Soucieux de sa
notoriété, cet élégant planneur porte sur lui sa carte de visite,
certes limitée à l'initiale de son nom, le M, mais c'est bien suffisant.
Admirez les subtils motifs et coloris du milan royal,
ici en buste.R. Levaillan
Ondulant gouvernail guidant son propriétaire dans d'aériennes calligraphies,
la queue du volatile en est aussi la première lettre, telle une enluminure
médiévale. C'est beau.
A propos de médiévale (ça, c'est d'la transition...), le milan royal
fut longtemps nommé escoufle (origine bretonne), avant que le latin
ne l'emporte à la fin du Moyen-Age (latin classique miluus, latin
populaire milanus). Au Moyen-Age toujours, le milan royal était plus
familier qu'aujourd'hui et, tel nos corneilles contemporaines, hantait
les villes, apprécié alors pour ses vertus de nettoyeur, car les charognes
font une large part de son ordinaire. Ce même rôle de ramasseur d'ordures
est encore aujourd'hui activement joué par son cousin, le milan
noir, en particulier en Afrique, où il arrive même que celui-ci
devienne un peu "envahissant" dans les villes.
Mais pourquoi donc royal, chers petits amis ? Passeque le milan royal
est vraiment un très bel oiseau, aux coloris délicats, aux formes
élancées et au vol d'une rare élégance. De fait, le milan noir est
plus sombre, avec une queue nettement moins échancrée, ce qui rend
tout de suite l'identification plus difficile.
Si vous vous promenez en France, quelque part à l'est d'une ligne
Biarritz - Luxembourg, dans une contrée valonnée et semi-boisée, levez
le nez en l'air et soyez vigilant : le milan royal n'est pas si rare,
et vous gratifiera du spectacle de sa beauté.
Allez, c'est promis, je ne tarderai pas trop à l'avenir pour évoquer
à nouveau les rapaces. Le prochain specimen sera l'agent du fisc,
tiens.
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