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Pourquoi les bécassines et les bécasses se balancent-elles verticalement ?

En février, il est possible d'observer dans les zones humides des Bécassines sourdes et des marais dont les corps oscillent parfois curieusement...

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Pourquoi les bécassines et les bécasses se balancent-elles verticalement ?

La Bécassine sourde (Lymnocryptes minimus) se balance souvent verticalement et de façon rythmée.
Photographie : Robert Coudroy

Les bécasses et les bécassines sont des limicoles de la famille des scolopacidés bariolés de brun, noir et blanc. Leur bec est long et droit et leurs pattes sont assez courtes. Ce sont des oiseaux discrets vivant dans les  zones humides ou les milieux forestiers, leur plumage cryptique les aidant à se camoufler. Les mâles sont plus faciles à repérer lors de leur parade nuptiale. Un comportement curieux peut aider à les détecter: un balancement vertical et régulier de leur corps, rappelant celui d'une machine à coudre ou d'une voiture dont le système d'amortissement aurait été modifié...
Dans cet article, nous énumérons les hypothèses qui ont été proposées pour tenter d'expliquer ces "oscillations" régulières.

Abstract

Woodcocks and snipes are members of the scolopacidae family. They have a brown, black and white plumage, their bill is long and straight, and their legs are quite short. They are discret birds living in wetlands or forest environments, their plumage helping them to be incouspious. Males are easier to spot during their courtship display. A behavior can help detect them in the vegetation: their strange bobbing movement.
In this article, we list the hypotheses that have been proposed to try to explain this up-and-down motion.

Bécasses et bécassines : des limicoles discrets au long bec

Bécassine des marais (Gallinago gallinago)

La Bécassine des marais (Gallinago gallinago) se balancent moins souvent que la Bécassine sourde (Lymnocryptes minimus).
Photographie : Nathalie Santa Maria

En Europe, il est possible d'observer les Bécassines des marais (Gallinago gallinago) et sourde (Lymnocryptes minimus) et la Bécasse des bois (Scolopax rusticola) (lire Identifier les limicoles communs en Europe : première partie).
La Bécassine des marais est la plus répandue des trois : c'est un limicole discret de de 23 à 28 cm de long, au très long bec, au plumage brun finement tacheté de noir et de roux avec des bandes jaunes sur la dos et la tête, aux flancs barrés de noir, au ventre blanc et à la queue rousse. Elle niche dans les tourbières, les marais, les prairies inondables et migre et hiverne dans des zones humides variées.
La Bécassine sourde est plus petite (18 à 20 cm de long) et plus rare que la Bécassine des marais. Son bec est plus court, ses raies dorsales jaunes sont plus larges, son manteau et ses épaules sont en partie vert métallique, et elle n'a pas de raie médiane jaune au milieu de la calotte. Elle niche dans les marais de la taïga et migre et hiverne dans les marais et les prairies humides (lire La Bécassine sourde en Russie d'Europe).
La Bécasse des bois est nettement plus grande (33 à 38 cm de long) que les deux autres espèces. Elle niche dans les forêts et les bois avec clairières et s'arrête dans des habitats ouverts et variés durant sa migration. C'est un limicole trapu, au long bec, au front haut, à la calotte rousse barrée de noir et au corps beige et roux rappelant la couleur des feuilles mortes tapissant le sous-bois. Ses ailes sont arrondies. Durant le vol nuptial (croule), elle bat des ailes lentement (lire Photographier la croule de la Bécasse des bois).

