacha (Spilornis cheela) et la Tourterelle tigrine (Spilopelia chinensis). 
  • Estimation de la densité d'Éperonniers chinquis (Polyplectron bicalcaratum) dans le Huai Kha Khaeng Wildlife Sanctuary (Thaïlande). 39 pièges photographiques (modèle de piège : ScoutGuard SG565F-8M) ont été installés dans 156 endroits de janvier à avril 2013. 184 photographies ont été prises, permettant d'estimer une densité de 22,97 mâles par km².
  • Recensement au Guatemala des oiseaux et des mammifères mangeant les fruits de l'arbre Oreopanax echinops. Douze espèces animales ont été photographiées, dont deux oiseaux menacés, l'Oréophase cornu (Oreophasis derbianus) et la Pénélope pajuil (Penelopina nigra).
  • Suivi de la nidification de douze couples de Faucons d'Eléonore (Falco eleonorae) sur l'îlot d'Anidro (Grèce) en 2013, 2014 et 2015. Les modèles utilisés étaient les Reconyx PC900 et PC850. Ces pièges photographiques étaient posés à un mètre de chaque aire. Parmi les données collectées, on a assisté à un cas de cannibalisme (lire Un cas de cannibalisme chez le Faucon d'Éléonore).
  • En Afrique du Sud, pour évaluer le niveau de prédation des nids d'oiseaux dans les jardins urbains, des pièges photographiques ont été installés de juin 2013 à février 2014 à proximité de 75 nids artificiels dans lesquels des oeufs en silicone avaient été placés. Les biologistes ont constaté que 25 % des nids avaient été visités par des Grivets (Ceropithecus aethiops) et 3 % par des Chats domestiques (Felis domesticus).
  • Au Royaume-Uni, pour évaluer le rôle des mammifères et des oiseaux dans l'élimination des cadavres en zone urbaine, 63 rats morts ont été placés dans trois villes et des pièges photographiques (modèle de piège : Reconyx HC 600 Hyperfire) ont été placés à deux mètres de chacun d'entre eux. 67 % des cadavres ont été visités par des Corneilles noires (Corvus corone), des pies bavardes (Pica pica) et des Renards roux (Vulpes vulpes).

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Produits recommandés

Sources

  • Francesco Rovero et Fridolin Zimmermann (2016). Camera Trapping for Wildlife Research. Pelagic Publishing
  • Diemer Vercayie (2016). Manuel des pièges photographiques. Natuurpunt. www.natuurpunt.be
  • Richard Inger et al (2016). Ecological role of vertebrate scavengers in urban ecosystems in the UK. Ecology and Evolution. Date : 09/09. http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/ece3.2414/full
  • Lindsay Patterson, Riddhika Kalle et Colleen Downs (2016). Predation of artificial bird nests in suburban gardens of KwaZulu-Natal, South Africa. Urban Ecosystem. Juin. http://link.springer.com/article/10.1007/s11252-016-0526-4
  • Thunhikorn  et  al (2016). Field  methods  for  loud-calling  Peacock-pheasant. Assessing  the  population  of  grey  peacock-pheasant  (Polyplectron bicalcaratum)  in  a  Southeast  Asian  conservation  landscape. Raffles Bulletin of Zoology. Numéro : 64. Pages : 302-312. http://lkcnhm.nus.edu.sg
  • Amy King et al (2016). Patterns of salt lick use by mammals and birds in northeastern Cambodia. Cambodian Journal of Natural History. Numéro : 1. Pages : 40–50. www.researchgate.net
  • Javier A. Rivas-Romero et Jose Roberto Soto-Shoender (2015). Filling in the Gaps: Evaluating the Use of Camera Traps in the Canopy to Examine Frugivore Visits to Oreopanax echinops in the Highlands of Guatemala. The Southwestern Naturalist. Volume : 60. Numéro : 4. Pages : 366-370. www.bioone.org/doi/abs/10.1894/0038-4909-60.4.366?journalCode=swna

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"Utiliser les pièges photographiques pour étudier et observer les oiseaux"

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