Le curieux balancement vertical des bécasses et des bécassines

Lorsque les bécasses et les bécassines marchent ou restent sur place dans leur zone de nourrissage, elles effectuent parfois de curieux mouvements réguliers et rythmés : elles se balancent verticalement (et pas latéralement) en fléchissant leurs pattes, et elles rappellent alors des machines à coudre, des jouets mécaniques à ressort, des pompes ou des danseuses de rumba... Leur tête reste immobile.
Ce balancement s'interrompt quand l'oiseau trouve une proie. Il est particulièrement prononcé chez la Bécassine sourde, et peut aider à la repérer dans la végétation dense des marais. E. Manser avait remarqué chez cette espèce qu'à chaque nouveau pas, son corps montait et descendait deux à trois fois. Chez une Bécasse d'Amérique (Philohela minor) évoluant sur une pelouse de Cape May (New Jersey, États-Unis) en novembre 1974, 90 cycles de montées et de descentes avaient été comptés en moyenne par minute.
D'autres limicoles peuvent effectuer ce type de "pompage", comme le Chevalier aboyeur (Tringa nebularia) : un oiseau équipé d'une antenne émettrice satellitaire effectuait de temps en temps ces mouvements verticaux qui créaient un signal réseau caractéristique !



Bécassine sourde (Lymnocryptes minimus) se balançant verticalement et de façon rythmée,  Sandwich Bay Reserve, Kent (Royaume-Uni), le 01/01/2018.
Source : Michael Linklater






Détecter les vers

Bécasse des bois (Scolopax rusticola)

La Bécasse des bois (Scolopax rusticola) effectue aussi parfois des "oscillations" verticales.
Photographie : Olivier Thoret

Christy (1931) et d'autres auteurs suggèrent que ce balancement aiderait ces limicoles à détecter via leurs pattes les légères vibrations ou différences de pression créés par les mouvements des vers et des autres invertébrés sous la surface du sol ou dans la litière.
Ces limicoles pourraient aussi chercher à leurrer ou à déranger les vers afin de les pousser à sortir de leurs galeries, comme le font les goélands en tapant sur le sol avec leurs pattes (lire Un Goéland argenté semble "danser" à la demande pour obtenir des frites). Toutefois, les longs becs des bécasses et des bécassines sont très sensibles, et ce type de ruse ne semble pas vraiment nécessaire...

Décourager les prédateurs 

Pour Bernard Heinrich (2016), ce comportement déroutant, qui rend ces limicoles assez faciles à repérer alors qu'ils pourraient être plus discrets, aurait la même fonction que les couleurs vives de certains oiseaux, grenouilles ou insectes : avertir clairement les prédateurs qu'il ne serait pas intéressant d'essayer de les capturer (hypothèse de non-profitabilité). Les bécasses et les bécassines ne sont pas toxiques ni dangereuses, mais elles sont très rapides, et les rapaces ou les mammifères carnivores gaspilleraient leur énergie à essayer de les poursuivre.  

Une réaction au stress

Pour Pettingill (1936), le balancement vertical de ces échassiers serait plutôt une réaction incontrôlée à une situation de stress ou de peur et se rapprocherait ainsi des mouvements saccadés et nerveux de la queue de certains passereaux en présence d'un prédateur ou d'un rival (lire Les taches blanches de la queue de certaines parulines les aident à mieux chasser).

Une aide à la vision

Le balancement rapide et régulier pourrait rendre binoculaire la vision monoculaire des bécassines et des bécasses, aux yeux placés haut et de chaque côté du crâne et dont les champs de vision sont nettement séparés (lire La vision des oiseaux) : cela leur permettrait de mieux apprécier les distances.

Imiter le mouvement de la végétation dans le vent

Une hypothèse assez curieuse a enfin été proposée : les bécassines bougeraient pour imiter le mouvement de la végétation agitée par le vent et parfaire ainsi leur camouflage. Worth (1976) avait toutefois rappelé que ce balancement se produisait également par temps calme. En outre, ces oiseaux sont moins visibles quand ils restent immobiles.

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Sources

  • Bernd Heinrich (2016). Note on the Woodcock Rocking Display. Northeastern Naturalist. Volume : 23. Numéro : 1. Mars. bioone.org
  • William Marshall (1982). Does the Woodcock Bob or Rock--and Why?  Rhe Auk. Volume : 99. https://sora.unm.edu

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